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 La nouvelle diplomatie turque?

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Samyadams
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mer 21 Oct 2009 - 1:58

Raptor a écrit:
après la chute de l'urss les sociétés musulmanes s'islamisent de plus en plus, et qu'on le veuille ou non, c'est inévitable, après, chacun ses préférences, ce qu'il veut, ce qu'il souhaite, mais ça n'a aucune influence sur l'évolution des choses... c'est une fatalité! mais ce n'est pas forcément une mauvaise choses, laissons l'histoire juger l'islamisme comme il a jugé les autres idéologies...; l'islam politique c'est pas les talibans!
On verra Je crains tout ceux qui se prétendent détenteurs de la vérité. La religion est absolutiste par essence, alors que le politique reléve du relatif. Généralement, ils ne font pas bon ménage. Mais si la Turquie arrive à résoudre ce problème d'incompatibilité, elle aura réussi là ou tous les autres ont échoué.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mer 21 Oct 2009 - 2:05

N'oublie pas que l'islam a la particularité d'avoir commencé en tant que système politique/Etat, c'est l'unique religion à avoir cette particularité, ls premièers musulmans étaient hyper pragmatiques! après, chacun applique comme il veut, et c'est valable pour toutes les idéologies.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mer 21 Oct 2009 - 22:04

Samyadams a écrit:
Les photos que tu as publié m'ont étonné Barbaros jamais je n'aurai cru que la Turquie évolue dans ce sens
Les femmes portent non pas des hijabs, mais des burkas Que l'AKP prenne le contrôle des institutions et bride l'armée n'est pas une mauvaise chose en soi, mais si c'est pour tomber dans un conservatisme rétrograde, pauvre Turquie L'AKP a pu émerger dans un systéme laïc, mais si le systéme politique est islamisé, aucune tendance politique laïque ne pourra y avoir sa place
Mais il faut avouer que jusqu'à présent, l'AKP a plutôt fait du bon travail. Peut être qu'il sortira de l'expérience turque un nouveau model d'islamisme

Il faut Samy, il faut des valeurs conservateurs, si le peuple sera contre productif..

Moi dans ma famille, ma grand-mère paternel de 84 ans était assassiner avec une hache et mon grand-père maternel était tué dans une vendetta dans les années 70 (80 balles retrouver dans son corps)..après tout sa, je suis pour l'application de la loi d'Hammourabi, appliqué depuis des milliers d'années dans la région jusqu'à l'arrivée des lois d'occident..

En Turquie, il y avait des gens qui tués d'autres gens juste pour une "Bira" (Bière), eh oui..

Les mentalités sont différentes en Orient, un système démocratique au Moyen-Orient? Je crois pas trop..

Si les gens avaient peur de leur Seigneur et redouté les lois, il n'y aurait autant de meurtre et de désordre, mais heureusement les choses changent..

Les islamistes de l'AKP sont très intelligent, un modèle chinois ne serait pas mal du tout, un système plus ou moins conservateur à l'intérieur du pays et une économie libérale..mais pour sa, il faut des politiques conservateur pragmatique..
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Lun 26 Oct 2009 - 20:33

Citation :
Pour la Turquie, l'Iran est un ami, la France est injuste



Dans une longue interview au quotidien britannique The Guardian, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan explique les positions de son pays sur les relations internationales, de son soutien à l'Iran, pays «ami», à la perception de plus en plus critique envers les pays européens et le dédain qu'ils ont parfois envers la Turquie.

«Il ne fait aucun doute que l'Iran est un ami, affirme Erdogan. En tant qu'ami, nous avons eu de très bonnes relations jusqu'ici et n'avons rencontré aucune difficulté.» Cette bienveillance envers l'Iran a de quoi surprendre certains occidentaux qui voient en la Turquie une démocratie tournée vers l'ouest, membre de l'Otan depuis 1952.

Mais c'est oublier qu'Erdogan fut l'un des premiers à féliciter Ahmadinejad après sa réélection de juin dernier, ignorant les manifestations de masse et les inquiétudes de la communauté internationale sur la légitimité du vote. Le premier ministre turc se délace cette semaine à Téhéran pour y rencontrer Ahmadinejad et l'Ayatollah Khamenei et discuter des liens commerciaux entre les deux pays. Mais a dores et déjà prévenu qu'il n'y abordera pas les problèmes internes iraniens, et notamment la forte répression de l'opposition depuis les élections, car cela représenterait une «interférence» avec les affaires intérieures iraniennes.

Et les adversaires du premier ministre en Turquie l'accusent de vouloir transformer le pays en un Etat religieux ressemblant à l'Iran.

Sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, Erdogan se montre moins clément:

Parmi les dirigeants européens, certains comme en France ou en Allemagne ont des préjugés sur la Turquie. Sous Chirac, nous avions de très bonnes relations [avec la France] et il était très positif envers la Turquie. Mais sous Sarkozy, ce n'est pas la même chose. C'est une attitude injuste. L'Union Européenne viole ses propres règles. Etre dans l'Union européenne nous permettrait de construire des ponts entre le monde musulman, qui compte 1,5 milliard d'individus, et le reste du monde. Il faut qu'ils s'en rendent compte. S'ils l'ignorent, cela affaiblira l'UE.

«Amical envers la théocratie religieuse qu'est l'Iran, cupide et de plus en plus pleine de ressentiment envers une Europe séculaire mais dédaigneuse: cela résume parfaitement la dichotomie est-ouest de la Turquie» écrit le quotidien britannique.

[Lire l'article complet sur guardian.co.uk:

http://www.guardian.co.uk/world/2009/oct/26/turkey-iran1

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr
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Samyadams
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Lun 26 Oct 2009 - 23:12

Citation :
«Amical envers la théocratie religieuse qu'est l'Iran, cupide et de plus en plus pleine de ressentiment envers une Europe séculaire mais dédaigneuse: cela résume parfaitement la dichotomie est-ouest de la Turquie» écrit le quotidien britannique.
Cette phrase résume à elle seule tout le succés de votre diplomatie, Barabaros Mes hommages à Ahmet Davutoğlu, votre ministre des AE dont tu as dit qu'il est le théoricien de votre nouvelle diplomatie
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RadOne
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MessageSujet: Nouvelle diplomatie -> création d'un nouveau bloc ?   Mar 27 Oct 2009 - 1:45

Pensez-vous que ce revirement (rapprochement vers la Russie, la Syrie et l'Iran et prise de distance contre Israel) pourra aboutir vers un bloc de coopération diplomatique,militaire et économique pour mieux peser sur la région ?
On pourrait même extrapoler vers la création d'un nouveau "bloc de l'est" qui regrouperait Turquie, Syrie, Iran, Russie (+pays limitrophes voués à sa cause), Chine, etc ?

Cela voudrait dire que la Turquie renoncerait à l'OTAN mais aussi aux USA (ce que je souhaite pas personnellement).

ps : ces questions sont assez naïfs mais soyez indulgent ce n'est que mon 2 postes Wink.
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FAMAS
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 27 Oct 2009 - 1:53

la turquie est une puissance "moyenne" et non grande puissance, en ce sens qu'elle reste toujours largement dépendante technologiquement de l'occident, ce qui lie ses mains et lui laisse une marge de manoeuvre "hors otan" assez serrée
la commande des F35 (parmi d'autres) traduit en quelque sorte un engagement indirect de la part de la turquie à rester membre de l'otan au moins pour un demi siècle de plus ! je pense qu'ils cherchent des relations plus aumoins équilibrées entre l'occident et l'orient cependant il ne faut pas trop rêver, la turquie ne risque pas de devenir hostile à l'égard d'Israel !

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 27 Oct 2009 - 21:15

Il est normal pour nous d'être assez proche des Perses, on à des liens historiques et culturelles communes..Ali Khamaney est un turc iranien qui gouverne sur l'Iran aussi..

Citation :
Le Turc Erdogan s'affiche en allié de Téhéran



Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad,à droite, en discussion avec le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, à gauche, lors de leur rencontre au Palais présidentiel mardi à Téhéran. Crédits photo : AP
En visite officielle en Iran depuis lundi, le premier ministre turc consolide les relations entre les deux pays.

Mahmoud Ahmadinejad n'a pas boudé son plaisir. Mardi, il s'est félicité des prises de position récentes de son hôte, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, sur le programme nucléaire iranien et sur Israël. Faisant allusion à la décision d'Ankara d'exclure, début octobre, l'armée israélienne de manœuvres aériennes programmées en Anatolie, pour protester contre l'offensive de Tsahal à Gaza, le président iranien a loué son «attitude claire à propos du régime sioniste».

