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 Le Maroc et la paix au Proche-Orient

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BOUBOU
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MessageSujet: Le Maroc et la paix au Proche-Orient   Mar 17 Nov - 13:21

Je me permet d'ouvrire ce nouveau sujet, sachant que le Maroc revient en force sur la scéne du Proche-Orient.
Je voudrais que tous les articles et vos réactions soient posté ici.


Citation :
L'ex-ministre israélienne des AE Tzipi Livni au Maroc en fin de semaine
(AFP)


RABAT — L'ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères et chef de l'opposition centriste Tzipi Livni doit participer à un forum international notamment consacré au Proche-Orient du 19 au 21 novembre à Tanger (nord du Maroc), a-t-on appris mardi auprès des organisateurs.

"Nous invitons des gens de tous bords pour des échanges constructifs", a déclaré à l'AFP Mekki Lahlou, vice-président de l'institut Amadeus, un 'think tank' marocain organisateur de MEDays 2009, qui ambitionne de devenir "le rendez-vous incontournable des décideurs politiques et économiques de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique)".

Deux autres personnalités israéliennes ont été invitées à MEDays 2009: l'ancien ministre des Affaires étrangères Shlomo Ben-Ami et la vice-ministre de l'Industrie Orit Noked, ont annoncé les organisateurs.

Trois avocats et une ONG marocains ont toutefois condamné mardi la visite de Mme Livni et porté plainte contre elle devant un tribunal de Rabat pour "crimes de guerre" pendant l'intervention israélienne à Gaza de fin 2008-début 2009.

Au cours d'une conférence de presse, l'ancien bâtonnier Abderrahmane Benameur a qualifié cette visite "d'événement dangereux", "qui cache mal l'intention de normaliser (les relations) avec l'entité sioniste".

MEDays, dont la première édition a eu lieu en 2008, est "une plateforme pour un dialogue et des échanges informels", a pour sa part affirmé à l'AFP M. Lahlou, soulignant que des intervenants palestiniens, américains et européens ont également été invités pour, notamment, débattre du Proche-Orient.

Mme Livni, a poursuivi M. Lahlou, est le chef de l'opposition israélienne et "s'est clairement prononcée contre la politique menée par (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu".

L'un des avocats ayant participé à la conférence de presse de mardi, Me Khalid Sefiani, préside le Collectif d'action nationale pour le soutien au peuple palestinien et à l'Irak.

Il a annoncé l'organisation d'une "manifestation d'envergure" à Tanger le 19 novembre pour protester contre la venue de Tzipi Livni, qu'il a qualifiée de "terroriste".

L'ancien bâtonnier Abderrahim Jamaï a appelé les autorités marocaines à "l'arrêter dès son arrivée au Maroc et enquêter avec elle sur les horribles crimes de guerre commis par Israël dans la bande de Gaza".

"Le droit marocain est compétent pour juger et condamner cette ancienne ministre israélienne car parmi les victimes de Gaza figurent une ressortissante marocaine, Rakia Abou Naja, sa belle-mère ainsi que son époux, un journaliste palestinien lors d'un bombardement israélien", a-t-il déclaré.

L'institut Amadeus est présidé par Brahim Fassi Fihri, fils du ministre marocain des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri.

Le Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangiraï, le négociateur en chef de l'Autorité palestinienne Saëb Erakat, le conseiller du président Barak Obama pour le Moyen-Orient Daniel Kurtzer ainsi que plusieurs ministres des Affaires étrangères et la député européenne Rachida Dati sont également annoncés à MEDays 2009.

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MessageSujet: Re: Le Maroc et la paix au Proche-Orient   Mar 17 Nov - 13:33

Citation :
Maroc-Paix au PO
Appel à la légalité internationale pour sortir de l'impasse
Publié le : 16.11.2009 |

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taib Fassi Fihri, a indiqué samedi que le Maroc insiste sur la nécessité de recourir à la légalité internationale pour faire sortir de l'impasse actuelle le processus de paix au Proche-Orient.

M. Fassi Fihri, qui s'exprimait devant la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale et des affaires islamiques à la Chambre des représentants consacrée à l'examen du budget sectoriel du ministère, a ajouté que le Maroc est en contact permanent avec ses partenaires internationaux pour impulser les efforts visant l'instauration d'une paix globale et définitive au Proche-Orient et l'établissement d'un Etat palestinien viable et souveraine avec pour capitale Al-Qods-est sur la base des résolutions de la légalité internationale, l'initiative arabe de paix et la Feuille de route et loin de toute interprétation du gouvernement israélien pour imposer le statut quo rejeté.

Il a réitéré le refus catégorique du Maroc des plans de colonisations illégales que le gouvernement israélien met en œuvre dans les territoires palestiniens, particulièrement à Al-Qods-est, de la politique d'isolement, de destruction, de l'immigration forcée, l'appropriation des biens et les exactions sécuritaires menées contre le peuple palestinien résistant.

Le ministre a, d'autre part, souligné que le Maroc accorde une grande importance à la nécessité de conférer à la coopération arabe une dimension concrète, conformément à la vision que le Souverain a exprimée à maintes reprises, notamment lors du Sommet arabe de Doha de mars 2009.

Soucieux de la dynamisation de la solidarité arabe, a-t-il dit, le Maroc a officiellement présenté à la Ligue arabe des propositions pratiques visant la création d'un mécanisme de règlement des différends interarabes, dans le cadre d'un Code de conduite stipulant en particulier l'association des élites politiques, parlementaires arabes et acteurs de la société civile pour contenir ces différends à travers le Comité des sages issu du Conseil de la paix et de la sécurité arabe.

M. Fassi Fihri a indiqué, qu'au niveau islamique, le Maroc continue à défendre les causes islamiques justes, à leur tête la question d'Al- Qods Acharif par le biais des contacts permanents de S.M. le Roi Mohammed VI, Président du Comité Al-Qods, avec les puissances influentes et l'Onu pour l'application des résolutions de cette dernière et la préservation de l'identité arabo-islamique de la ville sainte.

Le Souverain, a ajouté M. Fassi Fihri, continue à superviser la mise en oeuvre des projets de l'Agence Bait Mal Al-Qods, dont les fonds ont atteint 50 millions de dirhams en 2009, dans les domaines de la santé, de l'urbanisme et de l'éducation.

