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 Il était une fois la garde royale

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civil
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MessageSujet: Il était une fois la garde royale   Ven 5 Déc 2008 - 20:03

Par Souleïman Bencheikh

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Dans l'intimité des palais, lors des déplacements de la cour, ou sous le feu nourri de l'ennemi, la garde royale protège le sultan… ou le dépose. La rétro d'un corps d'armée au lustre millénaire.


À son arrivée, Sa Majesté le roi a passé en revue un détachement de la garde royale qui lui rendait les honneurs avant d'être salué par tel ministre ou tel autre haut commis de l'Etat”. C'est ainsi que la MAP et les journaux télévisés du royaume rendent compte de la plupart des déplacements et inaugurations de Mohammed VI. La garde royale y est mise en scène comme un corps d'apparat, drapé dans des costumes toujours chamarrés, aux sons de tambours, cymbales et trompettes faisant résonner un hymne national joué à la perfection. Si la garde royale est officiellement chargée de la protection des palais royaux concurremment avec les parachutistes des forces armées royales, la gendarmerie et la sûreté nationale, elle ne joue en fait qu'un rôle d'apparat, comme la vitrine présentable d'une armée qui peine à communiquer. Elle est aujourd'hui composée de 3000 hommes, dirigés par le général de division Mimoun, et répartis en quatre bataillons d'infanterie et deux groupes d'escadrons à cheval. Mais les temps glorieux et la poussière des champs de bataille appartiennent au passé. La garde royale est désormais associée à des fonctions plus administratives et protocolaires que sécuritaires. Pourtant, longue est l'histoire guerrière, entre exploits et méfaits, de ce corps d'armes aujourd'hui cantonné aux compétitions de polo, de dressage équestre ou de saut d'obstacles. Si elle n'a rien perdu d'un lustre et d'un prestige qui se traduisent par la confiance chaque fois renouvelée du souverain, la garde royale le doit avant tout à son histoire et au mystère de la légende noire qu'elle s'est forgée.


Dernière édition par CIVIL le Ven 5 Déc 2008 - 20:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il était une fois la garde royale   Ven 5 Déc 2008 - 20:04

Citation :


Janissaires de la garde noire

“L'histoire de la garde royale est, à l'instar de celle de l'armée marocaine, intimement liée à celle du royaume depuis les Idrissides, en passant par les Almoravides, les Almohades puis les Mérinides, jusqu'aux Saadiens(…). Dès le fondement de l'Etat marocain par Moulay Idriss 1er, il y a déjà douze siècles, naquit la garde royale”. C'est en ces termes que la littérature officielle de l'armée fait état des origines de la garde royale. Pourtant, derrière ce semblant de continuité, se cachent des évolutions notables, très fortement liées aux personnalités des sultans qui se sont succédé à la tête du royaume. Sous les Idrissides, c'est-à-dire jusqu'au début du Xe siècle, la garde n'était qu'une élite de proches chargés de la protection du sultan. Elle regroupait les meilleurs soldats de l'armée et n'était envoyée sur le champ de bataille qu'en cas de force majeure : pour récolter les fruits de la victoire ou pour assurer les arrières du sultan en fuite. C'est à la fin du XIe siècle que le premier sultan almoravide Youssef Ibn Tachfine commence à enrôler des Africains noirs dans sa garde personnelle. Partis de l'actuelle Mauritanie, ses ancêtres ont, dès le milieu du XIe siècle, occupé une partie du royaume du Ghana et fondent Marrakech en 1070. L'empire almoravide, qui repose sur des bases africaines solides, peut alors puiser dans la ressource humaine noire des territoires soumis, pour mieux porter la guerre en Andalousie. En 1086, lors de la bataille de Zellaqa (près de Badajos en Espagne), la garde de Youssef Ibn Tachfine est déjà presque exclusivement composée d'esclaves noirs qui lui permettent de remporter une victoire décisive sur Alphonse VI de Castille. Ainsi, dès la fin du XIe siècle, la garde du sultan est communément appelée garde noire. Cette tradition de recrutement africain est ensuite perpétuée par les Almohades. Les historiens rapportent notamment qu'en 1184, lors du siège de Santarem au Portugal, la garde noire protégeant le sultan (qui comptait aussi des Kurdes et quelques miliciens chrétiens) fut entièrement décimée en protégeant son maître.

Des gnawis aux boukharis

À partir du XVe siècle, en modernisant l'armée sur le modèle ottoman, les sultans saadiens font de leur garde un corps constitué à la manière des janissaires de la Sublime porte, parmi les populations réduites en esclavage de territoires annexés (gnawis au Maghreb, Kurdes et chrétiens des Balkans pour les sultans ottomans). “On trouve au Moyen Age, puis pendant la Renaissance, dans presque tout le bassin méditerranéen des corps de garde de confession différente de celle du souverain qu'ils servent. Les mamelouks égyptiens, la garde personnelle du sultan ottoman, la garde d'elches (renégats) des nasrides grenadins et la garde musulmane des souverains castillans illustrent tous ce transfert de religion”, écrit l'historienne Mercedes Garcia-Arenal, dans Conversions islamiques (Maisonneuve et Larose, 2001). De fait, la garde des sultans marocains n'est pas composée de “soldats” au sens propre du terme. Les membres qui s'y côtoient ont un statut servile dont ils ne parviennent à s'affranchir que de génération en génération. Avec Moulay Ismaïl, qui crée le guiche des Abid al Boukhari organisés en infanterie et cavalerie, cette condition servile de la garde noire semble institutionnalisée. Les Abid al Boukhari (ainsi nommés en référence au livre de hadiths sur lequel ils prêtent serment d'allégeance au sultan) sont en effet exclusivement dédiés au service du prince, qui peut d'ailleurs aussi bien les revendre que les offrir. Leur statut juridico-religieux reste néanmoins obscur. Dans Soldats, domestiques et concubines (Balland, 1994), Mohamed Ennaji rapporte les propos d'un juriste consulté au sujet du statut des anciens membres de la garde noire : “Devait-on les considérer comme libres et, le cas échéant, prendre imam parmi eux, ou étaient-ils toujours dans la servitude ? La réponse n'était pas sans réserve : “Quant aux esclaves qui sont de l'armée du sultan, ils sont maintenant libres. On peut prendre notaires, témoins, imams parmi eux, mais seul l'affranchi peut diriger la prière du vendredi”. Et Ennaji de commenter : “Une liberté de fait plus qu'une liberté de droit, mais tout de même validée sur l'essentiel par la pratique sociale”.


