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 Culture judéo-marocaine

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Ichkirne
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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Mar 24 Juil 2012 - 20:14


Citation :
Je souhaite de bonnes relations entre le Maroc et Israël" [Interview avec Alexandre Adler]

Par Hanane Jazouani



Hier lundi 23 juillet, s’est tenue à Casablanca la 2ème édition de la Conférence économique organisée par le groupe Attijariwafa Bank sur le thème « Évolutions de l’économie marocaine dans un contexte de reconfigurations mondiales». Alexandre Adler, historien et éditorialiste faisait parti des intervenants. Après son intervention, il a accepté de répondre, aux questions de Yabiladi.

Dans un article du Figaro, vous avez qualifié les évènements que connaissait le Maroc durant le printemps arabe de révolution de velours ?

Alexandre Adler : Ce terme a été employé par les tchèques. Le régime soviétique tchécoslovaque s’est effondré pratiquement d’un jour à l’autre et les institutions démocratiques se sont mises en place sans aucune violence. Depuis 2011, nous n’assistons pas au Maroc à un affaiblissement de l’Etat mais plutôt à son renforcement. Les Marocains ont finalement décidé de s’entendre tous et de se regrouper autour des propositions du roi et maintenir ainsi l’unité du Makhzen.

Pensez-vous qu’un jour le Maroc puisse connaitre les mêmes évènements violents qui ont marqué les pays arabes comme en Tunisie ou en Egypte ?

A.A : Vous allez voir dans deux ans la Tunisie sera prête pour une contre-révolution ! Le rassemblement d’ignares et d’imbéciles qui dirige actuellement le pays est en train de détruire tous les avantages compétitifs que possède ce pays. Le Maroc n’a rien connu de tel. Il ne fait que prolonger un effort commencé lors de l’avènement de Mohamed VI qui est une véritable pérestroïka marocaine fondée sur les libertés publiques, la liberté d’expression et le pluralisme politique. Ce sont ça ses vrais atouts. Un pays qui possède ces atouts n’explose pas.

Par contre, on ne peut pas oublier qu’il y a des problèmes sociaux très importants. D’un côté, un Maroc prospère se concentrant autour de la côte atlantique et de l’autre un Maroc des montagnes et des déserts où la population vit toujours à une grande distance de ces pôles économiques. Néanmoins, si nous comparons la courbe de l’amélioration démocratique du pays à celle de l’amélioration économique et sociale qui jusqu’à présent a été soutenue par une forte croissance, je ne vois pas comment les choses seront perdues. Je pense qu’aujourd’hui une grande majorité des Marocains, quelque soit leur opinion politique ou religieuse, veulent que les choses se poursuivent ainsi.

Le Maroc possède une importante diaspora de confession juive partout dans le monde et notamment en Israël. Ne devrait-il pas tout simplement assumer cette relation qu’il a avec Israël au lieu de la cacher ?

A.A : Il y a eu des juifs dans tous les pays du monde arabe, en dehors de la terre du Prophète mais dans aucun pays, les relations d’intimité entre juifs et musulmans n’ont été aussi marquées qu’au Maroc. C’était déjà le cas dans le Maroc médiéval et l’arrivée ensuite des expulsés d’Espagne aussi bien musulmans que juifs a créé une véritable symbiose culturelle. C’est le miracle fassi. C’est impossible que cela disparaisse. Aujourd’hui chez les islamistes, des voix s’élèvent pour réclamer une politique plus sévère à l’égard d’Israël. Mais j’ai observé avec grand plaisir qu’Abdelilah Benkirane soutenait avec son parti PJD, un projet donnant le droit de vote à tous les Marocains de l’étranger, y compris à plus de 600 000 juifs vivant en France, au Canada et en Israël et qui, selon la Constitution, iront voter aux prochaines élections marocaines. Tous ne le feront pas mais certains ont envie de le faire et j’en connais. Tout cela montre qu’il y a une spécificité marocaine. Je pense que cette entente judéo-musulmane est un atout très important pour la paix dans cette région.

Quelle position doit garder le Maroc alors ?

A.A : Le Maroc ne peut pas tout faire tout seul. Le Maroc est au Maghreb. Depuis toujours, il a été en avance notamment dans le dialogue entre Israël et le monde arabe. Le Roi Hassan II a assumé des risques, le roi Mohamed V l’avait fait avant lui, le présent roi à la même attitude. Mais il ne faut pas non plus être suicidaire ! Avec un régime islamiste en Tunisie qui a mis dans la Constitution, l’interdiction des relations diplomatiques avec Israël, avec une crise latente du FLN en Algérie, où l’antisémitisme des nationalistes algériens est toujours à fleur de peau. On peut se réjouir que le Maroc ait fait un pas en avant, mais ce n’est pas la peine de faire deux pas en avant, d’autant plus que la politique israélienne n’est pas encourageante. Le Maroc s’est toujours saisi de tous les éléments qui bougeaient pour avancer. Lui demander davantage ? Ca ne me semble pas réaliste et Dieu sait que je souhaite actuellement de bonnes relations entre le Maroc et la communauté juive dans le monde et donc aussi avec l’Etat d’Israël. Ce n’est pas aujourd’hui une urgence compte tenu des positions très ouverte adoptée par Benkirane sur la citoyenneté marocaine. Pour le moment, le Maroc n’a pas rompu le pacte qui le maintien avec sa communauté juive et ça c’est l’essentiel. D’ailleurs, il n’y a pas de Benkirane qui fusse musulman il y a trois siècles ! (rires) C’est un nom 100% juif !

http://www.yabiladi.com/articles/details/12060/souhaite-bonnes-relations-entre-maroc.html
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Yakuza
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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Jeu 27 Sep 2012 - 17:26

joyeuse année a nos membres de confession juive,Shanah Tovah 5773 Like a Star @ heaven




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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Jeu 27 Sep 2012 - 19:10

bonne fetes oumkipour

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Ven 28 Sep 2012 - 8:24

Gmar Hatima Tova
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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Ven 28 Sep 2012 - 10:08

bonne fête cheers
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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Mar 9 Oct 2012 - 18:52

Serge Haroche, Juif franco-marocain, obtient le prix nobel en physique avec l'américain David Wineland

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Mer 12 Déc 2012 - 9:15

Citation :
Lettre ouverte aux Israéliens d'origine marocaine

Gabriel Banon - Economiste - Consultant international

Voilà maintenant soixante cinq ans que l’Etat d’Israël existe. Soixante cinq ans aussi que l’état de guerre perdure et que la population israélienne vit dans l’attente d’une Paix toujours espérée et jamais conclue.Bientôt deux générations n’auront connu que la guerre, les alertes, les attentats et la violence.L’opinion mondiale est lasse de ce conflit, les sentiments des uns et des autres s’exacerbent et se radicalisent.Et pourtant, chaque fois que l’espoir d’une Paix se dessine, c’est l’enthousiasme, la joie et le soulagement.
Mohamed VI décorant en 2008 le grand rabbin de Paris, le défunt David Messas /MAP Rappelez vous les lendemains des accords d’Oslo, les déclarations d’Itzak Rabbin : « Il est un temps pour la guerre, il est un temps pour la paix » ce moment est arrivé, avait-il ajouté.Depuis son assassinat, de guerre en guerre, de trêve en trêve, la situation perdure. Aucune lueur d’une fin prochaine ne se dessine. Et pendant ce temps là, petit à petit, la nature juive de l’Etat d’Israël s’estompe. Si, rapidement, un Etat palestinien n’est pas mis en place, bientôt, on ne pourra plus dire qu’Israël est un Etat juif.

Tous les hommes de bonne volonté doivent se mobiliser, et particulièrement ceux d’origine marocaine. Ce n’est pas parce que certains ont été absorbés par le « système » que vous ne pouvez pas faire entendre votre différence. Vous êtes plus d’un million de citoyens à part entière. L’extrémiste Liberman avec beaucoup moins, a profité d’une loi électorale démocratique, pour d’autres scélérate, pour imposer les idées d’une minorité et mettre en danger l’avenir du Pays.La Paix ne se fera pas par les armes. Elle ne peut s’envisager que si la confiance des uns vis-à-vis des autres est rétablie. Ce n’est que si le « vivre ensemble », cohabiter dans la sérénité, les uns à côté des autres, deviennent la croyance des deux peuples, israélien et palestinien. Aucune négociation, directe ou indirecte, secrète ou officielle, sous l’égide ou non de grandes puissances, ne peut réellement aboutir, si dans les esprits des uns et des autres, la croyance dans la coexistence, n’est pas devenue une réalité.

Je peux comprendre les réticences, la méfiance des Israéliens qui n’ont jamais eu de passé avec le monde arabe. Mais, vous, les Israéliens d’origine marocaine, vous pouvez, vous devez être cette passerelle qui explique, conforte et se bat contre les préjugés. Votre passé marocain n’est pas si loin, votre mémoire est encore vivace, des temps où juifs et arabes vivaient en harmonie au Maroc.Chaque jour apporte la preuve que vous êtes restés attachés à cette Monarchie à nulle autre pareille. Vous pouvez et vous devez témoigner et être cette conscience d’Israël du monde arabe.Organisez vous, devenez un groupe incontournable et pesez sur les choix et les orientations du gouvernement. Vous devez témoigner sans relâche, que la coexistence pacifique avec les Palestiniens est possible. Vous devez peser pour que les négociations reprennent au plus vite et qu’un Etat palestinien se mette en place. C’est la seule solution pour la sécurité et la pérennité de l’Etat d’Israël.

Une responsabilité historique vous échoit, il faut l’assumer.

