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 Resistance marocainne.

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charly
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MessageSujet: Re: Resistance marocainne.   Dim 18 Mai 2014 - 18:25

Tu ne devrais pas afficher cette carte par respect aux morts.

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« Je voudrais que les Français renouent avec cette idée simple selon laquelle ce n’est pas seulement un territoire qu’il leur faut défendre (…) mais aussi une façon d’être, une langue, une civilisation. Bref, l’ensemble d’un patrimoine dont nous sommes les héritiers. Et s’ils venaient à oublier ou à refuser cette idée, alors je craindrais beaucoup pour l’avenir de mon pays », plaidait François Léotard, peu suspect de sympathie avec des idées extrêmes.
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arsenik
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MessageSujet: Re: Resistance marocainne.   Dim 18 Mai 2014 - 18:44

je penche aussi de ton côté charly mais cette lettre à aussi sa place dans ce post a mettre en spoiler quand même sa serait le juste milieu

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MessageSujet: Re: Resistance marocainne.   Sam 7 Juin 2014 - 19:09





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jonas
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MessageSujet: Re: Resistance marocainne.   Mar 5 Aoû 2014 - 0:43

a écrit:

En 1953, la France aurait proposé à El Khattabi la présidence du Maroc

Deux semaines après la commémoration du 93ème anniversaire de la bataille d’Anoual, le héros de la guerre du Rif continue d’occuper la une de l’actualité nationale. Grâce aux mémoires d’un journaliste marocain, l’opinion publique découvre pour la première fois des faces, jusque là, cachées de l’exil égyptien d’El Khattabi. Détails.



Le quotidien Al Massae publie depuis quelques semaines les mémoires de Khalid Mechbal, un journaliste marocain au parcours très riche. De 1952 à 1956, alors qu’il étudiait au Caire, il a fréquenté Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi. Une proximité qui lui avait permis d’être le témoin privilégié de quelques moments phares de la vie politique du grand combattant dans son exil égyptien. Mechbal livre aujourd’hui ces éléments au grand public, presque soixante ans plus trad.

El Khattabi a refusé la présidence du Maroc

L’ancien directeur de la radio régionale de Tanger révèle notamment que juste après la déposition de Mohammed V, le 20 août 1953, les autorités françaises ont approché l’Emir rifain. Un diplomate accrédité à l’ambassade de France au Caire, affirme Mechbal, avait alors proposé à El Khattabi d’occuper le fauteuil de la présidence du Maroc.
La décision du Résident général de l’époque, Augustin Guillaume (juillet 1951-juin 1954), de nommer Mohamed Ben Arafa à la place de Mohammed V, n’avait pas eu l’adhésion escomptée. La tentative d’assassinat du nouveau roi, le 11 septembre 1953, par le résistant Allal Ben Abdellah, avait prouvé le mauvais choix des responsables du protectorat.
C’est dans ce contexte que les Français ont pensé à l’option de leur ancien ennemi. A l’époque Paris cherchait une personnalité qui jouissait d’une aura auprès des leaders du Mouvement national, des oulémas de Fès, des zaouïas et de la population afin de circonscrire l’onde de choc provoquée par la déposition du sultan Mohammed V. De 1953 à 1955, le Maroc a vécu en effet, à l’heure de vives protestations et d’actions d’éclat de l’Armée de libération nationale.
Khalid Mechbal assure que le héros de la bataille d’Anoual avait transmis à ses interlocuteurs de la chancellerie son refus le plus catégorique pour jouer le rôle de « pompier au service de la politique coloniale de la France ».

Paris tente de se venger du Rifain

En rejetant la proposition de Paris, El Khattabi ne savait pas qu’il venait d’inscrire, une nouvelle fois, son nom dans la liste française des hommes à abattre. Et en 1956, la crise de la nationalisation du canal du Suez par le président Nasser offrait au gouvernement Guy Mollet l’occasion de se venger de l’Emir du Rif.
Selon Mechbal, les services de renseignement égyptien ont eu vent de plans d’attaques visant la maison d’El Khattabi au Caire. A l’époque, les aviations française, britannique et israélienne bombardaient, sans ménagement, les principales villes égyptiennes. Prenant très au sérieux ces menaces, le héros de la guerre du Rif a été contraint d’habiter, le temps de l’agression tripartite, chez son frère M’Hamed et son oncle, Abdeslam, indique la même source.

