Royal Moroccan Armed Forces


 
AccueilS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Guerre d'Idochine : France Vs Viet Minh

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
jig-saw
1ere classe
1ere classe
avatar

messages : 64
Inscrit le : 23/03/2011
Localisation : casa
Nationalité : Maroc

MessageSujet: Guerre d'Idochine : France Vs Viet Minh    Mer 19 Oct 2011 - 2:00

Citation :
Les Marocains au Vietnam :l'Histoire des soldats ralliés à Ho Chi Minh
« Poussières d'empires » de Nelcya Delanoë
L'histoire exemplaire des soldats marocains ralliés de l'armée d'Hö Chi Mi
nh

L'histoire de la naissance de ce livre est elle-même l'histoire de la passion de la découverte de quelqu'un qui se sent concerné par un drame humain, celui d'hommes et de femmes que rien ne prédestinait pour une rencontre inattendue à l'autre bout du globe. Nelcya Delanoë rencontre en 1996 la professeur Trinh Van Thao au cours d'un Colloque à Aix-en-Provence (France) autour d'écrivains vietnamiens. Il lui raconte qu'il avait appris, par un collègue marocain de l'université de Fès, que des soldats marocains avaient rallié les troupes vietnamiennes, qu'ils avaient épousé des femmes vietnamiennes, et qu'au bout d'une vingtaine d'années, ils avaient regagné le Maroc en 1972 en compagnie de leur famille.

Il n'en fallait pas plus pour aiguiser la curiosité de l'auteur qui entame une enquête au Maroc afin de retrouver les traces de ces soldats et leurs familles, tout en puisant dans des archives françaises et en faisant un voyage à Honoï. A travers des entretiens, elle essaie de reconstituer un puzzle de l'histoire qui restera toujours incomplète tellement le vécu est complexe.

Un vécu de gens engagés dans l'armée française, généralement à cause de la misère des périodes de disette des années 40 et donc engageant leur vie, souvent à l'âge de 18 et 20 ans, pour une miche de pain. Et certains d'entre-eux vont déserter et rallier l'armée communiste pour chercher, dira-t-on, un sens à leur combat qui n'en avait aucun au départ. Au départ c'était l'absurde, une campagne sanglante, désespérée visant à empêcher la désagrégation inéluctable de l'empire colonial français dans la phase de ses ultimes convulsions.

Le sens évidemment c'est ce combat contre le colonialisme. Or, à l'origine ils étaient amenés comme de la chair à canon, du colonisé programmé pour occire du colonisé, des « damnés de la terre » engagés pour une miche de pain dans la « sale guerre ». Alors que dans leur propre pays c'était déjà la lutte pour l'indépendance engagée. Ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient là et c'est par la suite qu'ils devaient apprendre des choses quand des nouvelles leur parvenaient du Maroc, comme la déportation du Roi Mohammed V, qui fut un choc capital. C'est du moins ce qu'ils allaient dire par la suite. Beaucoup diront en effet que c'est à cause des nouvelles qui leur parvenaient du pays, notamment en écoutant la radio du Caire, qu'ils avaient fini par prendre la décision de déserter et de se désolidariser avec un combat colonialiste qui n'était pas le leur.

C'est du reste ce qui allait être vérifié dans des documents historiques. Toutefois il ne s'agit pas de ralliements massifs. On parle juste d'une centaine de Marocains, mais aussi des Algériens, Tunisiens, Sénégalais etc. Une goutte d'eau dans l'océan ou presque.

On n'oubliera pas non plus la correspondance de Hô Chi Minh adressés au combattant Abdelkrim Khattabi et demandant au héros riffin, réfugié au Caire, d'user de son influence pour convaincre les Marocains de quitter les rangs du CEFEO. Ce qui donne du crédit à la thèse des ralliements et de la désertion par solidarité entre colonisés. Un syndicaliste marocain, connu sous le nom de Maârouf, co-fondateur avec Ali Yata du Parti Communiste marocain, apprend-on, allait rejoindre Hanoï pour monter un réseau de guerre psychologique susceptible de convaincre les troupes du CEFEO d'Afrique du Nord de rallier le Viet-Minh et en engageant pour ce faire des Marocains au nombre de six dans ce réseau.

On parlerai même de la constitution d'une armée de libération de l'Afrique du Nord, une institution qui allait inquiéter les services de renseignements français, mais qui allait s'avérer être par la suite un simple « épouvantail », l'armée populaire vietnamienne ne pouvant pas tolérer à côté d'elle « un électron autonome ».

A travers des témoignages, l'auteur essaie de connaître l'itinéraire particulier de ces hommes, des femmes qu'ils avaient épousées et de leurs enfants dont certains se sont retrouvés, des années plus tard, après le retour du Maroc, dans le réseau de la restauration vietnamienne implantée dans les grandes villes comme Casablanca.