Yabiladi

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Lun 24 Déc 2012 - 21:47

Citation :

Le gouvernement réhabilite les écoles juives au Maroc
20 décembre 2012
Le gouvernement prévoit de réhabiliter les anciennes écoles israélites au Maroc, a annoncé mardi Mohamed El Ouafa, ministre de l’Education nationale. Le projet, qui concerne des dizaines d’écoles juives, a été présenté cette semaine au président de l’Alliance israélite universelle Marc Eisenberg, de passage au Maroc.

Des plaques commémoratives seront également apposées aux anciennes écoles israélites, pour montrer l’importance de la cohabitation entre les communautés juive et musulmane au Maroc et leur histoire commune, a fait savoir El Ouafa.

Marc Eisenberg, en visite au Maroc pour s’enquérir de la qualité de l’enseignement dans les écoles israélites, fréquentées par des élèves de confession juive et musulmane, a salué le climat de fraternité régnant dans ces établissements.

L’Alliance israélite universelle a créé sa première école au Maroc en 1862 à Tétouan. Dans la seule ville de Casablanca, qui compte la plus importante communauté hébraïque du pays, il existe quatre écoles israélites.

La communauté juive au Maroc est actuellement estimée à 4000 personnes. D’après un câble diplomatique américain dévoilé par Wikileaks en septembre 2011, plus de 900.000 Israéliens sont d’origine marocaine.

http://www.bladi.net/ecoles-isrealites-maroc.html

bravo comme ca
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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Mar 25 Déc 2012 - 9:30

et l´ecole publique qui va la rehabiliter?
quoi qu´ils fassent ils vont pas revenir Laughing

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Mar 25 Déc 2012 - 9:40

Qu'ils reviennent ou pas c'est pas ça l'essentiel, tout ce qu'ils veulent c'est obtenir une image ''pays tolérent'' et ''ami du peule juif''.

C'est du léchage de c**

J'allais dire la même chose avant que tu intervienne, qui va réhabilité les écoles publiques de wlad chaâb? Pourquoi la classe moyenne doit payer la moitié de ses revenus pour offrir à ses enfants un enseignement ''de qualité'' au lieu de les envoyer à l'école publique comme il y a 20 ans? Pourquoi la classe pauvre/populaire doit accepter, faute de moyens, d'envoyer ses enfants à l'école publique? sachant à l'avance que ça ne fera que creuser l'écart socio-économique entre ses enfants et les classes les plus aisées en terme d'éducation/compétences et accès au marché du travail.

Quand j'étais gamin l'école publique était un véritable ascenseur social, on était fier de faire tout notre cursus au sein de l'école publique, de nos jours, c'est la honte...

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Mar 25 Déc 2012 - 12:18

C'est clair qu'on peut se poser la question sur la motivation et penser que c'est une opération de com (soit pour avoir une bonne image internationale et/ou pour séduire cette communauté et éviter qu'elle ne se réduise encore dans le futur).

Je suis tout a fait d'accord avec vous, il y a beaucoup d'autre écoles publiques qui demandent des réhabilitations et en priorités absolues.

Cependant, perso je salue quand même le geste car améliorer le quotidien des enfants quelqu'ils soient (meme un petit nombre) est toujours bon à prendre.

Espérons que c'est pas juste une opé de com et qu'ils vont pas s'arrêter aux écoles juives ...

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Mar 25 Déc 2012 - 15:13

RadOne a écrit:

Cependant, perso je salue quand même le geste car améliorer le quotidien des enfants quelqu'ils soient (meme un petit nombre) est toujours bon à prendre.

Je partage entièrement ton idée, seulement quand je lis ''améliorer le quotidien des enfants'', j'ai l'impression qu'on parle des enfants du Haut Atlas, qui gèlent à cause du froid de l'hiver sur le chemin de l'école.

Quand j'ai lu ta phrase j'ai pas pu m'empêcher de penser à ces petites créatures:

Spoiler:
 
Ils devraient peut être se convertir au judaïsme... Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine    Mar 25 Déc 2012 - 16:55

Citation :
Qu’en est il du projet d’indemnisation des Juifs du Maroc par l’Allemagne ?



Un an et demi est passé depuis que la Claims Conference déclarant la décision d’indemniser les juifs du Maroc qui furent restreints dans leur droit à la libre circulation. Une requête fut adressée dernièrement au bureau israélien de cette institution de fournir des détails sur le sort de milliers de demandes faites par des sexagénaires. Toutes les tentatives de la part des intéressés d’avoir des nouvelles concernant leur revendication à l’indemnisation sont restées sans réponses. Á ce jour il semble que personne n’a été dédommagé.

Dès la publication dans la presse de ce projet d’indemnisation trois historiens israéliens, Michael Laskier de l’Université de Bar Ilan et Yaron Tsur de l’Université de Tel Aviv, spécialistes de l’histoire du Maroc contemporain et de sa communauté juive et moi-même professeur à l’Université de Paris VII, nous nous étions adressés, le 15 septembre 2011, à Hen Yurista, directeur du bureau israélien de la Claims Conference pour lui demander de réviser l’accord avec le gouvernement allemand concernant l’indemnisation des Juifs marocains persécutés pendant la guerre ou de l’annuler. Dans un courrier qui lui fut envoyé, nous développèrent les raisons précises pour lesquels cet accord était, à notre avis, incompatible avec la réalité historique et négligeait les personnes qui avaient été incontestablement discriminés sans pourtant être dans les critères d’indemnisation.

Selon les déclarations du directeur de la Claims Conference il n’existe aucun accord particulier avec le gouvernement allemand concernant « la shoah des juifs du Maroc ». Son bureau israélien a juste demandé d’inclure le Maroc dans les accords existants relatifs aux juifs d’Europe qui n’ont pas été déportés. En outre il précise que le seul critère valide pour le droit à l’indemnisation ne repose que sur celui de la "restriction au droit de circulation" pour les Juifs nés au Maroc nés jusqu’au 31/08/1943

Nous avions affirmé qu’« il est important de noter, que ce critère est incompatible avec la réalité historique des Juifs du Maroc pendant la guerre. Nous voulons en préciser les éléments essentiels :
- Le terme « Shoah des juifs du Maroc » est inexact et trompeur. En aucun cas il n’y a eu de Shoah au Maroc. Au contraire le Maroc a servi de refuge à de nombreux juifs fuyant l’Europe. En outre quelques centaines de Juifs de nationalités étrangères ont été envoyées dans les camps de travail par les Français vichystes à Bou Arfa mais de là à parler d’extermination la différence est grande. De toute façon aucun juif marocain n’a été déporté du Maroc vers les camps de la mort. L’utilisation de ce terme porte atteinte au terme de Shoah et risque d’encourager des attitudes négationnistes.

- Il y a eu des persécutions contre les juifs du Maroc pendant la guerre mais la restriction au droit de circulation n’était pas la discrimination la plus importante mais plutôt la plus marginale. Ce n’est pas l’occasion d’énumérer ici les décrets (dahir) discriminatoires dont ont souffert plusieurs juifs du Maroc, signés par le roi Mohamed Ben Youssef sous la pression du résident général Charles Noguès, représentant du gouvernement de Vichy au Maroc. Mais il est évident que de nombreux juifs du Maroc ont été discriminés et ont perdu leur emploi et leur statut professionnel, surtout dans les professions libérales : médecins, avocats, experts comptables, artistes et fonctionnaires. Cette discrimination était douloureuse et blessante mais le gouvernement allemand et la Claims Conference ont préféré totalement l’ignorer.

- Le gouvernement allemand a accepté la requête de la Claims Conference d’indemniser, après si longtemps et par des sommes dérisoires, les juifs du Maroc nés jusqu’au 31/8/1943 considérés comme discriminés dans leur droit à la circulation suite à un dahir (décret) qui n’a pratiquement pas été appliqué. Cette atteinte au droit à la circulation est bien moins cruciale par rapport aux nombreux Juifs qui ont perdus leur emploi ou de jeunes élèves juifs chassés des écoles françaises conformément au décret du numerus clausus.

- Cette décision est pour le moins surprenante et soulève plusieurs questions : Pourquoi gouvernement allemand a décidé d’adopter ce critère et non pas ceux qui reflètent la situation réelle au Maroc ? Pourquoi tant de publications de la part de la Claims Conference incitant les juifs originaires du Maroc à remplir des formulaires de requête bien qu’il soit évident que selon le critère en question n’est concernée qu’une infime quantité de juifs ? Est-ce de cette manière que l’Allemagne et ses anciens alliés pendant la guerre pensent calmer leur conscience, après si longtemps, tout en dédaignant les faits historiques ?

- Tenant compte de ces arguments, nous pensons que la décision du bureau israélien de la Claims Conference est une décision erronée et insoutenable, bien que décidée de bonne foi. Etant donné qu’à votre avis il n’est pas possible d’exiger un dédommagement collectif en faveur d’oeuvres humanitaires il est souhaitable que vous révisiez votre décision. Une indemnisation, même très tardive, pourrait être positive, mais elle nécessite de revoir ses critères et de les adapter à la réalité des faits et actes subits par les juifs du Maroc pendant la guerre ».

Les juifs marocains seront ils indemnisés ou ce ne fut qu’une fausse alerte de la part de la Claims Conference ?

http://www.egaliteetreconciliation.fr/Qu-en-est-il-du-projet-d-indemnisation-des-Juifs-du-Maroc-par-l-Allemagne-15584.html

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Dim 30 Déc 2012 - 18:23


http://www.yabiladi.com/articles/details/14661/maroc-jeune-israelienne-reve-d-avoir.html

Normalement d'apres notre constitution, les israeliens descendants 1 ou 2 generations de juifs marocains peuvent postuler pour avoir un passeport marocain?
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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Mer 13 Fév 2013 - 15:41

Citation :
Morocco boasts 'spritual diversity' at synagogue renewal

(AFP) – 1 hour ago

FEZ, Morocco — King Mohammed hailed the "spiritual wealth and diversity" of Morocco at a ceremony on Wednesday to mark the end of the restoration of a 17th century synagogue in the city of Fez.

