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 La vérité sur la guerre du rif

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MessageSujet: La vérité sur la guerre du rif   Sam 26 Avr 2008 - 10:26

Précision.

La reproduction de cette photo, ici et en couverture, a fait l'objet de longues discussions internes à la rédaction de TelQuel. L'image est “trash”, et pourrait choquer les plus jeunes lecteurs. Après un âpre débat, nous avons considéré qu'elle témoigne crûment, mais justement, de la cruauté de cette guerre dont les Marocains savent si peu. Il s'agit avant tout d'un document historique - publier de tels documents est, après tout, notre métier.

1922, homme de troupe marocain
enrôlé par l’armée espagnole,
brandissant un "trophée de guerre”.
(BETTMANN/CORBIS, ED. TALLADIER)




L’histoire secrète de la République du Rif. Les ravages des armes chimiques. Le mépris de Abdelkrim pour Allal El Fassi. Le double jeu du sultan Moulay Youssef


Abdelkrim Khattabi a planté une république au cœur d’une monarchie dominée par deux puissances coloniales : la France et l’Espagne. C’était en 1922. Sur cet événement extraordinaire, ainsi que sur la guerre qui a embrasé tout le Rif entre 1921 et 1926, mettant en émoi tout l’Occident et inspirant bien des révolutions à venir, un livre (“La Guerre du Rif”, Editions Tallandier), dont la parution est attendue le 30  
avril, revient avec un éclairage nouveau, fourmillant de rapports confidentiels et de témoignages directs. Victoires, défaites, intrigues, trahisons, etc. TelQuel restitue pour vous, avec l’aimable autorisation des auteurs, les moments les plus saillants de cette formidable leçon d’histoire, douloureuse, complexe, aux prolongements et aux résonances tout à fait actuels.

Les suppliciés d'Igueriben
Le 17 juillet 1921 au matin, une colonne de 200 hommes et d'une centaine de mulets chargés de munitions et de barriques d'eau quitte Anoual pour ravitailler Igueriben, à la pointe sud du dispositif espagnol au Rif. Mais, pour la première fois, sur les six kilomètres escarpés menant à Igueriben, c'est un déluge de coups de feu croisés qui accompagne sa progression. Une soixantaine de blessés, une vingtaine de morts, la majorité des mulets tués ou abandonnés à l'ennemi, la plupart des tonneaux perforés : c'est le lourd bilan de cette première tentative de sauvetage. Parvenus à Igueriben, les survivants de la colonne dirigée par le capitaine Cebollinos von Lindeman, distribuent aux assiégés les quelques dizaines de litres d'eau qui ont échappé aux balles rifaines. À peine un verre d'eau par homme. Le lendemain, nouvel échec d'une colonne de secours qui doit rebrousser chemin devant le tir ennemi. Le 21, le général Silvestre en personne, accouru de Melilia, tente de coordonner une sortie de 3 000 hommes pour libérer à tout prix les derniers suppliciés d'Igueriben. Ceux-ci, calcinés par la chaleur, en sont réduits à boire leur urine et à sucer des cailloux pour essayer de s'hydrater entre deux assauts rifains. Derrière les remblais et les barbelés du poste isolé composé d'une dizaine de tentes coniques, la peur cède à la terreur tandis que hurlent les blessés atteints de gangrène et que se décomposent déjà, dans une odeur asphyxiante, les cadavres des hommes et du bétail sur ce piton pelé de quelques centaines de mètres carrés. Ouberrane, Sidi Brahim, Igueriben… le général Silvestre pensait avoir tissé une solide toile de postes avancés. Mais, s'il en est l'architecte, c'est Abdelkrim qui en est l'araignée. Après cette série de revers, tout le plan espagnol d'invasion du Rif central est compromis. Ce n'est plus Al Hoceïma qui est la cible. Bien au contraire, c'est Anoual qui semble “à portée de la main” des Rifains. Anoual où les soldats espagnols commencent à regarder avec méfiance leurs frères d'armes rifains, des regulares, dont l'ardeur au combat a brusquement décliné ces derniers jours. Car, à la différence des troupes coloniales françaises, majoritairement composées d'Algériens, de Sénégalais, les regulares, eux, sont payés pour combattre leurs propres frères rifains.


Dernière édition par CIVIL le Sam 26 Avr 2008 - 10:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Sam 26 Avr 2008 - 10:27

Un certain Franco
Même s'il n'est encore que lieutenant-colonel, Francisco Franco Bahamonde est déjà un personnage considérable dans l'armée espagnole. Ce petit Galicien affligé d'une voix de fausset, sorti dans un rang moyen de l'Académie de Tolède, est maintenant un officier colonial respecté et craint. Ayant commencé sa carrière militaire au Maroc dans les regulares, il y a montré le visage d'un officier méticuleux, préparant ses opérations dans le détail, se taillant ainsi une réputation de courage physique, voire d'invulnérabilité, qui force l'admiration de ses camarades. Appelé pour fonder la Légion étrangère espagnole, il est désormais le patron de cette troupe réputée pour sa violence, et qui depuis sa création est de toutes les opérations où il faut tirer l'armée régulière d'une catastrophe. Mais Franco n'est pas que le chef extrêmement dur d'une troupe de choc impitoyable, c'est une vedette en Espagne où l'on a besoin de parler d'autres choses que de militaires lâches ou incompétents. Le correspondant du Matin de passage à Melilia note d'ailleurs que les journalistes “le proclament héros trois fois par semaine”. Le roi lui écrit : “Ton affectueux ami qui t'embrasse”. Si bien que, rapporte l'ambassadeur de France le 15 mai 1924, l'article qu'il signe dans la Revue des troupes coloniales, intitulé “Passivité ou inaction”, “a produit quelque sensation à Madrid où la personnalité du colonel Franco est assez redoutée”. Que dit Franco dont le diplomate décrit “le prestige et l'ascendant sur les troupes coloniales” ? Il critique la passivité qui est la règle dans les campagnes marocaines, les entreprises timides et “invite ceux qui ne se sentent pas de taille pour affronter les responsabilités actuelles ‘à céder la place aux plus capables’”.

Un Haj venu d'Allemagne
Avec l'expérience de la guerre contre l'Espagne, l'aide de déserteurs a permis aux Rifains d'acquérir un vrai savoir-faire en matière de fortifications, de tranchées. Parmi ces auxiliaires étrangers du Rif, un déserteur allemand de la Légion, Joseph Klems, apporte une expertise précieuse aux Rifains. L'homme s'est converti à l'islam et se fait appeler “L’haj Alleman”. Mowrer rapporte que des abris souterrains ont été creusés dans tous les villages de la région d'Ajdir. Au premier ronflement de moteur d'un avion espagnol, les habitants s'y réfugient. Le stock de canons de divers calibres est évalué entre 200 à 300 pièces avec environ 6000 obus. Plusieurs dépôts d'armes gardés par des réguliers rifains, installés à l'écart des habitations, sont répartis sur tout le territoire. Des registres servent à en contrôler les mouvements et à affecter les armes. Un système de mobilisation d'une souplesse remarquable permet de lever des contingents dans toutes les tribus. Le Rif est donc armé, entraîné et prêt à se battre.