Le texte comporte beaucoup d'interrogations à propos de cette question du ralliement. Toutefois les informations retenues donnent un statut très particulier aux soldats marocains, ce qui est tout à leur honneur. Ainsi dans une fiche des Renseignements Généraux (RG) de Casablanca datant de 1954, parlant de renseignements, recueillis auprès des rapatriés d'Indochine, on peut lire ce qui suit :

« En principe les Français ne se rallient pas sauf quelques exceptions. Les troupes noires et malgaches ne se laissent pas trop influencer. Quant aux Nord-Africains le ravage politique est nettement plus grand. Il arrive fréquemment que des unités entières se rallient, principalement chez les Marocains en raison du malaise politique existant dans leur pays ... » (page 75).

On peut lire aussi dans le « Journal de marche » du lieutenant L ce qui suit : « Février 1953. Il paraît que les Marocains subissent profondément l'influence des nouvelles qu'ils reçoivent de leur pays ; les rébellions sont assez fréquentes ; c'est dans ce bataillon qu'un sous-officier marocain a tué un jour six officiers à cou de mitraillette. On a fait ce qu'on pu pour qu'il ne reste pas beaucoup de tirailleurs au courant de l'affaire » ! (page 62).

Ces deux repères semblent donc indiquer que le résultat de l'enquête de l'ouvrage ne fait pas vraiment ressortir l'importance, sans doute considérable, des ralliements.

Par ailleurs, les anciens soldats témoignent que la campagne pour le ralliement était organisée de manière ferme avec mégaphone et l'on cite le cas d'un légendaire « Général El Hamri », un Marocain qui suscitait la terreur dans les rangs du CEFEO en pendant des soldats Nord-Africains une fois capturés. Au supplicié mort, il mettait des biscuits dans la bouche et lui accrochait un écriteau autour du cou avec inscription « Vendu ! » signé « Général Hamri » ! Mais apparemment ce personnage El Hamri « le rouge » comme l'armée rouge, ne serait qu'une invention habile de la guerre psychologique, une hallucinante intox propagandiste du Viet-Minh.

Une fois de l'autre côté, chez les Viêt-minh, les soldats devaient mener une vie d'agriculteurs plus que de militaires en cultivant les fermes d'Etat, les Kolkhozes. Pour avoir une vie normale ils devaient prendre femme, fonder un foyer. Ce qu'ils firent non sans souffrance, la société vietnamienne ne tolérant pas le mariage avec les étrangers considérés comme dégradants pour la femme vietnamienne.

Cette phrase simple en dit long sur cette situation de la femme vietnamienne mariée à un étranger, tarabustée, dénigrée : « Les femmes que le discours de la guerre accusait d'infamie amoureuse ou vénale sont de grandes et secrètes blessées de guerre » (page 88).

Ils traverseront ainsi une partie du siècle, apparemment sans participer à la guerre américaine dont ils verront pourtant de visu, les conséquences tragiques au quotidien sur les villages du Nord-Vietnam en continuelle « résistance admirable » au déluge de feu et d'acier fendant du ciel. « Et ils étaient touchés dans leurs fibres les plus intimes par la générosité de ce peuple qui partageait avec eux, alors qu'il était lui-même au bord du gouffre, dans l'égalité et le respect... « (125).

Certains soldats comme Miloud, l'un des rares alphabétisés, peuvent dire qu'ils avaient beaucoup appris des Vietnamiens malgré les souffrances endurés. Souffrances par ailleurs rendues d'autant plus aiguës qu'ils étaient tous rongés par le mal du pays comme une obsession. Miloud, ses compagnons d'infortune l'appelleront par la suite le « Consul », car c'est grâce à lui que les soldats marocains vont retourner chez eux après moult démarches auprès de l'Ambassade du Maroc à Pékin.

Mais les problèmes sérieux vers la fin des années 50 début 60, vont commencer à pleuvoir dès que les soldats se mettent à réclamer le retour au pays. Les prisonniers ou alliés français, espagnols, allemands et aussi les Algériens ont pu être libérés et réintégrés leurs patries respectives mais pas les Marocains.

Chaque fois que l'un de ces derniers réclamait son retour en protestant il était sanctionné sévèrement. Cela allait être le cas de Abdenbi, Abdelkader et Ben Driss, lesquels désespérés d'attendre et apprenant le décès du Roi Mohamed V en 1962 décident sur un coup de tête d'aller clandestinement à Hanoi en train. Rattrapés par les soldats vietnamiens, ils sont condamnés entre 2 à 4 ans de travaux forcés.

Souria fille de Ben Driss, raconte comment son père était emprisonné et sa mère vietnamienne devait parcourir une centaine de kilomètres à pied pour lui rendre visite dans le pénitencier afin de lui porter de la nourriture et comment à sa sortie il était d'une maigreur squelettique.