Dernière édition par CIVIL le Ven 5 Déc 2008 - 20:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il était une fois la garde royale   Ven 5 Déc 2008 - 20:05

Citation :
Dans l'intimité du prince


L'origine servile des membres de la garde royale n'a cependant pas empêché certains d'entre eux d'accéder aux plus hautes responsabilités de l'Etat. Ba Hmad, qui assure la régence à la mort de Hassan Ier, est par exemple le descendant d'une lignée d'esclaves dont plusieurs ont servi dans la garde du sultan. “Gardiens de la mémoire des rois, les ayant côtoyés des générations durant, ayant vécu dans leur intimité de père en fils, partagé leurs moments de gloire et de malheurs, ils (les esclaves noirs des sultans, ndlr) étaient les témoins indiqués pour maintenir et transmettre les rites et les usages de la maison fortunée. Ils étaient à même de former à la grandeur. Leurs récits contés dans un respect mythique des maîtres, avaient valeur initiatique”, écrit Ennaji. C'est pour ces mêmes raisons que le corps des Abid al Boukhari a rapidement gagné en importance. De hors droits qu'ils semblent avoir été, les esclaves noirs des sultans et en particulier ceux de leur garde personnelle, sont devenus au fil des âges un instrument de légitimation politique, jusqu'à constituer au début du XXe siècle une élite solidement implantée qui avait le pouvoir de faire et défaire les sultans. “Les soldats de la garde noire, en dépit de leur origine composite, étaient les gardiens de l'Etat et, dans le même temps, les fossoyeurs de l'Etat quand celui-ci, sans plus de ressources budgétaires, était incapable de leur verser leur solde mensuelle”, explique notamment Abdelmalek Benabid dans Esclavage, diaspora africaine et communautés noires du Maroc (L'Harmattan, 2005). En définitive, c'est avec le protectorat français que pâlit l'étoile de la garde du sultan, désormais appelée garde chérifienne. Elle se voit retirer ses prérogatives sécuritaires et est cantonnée dans un rôle purement représentatif. Le 20 août 1953, le général Guillaume ne rencontre d'ailleurs aucune difficulté à la désarmer au moment où il exige l'abdication de Sidi Mohammed ben Youssef, finalement exilé à Madagascar.

Quand la garde se rebiffe

Au moment de l'indépendance, la garde chérifienne est définitivement appelée garde royale. Un dahir de novembre 1963 en fixe le statut militaire et la place “directement et exclusivement” sous l'autorité du roi. Toujours cantonnée dans un rôle d'apparat et de sécurité rapprochée du souverain, la garde royale fait pourtant parler d'elle à l'occasion du coup d'Etat avorté de Skhirat en 1971, car le général Medbouh, un des principaux instigateurs du putsch, en est le commandant. De là à conclure à une trahison collective de la garde royale, il y a un pas que personne n'a encore franchi. La garde royale, et en particulier sa composante noire, n’a pas plus été touchée que le reste de l'armée par les épurations qui ont suivi l'assaut de Skhirat et l'attaque du Boeing royal en 1972. Mais les riches heures de la garde royale appartiennent bel et bien au passé. Le commandant Mahjoub Tobji, auteur du brûlot Les officiers de Sa Majesté (Fayard, 2006) et ancien membre de la garde royale, rapporte à ce propos des souvenirs qui en disent long sur la méfiance de Hassan II envers sa propre garde rapprochée : “Il m'est arrivé assez souvent de conduire d'importantes personnalités auprès du roi lors de visites sinon sécrètes, du moins confidentielles ou discrètes. Au moment où j'arrivais avec ces personnes, la garde recevait l'ordre de tourner le dos”, explique l'ancien commandant. Il est donc loin le temps où la garde pouvait mourir pour son maître, le côtoyer sur le champ de bataille et partager avec lui les secrets de son règne. Vitrine presque divertissante de l'armée, la garde royale est aussi la commode illustration de l'histoire millénaire du Maroc. Comme un symbole, elle a offert à Hassan II sa dernière satisfaction, la dernière pierre à l'édifice lentement construit de sa légende : un défilé sur les Champs-Elysées, le 14 juillet 1999, hommage de la chiraquie à celui qui lui a tant donné. Quelques jours plus tard s'éteignait Hassan II, accompagné dans son ultime voyage par la lancinante complainte des cuivres de la garde royale...

http://www.telquel-online.com/349/maroc4_349.shtml
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MessageSujet: Re: Il était une fois la garde royale   Mar 30 Avr 2013 - 22:09

Je tiens néanmoins à vous dire que la garde royale est l'affectation la plus dure à obtenir pour les lauréats de l'ARM.
D'abord il faut être classé parmi les premiers, en plus d'une vérification de votre "background"; j'en connais qui ont été refusé parce qu'un membre de leur famille était un ex-détenu salafistes.

:balkom:
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MessageSujet: Re: Il était une fois la garde royale   Dim 2 Juin 2013 - 21:54

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