La leçon de Chefchaouen
Le 13 décembre 1924, les survivants de la retraite de Chefchaouen atteignent enfin Tétouan. Primo de Rivera s'adresse ainsi à ses troupes : “Vous entrez triomphants à Tétouan…” La proclamation n'abuse personne. L'armée espagnole vient de subir, en réalité, un nouveau cataclysme. Même si, cette fois-là, elle n'a pas cédé à la panique, elle n'a dû son salut qu'aux troupes du Tercio et des regulares. Le montant exact des pertes n'est pas connu, la fourchette la plus haute monte à 15 000 hommes, la plus basse à 2 000, le chiffre de 10 000 hommes faisant souvent office de moyenne. Dans un rapport de la résidence de mars 1925, les pertes de la retraite se seraient élevées de juin à décembre 1924 à 190 officiers morts, 60 disparus, 700 blessés, 3 800 soldats morts, 2 500 prisonniers ou disparus, 14 000 blessés. Si l'on considère qu'une troupe comme le tabor de regulares de Larache a perdu au cours du repli la moitié de ses effectifs et compta 318 tués, les pertes dans les unités de l'armée régulière ont donc été énormes. Le matériel laissé sur place ou pris par les troupes de Abdelkrim est considérable. La modestie avec laquelle les Rifains entrent dans Chefchaouen reconquis contraste avec les forfanteries du dictateur espagnol. Selon la tradition orale, M'hammed, le frère de Abdelkrim Khattabi, maître d'œuvre de cette seconde grande victoire rifaine, se serait, ainsi que ses troupes, déchaussé pour entrer dans la ville sacrée. Le pouvoir rifain s'y montre dans toute sa maturité précoce. Aucun pillage n'est commis.

La République du Rif
Le gouvernement du Rif est surtout un gouvernement de guerre. Le chef rifain met d'ailleurs tout en œuvre pour assurer, avec des moyens de fortune, l'efficacité de son administration. Dans cette région au relief difficile, il améliore les voies de communication. Un réseau de pistes muletières est aménagé pour relier les points stratégiques et ainsi faciliter la mobilité des troupes, l'acheminement du ravitaillement. Les prisonniers, souvent espagnols, en sont les ouvriers. Une piste carrossable entre Ajdir et Targuist permet même à Abdelkrim d'utiliser son parc automobile, Ford ou Renault ainsi qu'une Torpedo 6 places Turcat Mery “double pare-brise” que le caïd Haddou a oublié de payer à M. de Loÿs, un armateur français d'Oran. Le souci de transmettre ses directives et de disposer rapidement de l'information conduit Abdelkrim à instaurer un service téléphonique. D'après les renseignements des services français, les lignes sont accrochées sur des perches de thuya et constituées par “un mélange de fils de toutes sortes et de toutes dimensions”. L'installation serait l'œuvre d'un prisonnier espagnol surnommé El mecanico Antonio. Embryonnaire, la téléphonie rifaine n'en est pas moins très efficace. Le réseau court d'Aït Kamara, quartier général de Abdelkrim près d'Ajdir, vers tous les secteurs sous contrôle rifain. Au besoin, les Rifains ont récupéré des appareils portatifs de campagne espagnols fonctionnant sur pile Mazda. Un rapport du contrôle civil du 9 janvier 1925 note : “Tout ce matériel, qui inspire aux populations rifaines une sorte de crainte mystérieuse, est respecté par tous, femmes et enfants, qui se gardent bien d'y toucher”.

Lyautey et la tentation de l'arme chimique
“En présence des éventualités créées par la soudaineté et la violence de l'irruption des Rifains, par l'intention qui apparaît chez Abdelkrim de vouloir frapper un grand coup spécialement sur Fez avec la décision et la rapidité dont il a été coutumier vis-à-vis des Espagnols, par le risque que, sous l'influence de son prestige et de la terreur qu'il inspire, nos tribus se décollent une à une se sentant insuffisamment couvertes et soutenues, il est impossible de rester dans cette situation, sous peine, je le dis nettement, de risquer de perdre le Maroc”, s'alarme Lyautey. Le protectorat, que même la Première guerre mondiale n'avait pas réussi à ébranler, se fissure. Et les vieux du Maroc comme Lyautey savent une chose, c'est qu'ici les révoltes sont très contagieuses. On dit bien que “le berbère vole au secours de la victoire”. S'il n'y a pas pour l'instant, à proprement parler, de défaite, les Français ne savent pas pour combien de temps encore : Abdelkrim a partout l'avantage. Ce soir du 29 avril 1925, dans un de ses télégrammes critiques qu'il adresse au président du Conseil, Paul Painlevé, Lyautey fait une comptabilité d'entreprise au bord de la faillite : “Il ne restera à Fez que la valeur d'un bataillon, un escadron, deux batteries qui y seront concentrés demain 30 avril. J'y dirige, en outre, pour y servir de troupes de garnison, un bataillon de zouaves et de Sénégalais à peine instruits prélevé sur la garnison de la côte - et un bataillon de tirailleurs marocains prélevé sur la garnison de Marrakech. Et cela fait, il ne restera plus au Maroc une seule unité disponible”. Lyautey va même aller au-delà. Alors qu'il s'est élevé contre cette pratique des Espagnols, qu'il a critiqué l'abus que ceux-ci faisaient de l'usage des gaz, il sollicite, le 4 mai, l'envoi d'ypérite (gaz chimique) : “En raison événements front nord estime indispensable constituer en réserve approvisionnement obus et bombes aviation à ypérite pour me permettre éventuellement interdire certaines zones ou points vitaux où en raison faiblesse effectifs ne me trouverais pas en mesure exercer action effective. Vous demande en conséquence diriger urgence sur Kenitra pour artillerie 75 20 000 obus modèle no 20 et pour aviation 5 000 bombes de 50 kg, pour avions gros porteurs. Vous demande en outre mettre à disposition […] six avions gros porteurs équipés lance-bombes 50 kg. Ces avions étant seuls susceptibles rendement utile”. Il ne s'agit pour le moment que d'une réserve que Lyautey ne semble destiner qu'aux cas de force majeure, mais un pas a été franchi. Le résident, pour sauver son protectorat, est prêt à utiliser les gaz toxiques. La réponse du chef d'état-major de l'armée est négative, voire sèche. Il ne fournira pas d'avions gros porteurs : il n'y en a pas assez et cela compromettrait la mobilisation. C'est bien du Lyautey, ce chef qui aime si peu la chose militaire qu'il demande des armes dont la France ne dispose pas. On lui expédie à défaut mille bombes explosives de 50 kilos.
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Sam 26 Avr 2008 - 10:28

Une menace pour l'Occident colonial
Le communiste Marcel Cachin tente de poser les enjeux internationaux et religieux du conflit rifain : “Voici messieurs une grande race, une grande religion, la religion musulmane. Elle a dans le monde trois cents millions d'adhérents, elle a derrière elle une histoire qui, au sens de tout le monde, au sens banal si vous voulez, fut glorieuse, trois cents millions d'êtres humains qui sont, à l'heure actuelle, subjugués, dominés par de grandes puissances, les grandes puissances du capital occidental […]. Vous pouvez dire que ceux qui les dirigent sont des chefs de bande, vous pouvez dire que leur civilisation est inférieure et grossière, ils pensent au contraire que la façon dont ils vivent est la meilleure”. Et Marcel Cachin d'énumérer “les points de l'univers musulman” où se sont dressés les peuples : la Turquie républicaine, l'Égypte contre les Anglais et “la petite république libre” du Rif qui a vaincu “un grand peuple, l'Espagne”. Quelques semaines plus tard, alors que s'est allumé un nouveau foyer antifrançais en Syrie avec la révolte druze, le député radical Gaston Thomson posera avec lucidité ce diagnostic : “En présence de telles menaces, on voit qu'il ne s'agit plus seulement du Rif. Tout s'enchaîne : Maroc, Algérie, Tunisie et d'autres colonies. Nous n'ignorons pas que dans certains meetings on envisage, que dis-je, on réclame l'évacuation de toutes les colonies”. Avec Abdelkrim, c'est donc toute l'histoire musulmane de l'Occident colonial qui, dès 1925, s'invite rive gauche de la Seine alors que brûle la rive droite de l'Ouergha.