Mohammed Jaabouk
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RED BISHOP
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MessageSujet: Re: Resistance marocainne.   Jeu 13 Nov 2014 - 17:30

Citation :
Maroc : l'autre guerre de 1914

Il y a cent ans, la bataille d'El Herri donna un coup d'arrêt momentané à l'avancée coloniale. Lyautey y apprit la vertu de la patience et le royaume chérifien y gagna un héros national aujourd'hui oublié : Moha Ou Hamou.

Le 13 novembre 1914, la France essuie la première débâcle de son expédition coloniale au Maroc. Galvanisés par leur chef, Moha Ou Hamou, les Berbères Zaïan assènent un coup terrible à la résidence générale. Ce jour-là, Hubert Lyautey a craint de "perdre le Maroc". Tel fait d'armes aurait pu être hissé au rang de fierté nationale dans le pays indépendant. Or il n'en a rien été.

Cent ans plus tard, la bataille d'El Herri reste peu connue du grand public, quasiment oubliée de l'histoire officielle. Laquelle a bien du mal à caler le protectorat - qui s'étire comme une période trouble où la place des acteurs n'a pas toujours été univoque - entre l'évocation d'une histoire impériale glorieuse (Oued al-Makhazine et sa fameuse bataille des Trois Rois) et la construction d'une hagiographie du mouvement national autour de la monarchie (la non moins célébrée Révolution du roi et du peuple, commémorée par un jour férié, le 20 août, anniversaire du retour d'exil du sultan Mohammed V).

La faute aussi à la défaillance de la recherche historique et à la rareté des documents. Aujourd'hui encore, les chroniqueurs de l'époque coloniale sont les sources premières du travail historique, et l'événement - et ses conséquences sur la manière dont Paris a mené sa conquête militaire du royaume chérifien - porte la marque du regard français.

Un empire à genoux

Le contexte de la pénétration coloniale est bien connu. Si, pour des raisons de formalisme et de bienséance diplomatique, on date l'établissement du protectorat par le traité de Fès, en 1912, le Maroc n'est déjà plus indépendant à cette date-là. Le traité du protectorat consacre les droits conférés à la puissance occupante plutôt qu'il ne donne le coup d'envoi de la conquête française.

Depuis quelques décennies en effet, l'empire chérifien est à genoux. Après la défaite face à Bugeaud à Isly, en 1844, qui marque l'échec du jihad défensif contre l'invasion française en Algérie, la perte de Tétouan, en 1860, au profit de l'armée espagnole, sonne le glas de l'inviolabilité du territoire marocain. Asphyxié financièrement par ses dettes, fragilisé par des successions difficiles et plus encore par la prolifération des rogui, ces chefs locaux contestant le pouvoir du sultan, le Maroc est une proie facile pour les appétits coloniaux. Surtout pour la France, installée dans l'Algérie et la Tunisie voisines.

Parti des "confins algéro-marocains", le général Lyautey prend prétexte de l'assassinat du docteur Mauchamp, en 1907, pour occuper Oujda. En août de la même année, le port de Casablanca subit une terrible campagne de bombardements et la Chaouia est prise. Avec un pied à la frontière orientale, un autre sur la façade atlantique, la France a désormais mis en place le système colonial. Le corps expéditionnaire s'apprête à prendre le royaume en tenaille. La résistance du bled, notamment celle des montagnards, est farouche.

La "pacification", comme la nomme pudiquement la novlangue coloniale, ne se fait pas sans heurts et la conquête s'étire sur un quart de siècle. Un bilan français de 1932 dénombre 20 328 décès entre 1907 et 1930. Pour sa part, l'historien Daniel Rivet, spécialiste reconnu du Maghreb colonial, avance un bilan bien plus élevé : au moins 100 000 morts marocains. Occultée par la brutale campagne de Bugeaud en Algérie et moins médiatisée que les exactions de la guerre coloniale d'Indochine, la violence française passera à la postérité avec la guerre du Rif.