À la tête d'une importante délégation ministérielle et d'hommes d'affaires, le chef du gouvernement turc a entamé lundi une visite officielle en Iran, qui comprend également une rencontre avec l'ayatollah Ali Khamenei, afin de consolider les relations entre les deux pays. Son arrivée a été précédée par une interview élogieuse sur l'Iran et sur son «ami» Mahmoud Ahmadinejad, dans le quotidien britannique The Guardian. Qualifiant de «ragots» les craintes occidentales de voir l'Iran détourner son programme nucléaire civil à des fins militaires, il a critiqué l'attitude «inéquitable et injuste» des pays qui font pression sur l'Iran alors qu'ils sont eux-mêmes dotés d'un arsenal nucléaire. Sans le nommer, sa remarque visait notamment Israël.

Intérêts commerciaux

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement turc se démarque du camp occidental, dont une partie voit d'un mauvais œil ce rapprochement turco-iranien, vis-à-vis du régime islamique de Téhéran. La Turquie avait été l'un des premiers pays à féliciter Mahmoud Ahmadinejad pour sa réélection. Sur le volet nucléaire, Ankara reste opposé à un Iran doté d'armes de destruction massive mais plaide pour la poursuite du dialogue et redoute de possibles frappes militaires qui déstabiliseraient la région. Pour la Turquie, son voisin présente des intérêts commerciaux et énergétiques primordiaux. M. Erdogan souhaite faire passer les échanges commerciaux bilatéraux de 8 à 13,5 milliards d'euros d'ici à 2011. Surtout, l'Iran est le deuxième fournisseur de gaz de la Turquie. L'exploitation du champ gazier de South Pars par une compagnie turque et la construction d'un gazoduc de 1 800 kilomètres pour acheminer le gaz iranien à la frontière turco-iranienne doivent être négociés au cours de cette visite.

http://www.lefigaro.fr/international/2009/10/28/01003-20091028ARTFIG00050-le-turc-erdogan-s-affiche-en-allie-de-teheran-.php
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Fahed64
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 27 Oct 2009 - 21:19

J'ai une question barbaros, y'a t'il un pays au monde avec qui vous n'avez pas de lien culturel et historique et dont vous ne partagez aucun intérêt ?

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 27 Oct 2009 - 21:28

Fahed64 a écrit:
J'ai une question barbaros, y'a t'il un pays au monde avec qui vous n'avez pas de lien culturel et historique et dont vous ne partagez aucun intérêt ?

Les africains (sauf l'Egypte), les européens, les américains, etc...tout le monde..

Sauf, les endroits où les turcs ont fonder des empires, je peux citer, l'Inde, l'Asie centrale, et le Moyen-orient..

Concernant les Japonais et les Coréens, ils sont de la même famille de langues que les langues turques, c'est à dire Altaïque...
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Fahed64
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 27 Oct 2009 - 21:35

Ah bon, grand mère Lucie n'est pas turcs? je file

Plus sérieusement, un coup tu nous sors y'a que les intérêts qui priment, un coup les pseudo lien fraterno culturelle. Depuis le temps l'on se lit mutuellement, va falloir se décider barbaros

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 27 Oct 2009 - 21:42

Fahed64 a écrit:
Ah bon, grand mère Lucie n'est pas turcs? je file

Plus sérieusement, un coup tu nous sors y'a que les intérêts qui priment, un coup les pseudo lien fraterno culturelle. Depuis le temps l'on se lit mutuellement, va falloir se décider barbaros

Oui, les intérêts primes, mais on peux utiliser les liens culturelles pour faire des affaires, sa marche comme sa chez nous..

J'ai pas parlé de lien de fraterno, mais de liens culturelle..
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Fremo
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 27 Oct 2009 - 21:57

excusez moi Abi, mais j'ai une question je me rappele pas si il est déjà ou pas, mais peut tu nous parlez des futurs des relations de votre pays avec la région du Maghreb surtout le Maroc et l'Algérie comme étant les principaux pays de la région bienque nous avons un traité de LE avec vous, et des relations diplomatique plus ou moin stable et amicale
et Merci d'avance

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 27 Oct 2009 - 22:23

L'Iran et la Turquie ont lâcher le dollar et l'Euro pour leur commerce, les deux pays vont commercer avec le Livre turc et le Riyal iranien..

C'est un coût dure pour les européens et les américains..la Turquie à aussi signer cet accord avec la Russie..
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 27 Oct 2009 - 22:31

Fremo a écrit:
excusez moi Abi, mais j'ai une question je me rappele pas si il est déjà ou pas, mais peut tu nous parlez des futurs des relations de votre pays avec la région du Maghreb surtout le Maroc et l'Algérie comme étant les principaux pays de la région bienque nous avons un traité de LE avec vous, et des relations diplomatique plus ou moin stable et amicale
et Merci d'avance

Les relations entre la Turquie/Maroc, Turquie/Algérie sont excellentes, amicales et courtois..

Commençons par le Maroc, la Turquie et le Maroc ont signer un accord de libre échange et les citoyens turcs et marocains peuvent voyager librement sans visa sans aucune restrictions, les relations avec le Royaume du Maroc sont très anciennes...

Avec l'Algérie, la Turquie était un des seuls pays à violer l'embargo pour donner des blindés aux algériens pour combattre les tangos, le commerce est en plein développement entre les deux, pays, les deux pays ont signer un traité d'amitié (traité refuser à la France), nos relations sont solides...
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Sam 7 Nov 2009 - 17:09

Citation :
Ankara se veut un pôle de "stabilité régionale"





Ahmet Davutoglu, ministre turc des affaires étrangères, entame, vendredi 6 novembre, une visite en France, la première depuis son entrée en fonctions en mai 2009. Il devait être reçu vendredi par son homologue, Bernard Kouchner, alors que les relations bilatérales sont contrariées par l'opposition de la France à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne (UE). Le différend européen sera au menu des discussions. Les deux pays évoqueront également les développements récents au Moyen-Orient et en Afghanistan, terrains sur lesquels M. Davutoglu a multiplié les initiatives ces derniers mois. Architecte de l'ambitieuse diplomatie turque qualifiée de "néo-ottomane", lorsqu'il était conseiller du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, puis comme ministre, il met en oeuvre sa théorie du "zéro problème avec ses voisins" et donne à la Turquie une nouvelle dimension régionale.


Quelles relations peuvent entretenir la Turquie et la France, son principal opposant à l'entrée dans l'UE ?

Depuis le XVIe siècle, nous avons une relation forte avec la France. Aucune autre nation en Europe ne peut aussi bien comprendre l'importance de la Turquie. Aujourd'hui encore, la France et la Turquie ont de l'influence dans des régions identiques. Une véritable coopération pourrait lancer une nouvelle dynamique en Méditerranée, en Afrique du Nord, dans le Caucase ou au Moyen-Orient. Ce serait aussi un avantage pour l'UE. C'est pourquoi toutes les incompréhensions, les erreurs de perception parfois exprimées en France n'ont aucun fondement, ni historique ni politique.

Espérez-vous modifier le point de vue de Paris sur l'adhésion ?

La valeur de référence de l'UE, c'est le respect des engagements : pacta sunt servanda. C'est grâce à ce principe que l'UE est devenue un pôle d'attraction. Si elle le perd, elle perd toute sa légitimité. Si vous enlevez cette pierre angulaire de l'édifice européen, en raison de préjugés sur la Turquie, alors vous allez affaiblir l'UE plus que la Turquie. Nous n'attendons aucune faveur, aucun traitement privilégié. Seulement le respect des engagements. Sans une volonté politique forte de notre gouvernement, nous aurions pu arrêter le processus en entendant les discours de certains de nos amis européens prétendant que la Turquie n'est pas européenne ou qu'elle n'a pas vocation à être membre... Personne ne peut nous imposer une option telle que le partenariat privilégié. Ce genre d'alternative n'a jamais été avancé à propos d'un autre pays candidat.

La question chypriote reste le principal point de blocage. Allez-vous ouvrir vos ports et vos aéroports aux Chypriotes grecs, comme le réclame Bruxelles ?

Non, ce ne serait pas juste. En 2004, les Chypriotes grecs ont rejeté le plan de paix de Kofi Annan, soutenu par l'UE. En prime, ils ont obtenu de ce rejet l'adhésion à l'UE ! Les Chypriotes turcs, eux, ont voté pour la paix et ont accepté le plan. Mais ils ont été punis par un isolement. La promesse européenne de permettre le commerce direct pour les Chypriotes turcs n'a pas été tenue. Contrairement à l'Arménie, on ne voit pas, avec Chypre, une détermination à avancer vers la paix. Depuis un an, les deux leaders de l'île se sont rencontrés cinquante fois. Mehmet Ali Talat (le président chypriote turc) pousse pour un accord de paix d'ici au mois d'avril. De l'autre côté, (les Chypriotes grecs) ne veulent pas accélérer le processus. On ne peut pas faire la paix tout seul, il faut un partenaire fort. En 2004, ils ont manqué une occasion historique en rejetant le plan Annan. Nous espérons qu'ils ne vont pas en laisser passer une deuxième.