À la rencontre dE Abdelkrim
Après quelques jours d'un périple éreintant, au cours duquel il faut se cacher sans cesse de l'aviation espagnole, Léon Gabrielli est reçu pendant deux heures le dimanche 28 juin 1925 par Abdelkrim. Le témoignage de Léon Gabrielli est unique ; il est le seul officiel français à avoir approché le chef rifain pendant la guerre. Abdelkrim reçoit l'émissaire français sous une petite tente installée dans un verger. Une table, sur laquelle sont posés des papiers et des journaux, des chaises ; Abdelkrim porte la jellaba rifaine, une rezza blanche sur la tête. Le style est dépouillé à l'extrême ; du Ho Chi Minh avant l'heure. Gabrielli, qui se demande comment il va s'adresser à lui, opte pour “Excellence”, un titre “déférent et qui n'engage à rien”. Abdelkrim, lui, l'interroge en arabe classique et veut savoir si le fonctionnaire colonial va prendre des notes “comme un journaliste”. Ce qui frappe le contrôleur civil, c'est la précision et la construction du discours, son caractère très réfléchi, les reparties “immédiates et pleines d'assurance”, la solidité du raisonnement. On sent que Abdelkrim rayonne d'intelligence, qu'il irradie. À défaut d'être acceptable pour un Français, sa position est limpide. Pour lui, la France n'a qu'un seul but : la conquête du Rif. C'est l'objectif ultime du “Parti colonial” dont “le maréchal Lyautey” et “toutes les autorités marocaines” sont les représentants. Lyautey ? : “Une grande intelligence, un grand colonial […]. C'est un homme qui a reçu des dons divins”. Un commentaire cependant : “L'amour ou le respect de l'islam de sa part sont choses très possibles, mais je constate qu'ils ne m'apportent aucun profit”. Sur le plan religieux, l'émir se défend, contre toute évidence vu sa propagande dans les tribus, de faire le jihad : “Le temps des guerres saintes est passé, nous ne sommes plus au Moyen Âge ni au temps des Croisades”. Au cours de l'entretien, Abdelkrim balaie ensuite les arguments sempiternels qu'on oppose à la volonté d'indépendance du Rif. Les traités de 1904 et 1912 sont caducs : “Aucun peuple au Maroc n'avait à ce moment aspiré à son indépendance”. Le traité franco-espagnol n'est pas non plus un problème : “La France est en guerre avec le Rif ; elle peut parfaitement faire la paix avec lui, et ce traité deviendra alors caduc”. Abdelkrim propose un accord de reconnaissance bilatéral ; libre à la France ensuite d'avoir dans sa zone un sultan ou un président. Le sultan chérifien est à peine évoqué par Abdelkrim : “La seule chose qui nous importe aujourd'hui, ce n'est pas l'existence d'un sultan au Maroc, mais l'indépendance entière, sans réserve, du malheureux peuple rifain”. Le message final que délivre Abdelkrim à Gabrielli est qu'il n'y a qu'un seul moyen d'arrêter la guerre : que la France reconnaisse l'indépendance du Rif.

Un maréchal peut en cacher un autre
La réunion qui se tient le 14 juillet à l'état-major de l'armée démontre clairement la volonté de Paris de se réapproprier le contrôle de la direction militaire des opérations. Le 16 juillet, Paul Painlevé, ministre de la Guerre, écrit à Lyautey la lettre suivante : “J'ai désigné M. le maréchal Pétain pour procéder sur place et de toute urgence à l'examen de la situation générale et militaire du Maroc et pour prendre, suivant les directives que je lui donne à ce jour, les décisions qui lui paraîtront s'imposer touchant le commandement, l'organisation et la mission des troupes et des services en opérations ou susceptibles d'entrer en opérations, ainsi qu'au sujet des attributions respectives du commandant des troupes et du résident général. Je vous prie de donner à M. le maréchal Pétain les moyens les plus complets qu'il croira devoir vous demander pour l'accomplissement de la mission que lui confie le gouvernement”. La mission de Pétain n'est donc pas qu'une simple tournée d'inspection. Pétain aura une part de pouvoir décisionnel dans l'organisation militaire au Maroc. Mais tout oppose les deux hommes. La petite paysannerie dont s'est extrait Pétain ne vivait pas aux mêmes étages que les Lyautey. Au seuil de la Grande guerre, l'un est un cavalier qui après avoir ébranlé les certitudes d'une armée conservatrice en écrivant “le rôle social de l'officier”, après avoir servi au Tonkin, à Madagascar, en Algérie, est résident général du Maroc, a des amis considérables, tutoie les grands et construit des parcelles d'empire, alors que Pétain n'est encore qu'un petit colonel de l'infanterie qui achève une carrière moyenne et exclusivement métropolitaine. Lyautey et Pétain, ce sont deux espèces humaines radicalement différentes, antinomiques, deux climats incompatibles sous le même uniforme de maréchal de France.

Lyautey est une diva qui veut qu'on l'aime pour qu'on lui obéisse, Pétain, qu'on lui obéisse tout simplement. Le résident est un être inspiré, Pétain est organisé. L'un est lui-même avant d'être un militaire, l'armée est tout pour l'autre.

Le Rif aux abois
La France déploie cent bataillons sur le front, soit environ 50 000 hommes. Pétain, le numéro 1 de l'armée française, n'a pas l'intention de se satisfaire d'une demi-victoire contre “le rebelle” Abdelkrim dont le sultan lui a demandé de “le débarrasser”. Il a maintenant une stratégie à proposer au gouvernement pour en finir avec cette guerre. Le plan est simple : il passe par une action combinée avec les Espagnols. Ces derniers vont débarquer à Al Hoceïma ; les Français pourraient de leur côté attaquer à l'est et menacer les centres vitaux du Rif. Pétain l'éradicateur veut aller au cœur du Rif car l'Espagne, vis-à-vis de laquelle “il faut tenir fidèlement les engagements” pris en juillet 1925, n'est pas “en mesure de s'acquitter à elle seule de la lourde charge de réduire le foyer de la rébellion”. Et de conclure à la nécessaire et urgente “soudure” des fronts français et espagnol pour “abattre définitivement la puissance de Abdelkrim” et “raffermir de façon éclatante vis-à-vis des populations musulmanes le prestige de la France”. À cette date (février 1926), la marge de manœuvre de l'émir du Rif n'existe plus. En dépit de sa propagande, les tribus de la zone française n'ont pas bougé et la totalité de celles qui ont fait leur soumission à l'hiver sont maintenant sous la protection du bouclier militaire français. La lassitude de cinq années de guerre, le typhus, les bombardements aériens, les gaz toxiques, la cohabitation hivernale avec l'impressionnante armada française sur les 300 kilomètres du front sud, la prise d'Ajdir par les Espagnols au nord, la perspective inéluctable d'une offensive de printemps ont miné le moral des plus enthousiastes partisans de la République du Rif. Les défections se multiplient. Par l'effet du blocus, le prix des denrées de base a grimpé en flèche dans la montagne. Le sel a pratiquement disparu des marchés. La cohésion des blocs rifain et Jbala se fissure et contraint l'émir à multiplier les envois de délégués pour mettre en garde les Jbala contre toute velléité de rapprochement avec les Français. “Mes populations étaient fatiguées et je ne me faisais plus d'illusions sur ce que je pouvais attendre de leur fidélité, racontera Abdelkrim dans ses mémoires, je savais que, de jour en jour, mes guerriers se battraient avec moins d'entrain”. Les prises d'otages et les exécutions de “traîtres” à la solde des Français se multiplient dans les tribus pour s'assurer de leur fidélité chancelante. L'appel à la guerre sainte tente de soutenir des ardeurs désormais défaillantes, quand ce ne sont pas les rumeurs les plus invraisemblables comme l'entrée en guerre prochaine de l'Allemagne contre la France. Tous les garçons de plus de 15 ans seraient mobilisés. Et même, parfois, les femmes. Les renseignements rapportent que, dans le Rif, on ne croise plus personne aux champs.