Le ministre a, par ailleurs, indiqué que le Maroc continue à s'acquitter de sa mission spirituelle et civilisationnelle et sa contribution distinguée afin d'impulser les efforts de la communauté internationale tendant à instaurer un dialogue serein et constructif entre les civilisations et les cultures et à agir avec persévérance pour présenter l'image réelle de l'Islam et faire face à toutes les formes d'extrémisme et aux tentatives fallacieuses visant à altérer l'image de la Sainte religion.

Par MAP


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MessageSujet: Re: Le Maroc et la paix au Proche-Orient   Mar 17 Nov - 13:36

Israel a refusé même l'intermediation Turque concernant l'affaire du Golan, en accusant les turques de manque d'impartialité...
je vois mal comment le Maroc pourrait avoir cette confiance pour jouer ce rôle !!!

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MessageSujet: Re: Le Maroc et la paix au Proche-Orient   Mar 17 Nov - 13:43

FAMAS a écrit:
Israel a refusé même l'intermediation Turque concernant l'affaire du Golan, en accusant les turques de manque d'impartialité...
je vois mal comment le Maroc pourrait avoir cette confiance pour jouer ce rôle !!!

Aprés c'est une question de confiance et de crédibilité.
C'est sûre qu'avecle gouvernement actuel en israel, c'est pas gagné, (même les usa ont du mal a se faire respecter), mais avec le temps, viendras le moment ou les israeliens frappperont a la porte du Maroc, comme ca a déja été le cas.
N'oublions pas que le 9/10éme le l'iceberg se trouve sous l'eau

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MessageSujet: Re: Le Maroc et la paix au Proche-Orient   Mer 10 Fév - 20:52

C'est un dossier sur la Jordanie et le Maroc, de leur l'implication des deux pays dans le jeux géopolitique moyen oriental et de leur rapport avec l'occident.


Citation :
Hassan et Hussein, le modernisme au service de l’archaïsme Jordanie/Maroc: Deux voltigeurs de pointe de la diplomatie occidentale. (Partie 1/2)

par René Naba


Paris, 5 décembre 2009. Dans le récit de la prophétie musulmane, ils portent deux prénoms de légende celui des deux petits fils du prophète, Hassan et Hussein, vénérés pour leur martyr, mais ce parrainage prestigieux ne mettra pas à l’abri du discrédit ces deux monarques parmi les plus instruits du monde arabe qui se revendiquent de surcroît comme descendants du prophète, le Jordanien Hussein, chef de la dynastie Hachémite, et le Marocain Hassan, chef de la dynastie alaouite (1).

A l’inverse des pétromonarques du Golfe d’extraction bédouine et d’éducation rudimentaire, Hussein comme Hassan auront été les deux seuls souverains arabes de la seconde moitié du XX me siècle diplômés des universités occidentales, chacun dans la filière coloniale de son pays, le Hachémite de l’académie militaire britannique de Sandhurst, l’Alaouite de la Faculté de Droit de Bordeaux, mais le savoir acquis au cours de leur cursus universitaire ne sera jamais affecté à la modernisation de leur royaume respectif mais à conforter leur archaïsme dans leur méthode de gouvernement et leur narcissisme dans leur projection médiatique occidentale.

Hussein le Hachémite:

Un fait plus que tout résume l’histoire de la dynastie hachémite et explique une large part de ses déboires et de son rejet au niveau arabe: le Général britannique John Glubb Pacha à la tête des bédouins de la «Légion arabe» lors de la première guerre de Palestine en 1948 qui a abouti à la création de l’Etat Hébreu. Qu’un officier supérieur de la nationalité de la puissance mandataire de l’époque coloniale se trouve aux commandes de l’armée nationale jordanienne lors de la première grande guerre panarabe contre les Israéliens, déployant par avance ses troupes dans les limites approximatives de la future ligne démarcation jordano israélienne sans chercher à pousser plus en avant sa progression, donne la mesure de la duplicité du trône hachémite et de sa dépendance vis à vis de son parrain immuable, le Royaume Uni.

Le subterfuge manquait de finesse et la dynastie paiera du prix fort ce handicap congénital. Evincée de La Mecque par les Wahhabites, refoulée de Damas par les Français, assassinée à Jérusalem et décapitée à Bagdad, dans l’un comme dans l’autre cas par des nationalistes arabes, la dynastie hachémite qui se rêvait à la tête d’un grand Royaume Arabe s’étendant de la péninsule arabique à la côte méditerranéenne, se retrouve, au terme de près d’un siècle de connivence occidentale et de turbulences anti-monarchiques, réduite à sa portion congrue, le trône de Jordanie, une principauté taillée sur mesure sur les débris de la Palestine, par le détachement de la Transjordanie de la Cisjordanie dans la grande tradition des découpages propres à l’arbitraire colonial.

Cheville ouvrière de la présence anglo-saxonne au Moyen-Orient, le «Petit Roi» ainsi que l’appelait les gazettes mondaines occidentales s’est révélé être un «grand vassal», assumant depuis Amman une double mission: la sauvegarde des pétromonarchies du Golfe, dont il sera longtemps le meilleur gendarme régional, ainsi que l’intégration israélienne au Moyen-Orient, qui valut au fondateur de la branche jordanienne de la dynastie, le Roi Abdallah 1er, d’être assassiné à Jérusalem même, dans l’enceinte même de la Mosquée Al-Aqsa, signe indiscutable de la fureur qu’une telle famille inspirait à la population.

La culture moderniste de Hussein remplira les gazettes royales européennes de ses exploits sportifs (ski nautique et pilotage) et matrimoniaux. Sa première épouse Dina Abdel Hamid, issue de la grande bourgeoisie égyptienne, ralliera la Révolution palestinienne et son mariage avec un des dirigeants de l’organisation marxisante du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) retentira comme un désaveu des pratiques royales. La deuxième épouse, Toni Gardiner, la fille de son conseiller militaire britannique, lui donnera son successeur, l’actuel Roi Abdallah II, illustrant non seulement dans l’ordre symbolique mais également dans le domaine charnel la filiation britannique du trône hachémite.

Plus grave, le nom de Hussein sera indissolublement associé au «Septembre noir» jordanien, la première grande opération d’éradication armée des Palestiniens.