En 1914, le déclenchement des hostilités en Europe réduit les moyens mis à la disposition du commandement militaire français pour achever la conquête. "Avant même août 1914, écrit Rivet, Lyautey envisage de stationner pour longtemps sur les positions acquises : en gros, le territoire tenu par Moulay Hassan à la fin du XIXe siècle, moins le Souss. "Il semble, concède-t-il, que nous puissions sans inconvénient souffler un peu, ayant enfin donné à la zone du protectorat ses limites naturelles, le grand Atlas au sud de Marrakech, l'Oum er-Rebia, puis le Moyen-Atlas.""

Repoussée pour un temps, la bataille du Moyen-Atlas central, ce verrou stratégique situé sur deux axes de circulation majeurs : Fès-Rabat et Fès-Marrakech (par le Tadla). C'est dans ce périmètre que se joue la guerre des Zaïan, la tribu berbère mais arabophone qui domine la région.

Mythologie militaire

Les progrès de la technique ont quelque peu occulté une certaine esthétique de la guerre, qui accordait le prestige aux "gens de cheval", comme le résume joliment Daniel Rivet : "Harkas furieuses et convulsives des Marocains, raids échevelés et follement exposés des spahis et légionnaires montés : on baigne dans l'ambiance des tableaux de Raffet, Géricault et Delacroix, et les officiers lettrés s'enivrent de cette atmosphère de turquerie guerrière exaltante." Dans le pays zaïan, un homme règne en maître depuis des décennies.

Après avoir pris à l'âge de 20 ans le commandement de sa tribu, il est nommé caïd par le sultan Moulay Hassan Ier en 1886. C'est l'un de ces grands chefs immortalisés dans les portraits dressés par les chroniqueurs coloniaux. Pour François Berger, il est "vigoureux, intrépide, cavalier sans rival, tireur infatigable" et il "joignait à ces qualités guerrières un physique agréable" (cité dans le magazine historique Zaman, janvier 2013, p. 15).

Un des marqueurs de l'époque est la mythologie, qui englobe aussi l'adversaire "perçu unanimement, rappelle Rivet, comme un splendide combattant. [...] C'est tantôt un montagnard patriote à l'antique qui se bat pour défendre sa terre et les siens, l'honneur (horma) de la tribu autant que l'intégrité de son territoire. Berriau l'affirme avec force : "Cet insoumis qui, s'avouant vaincu, vient de déposer les armes et renonce à la lutte n'est pas coupable. Il a défendu son sol et son indépendance. Nous ne devons pas lui en tenir grief. C'est pourquoi des officiers frottés d'humanités classiques déchiffrent cette guerre avec les lunettes de lecteurs de l'Iliade. Ils sont sensibles à la véhémence oratoire des guerriers berbères invectivant l'adversaire et l'invitant à se mesurer dans une joute d'homme à homme à armes égales. [...] Ils admirent la figure du vieil amghar [chef de tribu] berbère indomptable et intraitable se faisant tuer dans un baroud d'honneur, tels Moha Ou Hamou, l'Agamemnon des Zaïan.""

Ce qui fait la force des Zaïan, selon le général Guillaume, "c'est moins leur nombre que leur potentiel militaire fondé sur leur valeur guerrière, leur cohésion, leur discipline, et sur l'importance de leur cavalerie, qui compte plus de 2 500 hommes, aguerrie, remarquable par sa mobilité, son esprit offensif". Zaman, qui consacrait en janvier un long article à la bataille d'El Herri, rappelle que les hommes de Moha Ou Hamou "utilisent quelques fusils modernes de marque Mauser ou Lebel, mais surtout les vieilles moukahla de fabrication artisanale, de vieux chassepots qu'ils manient cependant à merveille". Et de conclure : "La lutte est donc inégale contre des forces adverses considérables qui déploient aviation, artillerie lourde, mitrailleuses, télégraphe... Les résistants compensent ce handicap par leur connaissance du terrain et leur grande mobilité, qui leur permettent de manoeuvrer à leur aise." Leurs armes favorites : l'embuscade, l'attaque par surprise. En un mot : la guérilla.