Le baroud d'honneur
Dès le 7 mai, les troupes françaises sont enfin lâchées au crépuscule. Dans la matinée, l'offensive franco-espagnole est déclenchée sur le double front avec pour objectif Targuist, puis l'occupation du massif du Djebel Hamman, base de la puissance de Abdelkrim. Après un bombardement opéré par 150 avions espagnols et français, 25 000 soldats espagnols s'élancent d'Ajdir pour foncer plein sud. Les premiers combats sont très durs et les pertes nombreuses. À tel point que, n'arrivant pas à percer les lignes rifaines, Primo de Rivera propose au général Sanjurjo de suspendre l'offensive. Le chef militaire espagnol refuse et parvient le 10 mai à enfoncer les défenses à Beni Ouriaghel. À l'est, les Espagnols franchissent le Kert et parviennent en quelques jours à faire la soudure avec les troupes parties d'Ajdir. Le 20 mai, cinq ans après l'écriture de la page la plus tragique de leur histoire coloniale africaine, c'est en vainqueurs qu'ils foulent la plaine d'Anoual. Côté français, les résultats de l'offensive sont qualifiés de “foudroyants”. Six divisions réparties en deux groupements, des forces du Makhzen, des supplétifs, l'ensemble appuyé par des bombardements aériens massifs font voler en éclats la mosaïque des tranchées rifaines. “L'ennemi, surpris par la rapidité de l'attaque et par l'allant des troupes régulières et des partisans, pourchassé sans répit par les tirs d'artillerie et les bombardements d'aviation abandonne ses positions”, se réjouit le commandant supérieur des troupes du Maroc. L'armée française affronte les réguliers rifains, troupes de choc de Abdelkrim. Cependant, les défections massives des tribus font imploser le château de cartes du bloc rifain, patiemment construit par Abdelkrim sur le ciment d'un schéma offensif. Les appels réitérés dans les villages à la guerre sainte ne trouvent plus guère d'échos.
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Sam 26 Avr 2008 - 10:28

La reddition de Abdelkrim
C’est à l'aube du 27 mai que Abdelkrim arrive aux avant-postes de Targuist, accompagné des trois officiers français qui l'ont convaincu de se rendre sans délai. “Alignés le long de la piste, immobiles, les tirailleurs contemplent le rogui, témoignera De Bournazel, l'homme à la veste rouge”, cité par Jean d'Esme, “petit, le visage encadré du collier de barbe noire, l'œil intelligent et vif, vêtu d'une jellaba grise, le chef rifain s'entretient avec le colonel Corap sans que rien dans son attitude ne décèle ni amertume ni regret”. Très digne, il est conduit et enfermé dans sa mahakma, le siège de son ancien quartier général. Autour de lui les militaires français s'agitent. Une colonne de 2 000 hommes, dirigée par De Bournazel, s'ébranle pour aller chercher la famille et les biens de l'émir déchu regroupés à Kemmoun. Ils reviendront à la tête d'une caravane de 250 mulets chargés d'argent et de matériel et accompagnés d'Azerkane, de M'hammed, de Abdeslam, de huit femmes, de 13 enfants et de dix serviteurs. Dans les heures qui suivent, les tribus avoisinantes viennent se placer sous la protection des militaires français. Sous le soleil printanier, Targuist est noyé sous la poussière soulevée par les cavaliers et le bétail. Les jarrets d'un jeune taureau sont coupés. Cette ultime cérémonie d'allégeance signe une nouvelle ère : la République du Rif appartient désormais à l'histoire.

Le temps de l'exil
Sur son île de la Réunion, Abdelkrim se morfond. Tous ceux qui ont côtoyé ou ont correspondu avec l'émir déchu pendant son exil dans l'Océan Indien évoquent la grande détresse et l'ennui qui l'habitent dans ses domiciles successifs du château Morange puis du Castel Fleury où il ne cesse de se plaindre du paludisme et de “ses fièvres de langueur”. “Ces Rifains exilés s'entretiennent dans une oisiveté dépri-mante”, notent deux journalistes français qui le rencontrent en 1930. À quelque temps de là, dans le journal irakien Sawt el Irak, Gordon Canning pleure en poésie l'infortune de l'émir : “Adieu ô épée de l'Islam, ô héros du Maghreb […] Ô mes yeux, fondez en larmes ! Blessures saignez en abondance ! Je ne verrai plus jamais Abdelkrim. Qui défendra la cause du Rif à l'avenir ? L'émir du Rif est le prisonnier des roumis qui l'ont exilé au loin. Rifains ! Où est votre pasteur, votre chef ? N'avez-vous plus désormais qu'humiliation et esclavage à subir ?”. Le désœuvrement de Abdelkrim n'empêche pas la presse espagnole de se faire de temps à autre l'écho d'incroyables évasions et de signaler l'émir tour à tour à Oran, au Sénégal ou à bord d'un sous-marin allemand. Mais en avril 1947, Mohammed V, fort du soutien explicite exprimé dès janvier 1943 par le président américain Franklin Roosevelt en marge de la conférence d'Anfa, prononce le discours de Tanger. “Aujourd'hui que tous les peuples réclament des droits compatibles avec les temps modernes, il est juste que le peuple marocain obtienne ses droits légitimes et voie réaliser ses aspirations”, déclare le souverain dans un texte aujourd'hui considéré par les historiens officiels de la monarchie chérifienne comme le véritable coup d'envoi de la marche vers l'indépendance. C'est à ce moment que les Français, malgré les réserves de la Résidence générale, décident de donner crédit à la “francophilie” affichée par Abdelkrim et admettent la prescription de l'affaire rifaine. Pas tout à fait pourtant : Abdelkrim ne retournera pas encore au Maroc, on l'établira en métropole, dans le sud. “La France avait un plan pour utiliser mon père dans sa politique coloniale et faire pression sur le sultan Mohammed V”, dira son fils Saïd Khattabi. Mais, comme pour les Espagnols quelques décennies plus tôt, le savant “plan” conçu par les Français pour attirer à eux le prestige de Abdelkrim va tourner au fiasco.

La lucidité du vieux chef
Ses vingt ans d'exil à La Réunion semblent lui avoir fait toucher du doigt ce que Lyautey lui-même avait envisagé : “Nous aurions pu libérer l'Algérie, la Tunisie et le Maroc depuis le jour où éclata la guerre du Rif”, assure l'émir en juillet 1950 au quotidien égyptien Al Mokkatan. Cinq ans avant la conférence des Non-alignés de Bandœng, il prend ses distances avec l'Internationale communiste en avertissant Washington le 16 mars 1950 : “L'occupation du Maghreb par la France est l'un des principaux facteurs de propagation du communisme dans notre pays”. À l'aube de ses 70 ans, le vieux rebelle visionnaire n'est pas tombé de la dernière pluie et résiste aux sirènes émancipatrices de Moscou. Son obsession est la libération du Maghreb tout entier de toute occupation militaire étrangère, un Maghreb pour lequel il souhaite une “Union fédérale” toujours chimérique à l'aube du troisième millénaire. “Un jour, l'URSS sera dans un grave état de faiblesse, les Arméniens en profiteront et réaliseront leur indépendance”, prophétise-t-il en septembre 1954 devant l'envoyé spécial au Caire de La Nouvelle République du centre-ouest. Ennemi solide de la langue de bois, une qualité rare dans l'Orient compliqué, il rappelle en 1952 à l'hebdomadaire égyptien Akher Saa les racines anté-islamiques des Rifains pour inscrire son peuple dans la grande famille berbère : “Je suis de race berbère et j'ignore à quel point vous nous sous-estimez mais j'affirme cependant que les berbères sont des gens avancés, qui ont hérité de nombreuses civilisations. Vous ignorez par exemple qu'en tant que berbère, je suis d'origine juive. Mes ancêtres sont ensuite devenus chrétiens, puis musulmans. Maintenant nous parlons l'arabe, langue du Coran, nous nous entendons en berbère, langue de nos aïeux mais nous conversons aussi en français, langue de notre pays asservi”. Et, interrogé sur les prémices de l'indépendance marocaine, il enfonce le clou : “J'ai vu mes idées s'évanouir l'une après l'autre. Comme dans beaucoup de pays d'Orient, l'arrivisme, l'esprit de corruption se sont introduits dans notre cause nationale”.