The ceremony was held in the medina, the Old City, of Fez, a UNESCO world heritage site, before more than 200 people including the country's Islamist prime minister and German parliament speaker Norbert Lammert.

Germany part-financed the 160,00-euro ($215,000) work.

The two-year restoration of Slat Alfassiyine synagogue bore "eloquent testimony to the spiritual wealth and diversity of the Kingdom of Morocco and its heritage," Mohammed said in a message read by Prime Minister Abdelilah Benkirane.

"The secular traditions of Moroccan civilisation drew their essence from the fact that Moroccans are deeply ingrained with the values of coexistence, tolerance and harmony between the different components of the nation," the king said.

The new constitution adopted in 2011 against the background of the Arab Spring, recognised its Jewish heritage as part of Morocco's national identity, he said, calling for the renovation of all Jewish place of worship in the country.

Among other speakers was Serge Berdugo, a Jewish former Moroccan minister.

Morocco historically had a vibrant Jewish population and 1,200 of the faith's pious ancestors are buried in cemeteries across the North African country, which was home to a community of almost 250,000 in the first half of the 20th century.

The Jews of Morocco are now estimated to number less than 3,000.

In 1900, Fez, then the imperial capital, had 10,000 Jews out of a population of 100,000 and 20 synagogues, according to Simon Levy, a specialist on Judaism in Morocco. The city lies 200 kilometres (125 miles) east of Rabat.
Citation :
Cérémonie dans la médina de Fès pour la restauration d'une synagogue

Une cérémonie en présence de nombreuses personnalités a marqué mercredi la fin de la restauration d'une synagogue de Fès, le roi exaltant "la richesse et la diversité des composantes spirituelles" du Maroc dans un message lu en son nom par le chef du gouvernement islamiste.

Cette cérémonie s'est déroulée dans la médina de Fès, classée au patrimoine de l'Unesco, en présence de 200 personnes parmi lesquelles des responsables de la communauté juive marocaine mais aussi le président du Bundestag (Parlement fédéral allemand) Norbert Lammert, dont le pays a contribué à la rénovation de l'édifice, a constaté un photographe de l'AFP.

La restauration complète de la synagogue "Slat Alfassiyine", qui aura réclamé plusieurs années d'efforts pour un coût de 160.000 euros, "est le témoignage éloquent de la richesse et de la diversité des composantes spirituelles du Maroc et de son patrimoine", a déclaré le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, lisant un message du roi Mohammed VI.

"Les Marocains sont profondément imprégnés des valeurs de coexistence, de tolérance et de concorde entre les différentes composantes de la nation", a-t-il poursuivi.

La nouvelle Constitution, adoptée en 2011 dans le contexte du Printemps arabe, consacre la "particularité hébraïque" du Maroc comme "l'un des affluents séculaires" de son "identité nationale", a encore fait valoir dans son message Mohammed VI, appelant "à la restauration de tous les temples juifs" du royaume.

Responsable de la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain (FPCJM), Serge Berdugo, un ancien ministre, a de son côté jugé que cette cérémonie était "porteuse d'un message de paix et de tolérance".

Le fils de Simon Lévy, l'ancien président du FPCJM qui avait initié le projet en 2005, a lui aussi pris la parole. "Le message que voulait porter mon père c'est qu'il s'agit d'une partie de l'histoire du Maroc que nous rendons aux Marocains, sans discrimination", a ensuite déclaré Jean Lévy à l'AFP.

Construite au XVIIe siècle, la synagogue Slat Alfassiyine a été fermée en 1972 puis a notamment été utilisée comme salle de sport. Elle est considérée comme particulièrement représentative du rite spécifique au judaïsme marocain.

Le Maroc, où vivaient près de 250.000 juifs durant la première moitié du XXe siècle, compte toujours la plus importante communauté juive d'Afrique du Nord, même s'ils ne sont plus que 3.000 environ, selon diverses études.

A Fès, cette communauté a compté jusqu'à 30.000 membres.

AFP
Citation :
La plus vieille synagogue de Fès rouvre après des années de restauration

Une cérémonie a célébré la réouverture d'une ancienne synagogue de Fès, au Maroc, après deux ans de restauration. Le roi Mohammed VI, représenté par le chef du gouvernement, a rendu hommage à la "diversité des composantes spirituelles" du royaume.

Par FRANCE 24 (texte)


La synagogue Slat El Fassiyine de Fès, au Maroc, été inaugurée mercredi au terme de deux années de restauration, sous le patronage du roi Mohammed VI qui n’était cependant pas présent.

La cérémonie s'est déroulée dans la médina de la ville, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, en présence de 200 personnes parmi lesquelles des personnalités juives marocaines et allemandes, des dignitaires religieux musulmans et juifs, ainsi que des élus et des intellectuels.

"La restauration complète de la synagogue est le témoignage éloquent de la richesse et de la diversité des composantes spirituelles du royaume du Maroc et de son patrimoine authentique", a déclaré le chef du gouvernement, l'islamiste Abdelilah Benkirane, lisant un message du roi Mohammed VI.

"Les traditions séculaires de la civilisation marocaine puisent leur essence dans le fait que les Marocains sont profondément imprégnés des valeurs de coexistence, de tolérance et de concorde entre les différentes composantes de la nation", a-t-il poursuivi.

La "particularité hébraïque" du Maroc

La nouvelle Constitution, adoptée en 2011 dans le contexte du Printemps arabe, consacre la "particularité hébraïque" du Maroc comme "l'un des affluents séculaires" de son "identité nationale", a encore estimé Mohammed VI, qui a appelé "à la restauration de tous les temples juifs" du royaume.

Fondée au XVIIe siècle, la synagogue, dite la plus ancienne de Fès, a connu bien des péripéties. Utilisée comme prison au XVIIIe siècle, elle fut ensuite réhabilitée comme lieu de prière, et devint l’un des lieux incontournables de la communauté juive de Fès, qui comptait près de 250 000 personnes dans la première moitié du XXe siècle et représente toujours la plus importante communauté juive d’Afrique du Nord.

Elle fut ensuite démantelée dans les années 1970 et transformée en atelier de fabrication de tapis puis en salle de boxe, sans perdre néanmoins son aspect original. Depuis le milieu des années 90, la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain, dirigé par feu Simone Levy, a réussi à mobiliser plusieurs partenaires et donateurs, dont l’Allemagne, pour lancer les travaux de restauration.

Avec dépêches



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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Dim 17 Fév 2013 - 16:40

Article de telquel très intéressant sur l'identité marocaine et sa judaïté au travers de l'histoire Smile

Citation :
Le juif en nous. Au cœur de l’identité marocaine



Aux origines de notre drapeau

À l’origine, le drapeau du Maroc, utilisé pour la première fois a Xème siècle par l’Almoravide Youssef Ben Tachfine, était… blanc, sans aucun ornement. C’est la dynastie mérinide qui, trois siècles plus tard, y ajouta le sceau de David, une étoile à six branches. Même si aujourd’hui, “l’étoile de David” est universellement considérée comme le signe distinctif du peuple juif (elle figure sur le drapeau d’Israël), il faut rappeler que David, ou Daoud, est un prophète biblique, autant révéré par les juifs que par les musulmans. C’est donc sans gêne ni ambiguïté que les Mérinides se choisirent l’étoile à six branches pour emblème, puisque les Alaouites la conservèrent après avoir changé la couleur du drapeau pour le rouge, au XVIIème siècle. La monnaie en usage au Maroc conservera aussi, jusqu’au début du XXème siècle, l’étoile à six branches pour motif.

Il faudra attendre le maréchal Lyautey, premier Résident général de France au Maroc, pour que l’étoile marocaine perde une branche. C’est en effet à son instigation que le Sultan Moulay Hafid édicta, en 1915, un Dahir disposant “nous avons décidé de distinguer notre bannière en l’ornant au centre d’un sceau de Salomon à cinq branches, de couleur verte, pour qu’il n’y ait point de confusion entre les drapeaux créés par nos ancêtres et d’autres drapeaux”. Qu’avait Lyautey en tête, exactement ? Nul ne peut l’affirmer avec exactitude, mais il n’est pas interdit de penser que l’antisémitisme, largement répandu dans l’Europe de l’époque, n’ait pas été complètement étranger à sa décision.

À l’indépendance, l’histoire officielle racontera que le pentagramme renvoie, avec sa couleur verte, à “la filiation du trône alaouite au prophète, alors que ses cinq branches représentent les piliers de l’islam”. C’est d’ailleurs en ces termes qu’est décrite la genèse du drapeau marocain sur le site Internet du ministère des Affaires islamiques, enterrant ainsi pour de bon un pan essentiel de l’Histoire du Maroc.

Il y a quelques mois, Simon Lévy, secrétaire général de la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain, s’indignait à juste raison “qu’aucun juif ne figure dans le comité d’organisation des festivités de la ville de Fès”. Depuis sa création, et durant douze siècles, les juifs ont en effet largement contribué à faire de cette cité un lieu de mémoire par excellence. Comment les organisateurs des 1200 ans de Fès, célébrés cette année, pouvaient-ils l’avoir oublié ? S’il ne s’agit pas d’un acte manqué, on peut à tout le moins parler d’un rendez-vous raté. Bévue “heureusement rattrapée”, diront certains, puisqu’au programme de ces festivités fassies figurait un colloque sur “Le judaïsme marocain contemporain et le Maroc de demain”.