Le Roi, dont les deux tiers de la population est d’origine palestinienne, n’hésitera pas à bombarder sa capitale et à noyer dans un bain de sang- trois mille victimes- le mouvement national palestinien à son envol en 1970 deux ans après la prestigieuse bataille d’Al Karameh (La bataille de la dignité) au cours de laquelle plusieurs dizaines de fedayin palestiniens se laisseront décimés sur place forçant l’armée israélienne à battre en retraite sous le regard impassible de l’armée jordanienne, demeurée l’arme au pied dans la vallée du Jourdain (2).

Son premier ministre d‘alors Wasfi Tall dénommé le «boucher d’Amman», l’ancien agent de l’Intelligence service britannique, sera assassiné en représailles en 1971 et lui même sera dessaisi quatre ans plus tard de la charge de la représentation des Palestiniens au bénéfice de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) par le sommet arabe de Rabat tenu dans la foulée de la quatrième guerre israélo-arabe d’octobre 1973 à laquelle il n’aura pas participé.

Son mariage en troisième noce avec une fille de la grande bourgeoisie palestinienne Alia Toukane, décédée dans un accident d’avion, ne le protégera pas de cette nouvelle amputation, sans doute la plus douloureuse puisqu’elle le privait de sa qualité de «Gardien des Lieux Saints de Jérusalem», fondement de sa légitimité.

Son quatrième mariage avec une arabo-américaine Lisa Halabi, fille de l’ancien Président-directeur général de la compagnie aérienne américaine Panam, sera plus conforme à ses nouvelles orientations politiques. Que cela soit dans son chalet du golfe d’Akaba ou à Londres, sa résidence secondaire, Hussein maintiendra un contact assidu avec les dirigeants israéliens toute tendance politique confondue qui veilleront toujours, en retour, à résoudre le problème palestinien dans le cadre jordanien, jamais d’une façon indépendante.

Un an après l’arrangement israélo-palestinien d’Oslo, piaffant d’impatience, il prendra de vitesse l’ensemble du Monde arabe, comme s’il redoutait d’être laissé pour compte et opère en 1994 une sorte de Blitzkrieg diplomatique, signant sans coup férir un traité de paix avec Israël normalisant dans la foulée ses relations avec l’Etat Hébreu, alors que l’Egypte, doyenne du processus, était au stade de la pré normalisation quinze ans après la signature de son propre traité de paix.

En juin 1995, Hussein, toujours lui, sera l’un des plus actifs soutien au coup de force du Qatar qui entraîne l’éviction d’un émir notoirement francophone au bénéfice de son fils davantage perméable aux arguments de la firme pétrolière anglaise «British Petroleum» désireuse de participer à l’exploitation de gigantesques gisements de gaz de la principauté, le champ off shore North Dome, dont elle avait été exclue auparavant.

En octobre de la même année, Hussein s’appliquera à neutraliser les effets du sommet euro-méditeranéen de Barcelone en organisant simultanément à Amman une conférence économique pour le lancement du «Grand Moyen-Orient» devant sceller l’intégration d’Israël dans le circuit économique arabe. Barcelone et Amman représentaient le choc frontal de deux conceptions de la coopération régionale, la conférence jordanienne soutenue par les Etats-Unis et Israël tentait de promouvoir une zone de libre-échange en rétrocédant aux pétromonarchies du Golfe la sous traitance de l’aide financière aux pays de la zone, alors que Barcelone propulsée par l’Union européenne s’employait à développer une coopération trans-méditerranéenne par l’établissement d’une zone tarifaire préférentielle et un transfert de technologie Nord-Sud.

Par deux fois donc, que cela soit pour le coup de force du Qatar ou pour le sommet euro méditerranéen de Barcelone, la Jordanie s’est retrouvée en porte à faux avec la France, mais Paris ne lui tiendra jamais rigueur de ses mauvaises manières et fera même preuve d’une déférence constante à son égard. C’est ainsi que le protocole français veillera pendant des décennies à ce que tous les ambassadeurs français accrédités à Amman ne dépassent pas d’une tête le «petit roi» de crainte de donner l’impression de le toiser de haut.

Hospitalier, Hussein l’était selon une conception singulière du droit d’asile qui relève davantage de la contorsion juridique que de la simple application du droit positif. C’est ainsi qu’il offrira en 1995 l’asile politique au gendre du président irakien Hussein Kamel pour un débriefing par les services américains. «Quiconque franchit la demeure d’Abou Abdallah peut y demeurer en paix», avait-il avancé en guise de justification. Mais le principe d’hospitalité brandi haut et fort par le Royaume s’est vite révélé un artifice juridique à usage variable puisque le monarque n’hésitera pas quinze jours plus tard à livrer aux Etats-Unis un islamiste palestinien Al-Marzouki dont l’extradition était réclamée par Washington.

Huit ans plus tard, son successeur et propre fils Abdallah II offrira l’asile à la famille du président déchu Saddam Hussein avec l’espoir d’en faire un levier au repositionnement des sunnites irakiens éliminés de la scène politique par l’invasion américaine de l’Irak, dont le jeune roi aura été l’un des catapulteurs. C’est en effet à travers le désert jordanien de l’Ouest du Royaume que les forces spéciales américaines se sont frayées le passage pour y contourner et neutraliser les positions irakiennes bien avant le début officiel des opérations contre le régime baasiste, en mars 2003.

Inclinaison naturelle ou atavisme familial? C’est à New York le 22 mars 2005 devant les organisations juives américaines, et non à Alger devant ses pairs arabes réunis le même jour en un sommet qu’il boudera, qu’Abdallah II, fils de Hussein, tirera la sonnette d’alarme sur le «péril chiite» qui menace le Moyen-Orient dans la configuration géopolitique post-saddamienne. Un remodelage auquel son père et lui-même auront grandement contribué non seulement en prêtant le territoire jordanien aux menées américaines, mais en collaborant étroitement aux projets de l’administration américaine et de ses services annexes.

La Jordanie est en effet avec l’Egypte un des principaux adeptes de la «rendition» (3), la délocalisation de la torture américaine vers les pays du tiers monde, et, depuis un quart de siècle, le principal sous traitant régional de la répression carcérale américaine dans le monde arabe, dont il en tire de substantielles avantages tant au niveau de la prestation de ses tortionnaires à ses partenaires arabes, qu’en terme de retombées médiatiques bienveillantes de la part de la presse américaine. Le Maroc, l’Egypte voire même la Syrie auraient également bénéficié de ces «restitutions extraordinaires» de présumés terroristes, rétrocéder à ces pays connus pour utiliser la torture.