Le mépris pour Si Allal et l'Istiqlal
C’est surtout de Allal El Fassi, fondateur en 1937 du Parti national (devenu plus tard l'Istiqlal) que le chef rifain se méfie. Arabisant et lettré, Allal El Fassi vit lui aussi en exil au Caire. Mais entre les deux hommes, le courant ne passe pas et Abdelkrim boude ostensiblement les tentatives de récupération de celui qu'il considère comme un salonard intrigant. Dès 1948, Mohammed Boujibar, l'ex-lieutenant de Abdelkrim, vend la mèche aux oreilles bienveillantes des services du protectorat : “Abdelkrim s'est rendu compte de ce que les leaders nationalistes, dont Allal El Fassi, qui reçoit des subsides du Maroc, n'ont d'autre souci que d'amasser le plus de biens possibles et de bien vivre”. En septembre 1954, alors que le protectorat a, un an plus tôt, déposé et exilé à Madagascar le sultan Mohammed V qui incarne désormais les aspirations indépendantistes du royaume, Abdelkrim enfonce encore Allal El Fassi. “Je n'ai rien à faire avec lui, déclare-t-il à des journalistes français, El Fassi est un politicien qui mange et dort bien au Caire. Il ne fait strictement rien pour le peuple. Moi, au cours de la guerre du Rif, je me battais contre vous en première ligne avec mes hommes”. Interrogé par les auteurs, le fils du rebelle confirme ce mépris en 2006 : “Mon père appelait les leaders de l'Istiqlal “les femmes à barbe”.

Vous avez dit “le primitif” ?
Dans les colonnes du Monde, Jean Lacouture, qui avait eu le loisir d'observer dans les ambassades du Caire “l'oeil vif”, “la silhouette de paysan madré” et “la repartie sèche” de Abdelkrim dresse du Rifain cette nécrologie soulagée : “Admirable dans le combat, noble dans la défaite, il ne fut plus guère en exil qu'un vieux politicien jaloux. Créateur de la République d'Ajdir, il était demeuré, au fond, un républicain et sa haine à l'égard de la monarchie marocaine était restée vive […]. Il était un homme du passé, un grand souvenir, un “primitif”. Il aura été l'un des inventeurs du nationalisme marocain ou, plutôt, maghrébin”. Près d'un demi-siècle après sa mort, Abdelkrim “le primitif” reste pourtant étonnamment d'actualité au Maroc. Le Makhzen, qui sait rendre hommage à ses ennemis les plus intimes, comme en témoigne l'abondance des boulevards Abdelkrim ou Ben Barka dans les villes du royaume, semble encore désireux de tourner une page à peine écrite dans les manuels scolaires marocains.
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Sam 26 Avr 2008 - 10:31

Les co-auteurs. Un tandem à l'assaut du Rif


Nicolas Marmié et Vincent Courcelle-Labrousse ont deux points communs : leur âge (41 ans) et leur passion pour le Rif. Marmié, journaliste de métier (ancien de Médi 1 et de l'Associated Press dont il assurait la couverture des actualités marocaines et maghrébines), connaît bien le Maroc. Courcelle-Labrousse, avocat pénaliste à Paris, aussi, lui dont le grand-père, lieutenant à l'époque, a été parmi les acteurs de la Guerre du Rif. “L'histoire (de la guerre) du Rif est un peu taboue, mal connue ou mal exposée, tant en France qu'en Espagne et au Maroc. Alors qu'elle est extraordinaire”, nous expliquent les deux auteurs, qui ont effectué de longues recherches avant de boucler ce “grand reportage (de guerre)” qu'est “La Guerre du Rif”. Trois années de travail ont été nécessaires pour éplucher les dizaines d'archives militaires ou diplomatiques, inédites pour certaines, compiler les témoignages et recouper les données. Au bout du compte, donc, un reportage de haute volée, une enquête passionnante qui vient renforcer la littérature existante (au sujet du Rif, ou de Abdelkrim) et apporte, comme l'explique l'éditeur sur la jaquette du livre, un éclairage intéressant sur “les liens très spéciaux de la France et du Maroc, tout comme la sensibilité des rapports du royaume chérifien avec l'Espagne”.


Plus loin. Un corps, une blessure


Cette anecdote est complètement inédite. On la doit à Mimoun Charqi, ami de la famille Khattabi, et auteur de “L'Emir guerillero” (2003, Rabat, Collection Histoire et lectures politiques) : en 1967, M'hammed Khattabi, frère de Abdelkrim et “vice-président” de l'éphémère République du Rif, a émis, à partir de son exil cairote, le double souhait de rentrer au Maroc et de rencontrer le roi Hassan II. La demande a reçu le feu vert de Rabat et M'hammed s'apprêtait à prendre un vol régulier pour la capitale du royaume… “A l'aéroport de Rabat, deux heures avant l'atterrissage, les autorités sont venues inviter les amis et proches de M'hammed, arrivés en masse, à repartir chez eux puisque l'avion en provenance du Caire allait avoir au moins quatre heures de retard. Tout le monde est reparti, sauf un vieil anonyme, resté à attendre, et à témoigner de ce qui allait se passer…”, nous raconte Mimoun Charqi. Ce qui allait se passer est une horreur à la mesure des mille et une surprises qui ont pavé le long règne hassanien. “L'avion est arrivé à l'heure, sans aucun retard. Et M'hamed Khattabi, qui n'a eu droit à aucun honneur, a été conduit directement à l'hôtel Hassan où il a été immédiatement assigné à résidence avec interdiction de quitter sa chambre !”. Le héros du Rif a été “consigné” dans son hôtel, trois longs mois. Jusqu'au jour où, malade, il a été conduit à l'hôpital où il a rendu l'âme. L'une de ses dernières phrases, comme nous le rapporte Mimoun Charqi : “C'est la seule fois où je ne n'ai pas écouté les conseils de Abdelkrim. Je le regrette amèrement”. On comprend pourquoi, aujourd'hui, le débat sur le rapatriement du corps du grand Abdelkrim, qui gît au Caire, n'est toujours pas tranché. Le Maroc officiel a bien essayé, via la défunte IER (en la personne des deux Driss, El Yazami et le regretté Benzekri), voire de l'ancien conseiller royal Mansouri Benali, de “ramener” Khattabi au Maroc. Il y arrivera le jour où il décidera, enfin, d'y mettre la forme : en désenclavant complètement le Rif et en consentant (en concédant ?) au corps du défunt un accueil digne du rang de Abdelkrim. Et sans surprise !
Karim Boukhari

source
telquel

http://www.telquel-online.com/320/couverture_320.shtml
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Ven 1 Mai 2009 - 0:18

un livre sort il parle de l embuscade ou 12000 espagnols sont morts lors d une seule embuscade affraid

Citation :
Complexes terres d'Islam




Paul François Paoli
30/04/2009 | Mise à jour : 11:38


L'historien Michel Abitbol voit dans la guerre du Rif le signe de la fin de la domination européenne au Maghreb.