La diplomatie turque s'est montrée très active sur de nombreux fronts ces derniers mois. Quel est l'objectif ?

Le 1er octobre, j'étais à Bruxelles avec José Manuel Barroso et Olli Rehn (président de la Commission européenne et commissaire à l'élargissement). J'ai déclaré qu'octobre serait "le mois de la paix" pour la diplomatie turque. Nous avons lancé plusieurs initiatives : dans les Balkans entre la Serbie et la Bosnie, dans le Caucase, en signant un accord avec l'Arménie, en Syrie, et en Irak où, il y a quelques jours, j'étais avec Massoud Barzani, président de la région kurde du nord de l'Irak... Tout cela suit un seul et même objectif : la paix. Notre intérêt est de créer une zone de stabilité et de prospérité dans la région. Nous voulons éliminer toute tension entre nos voisins et nous, mais aussi entre nos voisins eux-mêmes. D'où notre médiation entre la Syrie et Israël, ou entre la Syrie et l'Irak. Avec le chaos en Irak ou ailleurs à ses portes, la Turquie ne peut pas être un pays sûr et stable.

La Turquie a-t-elle encore la confiance d'Israël pour être médiateur avec la Syrie après les récentes tensions turco-israéliennes ?

J'en suis certain. Ils savent très bien avec quelle honnêteté nous avons rempli notre mission de médiation l'an dernier. Une alliance avec un pays n'empêche pas de le critiquer lorsqu'il commet une erreur. Oui, nous avons critiqué Israël pour les bombardements de Gaza. Nous critiquerons de la même manière n'importe quel pays qui commettrait une attaque de ce type. Cela ne veut pas dire que nous changeons d'objectif dans la région.

La Turquie n'est-elle pas en train de changer d'axe diplomatique, de tourner le dos à l'Occident pour se tourner vers l'Est ?

Non. La politique étrangère turque est structurée par des piliers : les relations avec l'OTAN et la candidature à l'UE. Ce sont les liens internationaux les plus forts pour la Turquie. Mais, dans le même temps, la Turquie est un pays à géographie multidimensionnelle. Est-ce anormal d'améliorer ses relations avec ses voisins ? Nous normalisons nos rapports avec la Syrie, avec qui nous étions au bord de la guerre il y a dix ans, comme avec l'Arménie. Pourquoi ne nous reproche-t-on pas de regarder vers l'Est quand il s'agit de l'Arménie ? Elle se trouve pourtant plus à l'est que la Syrie. Certains Occidentaux ont encore cette vision que si nous nous rapprochons d'un pays chrétien, c'est positif, si nous nous rapprochons d'un pays musulman, c'est un changement de cap diplomatique... Non ! Tout le monde peut vivre en paix, côte à côte. Ces efforts sont compatibles avec les valeurs européennes, avec l'expérience de l'UE. La paix, la coexistence culturelle, le pluralisme, la stabilité... Ce sont nos valeurs communes avec les Européens.

Propos recueillis par Guillaume Perrier

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/06/ankara-se-veut-un-pole-de-stabilite-regionale_1263654_3214.html
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Lun 9 Nov 2009 - 1:23

la nouvelle stratégie diplomatique de "zéro conflit" avec les voisins, initiée par Ahmed Daoud Oglo, n'a rien d'une réorientation stratégique ! la Turquie cherche à mettre en valeur et faire revivre son influence historique sur le moyen-orient , non pas pour refaire naitre un nouvel empire "neo-otomane", islamique qui viendrait s'opposer à l'occident... loin de là, elle ne cherche qu'à avoir plus d'influence et une meilleure capacité de négociation avec l'occident, pour avoir plus d'avantages, notamment l'accès à l'UE et ce par la grande porte...
la Turquie ne sera plus perçu par les européens comme une menace, mais comme une passerelle indispensable à la conquette des marchés moyen-orientaux et un bouclier contre "l'orient sauvage", l'Iran....
d'autres part, je pense que l'US favorise pour ne dire "encourage" la Turquie à critiquer Israel, pour la simple raison d'excercer une pression indirecte sur l'Etat Hebreux, en lui créant un rival régional de taille, mais ça sera un rival ami et surtout "sous contrôle"
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Lun 9 Nov 2009 - 2:43

FAMAS a écrit:
la nouvelle stratégie diplomatique de "zéro conflit" avec les voisins, initiée par Ahmed Daoud Oglo, n'a rien d'une réorientation stratégique ! la Turquie cherche à mettre en valeur et faire revivre son influence historique sur le moyen-orient , non pas pour refaire naitre un nouvel empire "neo-otomane", islamique qui viendrait s'opposer à l'occident... loin de là, elle ne cherche qu'à avoir plus d'influence et une meilleure capacité de négociation avec l'occident, pour avoir plus d'avantages, notamment l'accès à l'UE et ce par la grande porte...
la Turquie ne sera plus perçu par les européens comme une menace, mais comme une passerelle indispensable à la conquette des marchés moyen-orientaux et un bouclier contre "l'orient sauvage", l'Iran....
d'autres part, je pense que l'US favorise pour ne dire "encourage" la Turquie à critiquer Israel, pour la simple raison d'excercer une pression indirecte sur l'Etat Hebreux, en lui créant un rival régional de taille, mais ça sera un rival ami et surtout "sous contrôle"
Parfaitement d'accord. Les Turcs ne visent que les marchés arabes, trés porteurs et ou leurs produits peuvent bénéficier d'un préjugé favorable. En plus, ils n'ont pas plus que l'intention d'utiliser leur influence au Moyen Orient, qu'ils essayent justement de renforcer, pour se donner de nouveaux et puissants arguments de négociation avec l'Occident. Le stratégie "zéro conflit" est necessaire pour se faire admettre au sein de l'UE, qui craint justement de devenir frontalière, à travers la Turquie, de pays jugés instables et belliqueux.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 24 Nov 2009 - 0:32

Citation :
Turquie - Les liaisons dangereuses d’Ankara






La nouvelle Turquie « post-kémaliste » dirigée par le parti islamo-conservateur (AKP) du Premier Ministre Recep Taiyyp Erdogan et du président Abdullah Gül est devenue l’alliée privilégiée de l’Arabie saoudite, de la Syrie et du Soudan.


Cela fait vingt-deux ans que la Turquie a présenté pour la première fois sa candidature à l’Union européenne. Une requête que nombre de partisans d’Ankara motivent par l’ancienneté de l’accord d’association (1963) liant Ankara à l’UE et surtout par le fait que la Turquie est une exception laïque et pro-occidentale au sein du monde musulman. Qu’en est-il exactement ?

En fait, l’accord de 1963 (semblable à celui de 1969 liant l’UE au Maroc et à la Tunisie), n’impliquait aucune promesse d’intégration. Ensuite, lorsqu’Ankara présenta pour la première fois sa demande d’adhésion, sa requête fut refusée par la Commission et par une résolution du 17 juin 1987 du Parlement européen exigeant de la Turquie 4 conditions préalables jamais satisfaites jusqu’à aujourd’hui :
– Respect des droits de l’homme.
– Reconnaissance du génocide arménien.
– Respect et égalité pour les minorités religieuses et ethniques.
– Retrait de Chypre et reconnaissance de la république de Chypre.
Or vingt-deux ans après la première réponse européenne, si des changements importants ont été réalisés en matière d’harmonisation des lois nationales aux normes européennes, la Turquie n’a pas satisfait aux « 4 critères » de 1987.


Une même haine envers les idéologies laïques

En s’éloignant du modèle kémaliste laïc inauguré en 1924 par Mustapha Kémal Atatürk, la nouvelle Turquie « post-kémaliste » dirigée par le parti islamo-conservateur (AKP) du Premier Ministre Recep Taiyyp Erdogan et du président Abdullah Gül, est devenue l’alliée privilégiée de l’Arabie saoudite, de la Syrie, du Soudan, qu’Ankara refuse de condamner pour génocide (comme l’a décidé la Cour pénale internationale de Rome), et surtout de l’inquiétante République islamique iranienne.

Le parti islamique AKP au pouvoir en Turquie partage en effet ave le président iranien Mahmoud Ahmadinejad une même haine envers les idéologies laïques, comme celle de « l’apostat » Atatürk.