En fait, ce colloque a pris la forme d’une journée qui s’est tenue, le 23 octobre dernier, dans les salons feutrés d’un grand hôtel casablancais, avec la participation d’une grosse centaine d’invités musulmans et juifs. Politiquement correcte par son œcuménisme de bon aloi, la rencontre avait une tonalité très officielle : parmi les intervenants, à côté de quelques universitaires et de représentants de la diaspora juive marocaine, étaient présents des politiques (conseillers royaux, anciens ministres, ambassadeurs) ainsi que des responsables ou membres d’institutions royales. Nul ne fut donc surpris d’entendre répéter de fort belles choses sur la tolérance, l’ouverture et l’identité plurielle du Maroc... Plutôt qu’un colloque scientifique, ce fut un moment d’échange, de convivialité, au cours duquel chaque orateur a tenu à dire comment il se reconnaissait dans l’autre et en quoi cet autre faisait partie intégrante de lui-même. Driss Khrouz, directeur de la Bibliothèque nationale, n’hésita pas à affirmer : “Parce que je suis marocain, je suis arabe, berbère, musulman, juif...”. Dans un ordre quelque peu différent, André Azoulay, conseiller du roi, fit sienne cette identité composite qu’il revendique du reste depuis quelques années. Ahmed Abbadi, secrétaire général du Conseil des oulémas du Maroc, a quant à lui conclu son intervention sur une image plus poétique : “La judéité marocaine circule dans notre identité comme l’eau dans les pétales de rose”. Albert Sasson, membre du CCDH et de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, enfin, souligna la nécessité pour le Maroc, à l’instar de ce qui se passe dans tous les pays du monde, de se poser la question de l’identité nationale : “Qui sommes nous ? Que veut dire être marocain ?”. En “off”, l’un des participants est allé jusqu’à nous confier : “Il est temps que le Marocain accepte la part juive qui est en lui, c’est-à-dire qu’il reconnaisse les valeurs et l’histoire que musulmans et juifs du Maroc ont en commun. Et n’oublions pas que les Benchekroun, Kouhen et autres Guessous, musulmans aujourd’hui, sont nos juifs d’hier...”

Autant de propos audacieux sur la “marocanité” qui donnent matière à réflexion. Y compris dans le sens optique de ce terme. Entre juifs et musulmans au Maroc, ne s’agit-il pas d’une double relation en miroir où chacun doit accepter d’être à la fois pleinement soi-même et une partie de l’autre ? Le Maroc est sans aucun doute le seul pays arabo-musulman où ce type de réflexion est possible. Félicitons-nous donc qu’une telle manifestation ait eu lieu.

Mais ce qui s’est dit dans l’espace clos de cette rencontre conviviale est-il unanimement partagé dans le reste du pays ? Ne faut-il pas aussi porter le débat à l’extérieur des colloques et séminaires fermés ? Quel rapport le tout-venant des Marocains, la jeune génération, les partis politiques, les faiseurs d’opinion de tout poil, entretiennent-ils avec leur histoire en général et avec celle des juifs marocains en particulier ? Que savent-ils aujourd’hui de cette communauté ? Comment s’est construite la représentation qu’ils s’en font ? Qu’ont-ils gardé, au fond, de ce “juif qui est en nous depuis que le Maroc existe” ?

L’école, premier coupable

Directeur du Musée du judaïsme marocain où il accueille des groupes scolaires, Simon Lévy, l’une des principales figures historiques du PPS (ancien parti communiste marocain), déplore que les écoles “n’enseignent pas que notre peuple a une composante juive et une part de culture juive”. De fait, dans les manuels d’histoire en circulation, quasiment rien n’est dit de la présence deux fois millénaire des juifs sur la terre marocaine. Les rares fois où il est évoqué, le judaïsme reste une notion abstraite coupée de toute réalité, notamment locale. Les manuels de Tarbiyya Islamiyya (éducation islamique) ne sont pas plus diserts sur le sujet, ni même sur la notion pourtant essentielle en islam de Ahl Al Kitab (les Gens du Livre, juifs et chrétiens). Ils se contentent de citer, sans éclairage particulier, des versets coraniques où il est question de la Torah, des Evangiles, des prophètes Abraham, Moïse, Jésus...

Pas un mot non plus, à la différence des manuels d’histoire qui lui consacrent quelques pages, sur le dialogue entre les religions. En revanche, les élèves sont invités à consulter des sites Internet étrangers (Iran, Oman, Yémen) dont quelques-uns auraient mérité une lecture plus attentive avant d’être conseillés à des jeunes esprits. Pour le Professeur Mohammed Kenbib, auteur de travaux de référence dont une thèse publiée par l’Université de Rabat, Juifs et Musulmans au Maroc 1859-1948, l’impasse faite sur le judaïsme marocain dans les manuels d’histoire provient avant tout du manque de formation de leurs auteurs sur ce sujet qu’on a l’habitude, par facilité, de considérer comme un “détail”. L’historien Jamaâ Baïda, que nous avons interrogé, ajoute que certains de ces auteurs “reproduisent des stéréotypes qu’ils ont eux-mêmes avalés sans discernement, y compris des amalgames créés par le douloureux conflit israélo-palestinien”. L’un comme l’autre n’excluent pas une imprégnation islamiste et l’influence de “militants” de l’obscurantisme, prêts à faire un usage politique de l’histoire.

Mais les choses évoluent puisqu’une commission ministérielle, associant notamment des universitaires, a été chargée de faire des recommandations pour que les manuels “soient en harmonie avec les évolutions du Maroc et accordent sa place à la pluralité ethnique, culturelle et religieuse du pays”.

Cela étant, il serait faux d’affirmer que les manuels scolaires marocains aujourd’hui utilisés manifestent une hostilité à l’égard des juifs, comme c’est le cas dans d’autres pays arabo-musulmans. Ils pèchent davantage par omission. Omission évidemment regrettable parce que le savoir ainsi transmis est tronqué et ne rend pas compte de l’identité plurielle des Marocains. “Pour être bien avec nous-mêmes, il nous faut être en paix avec la part de l’autre qui est en nous”, nous dit un enseignant de lycée. Avec raison : confondre identité et uniformité, n’est-ce pas faire le jeu des tenants du repli sur soi et de la pensée monolithique dont on sait où elle peut mener ?

Ecran médiatique, brouillage identitaire

L’école n’est pas seule en cause. Une partie des médias contribue, sur la durée, à la désinformation et à la confusion des esprits. Pour preuve, les dérapages épisodiques de certains journaux nationaux. Mais, surtout, les programmes idéologiquement marqués, voire ouvertement racistes de plusieurs chaînes satellitaires du Moyen-Orient dont l’impact est d’autant plus fort que l’offre télévisuelle marocaine n’est pas à même, à ce stade, de proposer une alternative attractive.

La confusion la plus dommageable est celle qui consiste à ne pas faire la distinction entre “juif et sioniste” ou entre “juif et israélien”, à propos de la guerre qui oppose pays arabes et Israël, Palestiniens et Israéliens, et dont on sait combien elle pèse sur les relations entre juifs et musulmans au Maroc.

Résultat : pour les plus jeunes, le juif c’est le soldat israélien. Leur méconnaissance vient aussi de ce qu’ils “n’ont pas mangé la dafina chez les voisins juifs et n’ont jamais fêté le Shabbat ou la Mimouna avec eux”, nous dit Imane, secrétaire médicale à Casablanca, élevée dans une famille musulmane traditionnelle. Elle se souvient avoir vécu ces moments-là dans sa jeunesse. Difficile pourtant de considérer que les plus jeunes seraient, dans l’absolu, les plus éloignés des juifs marocains. L’enquête L’Islam au quotidien (Mohammed El Ayadi, Hassan Rachik et Mohamed Tozy, Ed. Prologues, 2007), est instructive à cet égard. A la question “de qui vous sentez-vous le plus proche : un musulman afghan, un chrétien palestinien ou un juif marocain ?”, 63% des Marocains interrogés répondent : d’un musulman afghan et seulement 12% : d’un juif marocain. Mais les 18-24 ans se déclarent plus proches du juif marocain dans une proportion plus élevée (16,9%) que les personnes de 60 ans et plus (6,9%). On notera que dans tous les cas, le chrétien palestinien vient en dernier, ce qui ne manque pas de surprendre quand on sait l’attachement des Marocains à la cause palestinienne.

Dans ce brouillage identitaire, établir une équation entre juif et israélien ne revient-il pas, de fait, à assigner à identité israélienne les Marocains juifs? À nier leur marocanité, alors qu’ils la revendiquent et qu’ils en sont fiers ? Le secrétaire général de leur communauté, Serge Berdugo, ancien ministre, aujourd’hui ambassadeur itinérant du roi du Maroc, n’est pas le seul à lancer : “Je suis Marocain et non pas Israélien !”. N’est-ce pas aussi renforcer un communautarisme dans lequel, comme toute minorité, les juifs du Maroc ont une tendance naturelle à se retrancher à la fois pour affirmer leur singularité et se protéger face à la majorité ? Effet de miroir en retour : la majorité des jeunes juifs, une fois le bac en poche, partent et ne reviennent plus. Préparés qu’ils sont à autre chose qu’à des perspectives d’avenir sur la terre natale par les amalgames entretenus, l’enfermement communautaire. Mais aussi par l’occultation de leur l’histoire.