Atavisme familial ou inclinaison naturelle? Abdallah infligera à son père le même camouflet que Hussein avait infligé à son grand père. Bravant les lois de la succession à la veille de son décès imminent, Hussein, sur pression américaine, avait destitué son frère Hassan, prince héritier en titre, pour confier cette charge à son propre fils Abdallah. Devenu roi à son tour, trahissant les prescriptions de son père, Abdallah II destituera son frère Hamza du poste de prince héritier pour confier ce poste à son propre fils encore en bas âge.

Il se montrera néanmoins le digne fils de son père dans ses frasques amoureuses au point que sa proximité avec la famille du milliardaire libano saoudien Rafic Hariri, l’ancien premier ministre assassiné en 2005, a failli mettre en péril son ménage, l’amputant de son principal atout, sa meilleure image de marque, son épouse, la Reine Rania al Yassine de Palestine.

Au vu de la politique menée par son père et la sienne propre depuis son accession au trône, il y a dix ans, notamment l’imbrication totale de la Jordanie à la stratégie américaine, Abdallah II apparaît comme le fer de lance de la lutte contre le terrorisme et de la démocratisation des monarchies arabes, selon ses laudateurs, le premier «embedded» (incorporé) de l’histoire de la diplomatie américaine, un «Khizmatché», un «factotum émérite» de l’axe israélo américain, selon ses détracteurs.

Hassan L’Alaouite:

Son père, Mohamad V, aura été le seul dirigeant de l’Empire français à refuser d’appliquer les lois racistes de Vichy, d’imposer le port de «l’étoile jaune» aux ressortissants marocains de confession juive du temps du protectorat français (4). A une période où une grande fraction de l’Europe ployait sous le fascisme, que la France collaborait activement avec le nazisme, ce sultan arabe et musulman s’est dressé contre ses propres protecteurs et le racisme européen ambiant. Le courage moral dont il a fait montre dans l’adversité a conféré au Royaume une sorte d’immunité, dont son fils, Hassan II, va hériter, usant et abusant de ce privilège, au point de vivre cette immunité comme une impunité, une sorte de rente de situation éternelle.

Auréolé du prestige de son père, crédité d’une intelligence brillante, en tout cas supérieure à celle de ses pairs arabes, entouré d’un aréopage d’intellectuels de renom, tels le juriste Georges Vedel, l’académicien Maurice Druon, auteur de l’inoubliable «chant des partisans» de la Résistance française, ou de l’ancien chef de la diplomatie française, Michel Jobert, pétri de culture occidentale, Hassan II était promis à un règne éblouissant avec pour mission de propulser son pays à l’avant garde du combat de la modernisation du monde arabe. Le règne était prometteur, il sera calamiteux par «le fait du prince», par le fait d’un prince qui a succombé à la fascination du despotisme oriental.

Despote, Hassan II l’aura été dans tous les sens du terme. Non un despote éclairé, mais un despote rétrograde, supportant avantageusement la comparaison avec ses émules d’Orient, n’épargnant ni ses séides, Mohammad Oufkir et Ahmad Dlimi, ses deux ministres de l’intérieur successifs, ni les censeurs de ses trop grandes dérives, les deux espoirs d’un Maroc moderne et démocratique, Mehdi Ben Barka, en 1965, et Omar Ben jelloun, dix ans plus tard, le plus populaire militant de la gauche marocaine, qui paieront de leur vie leurs convictions critiques.

Fort de la loyauté et de la gratitude des Juifs du Maroc, il s’entourera de conseillers politiques issus de cette communauté, tel le banquier André Azoulay, confiant à certains de ses représentants les plus avisés la gestion de son patrimoine privé, considérable, mais le président du comité de sauvegarde de Jérusalem, loin de mettre à profit ce capital de sympathie pour promouvoir une solution au conflit israélo-palestinien, en fera usage comme un bouclier de protection, neutralisant toute critique à son égard.

Sacrifiant à la société du spectacle, ses conférences de presse, un des temps forts du rituel diplomatique marocain, seront non l’occasion de promouvoir un grand projet, mais de satisfaire à la vanité d’une belle formule que des thuriféraires recrutés souvent dans la cohorte des journalistes français s’empresseront de répercuter et d’amplifier avec émerveillement.

Par un phénomène inexplicable, les plumes les plus acérées de la presse française perdront régulièrement de leur acuité à l’évocation des turpitudes royales, réservant leur ton sentencieux aux dirigeants moins hospitaliers. A Rabat, le devoir d’impertinence a depuis longtemps fait place à la crainte révérencieuse.

Voltigeur de pointe de la stratégie occidentale en Afrique, bras armé de l’Arabie Saoudite pour la protection des régimes honnis, tel celui du satrape zaïrois Mobutu, dans le cadre du Safari Club, bénéficiant d’un bassin d’audience à sa mesure pour la propagation des programmes d’une radio à sa dévotion, «Médi 1», critique à l’égard de quiconque sauf de son auguste personne, Hassan II, monarque absolu, n’imposera aucune limite à son extravagance.

Son Royaume des bagnes et de la terreur sera pourtant vanté comme le paradis sur terre sous l’oeil vigilant du «groupe d’Oujda», animé par Maurice Lévy, le patron de Publicis, le grand groupe de communication français (5).

Magnanimité ou complaisance?: L’homme qui aura bafoué la souveraineté française en ordonnant l’enlèvement de Ben Barka en plein centre de Paris avec la complicité des services français, l’homme qui aura ridiculisé le plus illustre dirigeant français Charles De Gaulle, qui aura tyrannisé sans retenue son peuple, qui aura embastillé une fraction de l’élite intellectuelle de son royaume pour fait de patriotisme, notamment l’ingénieur Abraham Sarfati, le mathématicien Sion Assidon et Abdel Latif Laabi, l’un des grands poètes arabes contemporains, cet homme là sera, paradoxalement, au crépuscule de sa vie, l’unique dirigeant arabe à bénéficier de l’extraordinaire privilège de co-présider la prestigieuse parade militaire du 14 juillet 1999, la fête nationale française.