L’AKP et Erdogan ont par ailleurs défendu le Hamas et le Hezbollah lors des opérations israéliennes de l’été 2006 au Liban contre le mouvement chiite pro-iranien et de l’hiver 2008-2009 à Gaza contre le mouvement terroriste palestinien pro-iranien (Hamas).

On a tous en mémoire la sortie violente d’Erdogan contre le président israélien Shimon Perez à Davos, puis les accusations de « génocide des Palestiniens » commis par Israël, relayées par les « médias juifs sionistes du monde entier », propos identiques aux théories judéophobes d’Ahmadinejad et qui ont valu une grande popularité à Erdogan dans les pays d’Islam.

Plus récemment, la Turquie néo-islamique a mis son veto à la participation de l’aviation israélienne à des manœuvres de l’Otan qui devaient s’effectuer le 13 octobre dernier dans son espace aérien, cela pour « dénoncer l’opération de l’armée israélienne à Gaza » contre le Hamas.

Un terrible besoin turc en énergie

En réalité, le rapprochement géopolitique irano-turc et le refroidissement des relations de la Turquie avec Israël, les Etats-Unis et l’Otan, sont motivés par plusieurs facteurs : premièrement des intérêts géo-économiques communs ; un terrible besoin turc en énergie (pétrole et gaz) iranienne facile d’accès ; les échanges commerciaux entre les deux pays voisins dépassent les 6 miliards d’euros annuels, avec une nette perspective de progression.

C’est en fait parce qu’elle veut à terme obtenir le nucléaire civil et militaire que la Turquie défend le droit iranien à l’atome et refuse les pressions sur l’Iran » visant à l’empêcher d’acquérir la bombe atomique, cela tant qu’un « autre pays de la région » en disposera, dixit Erdogan, qui faisait évidemment allusion à Israël. Or Israël demeure pour l’heure (pour combien de temps encore ?) un allié de cette même armée turque laïque et kémaliste détestée par les islamistes au pouvoir à Ankara…

http://www.francesoir.fr/proche-orient/2009/11/23/turquie-ankara.html
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 24 Nov 2009 - 2:45

Y a t'il eu réellement une déclaration des autorités turcs pour un accès à la technologie nucléaire militaire ? ou est ce encore une éxagération pour apeurer l'opinion publique...

D'ailleur il semble bien qu'une alliance Turquie-Iran face peur en occident...et surtout en Isarel.....

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 24 Nov 2009 - 9:12

barbaros pacha a écrit:
Citation :
Turquie - Les liaisons dangereuses d’Ankara






La nouvelle Turquie « post-kémaliste » dirigée par le parti islamo-conservateur (AKP) du Premier Ministre Recep Taiyyp Erdogan et du président Abdullah Gül est devenue l’alliée privilégiée de l’Arabie saoudite, de la Syrie et du Soudan.


Cela fait vingt-deux ans que la Turquie a présenté pour la première fois sa candidature à l’Union européenne. Une requête que nombre de partisans d’Ankara motivent par l’ancienneté de l’accord d’association (1963) liant Ankara à l’UE et surtout par le fait que la Turquie est une exception laïque et pro-occidentale au sein du monde musulman. Qu’en est-il exactement ?

En fait, l’accord de 1963 (semblable à celui de 1969 liant l’UE au Maroc et à la Tunisie), n’impliquait aucune promesse d’intégration. Ensuite, lorsqu’Ankara présenta pour la première fois sa demande d’adhésion, sa requête fut refusée par la Commission et par une résolution du 17 juin 1987 du Parlement européen exigeant de la Turquie 4 conditions préalables jamais satisfaites jusqu’à aujourd’hui :
– Respect des droits de l’homme.
– Reconnaissance du génocide arménien.
– Respect et égalité pour les minorités religieuses et ethniques.
– Retrait de Chypre et reconnaissance de la république de Chypre.
Or vingt-deux ans après la première réponse européenne, si des changements importants ont été réalisés en matière d’harmonisation des lois nationales aux normes européennes, la Turquie n’a pas satisfait aux « 4 critères » de 1987.


Une même haine envers les idéologies laïques

En s’éloignant du modèle kémaliste laïc inauguré en 1924 par Mustapha Kémal Atatürk, la nouvelle Turquie « post-kémaliste » dirigée par le parti islamo-conservateur (AKP) du Premier Ministre Recep Taiyyp Erdogan et du président Abdullah Gül, est devenue l’alliée privilégiée de l’Arabie saoudite, de la Syrie, du Soudan, qu’Ankara refuse de condamner pour génocide (comme l’a décidé la Cour pénale internationale de Rome), et surtout de l’inquiétante République islamique iranienne.

Le parti islamique AKP au pouvoir en Turquie partage en effet ave le président iranien Mahmoud Ahmadinejad une même haine envers les idéologies laïques, comme celle de « l’apostat » Atatürk.

L’AKP et Erdogan ont par ailleurs défendu le Hamas et le Hezbollah lors des opérations israéliennes de l’été 2006 au Liban contre le mouvement chiite pro-iranien et de l’hiver 2008-2009 à Gaza contre le mouvement terroriste palestinien pro-iranien (Hamas).

On a tous en mémoire la sortie violente d’Erdogan contre le président israélien Shimon Perez à Davos, puis les accusations de « génocide des Palestiniens » commis par Israël, relayées par les « médias juifs sionistes du monde entier », propos identiques aux théories judéophobes d’Ahmadinejad et qui ont valu une grande popularité à Erdogan dans les pays d’Islam.

Plus récemment, la Turquie néo-islamique a mis son veto à la participation de l’aviation israélienne à des manœuvres de l’Otan qui devaient s’effectuer le 13 octobre dernier dans son espace aérien, cela pour « dénoncer l’opération de l’armée israélienne à Gaza » contre le Hamas.

Un terrible besoin turc en énergie

En réalité, le rapprochement géopolitique irano-turc et le refroidissement des relations de la Turquie avec Israël, les Etats-Unis et l’Otan, sont motivés par plusieurs facteurs : premièrement des intérêts géo-économiques communs ; un terrible besoin turc en énergie (pétrole et gaz) iranienne facile d’accès ; les échanges commerciaux entre les deux pays voisins dépassent les 6 miliards d’euros annuels, avec une nette perspective de progression.

C’est en fait parce qu’elle veut à terme obtenir le nucléaire civil et militaire que la Turquie défend le droit iranien à l’atome et refuse les pressions sur l’Iran » visant à l’empêcher d’acquérir la bombe atomique, cela tant qu’un « autre pays de la région » en disposera, dixit Erdogan, qui faisait évidemment allusion à Israël. Or Israël demeure pour l’heure (pour combien de temps encore ?) un allié de cette même armée turque laïque et kémaliste détestée par les islamistes au pouvoir à Ankara…

http://www.francesoir.fr/proche-orient/2009/11/23/turquie-ankara.html

Shocked Shocked Shocked
Incroyable, c'est un vrai torchon cette article. Un exemple parfait de désinformation.
Il n'y à rien de vrai dans cet article.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mar 24 Nov 2009 - 13:30

Viper a écrit:
Y a t'il eu réellement une déclaration des autorités turcs pour un accès à la technologie nucléaire militaire ? ou est ce encore une éxagération pour apeurer l'opinion publique...

D'ailleur il semble bien qu'une alliance Turquie-Iran face peur en occident...et surtout en Isarel.....

Il y a des déclarations de certains responsables, mais, la Turquie comme l'Arabie Saoudite se fera aider par le Pakistan, mais ceci ne sont que des rumeurs, donc, rien de concret..

Il y a aussi les déclarations de Sibel Edmonds, comme quoi, des taupes turques et israeliennes auraient déjà infiltrés le Pentagone, le Département d'Etat et le FBI, les turcs vendraient des secrets nucléaires au Pakistan.. et des affaires de corruption et chantage des élus américains par le gouvernement turc.

Citation :
Les renseignements turcs font chanter un membre de l’Assemblée


L’ex-traductrice du FBI Sibel Edmonds a témoigné le 15 août que, dans la période où elle a travaillé au FBI, elle était au courant des pots de vin versés par le gouvernement turc à des membres élus et à d’anciens membres du Congrès, ainsi qu’à des hauts fonctionnaires de l’exécutif, notamment du Département d’Etat. Edmonds a été appelée à comparaître par la Commission électorale de l’Ohio dans une affaire intentée contre David Krikorian, candidat démocrate à la Chambre des représentants de l’Ohio, par le représentant titulaire républicain Jean Schmidt. Schmidt allègue dans sa plainte à la Commission que Krikorian avait fait de «fausses déclarations» contre elle dans sa campagne indépendante de 2008.