Nous
sommes au Maroc, en 1925, et la guerre du Rif bat son plein, un conflit
dont on a oublié la violence. Depuis quatre ans, dans un territoire
montagneux qui longe l'Atlantique, un rebelle marocain du nom d'Abd
el-Krim tient tête aux puissances coloniales. Son nom est en train de
devenir une légende dans le monde arabo-musulman, car il a infligé aux
Espagnols une défaite cuisante. Le 9 août 1921, ce sont 12 000 soldats
espagnols qui ont trouvé la mort dans une embuscade, avec à leur tête
le général Sylvestre qui n'a trouvé d'autre issue que le suicide. Les
rebelles vont saisir 30 000 fusils et revolvers, 400 mitrailleuses,
plus de 200 canons, des millions de cartouches ! L'Espagne est humiliée
et la France qui a imposé son protectorat au Maroc depuis 1912,
stupéfaite.
Le réveil est dur pour ceux qui croient à l'éternité de la
domination européenne. Certes, la révolte sera matée par le général
Primo de Rivera, chef du gouvernement espagnol. En usant de moyens
massifs, ils vont finir par vaincre Abd el-Krim qui sera envoyé en
captivité… à la Réunion ! Mais c'est une victoire à la Pyrrhus et les
Marocains ont désormais leur héros. Parmi les Français, un homme
est plus lucide que d'autres : Hubert Lyautey, maréchal de France,
résident général du protectorat français au Maroc. Lui qui dirige ce
pays dont il se targue de préserver l'identité musulmane sait que le
colonialisme n'est pas fait pour durer. « Il est à prévoir que dans un
temps plus ou moins lointain, l'Afrique du Nord (…) se détachera de la
métropole, déclare-t-il à Rabat. Il faut qu'à ce moment-là - et ce doit
être le suprême but de notre politique -, cette séparation se fasse
sans douleur et que les regards des indigènes continuent de se tourner
avec affection vers la France. » Il ajoutait : « Je n'ai pas cessé
d'espérer créer entre ce peuple marocain et nous un état d'âme, une
amitié, qui font qu'il restera avec nous le plus longtemps possible…
C'est la pensée avec laquelle je vis, je veux me faire aimer de ce
peuple. » L'épisode est relaté par l'orientaliste Michel Abitbol
dans L'Histoire du Maroc qui met en évidence la complexité de la
présence européenne au Maghreb. Ce livre montre que ce que nous
appelons « coloniser » relève d'un ensemble de processus enchevêtrés.
Coloniser, c'est toujours dominer, mais toutes les dominations ne sont
pas exterminatrices ou spoliatrices. Qu'ont donc fait les Arabes, en
Afrique du Nord, sinon coloniser une région où vivaient des Berbères
qui revendiquent aujourd'hui encore leur spécificité ? Et pourquoi
l'ont-ils fait s'ils n'étaient convaincus de leur supériorité
civilisatrice ? Retraçant l'histoire du Maroc depuis ses prémices,
Abitbol nous rappelle quelle brillante civilisation a été l'Islam
andalou et maghrébin vers les XIe et XIIe siècles. Il nous rappelle
aussi ce que son développement doit à la prédation. L'homme, qui, à la
fin du VIIe siècle conquiert le Maghreb s'appelle Uqba Ibn Nafi
al-Firhi. « Après avoir défait les Byzantins à Baghay et Monastir il
affronta les tribus berbères du Mzab avant de se diriger vers Tlemcen
et le nord du Maroc. Il parvint à Tanger, où, selon un chroniqueur de
l'époque, il tua toute la partie mâle de la population et emmena le
reste en captivité puis reçut la soumission de la tribu des Ghomara du
Rif… », écrit Abitbol. La modernité et les idéaux

Parmi
les communautés qui se soumettent : les juifs et les chrétiens. On a
beaucoup fantasmé sur la relation « idyllique » qu'aurait instaurée
l'islam avec ces religions, mais cette idylle était au bénéfice de
l'islam. Les juifs, notamment, y étaient citoyens de seconde zone,
dihmmis (protégés). Et la sortie de ce statut va contribuer à les
rendre indésirables, quelques siècles plus tard, aux yeux des
nationalistes arabes, et ce bien avant la naissance d'Israël. Comme
le rappelle l'historien du judaïsme Shmuel Trigano dans un livre
collectif, La Fin du judaïsme en terres d'islam, auquel ont collaboré
une dizaine d'universitaires, la modernité et les idéaux de 1789 vont
être pour les juifs, au Maroc notamment, un moyen de s'émanciper.
Expliquant le départ, entre 1945 et 1970, de 900 000 juifs du monde
arabe pour Israël et la France, Trigano esquisse les conséquences de
cet exode massif sur les structures sociales, économiques et
intellectuelles du royaume chérifien. L'aurait-on cru ? Il
détecte un bien curieux tropisme germanophile, et dans certains cas
pro-nazi, de nombreux « islamo-nationalistes », depuis Abd el-Krim,
jusqu'au grand mufti de Jérusalem, Hadj Amine el-Husseini, qui admirait
Hitler. Une réalité qui a été souvent occultée.

L'Histoire du Maroc de Michel Abitbol Perrin, 674 p., 25,90 €.

La Fin du judaïsme en terres d'islam de Shmuel Trigano Denoël, 510 p. 25 €.
http://www.lefigaro.fr/livres/2009/04/30/03005-20090430ARTFIG00353-complexes-terres-d-islam-.php
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Mer 13 Mai 2009 - 18:19

Lisant l’histoire du Maroc on pourrait croire que dans le Rif n’a eu qu’une seule grande guerre, celle de 1921. La guerre entre l’armee espagnole et le nord du Maroc a dure’ depuis le 15eme siecle et n’a finit qu’en 1926. Durant tous ce temps il y a eu des razzias, du piratage, des petites batailles, des grandes batailles et des guerres.

Sans entrer en detaille je peut mentioner la guerre de WAD RASS en 1860 entre l’armee espagnole et les tribus d’Anjera qui permeta l’extention territoriel de Ceuta et Melilla. La guerre de Margallo de 1892 qui permit la consolidation du precedent aquit et pour finir la guerre de Melilla de 1909 qui durat jusqu’au 1913 avec la mort du lider rifain Cherif Mohamed Amezian, rien a voir avec la famille du general de meme surnom.

Je vous laisse un link sur un tres interessant article ecrit par Francisco Saro Gandanillas historien et officiel de l’armee espagnole sur la guerre de Melilla de 1909, je suis vraiment desole’ mais l’article est en espagnole et je n’ai pas trouver une traduction, mai ca ce n’est pas le plus important car l’article est acompagne’ de 128 photos de cette campagne militaire qui je suis sur fera plaisir a plus d’un especialement s’il y a quelqu’un qui descend de cette region.

Si vous voudriez quelques explications sur quelqu’une des photos, je serais ravis de pouvoir repondre, il y a vraiment des grands secrets cacher sous beacoup de ses images.

http://www.centenario1909.es/intervencion.html
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Mer 13 Mai 2009 - 23:18

merci pour tes contributions et ton effort de recherche Leo, en effet l'article contient bcp de photos interessantes. tu peux nous proposer de temps en temps des photos de ton choix avec commentaires. merci d'avance Like a Star @ heaven
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Leo Africanus
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Jeu 14 Mai 2009 - 0:22

Merci Raptor. Ce n'est qu'une question de temps. J'attend mes vacances pour contribuer plus et a la hauteur du forum.
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Jeu 9 Juil 2009 - 14:03

Citation :
HISTOIRE. Ameziane, le chrif du Rif
Il a été le premier héros marocain de la lutte armée contre l’occupation. De 1909 à 1912, Mohamed Ameziane a fait trembler l’Espagne : retour sur une page glorieuse (et méconnue) de l’histoire du Rif.

Le début du XXème siècle coïncide avec une période d’anarchie sans précédent au Maroc. Le pays, qui échappe largement au contrôle du sultan Moulay Abdelaziz, est la chasse gardée de quelques aventuriers qui imposent leur loi en surfant sur la veine nationaliste qui gagne le

Maroc. Accaparé par des futilités et séduit par des chimères, Moulay Abdelaziz achève de livrer son royaume aux pays européens. Face à ce sultan farfelu et instable, bientôt détrôné par son frère Abdelhafid, se développent des mouvements de contestation, au nord comme au sud, et jusqu’au sein de la famille régnante. A Smara et dans les confins du Sahara, Mae Al Aïnin et son fils El Hiba restent, à aujourd’hui, des figures emblématiques du jihad mené contre l’occupant, et parfois contre le sultan. Au nord-ouest du Maroc, dans un autre registre mais à la même époque, c’est Ahmed Raïssouni (campé à l’écran par Sean Connery dans le célèbre Le lion et le vent) qui menace les intérêts du Makhzen et des investisseurs étrangers. Bandit et chef de guerre, résistant et collaborateur, prétendant au trône et vassal du sultan, Raïssouni a été tout cela à la fois. Tout comme (à un niveau plus burlesque), Jilali Zerhouni, alias Bouhmara, l’homme qui se faisait passer pour le frère du sultan.