Nul en France, ni dans les pays occidentaux ne s’est hasardé à se pencher sur ce traitement de faveur. Un tel passe-droit puise-t-il sa justification dans le rôle de base de repli à l’Etat Français assigné au Maroc par les stratèges occidentaux à l’apogée de la guerre froide dans le cas d’un nouvel effondrement français face à une poussée soviétique (6). Ou bien relevait-il d’une marque de gratitude de la part d’un des commensaux les plus réguliers des tables royales marocaines, son homologue français Jacques Chirac? D’un quitus pour un règne calamiteux? D’une prime pour une problématique lutte contre le terrorisme islamique qu’il aura nourri par ses abus et ses excès

Comme une sorte de clin d’oeil de l’Histoire, aux deux extrémités du Boulevard Saint Germain à Paris, deux des emplacements prestigieux de ce haut lieu de l’Intelligentsia française ont été dédiés, à la fin du XX me siècle, à deux personnalités marquantes de l’Histoire du Maroc moderne: le premier à Mohamad V, sans doute dans un souci des autorités françaises de se faire pardonner l’exil du Sultan du temps de la guerre d’indépendance, dont le nom honore désormais la place centrale de l’Institut du Monde Arabe (IMA), et le deuxième à Mehdi Ben Barka, dont une plaque commémorative est apposée à proximité de la brasserie Lipp, lieu de son enlèvement à titre de repentance posthume pour son supplice. Mais de Hassan II, point de trace.

La même Chappe de plomb entoure son fils et successeur Mohamad VI, d’un dilettantisme tranchant avec le comportement compulsif de son père. A moins de disposer d’un sens de la dissimulation poussé à l’extrême, le jeune roi ne paraît nullement concerné par les turbulences du monde, menant grand train de vie avec un budget équivalent à celui de sept départements ministériels, n’hésitant pas à sacrifier ses obligations internationales pour satisfaire à son sport favori, le ski alpin, à Courchevel (Alpes françaises), ou la plongée sous marine aux larges des cotes gabonaises.

Avec une opposition divisée sans clair vision d’avenir, une armée aux arrêts de forteresse affectée à la défense des confins du Royaume, le Sahara occidental, le Roi Mohamad VI, fort de la faiblesse des autres, répugne à être fort de l’intelligence des autres. Son cousin germain, Hicham Ben Abdallah Al-Aloui, un prince de sang, qui prône une nouvelle définition de la citoyenneté, est banni de la Cour, exilé aux Etats-Unis sous les quolibets de ses zélés courtisans, alors que l’opposition islamique bâillonnée préconise désormais par la voix de la fille du fondateur du mouvement, Nadia Abdel Salam Yacine, l’instauration d’une «République». Islamique.

Par sa gestion problématique de grands dossiers, telles l’affaire de l’îlot Persil dans le détroit de Gibraltar et la découverte de faramineux gisements pétroliers, le jeune roi aura attiré l’attention de l’opinion internationale. Par ses retournements imprévisibles, telle l’annulation in extremis de la visite officielle du premier ministre algérien en juin 2005 la veille du déplacement, de même que par ses absences injustifiées, -la première au sommet arabe d’Amman en mars 2001 consacré à la relance de l’Intifada palestinienne, la seconde aux obsèques de Yasser Arafat, le dirigeant historique des Palestiniens-, le jeune roi a intrigué l’opinion internationale.

Pour un «Commandeur des Croyants» qui plus est président du comité «Al-Qods», le comité chargé de sauvegarder les Lieux Saints de Jérusalem, ses partisans, nombreux dans les chancelleries occidentales, auraient rêvé meilleur comportement, un sens plus aiguisé de ses responsabilités. Fait symptomatique: le premier ouvrage consacré à ce jeune roi appelé à un long règne a eu pour titre: «Le dernier roi, crépuscule d’une dynastie» (7). Un tel titre est-il prémonitoire? Ce mauvais présage relève-t-il d’une grossière erreur d’interprétation ou d’une simple anticipation divinatoire?

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16427

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Sois généreux avec nous, Ô toi Dieu et donne nous la Victoire



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Fahed64
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MessageSujet: Re: Le Maroc et la paix au Proche-Orient   Mer 10 Fév - 20:53

Citation :
La Jordanie et le Maroc, deux voltigeurs de pointe de la diplomatie occidentale (partie2/2)
La CIA de l’un, le Mossad de l’autre


par René Naba

Paris, 13 décembre 2009. Hassan et Hussein ont manifesté très tôt un intérêt marqué pour l’Occident, sans doute en raison de leur éducation, mais aussi dans l’intérêt bien compris de la survie de leur trône. Si l’Arabie saoudite est quadrillée par le FBI américain, une trentaine de postes disséminée dans les principales villes du Royaume pour déjouer les menées subversives contre la famille royale et les installations américaines, le lien avec les services de renseignement parait tout aussi direct en ce qui concerne les deux autres monarques à en juger par les informations parues dans la presse internationale… au point que les deux monarchies, l’une pour le Machreq, le levant (la Jordanie), et l’autre pour le Maghreb, le ponant (le Maroc) apparaissent comme des voltigeurs de la pointe de la diplomatie occidentale dans la sphère arabe.

Le cas du Maroc: Ben Barka enlevé avec l’aide du Mossad

Le journal Libre Belgique a fait paraître en date du 25 janvier 2008 une recension d’un livre d’un journaliste israélien dans lequel l’écrivain détaille les liens très étroits entre Israël et le Maroc, notamment la collaboration entre le Maroc et le Mossad, le service israélien des renseignements, dans l’enlèvement et la disparition de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka.

Le journaliste Shmouel Seguev, ancien capitaine des renseignements militaires, puis correspondant à Paris du quotidien Maariv, assure que le Mossad a indirectement permis aux services secrets marocains de repérer l’opposant socialiste, puis de le piéger: «Ben Barka, qui voyageait beaucoup à travers le monde, se servait d’un kiosque à journaux à Genève comme d’une boîte postale où il venait récupérer son courrier, et le Mossad a donné cette information à Dlimi», écrit-il.