Nous nous retrouvons en effet face à un oubli de deux mille ans de vie juive au Maroc, pour reprendre le titre d’un des nombreux ouvrages de Haïm Zafrani, traduit en arabe par le Professeur Ahmed Chahlane de l’Université de Rabat. Il y décrit les différents aspects, religieux, culturel et social de cette communauté et montre qu’elle a toujours été enracinée dans le terreau local, berbère et arabe. C’est aussi ce qui ressort de la contribution d’Edmond Amran El Maleh à la Grande Encyclopédie du Maroc (1987), tout comme des Essais d’histoire et de civilisation judéo-marocaines de Simon Lévy.

C’est à cette lacune que voulait répondre le Centre de recherche sur le judaïsme marocain (CRJM) créé par Robert Assaraf en 1994, en organisant des colloques et en octroyant des bourses à des doctorants. Mohammed Laghraïb, un des rares spécialistes des juifs du Maroc à l’époque médiévale, aujourd’hui enseignant-chercheur à l’Université de Kénitra, a fait partie de ces boursiers. Robert Assaraf lui-même a signé plusieurs ouvrages volumineux et fort documentés sur l’histoire des juifs au Maroc. Depuis, le Groupe de recherches et d’études sur le judaïsme marocain (GREJM), animé par le Professeur Baïda et d’autres universitaires, a vu le jour au sein de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat. Un rapide retour sur l’histoire inspiré de ces différents travaux n’est donc pas inutile.

Flash-back : au temps des dhimmis

Il est admis que la présence des juifs au Maroc remonte au moins à l’époque romaine. Des vestiges trouvés à Volubilis en témoignent : une inscription hébraïque sur une pierre tombale, une autre attestant de l'existence d'une synagogue dans cette ville ainsi qu’une lampe à ménora (chandelier à sept branches). A cette époque, les juifs étaient agriculteurs, éleveurs, ou commerçaient avec Rome. Après l’islamisation du pays, ils poursuivront leurs activités mais auront le statut de dhimmi, qui accorde aux Gens du Livre protection et liberté de culte, à condition qu’ils respectent la domination de l’islam et paient un impôt de capitation, la jiziya. Ce statut fut appliqué de manière plus ou moins rigoureuse selon les dynasties, les sultans, l’interprétation des fouqaha et le contexte socioéconomique du moment. Toujours est-il qu’en leur garantissant une autonomie sur les plans religieux, juridique et administratif, il les plaçait dans une situation que pouvaient leur envier leurs coreligionnaires vivant dans l’Occident chrétien.

Certes, l’histoire du judaïsme marocain ne fut pas “un long fleuve tranquille” : des périodes de quiétude et de stabilité ont régulièrement alterné avec des périodes de persécutions, d’exactions et de brimades (dont les musulmans eux-mêmes n’étaient pas toujours exempts) à l’occasion de crises politiques et économiques ou d’un changement de dynastie... Ainsi les Almohades se sont-ils caractérisés par un rigorisme extrême à l’égard des non-musulmans, comme envers les musulmans jugés trop éloignés de l’orthodoxie. Durant leur règne, de nombreux juifs furent contraints de s’exiler ou, parfois pour la façade, de se convertir à l’islam. Mais, dans l’ensemble, les dynasties marocaines ont offert à l’élément juif des espaces d’accueil et de cohabitation avec la majorité musulmane : aux pires moments du fanatisme chrétien, n’est-ce pas au Maroc que les juifs expulsés d’Espagne et du Portugal, en 1391 puis en 1492, trouvèrent une terre d’accueil ?

Au XIXème et au XXème siècles, le judaïsme marocain est entré dans une nouvelle phase. Plusieurs facteurs vont modifier les équilibres politiques, économiques, sociaux et culturels antérieurs : la pénétration européenne, la création des écoles francophones de l’Alliance israélite universelle (première école à Tétouan en 1862), l’action d’associations philanthropiques juives, britanniques et américaines, le protectorat français puis le mouvement sioniste. On assiste ainsi à une “occidentalisation” des familles juives les plus aisées, tandis que la masse, malgré une amélioration de sa situation (œuvres de bienfaisance, éducation, hygiène et santé sous l’impulsion des associations juives étrangères), restera largement attachée à sa culture et à son judaïsme traditionnels. A l’indépendance, Mohammed V fera des juifs des citoyens à part entière. Aujourd’hui, la Constitution, qui “garantit à tous le libre exercice des cultes”, stipule explicitement que “tous les Marocains sont égaux devant la loi”.

L’histoire du Maroc fait aussi apparaître que, bien que dhimmis et installés souvent dans des quartiers qui leur étaient propres (mellahs), les juifs ont pris une part active, de tout temps et sur tout le territoire, à la vie socioéconomique du royaume : artisans, commerçants généralement liés aux métiers de l’or et de l’argent. Mais leur apport dans d’autres domaines ne fut pas moindre. Si l’on excepte la religion et ce qui relève de la sphère privée, il est évident que minorité juive et majorité musulmane ont toujours eu en partage les mêmes langues, la même culture, savante et surtout populaire : chants, poésie, proverbes, blagues, etc. Les points d’interaction et de confluence sont nombreux et féconds. Cette convergence se retrouve jusque dans les moments liturgiques : en temps de sécheresse par exemple, les deux communautés priaient et organisaient des processions pour demander la pluie (Istisqâ). Faut-il rappeler qu’après la victoire marocaine sur Sébastien 1er du Portugal à la bataille dite des Trois Rois (Oued Al Makhazine), le 4 août 1578, les rabbins décidèrent de célébrer chaque année cette victoire par des lectures dans les synagogues et la distribution d’aumônes (Pourim de Sebastiano) ? “Leurs compatriotes musulmans ne devaient commencer à commémorer solennellement cette victoire que cinq siècles plus tard”, souligne l’historien Mohammed Kenbib.

Enfin, bien qu’exclus en principe de la sphère politique par leur statut de dhimmi, les juifs y ont joué un rôle influent, parfois de premier plan (Toujjar As-Sultan, interprètes, agents consulaires, conseillers, ambassadeurs...). Dans le mouvement national, avant même d’avoir accédé au statut de citoyens, un petit groupe de juifs marocains militera pour l’indépendance du Maroc. Certains, comme Edmond Amran El Maleh, Simon Lévy ou Abraham Serfaty se sont illustrés par leur engagement politique, à gauche notamment.

C’est donc un fait : la cœxistence entre juifs et musulmans a été réelle et continue, enracinant chez les uns et les autres le sentiment d’une même appartenance marocaine. Pourtant, il s’est produit une sorte de séisme qui va les séparer dans l’espace et dans le temps.

Cassures, incompréhensions, exode

Les Marocains juifs, aujourd’hui, sont installés pour la plupart à Casablanca. Leur nombre ? Environ 2000 pour une population globale de 30 millions, alors qu’en 1950, ils étaient près de 250 000 sur 10 millions. Il y a encore un demi-siècle, un Marocain sur 40 était juif. Aujourd’hui un sur 10 000… Comment donc en est-on arrivé là ?

À 75 ans, Henri, ancien commerçant, qui n’a jamais quitté le Maroc, raconte : “A partir de 1948, à Marrakech, les juifs de notre rue ont fait leurs valises, puis c’est tout notre quartier qui s’est vidé. Dans la montagne, des villages entiers sont partis en Israël. Le commerce de mon père ne marchait plus au mellah, alors ma famille est venue à Casa. Et là, ça a continué de plus belle et en cachette. Après, il y a eu les deux guerres entre Israël et les pays arabes, en 1967 et 1973. A ce moment-là, les plus aisés sont allés en France, au Canada et aux Etats-Unis”. C’est cet exode brutal, douloureux et massif que mettent en scène les deux films marocains Où vas-tu Moché ? de Hassan Benjelloun et Adieu Mères de Mohamed Ismaïl. A Essaouira, le Maâlem Hassan, artisan ébéniste âgé de 86 ans, évoque ses souvenirs dans sa minuscule échoppe. Il n’oubliera jamais les mots de son voisin et ami de toujours, Refaïl, le jour où il quitta sa terre natale : “Mon frère, on m’arrache au ventre de celle qui m’a mis au monde”. Le vieil homme parle de ce temps où il réveillait les juifs en frappant à leurs portes pour qu’ils aillent accomplir leur prière du matin. “J’étais comme leur muezzin !”. Et il conclut : “Je prie Allah qu’ils reviennent tous et que ce soit comme avant parce qu’on mangeait, on buvait, on riait, on faisait des affaires ensemble et on s’aimait aussi...”.

Serge Berdugo est habitué à ce qu’on lui renvoie la même question : “Mais pourquoi donc sont-ils partis ?”. La question est légitime, dit-il, car “les juifs n’ont jamais été reniés ou rejetés par leur pays. Mieux, ils ont été protégés : qui n’a pas en mémoire l’attitude de Mohammed V lors de l’application des lois anti-juives de Vichy, en 1941 au Maroc ?”. Pourquoi alors cette hémorragie ? Selon certains, les premiers départs, à la création de l’Etat d’Israël en 1948, s’expliquent par des raisons d’ordre religieux plutôt que politique : “Il ne faut pas oublier, dit Serge Berdugo, que les juifs marocains ont toujours été profondément croyants. Dans leur esprit, ils répondaient à un appel messianique”. Mais il y a, bien entendu, d’autres raisons : la guerre israélo-arabe qui incitait chacun à choisir son camp, la politique du protectorat fidèle à l’adage “diviser pour régner”, des événements inter-communautaires dramatiques, probablement manipulés, comme à Jerada, en 1948, et à Petit-Jean (aujourd’hui Sidi Kacem), en août 1954, qui firent parmi les juifs 30 morts pour les premiers et 6 pour les seconds, ainsi que plusieurs dizaines de blessés, sans que, dans les deux cas, la police française n’intervienne à temps pour éviter le massacre, l’incertitude des juifs sur ce qu’ils deviendraient dans un Maroc indépendant, l’intensification de la propagande sioniste qui trouva un terreau favorable dans les populations pauvres des mellahs particulièrement sensibles à la promesse d’un avenir meilleur, etc.