Après Taza, conquis en mai, Lyautey concentre ses offensives sur Khénifra, la capitale régionale que Moha Ou Hamou a abandonnée pour se replier dans la montagne et assiéger l'ennemi. Les Marocains multiplient les attaques, galvanisés par l'annonce de la Grande Guerre, convaincus qu'ils peuvent faire refluer les Français. Lyautey en témoigne en août : "Les dissidents, persuadés que nous allons évacuer le Maroc, ne vont pas cesser d'attaquer nos postes avancés et nos convois de ravitaillement."

En novembre, l'amghar établit son camp à El Herri, à 15 kilomètres de Khénifra. Le 13 novembre, à l'aube, "la colonne Laverdure se lance à l'aveuglette pour s'emparer de Moha Ou Hamou, l'indomptable amghar des Zaïan", relate Rivet. Après avoir pris de court les hommes de Moha Ou Hamou, Laverdure autorise la razzia : viols, pillage, qui provoquent le sursaut d'orgueil des guerriers marocains venus des campagnes avoisinantes pour prêter main-forte aux Zaïan. La suite est un carnage. Tandis que Laverdure ordonne le repli, cavaliers et fantassins marocains fondent sur la colonne.

Cette victoire d'estime ne change pas le cours de la guerre : Khénifra n'est pas repris et Moha Ou Hamou, après une folle cavale qui durera de longues années, mourra les armes à la main le 27 mars 1921. La défaite française aurait pu, selon Rivet, "en temps de paix, faire sauter un ministère et ruiner la réputation militaire de Lyautey. Mais l'hécatombe d'El Herri [600 morts parmi les troupes coloniales] confirme celui-ci dans son intention de temporiser". Les années qui la suivent voient le triomphe de la stratégie du "Maroc utile", qui s'étendra jusqu'au départ de Lyautey, en 1925.

Citation :
Anoual, le Vietnam rifain

De tous les épisodes de la guerre coloniale au Maroc, la bataille d'Anoual, le 21 juillet 1921, est la seule à être passée à une postérité internationale. C'est un Diên Biên Phu avant l'heure, un désastre pour l'armée espagnole, qui perdit ce jour-là entre 12 000 et 14 000 hommes et abandonna 1 100 prisonniers aux hommes d'Abdelkrim al-Khattabi. Elle provoqua l'entrée dans la guerre du Rif de l'armée française, commandée par Lyautey, puis par Pétain. Les deux armées coloniales coalisées n'obtiendront la reddition de l'émir qu'en 1925. Il avait proclamé entre-temps une République inspirée du précédent kémaliste. Anoual et Abdelkrim sont indissociables, ce qui fait de ce dernier le modèle cité en exemple par Mao Zedong, Hô Chi Minh, Che Guevara : une préfiguration du tiers-mondisme "et du Vietnam", ajoute l'historien Germain Ayache.


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Fahed64
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MessageSujet: Re: Resistance marocainne.   Jeu 13 Nov 2014 - 18:57

Merci pour le partage Allah y7ram chouhada dialna

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MessageSujet: Re: Resistance marocainne.   Jeu 13 Nov 2014 - 19:54

charly a écrit:
Tu ne devrais pas afficher cette carte par respect aux morts.

Ah charly charly...

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MessageSujet: Re: Resistance marocainne.   Dim 23 Nov 2014 - 22:57

On célébre aujourd'hui le déclenchement de la lutte armée contre les espagnols de la tribu des Ait Baâmrane le 23/11/1957 qui a conduit à une défaite militaire des espagnols qui les a contraint a liberer la totalité de l'enclave qu'ils possédaient et s'enfermer dans la ville, une défaite historique en Afrique du nord contre le colon qui est l'une des seule liberation militaire qui ai conduit à une indépendance sans négociation. Que les martyrs reposent en paix.