« Le 29 octobre 1965, Ben Barka est arrivé à Paris en provenance de Genève, avec un passeport diplomatique algérien. Il a déposé ses valises chez son ami Jo Ohanna, un juif marocain, et s’est rendu à pied à la brasserie Lipp pour y rencontrer un journaliste français, quand deux policiers français en civil l’ont interpellé et conduit dans une voiture de location jusqu’à une villa au sud de Paris. Nous savons avec certitude que Ben Barka était encore en vie le 1er novembre (…) Dlimi ne voulait pas le tuer, mais lui faire avouer son intention de renverser le roi Hassan II, a-t-il ajouté. Ben Barka avait les chevilles entravées et les mains nouées dans le dos, et Dlimi lui a plongé la tête dans un bac rempli d’eau. A un moment donné, il a pressé trop fort sur ses jugulaires, l’étranglant ainsi à mort « , a-t-il poursuivi. « Le ministre marocain de l’Intérieur, le général Mohammed Oufkir, chef de la police secrète, est ensuite arrivé à Paris pour organiser l’enterrement, qui s’est déroulé à Paris, quelques jours après le décès, sur une aire en construction, où il y avait du béton et du ciment, aux abords de l’autoroute du Sud », a-t-il précisé.

Le colonel Ahmad Dlimi était à l’époque l’assistant du général Mohamad Oufkir, ministre de l’intérieur. Patron de la Sûreté, présent au tribunal, il sera acquitté. Le général Oufkir est condamné, lui, par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité. Pourtant, les mêmes charges avaient été retenues contre les deux responsables marocains. Mais l’arrêt de la cour d’assises de la Seine jugeant l’Affaire Ben Barka, tombe le 5 juin 1967, jour du déclenchement la 3me guerre israélo-arabe de juin 1967. Du coup, ce qu’il y avait d’incohérent, voire de choquant dans cette disparité de jugement, passera alors pratiquement inaperçu.

Mais tout autre aura été l’épilogue de cette ténébreuse affaire. Comparable par son raffinement sadique aux moeurs des cours florentines, il fera date dans les annales du royaume chérifien pour son machiavélisme achevé, illustration symptomatique du comportement d’un royaume pourtant coutumier de telles pratiques, rarement égalées dans les pays arabes.

Leur forfait accompli, les deux tortionnaires seront expédiés ad patres, manu militari, à onze ans d’intervalles, instrumentalisés l’un contre l’autre dans une opération d’autodestruction mutuelle, dans un rejet généralisé de l’opinion marocaine, soulagée par l’élimination de ces deux funestes personnages de sinistre mémoire.

Fidèle à Hassan lors des deux tentatives de coups d’état de 1971 et 1972, Ahmad Dlimi passe pour avoir personnellement exécuté son supérieur, sur les ordres du roi, suspectant le général Oufkir dans la mise en œuvre du coup d’État de 1972.

Son parricide assumé, le général Dlimi sera promu commandant en chef de la zone Sud (Sahara) et patron de tous les services secrets marocains, avant de connaître un sort identique à celui de son mentor. Il décédera de mort violente, onze ans plus tard, écrasé le 25 janvier 1983, par un camion fou à Marrakech, selon la version officielle, à la veille de la visite officielle du président français François Mitterrand au Maroc.

Selon une version ayant eu cours à l’époque, jamais confirmée ni démentie, le général Dlimi aurait été sacrifié sur l’autel de la raison d’état, victime de la rivalité entre la France et les Etats Unis et de la volonté de l’officier marocain de s’ouvrir sur l’Algérie et la Libye pour mettre un terme à la guerre du Sahara occidental, alibi du régime, pointé du doigt par l’administration conservatrice de Ronald Reagan peu désireuse de lâcher du lest devant le camp soviétique et ses alliés arabes.

Quoiqu’il en soit, l’élimination brutale d’un des principaux protagonistes de l’affaire Ben Barka a entraîné du même coup l’élimination du principal exécutant des basses œuvres royales, en même temps qu’elle prémunissait le trône de tout éventuel chantage de ce témoin de premier plan désormais encombrant, assurant à la dynastie chérifienne un silence éternel sur l’un des méfaits les plus sinistres de son histoire pourtant riche en ce domaine.
Le livre de Seguev, préfacé par un ancien chef du Mossad, le service d’espionnage israélien, Ephraïm Halévy, a été publié en hébreu par les éditions « Matar » sous le titre « Le lien marocain ». Il fourmille de détails sur les relations secrètes entre Israël et le Maroc.

Ainsi, écrit-il, lors déclenchement en 1963 de la guerre entre le Maroc et l’Algérie, le chef du Mossad, Meir Amit, doté d’un faux passeport, a rencontré à Marrakech le roi Hassan II pour lui déclarer: «Nous pouvons, et nous voulons vous aider». Les instructeurs d’Israël ont ensuite entraîné des officiers marocains, formé des aviateurs au pilotage de Migs-17 soviétiques, organisé ses services secrets, surveillé la construction de la barrière entre le Maroc et l’Algérie, vendu des armes, y compris des chars AMX-13 français via Téhéran, et équipé des embarcations de pêche avec des radars pour les transformer en gardes côtes.

De même en 1965, Israël a pu suivre le sommet arabe de Casablanca et a ainsi découvert l’impréparation des armées arabes bien avant la guerre de juin 1967, a-t-il poursuivi. Seguev consacre aussi dans son livre une place importante aux pourparlers du Mossad avec le roi Hassan II, qui ont préludé à la rencontre secrète au Maroc du ministre israélien des Affaires étrangères Moshé Dayan avec le vice-Premier ministre égyptien Hassan al Touhami, puis au voyage historique du président égyptien Anouar Sadate à Jérusalem en 1977.

Le Maroc constituait, il est vrai, une pièce maîtresse du dispositif occidental contre le bloc communiste. Paris avait aménagé à l’époque de la guerre froide soviéto-américaine (1945-1990) une importante ambassade à Rabat de mille personnes, la plus importante après celle de Washington, en vue de servir de base de repli au haut commandement politique et militaire français en cas d’invasion de Paris par les troupes communistes dans le cadre de la stratégie du «Stand Behind». Le Royaume abritait par ailleurs la plateforme opérationnelle du Strategic Air Command américain de l’aéroport Mohammed V de Casablanca (Maroc), relié par un câble coaxial directement à Bizerte (Tunisie), la base navale qui faisait office du temps du protectorat français de centre d’écoute radar pour le compte de l’Otan. Commandant le canal de Sicile sur la route reliant Gibraltar à Suez, Bizerte, au même titre que Brest, Toulon, et Mers el Kébir (Algérie), représentait un maillon de la chaîne des bases nécessaires à la défense française et à son dispositif atomique, et, au delà, à l’OTAN.