Chacune de ces raisons nourrissant l’autre, elles vont profondément perturber les relations entre les deux communautés. A l’indépendance, l’émigration, quoiqu’interdite, s’est bien poursuivie. Et ce, malgré l’engagement résolu de nombreux juifs dans le Maroc nouveau, malgré leur accession à la citoyenneté, malgré la multiplication des signaux forts en faveur de leur intégration : la nomination au gouvernement d’un ministre juif, le Dr Léon Benzaquen, et la présence de plusieurs juifs à des postes de responsabilité dans la fonction publique et les grands organismes d’Etat.

Les événements de l’année 1961 ne vont pas endiguer cette vague de départs. Le panarabisme est à l’ordre du jour et la visite du président Nasser à Casablanca s’accompagne de dérapages policiers et d’excès de zèle nationalistes. “Un juif était arrêté pour un oui ou pour un non, soit parce qu’il portait une kippa noire interprétée comme signe de deuil pour la visite de Nasser, soit parce qu’il portait du bleu ciel et du blanc, les couleurs d’Israël. Pendant une semaine, on est restés à la maison avec la colique au ventre”, se souvient Estrella, partie de Casablanca deux ans plus tard. La même année, le Maroc adhère à l’Union postale arabe qui interdit toute communication avec Israël. Pour contourner l’interdit, le courrier transite par la France : “Ces lettres tant attendues, on se réunissait en famille pour les lire, à voix basse”, raconte Estrella. Cette année 1961 reste marquée enfin par la mort de Mohammed V, le protecteur des juifs, ainsi que par un drame de l’émigration clandestine organisée par les mouvements sionistes : des dizaines de juifs périrent lors d’un naufrage. Dans les années 1960, il y eut aussi la fameuse “affaire des conversions” relayée, entre autres, par La Nation Africaine, le quotidien du ministère des Affaires islamiques (dirigé alors par Allal El Fassi). Cet organe publiait en effet, comme un tableau de chasse, des photos de juifs et de chrétiens convertis à l’islam, souvent des filles mineures...

Tout cela provoque un sentiment d’insécurité durable dans la communauté juive et entretient un climat de tension et de méfiance entre les deux communautés. La suite s’appelle les guerres de 1967 et de 1973. Nouvel exode : à la réalité des faits s’ajoutait, dans les esprits, l’angoisse sur le futur. Noémie, directrice dans une entreprise à Montréal, se souvient : “J’avais 15 ans et j’habitais Casa. A la rentrée scolaire 1967, au Cours complémentaire (Ndlr. établissement juif) où j’étais élève, plus du tiers de mes camarades n’étaient pas revenu. On ne parlait plus que du boycott des juifs dans les journaux, des agressions, des insultes... Même le regard des voisins musulmans avait changé, pourtant la guerre avait lieu à des milliers de kilomètres. Une vraie psychose. Qu’est-ce que nous avions à voir, nous Marocains, dans cette guerre ?” .

Les contrastes d’une communauté

Cette cassure et la dispersion des familles n’ont pas empêché que des juifs choisissent de demeurer dans leur patrie. On pouvait craindre que les attentats terroristes de 2003, qui ont visé entre autres des lieux appartenant à la communauté juive, portent un coup fatal à l’existence de celle-ci au Maroc. Il n’en a rien été. L’attachement au pays et le pragmatisme ont prévalu : “Nul n’est à l’abri du terrorisme aujourd’hui”, répètent tous ceux que nous avons interrogés. L’un d’entre eux, pourtant violemment agressé à Casablanca en 2002, au motif qu’il était juif, vit toujours au Maroc : “Je suis marocain pour le meilleur et pour le pire”, nous affirme-t-il avec une sagesse biblique. Un autre juif de Casablanca nous dit : “Notre communauté, quasiment la seule dans le monde arabe, s’est réduite comme peau de chagrin. Et pourtant elle tourne !”.

Sa survie et son dynamisme, elle le doit en partie à des structures communautaires actives et fortes, relevant du Conseil des communautés israélites du Maroc (CCIM) dont le Secrétaire général est Serge Berdugo depuis 1987. A la question : pourquoi un CCIM aujourd’hui alors que les Marocains juifs sont des citoyens à part entière ? Berdugo répond : “Laisser sans structures un si petit nombre de juifs sur 30 millions de Marocains, ce serait criminel. Nous n’empiétons pas sur leurs droits de citoyens, ce que nous leur permettons, c’est de vivre leur foi et leur spécificité culturelle”. Créée par le protectorat qui en a défini les statuts par un dahir en 1945, cette instance s’est substituée à l’organisation traditionnelle où le Naguid ou Shaykh El Yahud, choisi par ses coreligionnaires, était chargé des relations entre la communauté et les autorités locales, régionales ou nationales. Aujourd’hui, le rôle du Conseil, placé sous tutelle du ministère de l’Intérieur, est de coordonner les communautés des différentes villes, de représenter la communauté juive auprès des instances du pouvoir et de veiller au bon fonctionnement des institutions juives. Celles-ci sont très organisées. À Casablanca, elles regroupent les douze synagogues encore en activité, le service de l’abattage rituel destiné à la dizaine de boucheries “casher” ; la gestion des cimetières, les chambres rabbiniques qui disent la loi de Moïse dans les tribunaux réguliers, des clubs et ces fleurons que sont les écoles, les œuvres médico-sociales, et la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain, avec son musée du judaïsme, le seul du genre en pays arabo-islmamique. Le réseau scolaire juif qui compte environ 900 élèves se distingue par son originalité dans le paysage éducatif marocain : hormis les écoles religieuses, deux de celles qui relèvent de l’Ittihad-Maroc (anciennement Alliance israélite) scolarisent non seulement des élèves juifs mais aussi des musulmans. Il en est ainsi à l’école primaire Narcisse Leven, fréquentée par 26% d’enfants musulmans, et au lycée Maïmonide où élèves juifs et musulmans sont presque à parité numérique. Bien que ces établissements suivent les programmes du ministère français de l’Education nationale dont ils ont l’homologation, tous les élèves reçoivent néanmoins un enseignement d’hébreu et d’arabe. Et lors des cours d’éducation religieuse juive destinés exclusivement aux élèves juifs, leurs camarades musulmans bénéficient de cours d’arabe supplémentaires. A l’école primaire, sur les 15 institutrices, neuf sont juives et six musulmanes, tandis qu’à Maïmonide tous les enseignants sont musulmans, à l’exception de ceux d’hébreu. Les groupes d’élèves qui étudient et s’amusent ensemble dans les cours de récréation joliment arborées, les relations au sein des équipes pédagogiques, tout témoigne d’une coexistence paisible qui n’a rien d’artificiel. Le directeur du lycée Maïmonide, Simon Cohen, qui a travaillé à Strasbourg auprès du philosophe Emmanuel Lévinas, nous explique avec une force tranquille : “Ce que viennent chercher ici les familles musulmanes, ce sont les valeurs de respect, de paix, de justice que nous partageons. Avec les élèves, je parle au nom de la Bible et au nom du Coran”. Et il ajoute en souriant : “Quand je corrige leurs fautes d’arabe, moi M. Cohen, ça leur fait un effet extraordinaire”. Non loin de ces écoles, le centre médical pour les économiquement faibles et le foyer pour personnes âgées nécessiteuses et sans famille offrent au visiteur un exemple tout aussi éloquent de cette coexistence. C’est le même esprit de partage qui règne entre médecins, infirmières, aide-soignants juifs et musulmans.

Aujourd’hui, on a tendance à croire que toute la communauté juive vit dans l’aisance. “Détrompez-vous, rectifie Serge Berdugo. Nous avons aussi des pauvres ! Pas moins de 400 personnes bénéficient d’une prise en charge complète par nos œuvres sociales (logement, habillement, scolarité...), d’autres sont aidées aussi mais à un degré moindre”.

Ce dispositif communautaire est incontestablement bien géré et très efficace. Toutefois, deux questions se posent.

La première touche à son mode de gouvernance qui a été chahuté ces dernières années, faute d’élections pourtant prévues par les textes. Aux yeux de certains, la représentation actuelle a fait son temps et doit se renouveler : “Même au niveau politique national, il y a eu l’alternance (ndlr, gouvernement Youssoufi en 1998) et il faudrait que notre communauté en reste à une époque révolue !”, nous déclare un partisan de cet aggiornamento. Ceux qui tiennent les rênes du Conseil répondent, en s’appuyant sur les textes, que c’est au ministère de tutelle et non à eux d’organiser ces élections. La balle est ainsi renvoyée à la puissance publique, si bien que l’équipe actuelle, comme les tenants du changement, devront vraisemblablement attendre que l’arbitrage soit rendu en haut lieu.