Edmonds a présenté le républicain Schmidt comme l’un des bénéficiaires des pots-de-vin du gouvernement turc ainsi que les anciens porte-parole de la Chambre, Dennis Hastert (R-IL), Dick Gephardt (D-MO), et le président de la Chambre Robert Livingston (R-AL), ainsi que le député Dan Burton (R-IN) et l’ancien député Stephen Solarz (D-NY). Furent également nommés Brent Scowcroft, ancien conseiller de la sécurité nationale sous George HW Bush et Gerald Ford, et l’ancien sous-secrétaire du Département d’État de George W. Bush, Marc Grossman.

Edmonds a été congédiée de son emploi du FBI, après s’être plainte à ses supérieurs de l’infiltration des renseignements turcs dans la branche Traduction du bureau ; elle a été disculpée par un rapport de l’inspecteur général du FBI.

Le témoignage de Edmonds a également abordé les opérations conjointes turques et israéliennes portant sur un trafic de technologie nucléaire de contrebande venant des États-Unis. En particulier, l’espionnage turc et sa sphère de trafic d’influence ont été fortement impliqués dans la publication par la Maison Blanche sous Bush des identités secrètes de Valerie Plame Wilson, agent de la CIA et de la société Brewster Jennings & Associates, sa couverture-CIA non officielle.

L’élément probablement le plus explosif de la déposition impliquait le gouvernement turc, engagé dans une opération de chantage sexuel contre un député de la Chambre des Représentants. Dans ce que le FBI a appelé un « processus d’hameçonnage » (hooking process), un agent féminin du Conseil turco-américain (ATC) a attiré une femme membre de la Chambre pour une rencontre sexuelle lesbienne dans une maison de la ville de Washington DC. Une équipe turque de renseignement avait placé des moyens de surveillance partout dans la maison, y compris dans la chambre à coucher et a enregistré le rendez-vous lesbien sur une bande, selon le témoignage de Edmonds.

WMR [NdT: Wayne Madsen Report, voir www.waynemadsenreport.com] a appris que le membre de la Chambre en question était la représentante Jan Schakowsky (D-IL), une fervente partisane de l’AIPAC et d’Israël et une alliée politique proche du président Obama et de son chef de cabinet Rahm Emanuel.
A son crédit, Schakowsky avait été une adversaire verbale des contracteurs militaires privés et avait dénoncé le manque de supervision de leurs activités par le gouvernement, en particulier en Amérique latine et en Irak ; mais depuis qu’elle a été compromise, elle est « restée tranquille » sur tous ses problèmes de signature, y compris avec des entrepreneurs militaires privés, et elle est devenue très belliciste dans son soutien à Israël.

En janvier 2007, la Présidente Nancy Pelosi a nommé Schakowsky membre du Comité spécial de la Chambre pour le renseignement. Actuellement, Schakowsky est présidente du comité restreint sur le sous-comité de renseignement de la surveillance et des enquêtes -ce qui la met en situation de conflit d’intérêts dans les enquêtes sur la pénétration du renseignement turc et les domaines connexes du renseignement israélien dans le du FBI et dans le département d’État.

WMR a appris de sources du Congrès que le gouverneur de l’Illinois Rod Blagojevich était au courant des « problèmes de Schakowsky », et il a résisté à la pression d’Obama et de Emanuel pour nommer Schakowsky au siège vacant d’Obama au Sénat. Lorsque Blagojevich a signalé qu’il allait nommer une personne autre que Schakowsky au siège, les groupes de pression conjoints israélo-turcs, en plus d’Emanuel, se sont arrangés pour que l’US Attorney Patrick Fitzgerald reçoive le feu vert pour l’arrestation de Blagojevich, avant même que toute accusation de corruption ait été prononcée par un grand jury fédéral. Blagojevich a ensuite été mis en accusation par la Chambre de l’Illinois et révoqué par le sénat de l’État. Un acte d’accusation sur de nombreux chefs d’accusation a ensuite été prononcé par un grand jury fédéral.

WMR a antérieurement rapporté que Fitzgerald traînait des pieds dans l’enquête sur la fuite par la Maison Blanche pour la couverture secrète de l’agent de la CIA, Valerie Plame Wilson, et de son employeur servant de couverture Brewster Jennings & Associates. Fitzgerald tentait de limiter l’exposition nuisible à l’opération de contrebande nucléaire impliquant les lobbies turcs et israéliens ainsi que les opérations des renseignements du MIT turc et du MOSSAD israélien. Mme Wilson et son équipe se concentraient apparemment sur les Turcs et les Israéliens pour la contrebande nucléaire dans le monde. Les acteurs clés du gouvernement américain dans l’exposition de Brewster Jennings ont été nommés par Edmonds dans sa déposition.

Blackwater [3] (devenu Xe) a été accusé de contrebande d’armes à travers l’Irak à destination de la guérilla kurde en Turquie. Des récentes allégations selon lesquelles les attaques terroristes du Parti des travailleurs kurdes (PKK) en Turquie auraient été perpétrées sous fausse bannière par Ergenekon [3] "au cœur de l’État" [NdT: le 'deep state' serait une coalition interne à l'État turc], et les accusations d’Edmonds que l’ATC et ses affiliés à Washington font partie du « cœur de l’État » turc, pointe d’éventuelles collusions de longue date entre Blackwater et le renseignement turc. Le fait que les renseignements turcs ont fait chanter avec succès Schakowsky, l’opposante majeure au Congrès contre les activités de Blackwater, ne pouvait être qu’une bonne nouvelle pour l’entreprise.

La CIA et Blackwater/Xe étant vigoureusement opposés à la mise en exergue d’autres détails de leur coopération, il y de fortes chances que les renseignements étatiques turcs aient partagé leur "coup" avec la CIA ; et Schakowsky dut encore se soumettre à un chantage comme lorsque l’ATV et son organisation sœur, le lobby israélien AIPAC, ont fait pression sur elle pour lui faire faire marche arrière dans son soutien pour une résolution à la Chambre sur le génocide arménien.

Ces informations juteuses pour le chantage ont pu certainement aboutir dans les mains de ces responsables de la CIA qui occupaient des postes de cadres supérieurs chez Blackwater, y compris :l’ancien chef du contre-terrorisme de la CIA, Cofer Center, l’ancien chef de la Division Proche-Orient et Asie du Sud de la CIA, Robert Richer, l’ancien conseiller officiel du Groupe des opérations spéciales de la CIA, Enrique "Ric" Prado, et Alvin "Buzzy" Krongard qui, tandis que son frère Howard "Cookie" Krongard bloquait l’enquête sur les contrats du département d’État pour Blackwater lorsqu’il travaillait comme inspecteur général de l’État, pointait au conseil consultatif de Blackwater. En outre, Joseph Schmitz, l’ex-inspecteur général du Penagone, a été embauché comme avocat général pour le Groupe Prince, la société mère de l’entreprise Blackwater de Erik Prince.

Il est également rapporté qu’après que le directeur de la CIA, George Tenet, ait annulé le contrat de la CIA avec Blackwater, son remplaçant, Porter Goss, l’a renouvelé. Le Directeur exécutif de Goss, Kyle « Dusty » Foggo, actuellement incarcéré pour fraude et corruption, aurait été impliqué dans l’élaboration du contrat renouvelé entre la CIA et Blackwater. Foggo, avait une relation personnelle et financière avec le propriétaire de Pamela Martin&Associates, feue sa vieille amie de San Diego Deborah Jeane Palfrey, qui fournissait des escortes à l’agence pour des tâches clandestines. Cette activité incluait aussi la fourniture d’escortes pour des « parties de poker » à Washington auxquelles participaient Goss, Foggo, et l’ancien Représentant, Randy "Duke" Cunningham, désormais incarcéré. Cunningham a présidé le sous-comité de la puissante House Armed Services Appropriations, qui a approuvé les contrats du Pentagone avec Blackwater. Blackwater, selon les dépositions de justice récentes à Alexandria, en Virginie, est accusé de gérer un camp de prostitution à Bagdad, utilisant aussi des enfants.

Les liens entre Blackwater et la CIA indiquent à présent que le service du Pentagone qui travaillait en étroite collaboration avec Langley dans des opérations paramilitaires d’assassinat était en grande partie composé d’agents de Blackwater sous contrat.