Et ceci pouvait expliquer cela…..Que le Roi Hassan II inflige un camouflet au prestigieux président français de l’époque, le Général Charles De Gaulle, en bafouant la souveraineté française, -l’enlèvement d’un opposant marocain en plein Paris avec la complicité d’agents français– en toute impunité, sans craindre des représailles.

Le cas de la Jordanie, un roi indic ?

Le cas de la Jordanie est bien plus consternant puisqu’en l’occurrence c’est le Roi en personne qui faisait office d’indicateur attitré de la CIA, à en juger par les révélations d’un témoin majeur de la vie politique arabe du dernier demi siècle, le journaliste égyptien Mohamad Hassanein Haykal.

L’ancien confident du président égyptien Gamal Abdel Nasser relate, dans une série d’entretiens diffusés en Août 2009, sur la chaîne transarabe «Al Jazira» que le Roi Hussein de Jordanie a fait office pendant 17 ans, de 1957 à 1975, d’agent de la CIA, (Central Intelligence Agency), l’agence centrale de renseignement des Etats-Unis, sous le pseudonyme de «NO BEEF» pour un salaire annuel de un million de dollars.

«A la veille de la 3eme guerre israélo-arabe de juin 1967, le Roi a fait évacuer sa flotte de combat mettant à l’abri en Turquie 16 chasseurs-bombardiers Phantom pour empêcher que l’Egypte ne s’en serve dans ses raids programmés contre Israël», a déclaré l’ancien directeur du quotidien égyptien «Al-Ahram».

«La Jordanie a déploré la perte de seize soldat durant cette guerre. Le Roi n’a pas livré bataille, préférant céder sans combat la Cisjordanie à Israël, soit la moitié du territoire de son royaume, se débarrassant ainsi d’un foyer nationaliste qui risquait de menacer la stabilité des assises bédouines du trône hachémite», a-t-il poursuivi. Récidiviste, le Roi Hussein s’envolera en octobre 1973 vers Tel Aviv pour informer directement le premier ministre israélien de l’époque Mme Golda Meir des préparatifs de l’offensive syro égyptienne, affirmera en outre M. Haykal.

Dans un autre article, Jim Hoagland, influent éditorialiste du Washington Post, rappelle que le roi Hussein a été payé par la CIA («on the CIA payroll»), ce qui signifie littéralement sur la liste d’émargement, durant les années 1970 et qu’il n’a pas hésité à s’allier au président syrien Hafez El-Assad dans les années 1980, et au président irakien Saddam Hussein durant la guerre du Golfe. Cet article intitulé «Another Royal Mistake in Jordan ?», a été reproduit par l’International Herald Tribune, en date du 1er février 1999.

Selon le journaliste égyptien, le président américain Jimmy Carter (1977 à 1981) en personne a informé le journaliste américain Ben Bradley, rédacteur en chef du Washington Post, et son collaborateur Bob Woodward, un des révélateurs du scandale du Watergate sous l’ère Nixon, de la présence du Roi Hussein de Jordanie parmi les agents actifs de la CIA au Moyen Orient.

Les révélations de Mohamad Hassanein Haykal sur la connivence des deux pays avec le services occidentaux ont suscité une violente réaction des deux monarchies conduisant à un boycott de la chaîne transfrontière arabe, mais nul dans ses deux royaumes ne s’est hasardé à interpeller les deux monarchies sur leurs connections présumées avec les services de renseignements de pays supposés être les ennemis du monde arabe.

Il en a été de même lorsque le journal transarabe «Al-Qods al Arabi», paraissant à Londres, avait annoncé le 25 septembre 2009 que le ministre marocain des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri avait rencontré son homologue israélien Avigdor Liebermann, à New York, en marge de la session annuelle de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Alors que l’Arabie saoudite proclamait son refus de toute normalisation avec Israël avant un règlement d’ensemble du contentieux israélo-arabe, et que l’Egypte, pourtant signataire d’un traité de paix avec Israël, limitait ses contacts au premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et au ministre de la défense Ehud Barack, sabordant la réunion annuelle de l’Union Pour la Méditerranée fin octobre en Turquie afin de barrer la route à la présence du ministre israélien des affaires étrangères qui passe pour être l’un des dirigeants israéliens le plus xénophobes de l’histoire israélienne, le chef de la diplomatie marocaine légitimait ainsi en catimini un personnage ostracisé par les pays arabes et certains de ses alliés occidentaux, sans que cette information n’ait suscité le moindre commentaire du Maroc.

Haykal indique que le commandement égyptien était gravement préoccupé des fuites militaires et qu’il a été grandement étonné de découvrir qu’un des indicateurs des services américains était un roi arabe. Il impute à l’absence de fiabilité de certains dirigeants arabes une part des défaites militaires arabes. Ceci pourrait expliquer cela.

Beaucoup d’autres exemples d’identiques infamies pourraient être citées ailleurs dans le Monde arabe. Mais que deux dirigeants arabes se revendiquant de la descendance du prophète, enfants chéris de l’Amérique, privilégient la survie de leur trône, au risque de sacrifier les intérêts à long terme du monde arabe, en s’alliant avec l’ennemi officiel du monde arabe, éclaire d’un jour nouveau le collapsus arabe et la marginalisation du Monde arabe qui s‘est ensuivie dans la gestion des affaires du monde.

«Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux sur ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde».

Aimé Césaire: Discours sur le colonialisme, 1955

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MessageSujet: Re: Le Maroc et la paix au Proche-Orient   Mer 10 Fév - 22:04

BOUBOU a écrit:
Je me permet d'ouvrire ce nouveau sujet, sachant que le Maroc revient en force sur la scéne du Proche-Orient.
Je voudrais que tous les articles et vos réactions soient posté ici.


Citation :
L'ex-ministre israélienne des AE Tzipi Livni au Maroc en fin de semaine
(AFP)


RABAT — L'ancienne ministre israélienne des Affaires étrangères et chef de l'opposition centriste Tzipi Livni doit participer à un forum international notamment consacré au Proche-Orient du 19 au 21 novembre à Tanger (nord du Maroc), a-t-on appris mardi auprès des organisateurs.