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vinseeld
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MessageSujet: Re: Resistance marocainne.   Ven 30 Déc 2016 - 22:08

"(Héros de la Oumma) Muhammad Amziyan, le lion du Rif", imâm, qadi & chef de guerre .




Citation :


بسم الله الرحمن الرحيم

À travers ce troisième article de notre série sur les héros contemporains de la Oumma, nous avons souhaité rendre hommage à un grand homme de la Nation islamique victime d’une certaine injustice historique : le chérif Muhammad Amziyân, bien moins célèbre que son successeur ‘Abd al-Krim al-Khattabi, bien qu’il fut le précurseur de la résistance islamique dans le Rif & le premier à se lever, avec un certain succès, face à la colonisation espagnole. Imâm, qadi malékite & chef de guerre, il mena une lutte de résistance alors inédite dans l’histoire du Maroc & du monde islamique en général, unissant les tribus du Rif & humiliant à plusieurs reprises l’armée espagnole. Pendant cinq ans, il va livrer une centaine de batailles contre le colonisateur, faisant preuve d’un sens tactique aigu & d’un courage hors normes, n’hésitant jamais à se placer en première ligne, où il trouvera d’ailleurs le martyre. Surtout, Muhammad Amziyân aura peut-être été le premier à allier jihâd traditionnel & résistance authentiquement islamique avec une lutte anti-coloniale de nature plus moderne contre l’exploitation des richesses de son pays.

Muhammad Amziyân, né en 1859 dans la tribu des Banû Bou Ifrour, à Segangan, dans la province de Nador, s’oriente très jeune vers l’érudition islamique : à la zawiya al-Qadiriya fondée par sa famille, il apprend le Qur’an & le fiqh malékite jusqu’à ses 27 ans, avant de poursuivre ses études à la célèbre université al-Qarawiyyîn de Fès pendant quatre années où il impressionne par ses qualités. En 1891, à 31 ans, il revient dans sa région natale pour y occuper le poste de juge (qadi) : personnage influent & d’un sens moral rare, il gagne une réputation d’homme juste qui le fait souvent solliciter pour régler les conflits tribaux. De même, plutôt que de se confiner dans sa mosquée, à la merci de la charité & des dons, il préfère se lancer dans le commerce de bétail entre le Rif & l’Algérie afin de garder son intégrité.

En ce début de siècle, le Maroc est alors dans une situation politique des plus troubles, à la croisée des chemins : en 1906, la conférence d’Algésiras a donné à la France & à l’Espagne le monopole des affaires du pays. La première prend possession du centre, tandis que la seconde avance ses pions dans le Nord par l’envoi de garnisons militaires & l’élargissement de sa présence depuis Melilla grâce aux rivalités entretenues entre les tribus rifaines. Dans le même temps, le sultan Moulay Hafid a destitué son frère ‘Abd al-‘Aziz & un usurpateur, Bou Hmara, s’est dressé contre le Makhzen, étendant son contrôle sur tout le Nord-Est du pays. Attiré par les richesses, il collabore étroitement avec les Européens, ce qui suscite très vite l’hostilité des tribus du Rif. Surtout, Bou Hmara va commettre l’erreur qui va causer sa chute : il vend à des compagnies françaises & espagnoles des concessions pour l’exploitation de mines dans le Jebel Ouksen, tout en garantissant la sécurité d’un chantier de voie ferrée qui doit relier ces mines à Melilla, le bastion espagnol.

Dès 1907, Muhammad Amziyân est le premier à démasquer cette conspiration destinée à piller les richesses des terres du Rif au profit d’intérêts étrangers, se dressant contre les injustices imposées à son peuple : il réunit les chefs de tribus & parvient à les convaincre de lancer une campagne de sensibilisation dans les mosquées de la région. L’usurpateur Bou Hmara tente de l’arrêter mais il parvient à s’échapper & à rejoindre ce qui reste de l’armée du Makhzen dans la région, avec qui il mène le combat contre le projet de voie ferrée. En octobre 1908, ses hommes attaquent & tuent plusieurs ouvriers espagnols : les troupes de Bou Hmara se vengent en menant des représailles contre les villages voisins. Exaspérés, les chefs de tribus du Rif chassent finalement l’usurpateur de la région : abandonné de tous, il sera finalement exécuté avec ses partisans à Fès.