De nombreux membres du Congrès demandent une explication pour les contrats de la CIA avec Blackwater, mais avec Schakowsky faisant l’objet de chantage, il y a peu d’espoir que son sous-comité puisse se pencher sur les contrats entre la CIA et Blackwater/Xe, sans parler des opérations d’autres entités troubles du groupe Prince, y compris Presidential Airways, Greystone Ltd de la Barbade, Falcon, EP Investments, Xe Airship, Total Intelligence Solutions, et Raven Development Group.

par Wayne Madsen pour The Rock Creek Free Press
Traduction par Pascal pour ReOpenNews
Wayne Madsen est un journaliste d’investigation de Washington-DC, écrivain et éditorialiste et commentateur régulier sur Russia Today TV. Ses chroniques sont parues dans le Miami Herald, Houston Chronicle, le Philadelphia Inquirer, Columbus Dispatch, Sacramento Bee, Atlanta Journal-Constitution, et de nombreux autres journaux.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mer 25 Nov 2009 - 14:10

Citation :
Khamenei fait du pied à la Turquie


Après avoir refusé l’offre américaine d’accord nucléaire, les Iraniens cherchent de nouveaux alliés. Les Turcs semblent favorables à cette alliance périlleuse mais lucrative.



Puisque l’ayatollah Khamenei se rapproche de Recep Tayyip Erdogan, il pourrait apprendre du Premier ministre turc comment maintenir l’équilibre dans ses alliances. “Si un ennemi possède des alliés, la position de l’ennemi est forte”, a écrit Sun Tzu, le célèbre stratège chinois, dans L’Art de la guerre. Le guide suprême iranien constate aujourd’hui que les Etats-Unis, qu’il considère comme l’ennemi de ses ambitions nucléaires, s’évertuent à nouer des alliances, y compris avec la Russie. Et cela le contrarie beaucoup. Au point que l’Iran a récemment rompu l’accord passé avec la Russie pour lancer son satellite de communication, s’adressant à la place à l’Italie [qui a refusé]. Pour enfoncer le clou un peu plus, Téhéran s’est plaint du retard pris par la Russie sur la livraison du système de missiles sol-air S-300. Jusqu'à récemment, l’Iran ne lavait jamais son linge sale devant les caméras, mais à huis clos. Maintenant que Khamenei juge la Russie déloyale, son gouvernement ne se prive pas d’exprimer ses griefs en public.

Le gouvernement iranien a décidé de reprendre l’initiative et de chercher un nouveau partenaire pour remplacer la Russie. A en juger par le récent échange de visites entre Téhéran et Ankara, il semblerait que Khamenei a trouvé un interlocuteur bien disposé en la Turquie. Mais, à la différence de la Russie, les Turcs n’ont pas de droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Cependant, leur cote au Moyen-Orient et dans le monde musulman est en hausse certaine. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, est considéré de plus en plus comme un défenseur crédible des intérêts arabes et musulmans. Dans la rue, beaucoup de gens respectent son autorité parce qu’il a été élu à la suite d’un scrutin réellement démocratique. On ne peut pas en dire autant du président égyptien, Hosni Moubarak, ni du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, qui ont décroché leur poste de façon bien peu démocratique.

Les relations qu’entretient Erdogan avec les Etats-Unis et l’Europe jouent également en sa faveur. Même s’il s’est rapproché récemment de ses voisins musulmans dans la région, il n’a pas coupé ses liens avec l’Ouest, jouant avec habileté sur les deux tableaux. De plus, ses rapports avec les Etats-Unis ne reposent pas sur une faiblesse de la Turquie. Il a déjà résisté aux pressions américaines et a même refusé une promesse de 6 milliards de dollars [4 milliards d’euros] d’aides et de 20 milliards de dollars [13,3 milliards d’euros] de garantie de prêts parce que l’accord ne lui convenait pas. Ses attaques verbales contre Israël après la dernière guerre de Gaza ont aussi certainement contribué à lui donner une bonne image dans la région.

Maintenant que Khamenei a rejeté l’offre nucléaire de Barack Obama, il doit penser que les risques de sanctions sont plus grands. Il lui faut donc changer de stratégie pour affronter les difficultés qui l’attendent. Une solution est de transformer son bras de fer avec Obama en une nouvelle confrontation Est-Ouest. Si l’on en croit le débat télévisé organisé récemment au Qatar et diffusé dans plusieurs pays, débat où le programme nucléaire iranien a été discuté par plusieurs analystes du Moyen-Orient, la position de Khamenei suscite incontestablement la sympathie. Pour beaucoup dans la région, le programme nucléaire iranien est le seul moyen de contrer la supériorité d’Israël dans le rapport de forces. C’est une stratégie qui a des chances de réussir. Par ailleurs, la popularité croissante d’Erdogan dans la région ainsi que l’embellie dans les relations de Téhéran avec le gouvernement turc permettraient à Khamenei de renforcer sa propre position lorsque les temps seront durs. Il sera également aidé par l’absence de progrès dans le processus de paix israélo-palestinien.

Mais le leader suprême iranien devra réfléchir à la façon dont il entretiendra sa relation avec la Turquie et au prix qu’il sera prêt à payer pour l’avoir comme alliée, aussi bien en Iran qu’à l’extérieur. D’après le site Internet de la chaîne d’information iranienne Khabar, le gouvernement d’Ahmadinejad aurait conclu un accord secret sur le gaz avec la Turquie sans en informer le Parlement. Les médias ont pris connaissance de cette transaction récemment, à la suite de quoi le Parlement a ouvert une enquête approfondie. L’accord pourrait être rompu si, comme le disent les députés, il s’avère aller contre les intérêts du pays. Beaucoup soupçonnent Khamenei d’avoir offert des conditions très avantageuses à Ankara pour acheter sa loyauté. A en juger par les résultats, la manœuvre a fonctionné. Mais la tempête de protestations qu’elle pourrait déclencher en Iran risque d’ébranler encore davantage la légitimité du régime.

Autre question : la centrale nucléaire de Bushehr [dans le sud-ouest de l’Iran]. La Turquie ne peut pas mettre ce réacteur en service. Seule la Russie peut le faire. Tourner le dos à Moscou risque de nuire encore davantage à cet important et onéreux projet. Khamenei pourrait peut-être prendre exemple sur les Turcs et, au lieu de remplacer constamment un allié par un autre, apprendre à équilibrer ses alliances.

http://www.courrierinternational.com/article/2009/11/25/khamenei-fait-du-pied-a-la-turquie
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mer 25 Nov 2009 - 19:37

Voila un article qui va faire plaisir à Pasha

Citation :
Bertrand Badie : "La Turquie a accédé au rang de puissance moyenne"

Dans un chat au Monde.fr, mercredi 25 novembre, Bertrand Badie décrypte la reconfiguration en cours du Proche-Orient, dans laquelle la Turquie joue un rôle déterminant. Mais, prévient-il, cette "reconfiguration ne signifie ni pacification ni totale transformation".

Henry Henry : Que signifie "reconfiguré" alors que les problèmes restent les mêmes : risque de conflits, question palestinienne, Etats corrompus, sociétés verrouillées, économies fragiles.

Bertrand Badie : Certes, les enjeux restent les mêmes, les impasses sont toujours aussi évidentes, et peut-être même les données essentielles du conflit sont-elles semblables à ce que nous avons connu pendant de trop nombreuses années. Pour autant, rien n'est absolument figé. Les acteurs, très nombreux, ont changé, pour certains de manière significative, et peut-être que le pari du statu quo, qui est essentiellement celui de l'Etat d'Israël, est mis à mal par les transformations qui affectent le jeu de la Turquie, dont on ne saurait négliger les formidables évolutions, mais aussi par le repositionnement, hésitant, léger mais significatif, de la politique des Etats-Unis depuis l'élection de Barack Obama.
Le pari du statu quo est beaucoup plus difficile qu'on ne pourrait le croire : mettre tous ses espoirs diplomatiques et politiques dans le gel d'une situation constitue une option difficilement tenable, comme le montre l'histoire, et étroitement dépendante d'une complicité objective des acteurs du champ de bataille comme des puissances, grandes ou moyennes, qui pèsent sur le dossier du Proche-Orient. Au moment où l'Europe fait preuve d'apathie, la Turquie se construit comme puissance régionale, ce qui modifie profondément la donne moyen-orientale.
La Syrie, jusqu'il y a encore très peu de temps mise au ban de la communauté internationale, est sollicitée tant par les Etats-Unis, qui les premiers et déjà du temps de Bush en avaient pris l'initiative, que par l'Europe elle-même.
Quant à l'Iran, l'activisme de sa diplomatie contestataire contribue peu à peu à faire évoluer les différents dossiers moyen-orientaux.