Précurseur du grand Abdelkrim

Tiraillées entre l’insignifiant Moulay Abdelaziz et Moulay Abdelhafid, prophète d’un impossible renouveau, parfois séduites par les propositions des Occidentaux, toutes les figures de cette histoire tourmentée ont en commun de n’être ni blanches, ni noires. Complexes jusque dans la contradiction. Seul, dans le Rif, le chrif Mohamed Ameziane reste une icône absolue, un mythe immaculé. Le portrait qu’en dresse Germain Ayache dans Les origines de la guerre du Rif (publications de la Sorbonne, 1981) est assez éloquent : “D’une famille de chorfa, dont un ancêtre avait fondé la zaouïa de Seghanghan, non loin de Melilia, Mohamed Ameziane avait toujours eu, dans sa tribu des Beni Bou Ifrour, la préséance que l’on accorde à un descendant du prophète.

Mais on devine, à la façon dont les Rifains évoquent sa mémoire, qu’il possédait, en plus, une large gamme de vertus personnelles,
intelligence et probité, amour de son pays, force de caractère, génie de l’organisation et du contact avec les gens, tout ce qui fait les individualités hors pair”, écrit l’historien.

C’est à la chute de Bouhmara, à laquelle il a beaucoup contribué, qu’Ameziane commence à faire parler de lui. L’ancien rogui (prétendant) avait octroyé aux Espagnols et aux Français une concession minière à laquelle Ameziane est opposé. Ce dernier n’hésite pas à recourir à la force pour empêcher l’exploitation de la mine. En juillet 1909, sous son commandement, les insurgés rifains attaquent le chantier de construction de la voie ferrée devant permettre l’exportation de fer via le port de Melilia, un projet auquel s’était d’ailleurs opposé le sultan Moulay Abdelhafid, et qui ne jouissait pas non plus des faveurs des tribus rifaines.

C’est la première vraie victoire militaire anticoloniale après la succession de reculades qui a caractérisé la fin du XIXème siècle. A Oued Dib, dans le “ravin du loup”, où les troupes commandées par Ameziane attendent de pied ferme les 17 000 soldats espagnols envoyés en renfort pour protéger le chantier, ce sont pas moins de 400 hommes, dont un général, qui périssent sous le feu nourri des Rifains. Cette victoire, obtenue grâce à une mobilisation militaire étonnamment rapide (des feux ont été allumés dans tous les villages rifains pour annoncer la mobilisation), et à la hargne des villageois qui ont combattu le poignard à la main, préfigure, quinze ans avant l’heure, la célèbre victoire de Abdelkrim Khattabi sur les troupes du général Silvestre à Anoual.

Premier sur le front

En Espagne, ce premier revers des troupes coloniales au Maroc a un écho considérable. Barcelone, où les forces de l’ordre doivent faire face à une population majoritairement opposée à la politique coloniale, est presque en état d’insurrection : c’est la “semaine sanglante”. Mais l’émoi espagnol est de courte durée. Plus de 40 000 hommes sont acheminés vers le Rif pour mettre un terme à la révolte d’Ameziane. En novembre 1909, après quatre mois d’une campagne de guérilla acharnée, submergés par le nombre et la puissance de feu des Espagnols, les Rifains sont acculés. Il leur faut en plus penser à la récolte et à faire vivre les leurs. De nombreux villageois qui avaient délaissé leur champ et leur famille pour rejoindre Ameziane, reprennent ainsi le chemin du labour, encouragés par certains notables locaux dûment financés par l’Espagne. Le chrif ne garde plus autour de lui qu’un dernier carré de fidèles, mais il n’a pas encore rendu les armes… Même
bandonné par Moulay Abdelhafid qui lui a enjoint de se soumettre à l’occupant espagnol, Ameziane ne renonce pas à poursuivre la lutte.

En novembre 1910, un accord hispano-marocain, qui place le Rif sous contrôle conjoint de Madrid et du sultan, achève de l’éloigner de Moulay Abdelhafid qu’il avait pourtant soutenu dans sa prise de
pouvoir. Il sait dorénavant que son jihad devra se passer du sultan.

Pendant près d’un an et demi, Ameziane prépare l’offensive. Même après la dissolution de sa coalition, il garde le contrôle du terrain, les troupes espagnoles restant principalement cantonnées à Melilia, d’où elles ne sortent que pour des opérations punitives. D’ailleurs, elles ne parviennent pas à empêcher la constitution d’un nouveau front. Car, dans l’ombre, toujours insaisissable, Ameziane organise la résistance et prend le dessus sur les notables rifains acquis aux intérêts espagnols. La campagne qu’il mène est d’un genre nouveau. Il s’agit non plus d’un simple jihad défensif, mais d’une véritable entreprise de reconquête. Il s’agit non plus de riposter, mais bien de faire peser sur l’adversaire une menace permanente, faire plus que harceler l’ennemi : l’attaquer frontalement.

En septembre 1911, après une succession de petits coups d’éclat, c’est l’apothéose : le chrif Ameziane, qui s’est reconstitué une armée, franchit l’Oued Kert derrière lequel il s’était retranché, et attaque le front espagnol. Si elles parviennent à garder leurs positions, les troupes espagnoles sont pour la première fois acculées en défense. Pendant plusieurs mois, Ameziane a l’initiative.

La naissance d’un mythe

“Le 15 mai 1912, sorti pour une reconnaissance, Ameziane se heurta à une troupe adverse qu’il ne pouvait, vu son grand nombre, ni affronter, ni esquiver, écrit Ayache, s’avisant cependant que c’étaient des Rifains, de ces “regulares” enrôlés par l’Espagne, il se porta vers eux en faisant de grands signes, comme s’il se proposait de leur parler. Mais il tomba frappé à mort, avant d’avoir été ni reconnu ni entendu. Ce n’est qu’alors qu’un des regulares, en s’approchant, l’examina et sut que c’était lui”. C’est donc au moment où il pose le plus de problèmes à l’Espagne, qu’Ameziane tombe au combat. Une heureuse nouvelle pour le général Aldave qui, dès le lendemain, s’adresse en ces termes aux représentants des tribus rifaines : “Dieu, Maître du monde, a décidé de faire mourir hier, sur le champ de bataille, le chrif Ameziane qui vous incitait à la guerre. C’est comme si au contraire, le Très Haut vous conseillait la paix. Suivez donc ses desseins et acceptez ce que je
vous propose”. Le corps du chrif combattant est exposé quelques jours aux regards dans la ville de Melilia, avant d’être inhumé à Seghanghan.

Le Rif vient de perdre un chef, un des rares hommes à en avoir fait l’unité. La voie est libre pour l’Espagne qui attendra dix ans avant de retrouver, en la personne de Abdelkrim Khattabi, une opposition unie à son occupation du nord marocain.

Mais la légende d’Ameziane peut d’ores et déjà commencer et sa mémoire être célébrée : celle du premier indépendantiste marocain. Du premier martyr aussi.
http://www.telquel-online.com/378/mag2_378.shtml
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Jeu 9 Juil 2009 - 14:17

article interessant, merci Leo Like a Star @ heaven
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Lun 19 Oct 2009 - 21:49

Edit Raptor: langage sms!
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Ven 16 Avr 2010 - 20:14

l histoire meconnue de l escadrille Lafayette pendant la guerre du Rif ou comment des volontaires Americains s en allerent gazer des femmes et des enfants pour preserver " la suprematie de la race blanche " :

http://rha.revues.org/index2393.html
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Jeu 5 Aoû 2010 - 17:14

Nous sommes en 1920. Bien avant la guerre d’Indochine et
la guerre d’Algérie, celle du Rif est bien la première guerre
anticoloniale du XXe siècle.




En France, elle donne lieu aux premières manifestations de
solidarité avec les peuples sous domination coloniale, organisées par le
Parti communiste, et dont l’Humanité en ces années 1925-1926, se fait
l’écho.

Le Rif, étroite bande côtière située du nord du Maroc méditerranéen,
est, depuis 1912, sous domination espagnole, le reste du pays sous
protectorat français.