La situation est alors confuse : les Espagnols hésitent à intervenir plus massivement, tandis que les Français menacent d’entrer en jeu. Face au danger, les tribus rifaines décident de mettre de côté leurs différends pour s’unir dans une coalition militaire autour de Muhammad Amziyân, perçu comme le seul chef religieux assez respecté pour fédérer l’ensemble des tribus. Unissant les tribus Mazouta, Banû Sikar, Banû Bou Ifrour, Bânu Bougafar, Banû Sidel & d’autres, il prend ainsi le commandement militaire de la coalition & parvient à bloquer complètement la construction de la ligne de chemin de fer par des opérations de sabotage régulières & organisées. L’Espagne décide finalement d’envoyer des renforts massifs sous la pression des industriels, alors que les opérations de guérilla se multiplient autour de Melilla.

Dès le début de l’année 1909, les deux camps se préparent à l’inévitable confrontation : l’Espagne achète des alliés dans la région, notables & tribus, en tentant de les convaincre de la prospérité économique qu’amèneront leurs projets; pendant ce temps, Amziyân, qui refuse ardemment toutes les offres du général José Marina, gouverneur militaire de Melilla, parvient à multiplier les défections de membres de la « police indigène » (Rifains sous uniforme espagnol) qui amènent avec eux vivres & matériel militaire, tout en enflammant le Rif autour du jihâd.



Début juillet, 22.000 Espagnols, dotés des plus récents équipements militaires, débarquent & occupent les positions stratégiques de Sidi Ahmad & Sidi Moussa. Le 9, Muhammad Amziyân décide, pour mettre fin aux hésitations des tribus, de les unir dans le jihâd en lançant l’assaut sur les garnisons espagnoles. Les mujâhidîn, postés sur les hauteurs environnantes, tendent des embuscades incessantes, avant de reprendre les deux avant-postes espagnols pendant plusieurs jours, un véritable exploit au regard de la disproportion des moyens. Les raids-éclairs, de jour comme de nuit, des Rifains empêchent l’armée espagnole de s’organiser & d’utiliser son artillerie lourde : le 24, les hommes d’Ameziane arrivent même aux portes de Melilla, à Cabo Moreno, et mènent une attaque contre la base de Figueras, tuant 32 hommes & 2 officiers.

Systématiquement sur la défensive, le moral des Espagnols est au plus bas, lorsqu’ils apprennent la position du QG d’Ameziane : pensant profiter de l’effet de surprise, le général Marina envoie ses troupes massivement dans la passe du « Ravin-du-Loup » pour le saisir. Mais il s’agissait d’un piège des mujâhidîn : posés sur les hauteurs du défilé, au lieu-dit « Diwana », les tireurs rifains s’en donnent à coeur joie, soumettant l’ennemi à un feu incessant. Dans la panique & la désorganisation la plus totale, les Espagnols s’avèrent incapables de se retirer en bon ordre : dans leur déroute, ils laissent 7 officiers & 136 soldats morts, et plus de 750 blessés. La débandade de l’armée coloniale, véritable humiliation face à une poignée de « tribus indigènes » du Rif provoque un séisme politique à Madrid, qui a largement sous-estimé la détermination des Rifains : la mémoire espagnole garde encore l’événement sous le nom de « catastrophe du Ravin-du-Loup », qui préfigure le mythique désastre d’Anoual quelques années plus tard.