"Nous invitons des gens de tous bords pour des échanges constructifs", a déclaré à l'AFP Mekki Lahlou, vice-président de l'institut Amadeus, un 'think tank' marocain organisateur de MEDays 2009, qui ambitionne de devenir "le rendez-vous incontournable des décideurs politiques et économiques de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique)".

Deux autres personnalités israéliennes ont été invitées à MEDays 2009: l'ancien ministre des Affaires étrangères Shlomo Ben-Ami et la vice-ministre de l'Industrie Orit Noked, ont annoncé les organisateurs.

Trois avocats et une ONG marocains ont toutefois condamné mardi la visite de Mme Livni et porté plainte contre elle devant un tribunal de Rabat pour "crimes de guerre" pendant l'intervention israélienne à Gaza de fin 2008-début 2009.

Au cours d'une conférence de presse, l'ancien bâtonnier Abderrahmane Benameur a qualifié cette visite "d'événement dangereux", "qui cache mal l'intention de normaliser (les relations) avec l'entité sioniste".

MEDays, dont la première édition a eu lieu en 2008, est "une plateforme pour un dialogue et des échanges informels", a pour sa part affirmé à l'AFP M. Lahlou, soulignant que des intervenants palestiniens, américains et européens ont également été invités pour, notamment, débattre du Proche-Orient.

Mme Livni, a poursuivi M. Lahlou, est le chef de l'opposition israélienne et "s'est clairement prononcée contre la politique menée par (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu".

L'un des avocats ayant participé à la conférence de presse de mardi, Me Khalid Sefiani, préside le Collectif d'action nationale pour le soutien au peuple palestinien et à l'Irak.

Il a annoncé l'organisation d'une "manifestation d'envergure" à Tanger le 19 novembre pour protester contre la venue de Tzipi Livni, qu'il a qualifiée de "terroriste".

L'ancien bâtonnier Abderrahim Jamaï a appelé les autorités marocaines à "l'arrêter dès son arrivée au Maroc et enquêter avec elle sur les horribles crimes de guerre commis par Israël dans la bande de Gaza".

"Le droit marocain est compétent pour juger et condamner cette ancienne ministre israélienne car parmi les victimes de Gaza figurent une ressortissante marocaine, Rakia Abou Naja, sa belle-mère ainsi que son époux, un journaliste palestinien lors d'un bombardement israélien", a-t-il déclaré.

L'institut Amadeus est présidé par Brahim Fassi Fihri, fils du ministre marocain des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri.

Le Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangiraï, le négociateur en chef de l'Autorité palestinienne Saëb Erakat, le conseiller du président Barak Obama pour le Moyen-Orient Daniel Kurtzer ainsi que plusieurs ministres des Affaires étrangères et la député européenne Rachida Dati sont également annoncés à MEDays 2009.

cela fait partie d'un plan marocaine ingénieux visant à saboter sa crédibilité internationale, en se transformant en république royaume bananier, comme ca le problème du sahara terminé, on ne vaudra pas plus que Haiti et la somalie, c'est trop poussé vous dites, allez disons les iles caïman .
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MessageSujet: Re: Le Maroc et la paix au Proche-Orient   Jeu 23 Sep - 14:32

Citation :
SM le Roi reçoit le Président de l'Autorité palestinienne à New York

New York - SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, a reçu, mercredi en la Résidence Royale à New York, le Président de l'Autorité palestinienne, M. Mahmoud Abbas, avec qui le Souverain a eu des entretiens en tête-à-tête.

source:MAP



Citation :
SM le Roi affirme que la relance des négociations est une opportunité historique décisive à saisir pour mettre fin au désespoir, au blocage et à l'immobilisme (Version actualisée)
New York - SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, a reçu mercredi en Sa résidence à New York, Son Excellence M. Mahmoud Abbas, Président de l'Autorité nationale palestinienne.

Au cours de cette rencontre, le Président palestinien a informé SM le Roi, président du Comité Al-Qods, des derniers développements de la question palestinienne à la lumière des négociations directes qui ont démarré le 2 septembre dernier à Washington, sous les auspices des Etats-Unis.

Dans ce cadre, le Souverain a souligné que la relance du processus de négociations palestinien, avec le soutien de toutes les puissances internationales agissantes, constitue une opportunité historique décisive que toutes les parties doivent saisir, de la manière la plus optimale pour sortir de l'état de désespoir, de blocage et d'immobilisme et ce à travers un règlement juste et durable de cette cause légitime dans le cadre des résolutions pertinentes des Nations Unies et de la vision commune pour l'établissement de deux Etats vivant côte-à-côte dans la paix et la sécurité et prenant en compte les fondements réalistes de l'Initiative arabe de paix.

Et partant, SM le Roi a mis l'accent sur la nécessité de réunir les conditions adéquates de négociation dans un climat de confiance mutuelle sur des bases et des référentiels clairs, un échéancier précis englobant toutes les questions du règlement définitif, dont en particulier, la création d'un Etat national palestinien viable dans le cadre des frontières du 4 juin 1967, jouissant d'une souveraineté pleine et entière et d'une continuité géographique, avec Al-Qods-Est comme capitale.

SM le Roi Mohammed VI a réitéré Sa position ferme pour sauvegarder le statut particulier d'Al-Qods et préserver la mosquée Al-Aqsa bénie et les autres lieux islamiques de la ville, exprimant Sa solidarité et Son soutien à la direction palestinienne pour mettre en échec les plans unilatéraux d'Israël à Al-Qods Est.

SM le Roi a également souligné l'importance de l'unité des rangs palestiniens, la réalisation de l'unité nationale et de la réconciliation pour renforcer la position palestinienne.

A cette occasion, Son Excellence le Président palestinien a salué les initiatives et les contacts permanents que SM le Roi Mohammed VI, président du Comité Al-Qods, entreprend auprès des parties internationales en faveur de la cause palestinienne, et en premier lieu la question d'Al-Qods Acharif.

source:MAP

_________________
L'homme sage est celui qui vient toujours chercher des conseils dabord, des armes on en trouve partout.

feu Hassan II.

http://www.youtube.com/watch?v=AbjNQ_5QvgQ
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MessageSujet: Re: Le Maroc et la paix au Proche-Orient   Aujourd'hui à 18:09

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Le Maroc et la paix au Proche-Orient
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