La deuxième question concerne les femmes, totalement absentes des instances de décision du Conseil et des représentations officielles. Où sont-elles donc ? A la manœuvre, en coulisse. Elles font tourner la machine au jour le jour (voir encadrés). Yaël, femme au foyer, constate : “Le Maroc a réformé la Moudawana pour les femmes musulmanes, des femmes sont au gouvernement et au Parlement. Mais nous, femmes juives, sommes toujours dans l’ombre”. Selon les actuels responsables du Conseil, ce serait là encore en raison des textes qui n’ont pas évolué depuis 1945. Ce à quoi Yaël répond : “Ces textes ne sont pas sacrés, on peut les modifier…”. Arlette Berdugo, dans son livre Juives et juifs dans le Maroc contemporain (Ed. Geuthner, 2002), confirme de son côté que malgré l’émancipation due à l’école et à l’activité professionnelle, les femmes juives restées au Maroc demeurent cantonnées dans le rôle de gardiennes de la tradition et de la famille.

Enfin, comme l’écrit Edmond Amran El Maleh, le juif marocain n’est pas “un migrant qui aurait passé quelques siècles sur la terre marocaine”. Comme son compatriote musulman, il y plonge ses racines. Qu’il vive ou non dehors, il est encore dedans. Amen.

* Franco-marocaine originaire d’Essaouira, Ruth Grosrichard est professeur agrégée de langue et civilisation arabes à Sciences Po Paris, notamment spécialisée en Darija marocaine.

Diaspora . Marocains d’abord

La communauté juive marocaine ne se limite pas à ceux qui vivent au Maroc. Elle compte sur une diaspora estimée à un million de personnes au moins (entre 700 000 et 800 000 en Israël). Comme c’est le cas pour les autres Marocains expatriés, le temps qui passe n’affaiblit pas leur attachement au Maroc. Fruit d’une histoire bimillénaire, cette fidélité s’est sans doute même renforcée dans l’exil et le déracinement, notamment pour ceux qui ont émigré en Israël où ils ont été longtemps marginalisés et peu considérés par leurs coreligionnaires ashkénazes. Simha, octogénaire installée au Canada depuis quarante ans affirme : “Mon pays et mon cœur sont au Maroc, même si j’ai un passeport canadien”. Sur la Toile, les sites Internet dédiés à cet enracinement judéo-marocain fleurissent. Près de 5000 expatriés venus du monde entier se retrouvent chaque année à Ouezzane, Ben Ahmed, Safi, Essaouira... autour de tombeaux de saints à l’occasion des Hilloulot (équivalent des moussems musulmans). Mais leur relation avec le Maroc passe aussi par d’autres canaux tels que des coopérations scientifiques et médicales ou encore des projets commerciaux et technologiques. Le “Rassemblement mondial du judaïsme marocain”, né dans les années 1980, entend les fédérer pour maintenir des liens avec le Maroc et œuvrer à la paix entre juifs et musulmans, arabes et Israéliens. Plus récemment, d’autres groupements au nom chaque fois plus englobant ont vu le jour (Union, Fédération mondiale...). Mêlant surenchères et enjeux de pouvoir, ces structures prétendent chapeauter cette diaspora au potentiel politique, économique et culturel considérable.



Le saviez-vous ?

• Il existe au Maroc un enseignement d’hébreu dans tous les départements d’arabe et dans ceux d’études islamiques. Le Professeur Mohamed El Medlaoui, spécialiste de linguistique et d’études hébraïques, espère que la nouvelle organisation des études par modules ne réduira pas la place de cet enseignement. Il vaut la peine de signaler que Dar al Hadith al Hassaniyya de Rabat, institution musulmane s’il en est, destinée à la formation des oulémas, dispense elle aussi un enseignement d’hébreu.

• Le “club Mimouna”, du nom de la fête juive marocaine, a été créé il y a un peu plus d’un an par un groupe d’étudiants au sein de l’Université Al Akhawayn à Ifrane. Son but est de “faire connaître la culture judéo-marocaine et la diversité du patrimoine marocain aux jeunes qui seront les adultes de demain, pour rappeler que le Maroc a été et restera toujours un exemple de coexistence judéo-musulmane, et pour influer positivement sur l’intolérance croissante au sein de la société marocaine”. Si une partie des étudiants comprend et accepte cette initiative, d’autres manifestent ouvertement leur hostilité. “Il nous arrive d’enregistrer des actes d’intolérance de leur part. Certains sont allés, parfois, jusqu’à commettre des gestes inacceptables comme dessiner des croix gammées sur les portes des deux cofondateurs du club”, déplorent les animateurs de Mimouna. Avant de conclure : “Cela ne nous décourage pas, bien au contraire !”



Parcours. Des femmes de devoir

Les figures visibles et médiatiques de la communauté juive au Maroc sont exclusivement masculines et liées au Pouvoir : André Azoulay, Serge Berdugo, Robert Assaraf... Le lien avec le Marocain de la rue, ce n’est pas vraiment eux qui l’entretiennent. La proximité quotidienne entre juifs et musulmans est assurée par des anonymes, et notamment par des femmes. Portraits.


• Esther Schluss s’excuse d’être un peu en retard à notre rendez-vous : “...J’étais à la clinique avec Max pour les examens demandés par le Dr Chraïbi”. Le téléphone sonne, elle décroche : “Dr Chraïbi, oui mon cher docteur, les examens sont faits et j’ai raccompagné Max au Home...”. Décryptage : la veille à 11h du soir, l’infirmière de garde du foyer pour personnes âgées de la communauté juive l’avait appelée : Max, l’un des pensionnaires, n’allait pas bien. Ni une ni deux, le temps de s’asperger le visage et d’enfiler sa robe, la voilà dehors. À 11h du soir, seule ? “Aucun souci, l’épicier en bas de chez moi me protège et m’appelle le taxi”. Nous sommes au centre médical de Casablanca, créé en 1947 par le Dr Léon Benzaquen, qui la recruta en 1954 alors qu’elle venait d’obtenir son diplôme d’infirmière. Aujourd’hui, cette petite dame au grand cœur et au dévouement sans faille en assure la direction au jour le jour. Les consultations de médecine générale et de nombreuses spécialités sont fréquentées par les khiloukim (juifs nécessiteux) et par le personnel musulman travaillant dans les structures communautaires juives.

• “Nous sommes dans une école juive, c’est d’accord, mais nous sommes au Maroc et il n’est pas question que je réponde favorablement à la demande de certains parents qui sollicitent une dispense d’arabe”. Sylvie Ohnona, 52 ans, directrice de l’école Narcisse Leven à Casablanca, annonce ainsi clairement la couleur. Elle nous invite d’ailleurs à entrer dans une classe, où enfants juifs et musulmans sont justement en cours d’arabe. D’une famille originaire d’Erfoud, Mme Ohnona, qui dégage une autorité naturelle et souriante, a d’abord été médecin pendant 15 ans avant de passer à la pédagogie. Ses études, elles les a faites à la Fac de médecine de Casa : “J’étais la seule juive dans l’amphi sur 500 à 600 étudiants”. Le racisme ? “Quand j’étais petite, j’ai connu les jets de pierre et les insultes, aujourd’hui ça n’arrive plus”, répond-elle, avant d’ajouter quand même que les expressions du genre “lehoudi hachak” (“le juif sauf ton respect”) n’ont pas disparu. Sa devise : “Certains dans notre communauté vivent en auto-suffisance, ce n’est pas bon. Il faut faire preuve d’ouverture à l’autre et de plus d’esprit citoyen. On a tellement de points en commun...”

• Zari Abergel, la quarantaine, est arrivée à Casablanca, il y a juste quatre ans. Elle vient de Safi où elle a continué d’habiter après la mort de ses parents. Aujourd’hui, elle veille sur les 70 pensionnaires, femmes et hommes, du foyer pour les personnes âgées nécessiteuses de la communauté juive, appelé “Home des vieillards”, avec l’aide d’une trentaine d’infirmières, garde-malades, personnel d’entretien, en majorité musulmans. “C’était dur au début, aujourd’hui je me suis habituée”. Les installations offrent tout le confort et l’hygiène nécessaires, mais ce qui frappe aussi c’est l’attention portée par le personnel à ces pensionnaires : “Ils n’ont plus personne au Maroc, alors on est un peu leur seconde famille”, dit Zari Abergel avec une émotion perceptible. Nous sommes à la veille de Shabbat et les tables sont bien dressées, selon la plus pure tradition, pour le repas du vendredi soir. A l’extinction des feux, Zari regagne son domicile après une semaine de travail bien remplie. Son repos peut alors commencer : elle passe le samedi à la maison. Le dimanche, de temps en temps, elle prend le car dès l’aube pour aller respirer l’air de Safi, sa ville, et s’en retourne le soir à Casablanca. Un bien long voyage en une seule journée ? Elle répond : “Oui, mais j’aime la ville et les gens là-bas, et même si je n’ai plus de famille, j’y suis chez moi”.