Durant l’été, les hommes d’Amziyân maintiennent un harcèlement constant des troupes espagnoles : les escarmouches entre « Moros » & soldats ibériques font près de 400 morts & 2200 blessés dans l’armée coloniale. Début septembre, de nouveaux renforts arrivent, portant l’armée espagnole du Rif à 46.000 hommes, la crème des soldats de la péninsule, sous le commandement du réputé général Buentos. Ce dernier tombe dans une embuscade & est tué par les insurgés rifains à la bataille d’Aghazar n Ouchen, à seulement 4km de Melilla, avec 700 de ses hommes, dans ce qui est une nouvelle humiliation pour l’armée espagnole. Un trio de généraux, Alfaro, Tobar & Mirais, prend alors le relais & parvient, grâce à sa large supériorité numérique & technologique, malgré une nouvelle défaite à Idjyawen, à prendre possession d’une grande partie du Rif, la plaine de Bouarek, al-Hoceima, et enfin Nador qui tombe le 20 septembre.

Muhammad Amziyân réorganise alors la résistance rifaine : il met en place des postes avancés & permanents à des endroits stratégiques, où chaque tribu doit fournir un certain nombre d’hommes fixe, ainsi que des munitions. Dès que ces postes avancés aperçoivent des signes d’attaque espagnole, ils allument des feux, et quiconque le voit doit également allumer un feu à son tour, afin que toutes les tribus puissent rapidement rejoindre les lignes de front. Les Rifains, rapides, mobiles & maîtrisant parfaitement le terrain, parviennent à maintenir une pression constante sur l’armée espagnole & à lui infliger de nombreuses défaites.



Face à cette résistance acharnée, les Espagnols changent de stratégie : ils ciblent les tribus les plus faibles de la région, les achètent à coup de privilèges commerciaux, intensifient les recrutements de collaborateurs locaux afin de bénéficier de leur bonne connaissance de la topographie locale & de les utiliser en tant que boucliers humains en première ligne. Surtout, ils infiltrent les mujâhidîn avec des agents provocateurs qui, tout en espionnant, créent des dissensions internes : s’accusant mutuellement de trahison, les différentes tribus commencent à se séparer & la fragile coalition d’Amziyân se rompt. Ce dernier se retire alors dans sa tribu & établit un nouveau bastion à Souq al-Jumu’a, à Amaworo, d’où il poursuit la lutte & continue à refuser toutes les offres espagnoles : énormes sommes d’argent ou encore poste de gouverneur du Rif & de négociateur avec le sultan du Maroc.

Il parvient à infliger d’importantes pertes humaines & matérielles aux Espagnols à la bataille de l’oued Kert, et à tuer le général Ardonit à la bataille d’Imarofen en septembre 1911. Raids & contre-raids se poursuivent jusqu’au 14 mai 1912 : des espions observent alors qu’Ameziane & 700 de ses hommes se dirigent chez les Banû Sidal, et suivent leurs pas jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent dans la mosquée de Tawrirt Kdiya. Les Espagnols, alertés, se précipitent pour l’assiéger. Quand il apprend qu’il est cerné, Muhammad Amziyân dirige salât al-fajr puis donne le choix à ses compagnons : combattre jusqu’au martyr, ou se retirer via un passage montagneux. Lui-même engage en premier le feu sur l’ennemi : après plusieurs heures de combats acharnés, il tombe finalement shahîd dans l’après-midi, touché par une balle espagnole, à l’âge de 53 ans.



Les Espagnols transportent son corps à Melilla, puis il est remis à ses frères qui l’enterrent au cimetière de leur grand-père, Cherif Ahmed ibn ‘Abd as-Salâm, à Segangan. Sa tombe sera gardée pendant plus d’un an par les troupes coloniales pour empêcher ses partisans de s’y recueillir. Quelques mois plus tard, en novembre 1912, la convention franco-espagnole de Madrid officialisait le protectorat espagnol sur le Rif, conséquence de la soumission du sultanat du Maroc à la France par le traité de Fès signé plus tôt. Ce n’est que neuf ans plus tard, en 1921, que la résistance rifaine renaîtra, menée par le célèbre ’Abd al-Krim al-Khattabi…

« Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah, soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus
et joyeux de la faveur qu’Allah leur a accordée, et ravis que ceux qui sont restés derrière eux et ne les ont pas encore rejoints, ne connaîtront aucune crainte et ne seront point affligés. »
Sourate al-‘Imran, 3/169-170
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