La fin de l'engagement militaire américain en Irak (du moins la fin annoncée) et la volonté manifeste de Barack Obama de tenter une nouvelle approche du conflit israélo-palestinien introduit, même à très large dose, une part d'incertitude qui grève le jeu politique israélien. Même la Russie, après s'être retirée à la suite de la fin de la bipolarité des scènes les plus brûlantes de la région, dispose désormais de nouvelles cartes qui ne sont pas négligeables.

Pedro : Pourquoi le Proche-Orient reste-t-il une zone de rivalités et un espace qui peine à s'adapter à la mondialisation ?

Bertrand Badie : Première remarque : le Proche-Orient (peut-être faudrait-il dire Moyen-Orient) devient le champ de bataille du monde, et ce pour la première fois depuis que le monde westphalien existe, l'Europe perdant ainsi son identité de "cratère" du système international.
Il est en effet important de s'interroger sur cette mutation. Certes, cette région n'a pas le monopole des conflits en nombre de guerres dans le monde post-bipolaire, elle ne couvre qu'un quart de la conflictualité mondiale, à égalité avec l'Afrique et l'Asie du Sud.
En revanche, le Proche-Orient tient sa distinction de trois paramètres importants. Il est d'abord le lieu presque géométrique de l'exacte rencontre entre les puissances qui prétendent agir de plain-pied dans l'espace mondial.
Ensuite, il se caractérise par une exceptionnelle durée des conflits qui s'y installent.
Enfin, le Proche et le Moyen-Orient sont en mesure de mettre sur l'arène des ressources matérielles et symboliques exceptionnelles dans notre monde actuel : ressources énergétiques couvrant l'essentiel (environ 66 %) de la production et des réserves mondiales ; ressources symboliques transformant l'islam, la plus grande des religions "du Sud", en instrument remarquable de contestation.
Ces différents facteurs contribuent à expliquer la difficile insertion des pays de la région dans la mondialisation, d'autant que cette partie du monde se distingue aussi par l'échec de ses processus de construction étatique, donnant ainsi naissance soit à des Etats faibles, désinstitutionnalisés et incapables, soit au contraire à des régimes extrêmement autoritaires dont l'insertion dans le jeu de la mondialité devient incertaine, et même hasardeuse.
Quelle que soit la richesse de leur sous-sol, le Proche et le Moyen-Orient ne parviennent pas à décoller sur le plan économique, s'abandonnant d'une part dans une périlleuse économie rentière, et d'autre part dans une redistribution tout à fait incertaine, alimentant du même coup le mécontentement social et la frustration.
Soulignons enfin que la particularité du conflit israélo-palestinien, qui s'affiche comme une guerre de spoliation, phénomène rare et extrême dans la chronologie des relations internationales, produit un volume de frustration et de ressentiment propice aux violences les plus extrêmes et aux refus les plus radicaux de toute adaptation à la mondialité.

AlayX : Peut-on parler de Proche-Orient reconfiguré sans même évoquer Israël ?

Bertrand Badie : Les perspectives de reconfiguration ne proviennent pour le moment ni de la partie israélienne, bloquée dans la politique de statu quo que je nommais tout à l'heure, ni de la partie palestinienne, plus que jamais aux prises avec ses divisions.
Du reste, la même remarque s'appliquerait à la plupart des Etats de l'immédiate région, puisqu'en l'espace d'une quinzaine d'années la diplomatie égyptienne, autrefois performante, s'est figée dans une incapacité remarquable et que l'Arabie saoudite a de plus en plus de difficultés d'exister sur la scène diplomatique.
Quand je parle de reconfiguration, avec prudence bien sûr, c'est en recherchant un peu plus loin dans la région et au-delà, au sein même des possibles évolutions de la superpuissance américaine.

Sholeh : Pensez-vous qu'Israël finira par accepter la création d'un Etat palestinien et, si oui, sous quelles pressions et dans quelles conditions ?

Bertrand Badie : Evidemment, c'est toute la question. Rien aujourd'hui n'indique la moindre ouverture : certes, ce blocage est imputable au gouvernement radical de Benyamin Nétanyahou. Mais, là encore, n'exagérons pas la spécificité diplomatique de la nouvelle formation gouvernementale en place à Tel-Aviv. Les gouvernements précédents, même les plus "ouverts" ou "modérés", n'ont jamais donné de signes clairs, ni de volonté de mettre un terme aux colonisations, ni d'acceptation d'un véritable Etat palestinien, souverain, apte à contrôler ses frontières et à disposer des ressources, notamment hydrauliques.
Peut-être le jeu de Nétanyahou est-il plus franc et plus direct, mais la classe politique israélienne semble tout entière dominée par ce désir de maintenir le statu quo, nourrie de l'idée que le déséquilibre des forces joue massivement en sa faveur et de la conviction que toute solution négociée aboutira à un contexte nouveau, moins favorable que celui que nous connaissons actuellement.
Une pression peut-elle se révéler suffisamment forte pour conduire Israël à une autre option ? C'est bien entendu toute la question, et, pour ma part, je ne suis pas sûr que des incitations venues de Washington soient immédiatement reçues comme crédibles, tant est forte l'idée que les Etats-Unis n'affronteront jamais Israël, quels que soient les choix de son gouvernement.
La reconfiguration est justement là pour désigner non pas une solution ou une sortie de crise imminente, mais un changement des règles du jeu qui peut conduire à renchérir les coûts de cette politique de statu quo, à en modifier les composantes et à conduire à la naissance d'enjeux nouveaux. C'est là toute la question.

efertiti : La capacité des Etats-Unis à influer sur cette région est-elle réelle ?

Bertrand Badie : L'influence des Etats-Unis dans la région doit être considérée avec prudence. Il y a longtemps qu'en relations internationales on se pose la question de savoir qui l'emporte, du protecteur ou du protégé, quand celui-ci est particulièrement proactif et capable de créer à très court terme l'événement.
A cela s'ajoutent des circonstances aggravantes : Israël dispose d'une formidable capacité de pression sur les Etats-Unis à l'intérieur même de la société américaine, ce qui affaiblit d'autant la marge de manœuvre de l'exécutif américain.
En réalité, le plus gros de l'influence américaine est indirect : je ne pense pas que Washington puisse conduire directement le gouvernement israélien à changer sa ligne.
En revanche, l'administration des Etats-Unis peut fortement contribuer à requalifier le conflit du Proche-Orient sur la scène internationale, à livrer une autre vision du droit et de la légitimité, à positionner ce conflit au sein même de l'arène internationale de manière différente.
C'est ici qu'on peut parler de rehaussement du coût du statu quo pour Israël. Une modification, même modérée (on ne peut pas attendre plus), de l'attitude des Etats-Unis au Conseil de sécurité de l'ONU peut changer la donne de manière importante et créer des réactions en chaîne dans le reste du monde, et jusqu'au sein de la diplomatie arabe.
Enfin, n'oublions pas une autre composante de la question : il semble bien que les associations juives américaines changent d'attitude, modifient leur lecture du conflit, souvent travaillées par des personnalités plus modérées, réellement déterminées à mettre un terme au conflit. Si cette tendance se confirme, on parlerait alors d'une perte de capacité israélienne sur la diplomatie américaine.

Al Al : Qu'est-ce qui a réellement changé depuis l'élection de Barack Obama ?

Trois paramètres doivent être clairement mis en évidence. D'abord, l'homme a rompu avec les postulats néoconservateurs, c'est-à-dire cette périlleuse association de la valorisation de la force et de l'affirmation d'une mission américaine qui, en l'occurrence, rejoint par le truchement de certaines Eglises un messianisme biblique violemment pro-israélien. C'est dire que le nouveau président a déjà une lecture plus pragmatique et moins schématique de ce conflit.
Ensuite, Obama a compris deux leçons fondamentales qui s'ajoutent l'une à l'autre pour réorienter la politique américaine. Il est d'abord sceptique sur la capacité d'"imposition", c'est-à-dire sur l'efficacité de la force venue de loin et sur celle d'une exportation naïve et massive du modèle américain. Voilà qui est en mesure, déjà, de réévaluer non seulement sa diplomatie en direction des pays arabes, mais aussi son équation personnelle au sein de l'opinion publique arabe. Une baisse d'intensité du formidable antiaméricanisme qui souffle au Moyen-Orient serait incontestablement un événement important dans la région.
Enfin, le nouveau président s'est réellement investi dans une politique de redéfinition des rapports entre les Etats-Unis et le monde musulman. Il ne s'agit pas seulement d'une initiative culturelle quelque peu naïve et réifiante. Il y a probablement plus : je disais tout à l'heure que la conflictualité au Moyen-Orient était intimement liée à la radicalisation de l'islam, qui est devenu en l'espace d'une génération l'emblème de toutes les contestations issues des frustrations du Sud.
Faire bouger ce nouveau "mur" est chose difficile mais possible politiquement, alors qu'elle sera longue à réaliser culturellement. La difficulté, bien sûr – et on le reproche abondamment à Obama –, est de trouver les instruments concrets d'opérationnalisation de tous ces projets. C'est là que le bât blesse, et c'est surtout là que se ressent cruellement l'absence de relais diplomatique dont souffre Barack Obama dans la communauté internationale. Une Europe déclinante, des régimes arabes pro-américains affaiblis, une Russie et une Chine qui tiennent leur prudence pour leur principal atout.