Abdelkrim El Khattabi, né en 1882, à Ajdir dans la tribu berbère des
Beni-Ouariaghi, après des études à l’université d’El Karaouine à Fès,
s’installe à Melila où il est successivement cadi (juge musulman),
instituteur, interprète (arabe, français et espagnol) et correspondant
du Télégraphe du Rif, quand il se lance en politique. Il dénonce
l’oppression coloniale et se met à rêver à l’indépendance du Maroc.
Abdelkrim parcourt le Rif et sensibilise les populations : " Nous
devons, disait-il, sauver notre prestige et éviter l’esclavage à notre
pays. " Homme de culture et d’ouverture, celui qui qualifie l’Occident
de " civilisation du fer " par opposition au Maroc rural et
sous-développé, est tout sauf un fanatique. Il a un projet politique :
faire du Rif une république moderne, développer l’économie et
l’éducation, et la faire reconnaître par la Société des nations (SDN).
Il pense faire accéder le Rif à l’indépendance en bonne entente avec les
Espagnols. Mais ces derniers refusent.

La guerre devient inévitable quand les tribus berbères du Rif
refusent l’autorité espagnole et demande à l’Espagne de quitter le
Maroc. En 1920, les Espagnols envoient une armée de 100 000 hommes
commandée par le général Sylvestre. Le 20 juillet 1921, l’armée
espagnole subit un véritable désastre : 3 500 soldats tués, plus de 5
000 sont faits prisonniers, toute l’artillerie lourde espagnole et un
véritable arsenal (fusils et munitions) tombent entre les mains des
Rifains. Sylvestre se suicide. De victoire en victoire, Abdelkrim
repousse les Espagnols sur les côtes. En 1922, il proclame la République
du Rif. " Le Parti communiste français unanime félicite Abdelkrim pour
ses succès ", titre l’Humanité du 11 septembre 1924.

La France, inquiète, prend des mesures, vole au secours de l’Espagne,
dépêche une troupe de 400 000 hommes commandée par le maréchal Pétain.
Abdelkrim, qui a lancé son armée de 75 000 hommes contre le Maroc
français, est stoppé. Le rapport des forces est inégal. Abdelkrim fait
face à 32 divisions franco-espagnoles. Pétain mène une guerre totale :
les villages rifains sont rasés par l’aviation et l’artillerie, l’armée
française ne fait pas de prisonniers. C’est le début de la fin.

En France, malgré la campagne, à contre-courant, menée par le PCF
pour arrêter " immédiatement l’effusion de sang au Maroc ", relayée
quotidiennement par l’Humanité qui, en outre, publie des lettres de
soldats, puis l’appel - le premier du genre à l’époque - lancé par Henri
Barbusse et signé par une centaine d’intellectuels dont André Breton,
dans son édition du 2 juillet 1925, la guerre se poursuit. Abdelkrim est
vaincu en 1926. La République du Rif aura vécu.

Celui dont les méthodes de guérilla ont inspiré Mao Tsé-Toung et Hô
Chi Minh, est fait prisonnier et sera déporté à l’île de la Réunion.
Mais la guerre du Rif a un tel retentissement que le nom d’Abdelkrim est
devenu le symbole de la décolonisation. Quand il s’évade en 1947, il
s’installe au Caire où il est l’un des fondateurs du Comité de
libération du Maghreb. Abdelkrim exilé - il ne retournera plus au
Maroc -, le Rif est secoué par des révoltes en 1958-1959 qui seront
écrasées par les toutes nouvelles Forces armées royales (FAR) commandées
par le général Oufkir. La répression sera sanglante : 8 000 morts. Sur
le tard, avant son décès en 1963, il dira de cette période (1920-1925),
avec quelque amertume : " Je suis venu trop tôt. "





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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Ven 6 Aoû 2010 - 16:16

reese a écrit:
l histoire meconnue de l escadrille Lafayette pendant la guerre du Rif ou comment des volontaires Americains s en allerent gazer des femmes et des enfants pour preserver " la suprematie de la race blanche " :

http://rha.revues.org/index2393.html

Quelle honneur

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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Sam 7 Aoû 2010 - 10:52







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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Sam 7 Aoû 2010 - 10:55

La guerre du Rif

, Maroc 1921-1925




Nicolas Marmié,Vincent
Courcelle-Labrousse



  • Etude (broché). Paru en 04/2008






Entre 1921 et 1926, le Maroc est le théâtre d’une véritable guerre : "la
Guerre du Rif". De sa montagne au relief tourmenté, un jeune chef
berbère, Abdelkrim, défie les deux puissances européennes qui occupent
son pays, la France et l’Espagne. Rien ne semble pouvoir arrêter les
troupes du rebelle qui écrasent l’armée d’Alphonse XIII, massacrent des
milliers de ses soldats et provoquent la chute de la fragile monarchie
parlementaire espagnole. Après l’Espagne, c’est au tour de la France de
prendre de plein fouet l’explosion rifaine. Le choc est d’une brutalité
inouïe. "La Guerre du Rif" voit se croiser ou s’affronter des hommes aux
destins exceptionnels. Dans la canicule des djebels, Lyautey, Juin, de
Lattre de Tassigny, Catroux, Giraud connaissent la peur de voir l’armée
française battue par des paysans berbères, alors qu’à Paris, Doriot,
Cachin et Thorez associés aux surréalistes pourfendent l’impérialisme
d’un Painlevé ou d’un Briand. Pétain est appelé en sauveur du sultan du
Maroc et en tombeur de Lyautey. Sous le gouvernement du dictateur Primo
de Rivera, un jeune officier du Tercio, Franco, se forge une réputation
de militaire impitoyable. Lutte sans merci pour la liberté, conflit
oublié de l’histoire coloniale, "la Guerre du Rif" éclaire encore
aujourd’hui par bien des aspects les liens très spéciaux de la France et
du Maroc, tout comme la sensibilité des rapports du royaume chérifien
avec l’Espagne.
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Dim 8 Aoû 2010 - 9:53

Salam o 3Alaykoum/Bonjour/Sbah Al Kheir,

Ou peut on se procurer ce livre ? Quelqu'un aurait il un lien pour le commander ou bien une librairie qui le mettrait en vente
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Dim 8 Aoû 2010 - 16:34

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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Dim 30 Déc 2012 - 0:15

Citation :

Abdelkrim et la guerre du Rif, un film documentaire de Daniel Cling

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Nora rif
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Ven 12 Juil 2013 - 1:58

salam

merci pour ces details sur la guerre du rif j'ai toujours voulu en savoir plus sur mes origine et la je suis servie Smile mes grand parent habite Anoual j'en sais plus sur cette ville
merci beaucoup :p

avant tout ce que je trouvais c'etait wiki alors merci infiniment en plus il y a des titre de livre Very Happy

N.
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Mer 23 Avr 2014 - 8:05

Archives déclassifiées sur la guerre du rif





Premières images de Abdelkrim El khatabi en exil dans l'océan indien

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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Mer 23 Avr 2014 - 15:59

C'est depuis toujours que je le dis la France etait et restera toujours l'ennemi du Maroc et specialement ceux de mes encetres et mois meme les Rifins. Nous gazer avec des WMD,
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Tabrisius
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Mer 23 Avr 2014 - 16:56

La quoi?  Shocked Shocked Tu veut dire l'Espagne...
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MessageSujet: Re: La vérité sur la guerre du rif   Mer 23 Avr 2014 - 18:43

Tabrisius a écrit:
La quoi?  Shocked Shocked Tu veut dire l'Espagne...

La france aussi a aider l'espagne tous les deux. entre la guerre du Rif des 1920s et celle de h2 en 1958 le 3/4 de ma famille etait exterminees par gaz et massacre. qu'on vient pas me dire qu'on doit oublier la france.l'espagne et la monarchie marocaine a travers le gouvernement doivent indemniser tout le nord et specialement les habitantts du Rif.Est ce que vous avez de la famille au Rif ?????? Shocked Shocked
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