Analyse. Une histoire à suivre

0n le voit bien, ce qui continue principalement de perturber les relations entre juifs et musulmans au Maroc, c’est le conflit entre les pays arabes et Israël, la guerre entre Israéliens et Palestiniens. Le rôle important que jouent des officiels israéliens d’origine marocaine, engagés dans le camp des “faucons” et des ultra-nationalistes, notamment au sein du Likoud, ne contribue évidemment pas à l’apaisement. Au Maroc même pourtant, un certain nombre de juifs n’ont pas manqué très tôt de prendre position. Chacun s’est engagé à sa façon, depuis les anti-sionistes et militants de toujours de la cause palestinienne tels que Sion Assidon, Edmond Amran El Maleh ou Abraham Serfaty, jusqu’aux partisans actifs du dialogue et d’une paix juste conduisant à la coexistence de deux Etats, palestinien et israélien. Dans les années 1970, avec d’autres personnalités juives marocaines et du monde arabe, André Azoulay créait “Identité et Dialogue”. Ce groupe qui appelait déjà à la création d’un Etat palestinien vivant en paix aux côtés d’Israël eut un dialogue suivi avec l’Organisation de libération de la palestine (OLP). Aujourd’hui, ce conseiller du roi, indépendant de toute instance communautaire, affirme que son engagement pour la cause palestinienne est sa manière à lui d’être fidèle à son histoire et aux valeurs du judaïsme marocain : “Je ne suis pas juif par le sang que j’ai dans les veines mais par les valeurs dans lesquelles j’ai été élevé en tant que Marocain de confession juive. Pour rester cohérent avec ma culture, je dois me battre tous les jours pour que les Palestiniens retrouvent leur souveraineté, un Etat où identité et dignité se conjuguent de la même façon qu’en Israël”. Ces différents gages suffiront-ils pour ramener, au Maroc tout au moins, la sérénité dans les esprits, chez les deux communautés ? Il y faudra, sans doute, un travail de mémoire partagé associant le plus grand nombre, ainsi que des actions visant à sensibiliser un très large public : révision des programmes scolaires, émissions de télévision, expositions, etc. Le Maroc a montré, et l’instance équité et réconciliation (IER) en a donné la preuve, qu’il était prêt à faire un retour sur son histoire et à l’interroger. Dans le cas présent, c’est à la fois de la mémoire et de l’identité marocaines qu’il s’agit. “Que serais-je sans toi ?”, chante Aragon. Juifs et musulmans marocains seraient bien inspirés s’ils se posaient la même question. Alors peut-être leur histoire commune, ce roman inachevé, reprendra-t-elle comme autrefois ? On est en droit de l’espérer car le poète disait aussi : “Tout ce qui fut sera pour peu qu'on s'en souvienne”.

Ruth Grosrichard

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Ven 22 Fév 2013 - 15:23

Suite à cette article , souvent les pièces de théâtre sont une bonne fenêtre sociologiques et culturelles sur des communautés autochtones....

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Jeu 25 Avr 2013 - 14:24




Citation :
Viewpoint

Morocco: Protest Music
CHRIS SILVER
04/25/13

In the course of the recent Arab uprisings, journalists have paid a surprising amount of attention to the role of music in protests. In general, this has been a welcome development, especially when one considers the all but silent soundscape which those writing about the region have reinforced by ignoring it. However, this has also led to the reifying of the notion that protest music in the region is imported. This manifests itself in the focus on style, usually hip hop, over content.



Yet, when one digs just a little bit deeper it become eminently clear that at least in the Moroccan case, the likes of rappers Bigg, H-Kayne, and El Haqed (L7a9ed) are taking inspiration from much closer to home, namely the late 1960s and 1970s protest standouts Nass El Ghiwane, Jil Jilala, and Lemchaheb, who themselves drew on indigenous sources.

In fact, protest music in Morocco and in North Africa more generally, is hardly new. The phenomenon goes back to at least the rise of the recording industry in the Maghreb and probably much earlier. Unsurprisingly, Jews played a disproportionate role here as well. The very styles Jews pioneered in early Moroccan, Algerian, and Tunisian music, whether cha’abi or francarabe, can and should be seen as a challenge to the status quo and to the musical powers that were. Jews were derided at the time for such sonic innovation and castigated for corrupting conservative ears. Ultimately, however, these music forms won the day.

In addition to the implicit protest, Jews were considerably explicit as well. In Tunisia, Habiba Messika sang El Ittihad (Unity) in the mid-1920s and Louisa Tounsia sang Ana Arabiya (I'm an Arab) a decade later. In Algeria, Salim Halali sang about his homeland returning to him. Even Zohra El Fassia sang out, championing the cause of Sultan Mohammed V (he was eventually exiled and then returned to the throne by the French) in the late 1940 and 1950s.

As Jews dispersed in the 1950s and 1960s, those who stayed in North Africa past when they were “expected” to, like Algeria’s Alice Fitoussi, challenged nationalist and exclusionary conceptions of citizenship. In many ways, it is these musicians who I am most curious about. What can be said for sure is that wherever North African Jewish musicians went, they and their instruments didn’t remain silent for long. Whenever there was a breach of justice, they took pen to paper and vocalized what was on their minds, thereby giving voice to their compatriots battling difficult or unfamiliar terrain. Their audience enthusiastically joined the chorus.

Jo Amar was one of these musicians. Despite enjoying considerable success in Morocco and internationally, Amar was met with deaf ears by the Ashkenazi music establishment upon aliyah to Israel. To paraphrase the Moroccan-born Azoulay brothers out of Jaffa: Who would sign Jo Amar? We would. Before recording for the mainstream labels, Amar enthusiastically belted out hit after hit for the Azoulay’s Zakiphon imprint. While he sang separately in both Arabic and Hebrew, it was his song Lishkat Avodah (Employment Office) which combined the two and became the darling of the Moroccan community in Israel. I would wager that while many American Jews know Jo Amar well, nearly none have heard this one. In Lishkat Avodah, Amar masterfully calls attention to the suffocating discrimination faced by Moroccans upon their very arrival in Israel. In Arabic, he sings about the separation of children from parents as the former is sent off to the kibbutz in what is a totally alien environment. There is the utter sense of despair coming from the great unknown:

Taken from Haifa to Beit Lid…we were to told to keep going…
We were separated from our parents…
God have mercy on us

Beyond this and the musical dexterity he displays in rhyming the Arabic flous (money) with the Hebrew kibbutz (collective community), he reserves his most blistering verbal attack at minute 3:47 in Hebrew and for all to understand:


I went to the employment office
He asked me where I was from
I told him Morocco
He told me to get out


I went to the employment office
He asked where I was from
I told him Poland
He told me to please to come in


!

Of course, Amar sang in good company before leaving Israel for the United States. In Israel, his cohort continued to strike a chord regarding passion-stirring issues of the day while his French counterparts frequently intoned on local living conditions. This track by the Moroccan Maurice Touboul is in part the inspiration for this post. It is one of the more curious EPs in my collection and I unfortunately know little about Touboul other than the fact that he was deeply respected by the likes of Samy Elmaghribi and that he was no one hit wonder. In La Crise du Logement, he records at least one Moroccan Jewish attitude to a housing crisis in France and similar to Amar, he calls on God to take note.


Certainly not all Moroccan Jewish protest music can be categorized as "liberal" but all of it took aim at what the community deemed to be unjust, whether the wanton disregard of Maghrebi interests by Israel’s Labor party or the jailing of Aryeh Deri. Nonetheless, these songs continue to resonate.

Some sixty years after Jo Amar first sang Lishkat Avodah, his words remain as powerful as ever. In Kamal Hachkar’s brilliant documentary Tinghir-Jerusalem, the film’s elderly Jewish protagonists recall Amar’s anthem. Fast forward to minute 43:11 and watch, listen, and try not to be moved as their singing of this classic brings Hachkar to tears.



http://moroccoboard.com/viewpoint/510-chris-silver/5853-morocco-protest-music

Ecoutez bien la chanson
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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Dim 2 Juin 2013 - 19:07

pièce de théatre juive marocaine,regardez le portrait de feu med 5
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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Lun 25 Nov 2013 - 4:28

Citation :
Morocco Jewish Leaders Praise King for Keeping Peace and Respect
Spoiler:
 

Read more: http://forward.com/articles/188189/morocco-jewish-leaders-praise-king-for-keeping-pea/?p=all#ixzz2leEajDBD
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MessageSujet: Culture judéo-marocaine   Dim 1 Déc 2013 - 5:41

....


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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Lun 16 Déc 2013 - 8:56

Citation :
Contacts entre Marocains et Israéliens: des voix s’élèvent contre la pénalisation

http://www.medias24.com/POLITIQUE/7362-Contacts-entre-Marocains-et-Israeliens-des-voix-s-elevent-contre-la-penalisation.html

Étrange manoeuvre politique

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Lun 16 Déc 2013 - 9:03

proposition de loi qui ne fera pas l'enfeu
Ca va à l'encontre du sens de l'Histoire et de l'évolution et des ambitions que devrais avoir le Maroc a mon avis....

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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Lun 16 Déc 2013 - 10:58

En plus la plupart qui viennent ici ce sont des marocains,on va pas les interdire de venir chez eux.C'est comme dire les allemands ,les francais et les americains d'origine marocaine n'ont pas le droit de visiter leur pays d'origine ,benki commence a devenir comme morsi il creuse pettit a pettit il l'a deja declare il allait presque devenir un fedayin quand il avait 14 ans.
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MessageSujet: Re: Culture judéo-marocaine   Lun 16 Déc 2013 - 11:06

juba2 a écrit:
En plus la plupart qui viennent ici ce sont des marocains,on va pas les interdire de venir chez eux.C'est comme dire les allemands ,les francais et les americains d'origine marocaine n'ont pas le droit de visiter leur pays d'origine ,benki commence a devenir comme morsi il creuse pettit a pettit il l'a deja declare il allait presque devenir un fedayin quand il avait 14 ans.

Franchemet juba autant défois j'ai plaisir à te lire autant la c'est franchement du n'importe quoi intellectuel.

Toi qui vis dans une démocratie, tu sais très bien que les membres du parlement sont libres de présenter les lois qu'ils pensent utiles pour le bien du pays. En quoi Benkiran vient dans l'histoire  Rolling Eyes 

Si tu avais lu l'article tu te serais déjà rendu compte que pas un fois il est question de Benkiran. Maintenant je te laisse prendre le temps de lire cet article et d'en tiré toi même les conclusions qu'il s'impose.... Et je te prie à l'avenir de ne pas flooder de la sorte, poster un avis 0 VA sans avoir lu l'article juste histoire d'élevé un peu le débat  Wink 

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Culture judéo-marocaine
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