Momo : Que pensez-vous de l'idée de Kissinger, selon laquelle les Etats-Unis devraient assurer de façon concrète à l'Iran une non-agression future au lieu de s'aligner sur la position (très française par ailleurs) des sanctions économiques et de l'isolement politique en cas de défiance de la part de Téhéran ? Pensez-vous que si les Etats-Unis adoptaient cette position, l'Iran "jouerait" le jeu ?

Bertrand Badie : Dans tous les cas, la politique du gros bâton et des moulinets est la pire parmi toutes celles qu'on pourrait adopter aujourd'hui à l'égard de l'Iran. Il faut d'abord comprendre l'essence contestataire de la diplomatie iranienne, qui a besoin, pour vivre et survivre sur la scène internationale et pour s'affirmer au-delà même de ses possibilités réelles, d'être précisément stigmatisée, menacée et sanctionnée. L'Iran ne peut pas être tenue pour un ennemi au sens classique du terme : elle ne s'inscrit nullement dans le jeu classique des équilibres de puissances.
Toute initiative visant à neutraliser les craintes ressenties en Iran comme les haines qui s'y expriment se traduit immédiatement en perte de ressources pour l'aile la plus radicale au pouvoir à Téhéran. Le nouveau jeu d'Obama, tranchant avec celui de son prédécesseur, embarrasse, voire agace les dirigeants iraniens, qui se nourrissent de cette vision binaire et absurde d'un nouveau conflit Occident-islam prenant avantageusement la place du conflit Est-Ouest. Avantageusement, car le rêve à Téhéran, comme dans d'autres capitales, est que l'islam devienne la bannière de toutes les populations frustrées et victimes de la planète.

Laporte JM : La Turquie modifie-t-elle radicalement sa politique au Proche-Orient ?

Bertrand Badie : Très certainement, et il s'agit là d'un événement majeur. La Turquie accède au rang de puissance émergente et même de puissance moyenne. Le propre de cette identité est de s'affirmer comme puissance régionale.
Mécaniquement, toute apparition d'une nouvelle puissance se traduit par une transformation de son environnement régional et par une tentative de la nouvelle puissance de s'imposer dans son rôle de leader. Le génie de l'actuelle diplomatie turque, d'Erdogan, de Gül et du ministre des affaires étrangères Davitoglu, est de transformer cette zone d'influence en zone de paix. La Turquie solde les conflits qui traditionnellement l'opposaient à tous ses voisins : diminution des tensions avec la Grèce, normalisation avec l'Arménie, bonne entente avec l'Iran, réconciliation avec la Syrie (qui est allée jusqu'à l'abolition des visas dans les deux sens).
Reste le dossier kurde, qui lui-même évolue de manière assez spectaculaire. Cette diplomatie a une part de génie puisque son œuvre de pacification conduit non seulement à l'extinction de vieux conflits, mais également à renforcer de façon spectaculaire la confiance que tous ces voisins portent à la nouvelle Turquie.
Pouvoir parler et se faire écouter de l'Iran, de la Syrie et du monde arabe en général constitue un renforcement énorme de la capacité d'offre diplomatique d'Ankara. L'Europe serait bien inspirée d'y prêter attention plutôt que de banaliser son discours de rejet de la Turquie...



Will de Koode : La Syrie joue un "jeu trouble" aux yeux des nations occidentales. Quelle est sa vision de la région, et quelle place peut-elle prendre sur le plan diplomatique ?

Bertrand Badie : La Syrie est le grand gagnant, muet et discret, de l'actuelle reconfiguration. Elle a toujours eu, du moins depuis quarante ans, une attitude d'intransigeance, voire de radicalité, qui tranchait avec celle de l'Egypte.
Aujourd'hui, le monde occidental va chercher la Syrie et semble marginaliser l'Egypte dans un mépris croissant. Cette différence de traitement en dit long sur la capacité de Damas de se rendre indispensable tout en ne cédant rien sur l'essentiel. C'est peut-être là le noyau du jeu diplomatique syrien, qui devient par le même coup un paramètre incontournable du nouveau marché diplomatique.
La Syrie sait que, en tenant un discours simple de rétablissement de ses droits sur les territoires occupés, sans céder le moins du monde sur la question palestinienne ou celle de ses amitiés y compris iranienne, elle dispose de cartes fortes lui permettant probablement de repartir à la conquête de l'hégémonie au sein d'un monde arabe très affaibli.
Le parti Baath, au pouvoir depuis longtemps à Damas, est d'abord un parti national arabe : c'est bien à cette échelle qu'il faut apprécier les objectifs de la politique des dirigeants syriens.

Yvon : L'Egypte n'est-elle pas la grande perdante de cette reconfiguration ? Elle a perdu l'élection au poste de président de l'Unesco. Elle est marquée par son alliance traditionnelle avec les Etats-Unis, alors que la société s'islamise de plus en plus en opposition à la culture occidentale. L'Egypte est rongée par la proximité de la crise de Gaza. Son régime s'essouffle. Les libertés reculent et ses rivaux comme la Syrie, l'Iran, l'Irak et l'Arabie saoudite obtiennent des résultats. Finalement, la diplomatie de contestation n'est-elle pas plus payante que la diplomatie de soumission ?

Bertrand Badie : C'est exactement cela : la diplomatie égyptienne a atteint un niveau catastrophique dont elle mettra du temps à se relever. Elle ne peut compter que sur des succès ponctuels : soit une réconciliation entre factions palestiniennes, ce qui est peu probable, soit des accords ponctuels entre Palestiniens et Israéliens, comme par exemple sur la libération du soldat israélien retenu par le Hamas.
Mais ce type de victoire ressemble à celle de Pyrrhus et ne peut qu'enfermer davantage la diplomatie égyptienne dans les contradictions que vous pointez. Mais il y a plus, et j'irai donc plus loin que vous : cette évolution négative montre comment un dirigeant autoritaire n'a que peu de possibilités d'élaborer une politique étrangère qui ne rencontre pas l'adhésion profonde de sa population.

L'exemple égyptien est là pour montrer qu'aujourd'hui la diplomatie n'est plus le fait du prince : la vraie faiblesse de la politique étrangère égyptienne est de s'inscrire à contre-courant de son opinion publique et d'en être perpétuellement l'otage. L'humiliation, à l'Unesco ou à l'occasion d'un match de football avec l'Algérie, ou encore dans l'obligation de recevoir Mme Livni en pleine guerre de Gaza, se transforme en tragédie pour Hosni Moubarak et enfonce un peu plus la diplomatie égyptienne, naguère si belle et si forte, dans l'anonymat de l'échec.

Michel : La reconfiguration du Proche-Orient n'est-elle pas utopique dans un climat de perpétuel danger ?

Bertrand Badie : La reconfiguration n'est pas utopique, puisqu'elle se déroule sous nos yeux. Mais, encore une fois, elle ne veut dire ni pacification ni totale transformation.
Une crise doit se comprendre à trois niveaux : celui bien connu des Etats et de leurs choix diplomatiques, et nous avons vu que certains évoluaient de manière sensible ou gagnaient en importance ; celui des sociétés, vraies pourvoyeuses, et ce de plus en plus, des enjeux de la conflictualité, et de ce point de vue, les choses vont en s'aggravant jusqu'à atteindre le paroxysme ; celui, enfin, de son insertion régionale et mondiale, et là l'évolution est inévitable, disons qu'en ce moment elle est particulièrement forte et vigoureuse. Cela n'annonce rien de bon ni rien de mauvais en soi, mais simplement qu'on ne pourra plus jouer demain en Proche-Orient et au Moyen-Orient comme on y jouait hier ou avant-hier.
Pour le reste, l'essentiel demeure : les souffrances inouïes du peuple palestinien, que tout le monde semble en réalité oublier.

http://www.lemonde.fr/international/chat/2009/11/09/iran-syrie-turquie-etats-unis-le-proche-orient-est-il-reconfigure_1264558_3210_2.html

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   Mer 25 Nov 2009 - 20:12

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