D'autres témoigneront comment des moines bouddhiques leur apportaient un peu de nourriture en cachette aux camps de détention.

Selon des documents, le gouvernement marocain était au courant du sort des soldats marocains oubliés dans les rizières du Vietnam. Malgré ça, aucune mesure n'a été prise pour les réintégrer dans leur pays, sans doute à cause de la guerre froide imposant des frontières étanches entre les deux blocs et leurs alliés. Témoignages du Viet-Nam mais aussi témoignage du retour au Maroc.

L'avion atterrit une nuit glacée dans l'aéroport de Kénitra annonçant une nouvelle vie, pas forcément joyeuse. Ces anciens soldats vont retrouver leur grande famille après une si longue absence. Certains allaient découvrir qu'ils avaient été déshérités parce qu'ils avaient été tenus pour mort et déclarés comme tels dans les documents administratifs. Il fallait grâce à une procédure du tribunal les faire ressusciter ! la plupart vont surtout déchanter en se rendant compte qu'ils avaient rêvé durant ces longues années d'exil du Maroc comme d'un Eldorado qu'il n'était pas.

Poussières d'empire ou fragments de mémoire évoquant le passé impérial colonial où 450 mille soldats des colonies furent engagés pour mater un peuple.

La méthode choisie par l'auteur Nelcya Delanoë pour aborder le sujet a été le recours en même temps à l'essai-enquête, travail sur les archives, mais aussi et surtout celui du reportage description et collecte des témoignages avec recoupement incessant entre les deux. Le style est imagé, vivant avec du tonus et parfois la franchise jusqu'à la crudité. Sans l'humour plein de compassion quand elle évoque ses rencontres avec les vieux ou leurs enfants réduits souvent à des conditions de vie très précaires.

L'auteur, faut-il le rappeler est la fille du médecin, ami du Maroc, Guy Delanoë, signataire de la fameuse « Lettre des 75 » contre notamment la déportation du Roi Mohammed V et président de l'association « Conscience française ».

Professeur d'histoire à l'Université de Paris X-Nanterre, elle est auteur, entre autres, de l'Entaille rouge, des terres indiennes à la démocratie américaine » (Nlle éd. lbin Michel, 1996) et « Nanterre-la-folie » (Le Seuil).

Poussières d'empires » de Nelcya Delanoë, Edition Tarik, Casablanca co-édition Presse Universitaire de France (PUF) 222 pages.

_________________
"We're Not Just Going To Shoot The Bastards, We're Going To Cut Out Their Living Guts And Use Them To Grease The Treads Of Our Tanks.
We're Going To Murder Those Lousy Bastards By The Bushel ! "
>>George S. Patton<<
Revenir en haut Aller en bas
jig-saw
1ere classe
1ere classe
avatar

messages : 64
Inscrit le : 23/03/2011
Localisation : casa
Nationalité : Maroc

MessageSujet: Re: Guerre d'Idochine : France Vs Viet Minh    Mer 19 Oct 2011 - 2:04

la vie des hommes durant la guerre d indochine




http://www.dpstream.net/films-filmer-la-guerre-d-indochine-en-streaming-76438.html

_________________
"We're Not Just Going To Shoot The Bastards, We're Going To Cut Out Their Living Guts And Use Them To Grease The Treads Of Our Tanks.
We're Going To Murder Those Lousy Bastards By The Bushel ! "
>>George S. Patton<<
Revenir en haut Aller en bas
Patrick Lodelinsart
2eme classe
2eme classe


messages : 44
Inscrit le : 31/08/2010
Localisation : Lodelinsart
Nationalité : Belgique

MessageSujet: Re: Guerre d'Idochine : France Vs Viet Minh    Mer 19 Oct 2011 - 10:00

Bonjour Jig-Saw,

Merci de cette relation des ralliés marocains chez les viêts ...

On y fait très peu allusion dans le livre de Jacques Doyon : Les soldats blancs du Viêt-Minh ...

Patrick
Revenir en haut Aller en bas
jig-saw
1ere classe
1ere classe
avatar

messages : 64
Inscrit le : 23/03/2011
Localisation : casa
Nationalité : Maroc

MessageSujet: Re: Guerre d'Idochine : France Vs Viet Minh    Mer 19 Oct 2011 - 13:03

je l'avais déja entendu mais j'arrivais pas à le croire, mais maintenant que j'ai trouvé une trace ecrite ...! Smile

_________________
"We're Not Just Going To Shoot The Bastards, We're Going To Cut Out Their Living Guts And Use Them To Grease The Treads Of Our Tanks.
We're Going To Murder Those Lousy Bastards By The Bushel ! "
>>George S. Patton<<
Revenir en haut Aller en bas
Patrick Lodelinsart
2eme classe
2eme classe


messages : 44
Inscrit le : 31/08/2010
Localisation : Lodelinsart
Nationalité : Belgique

MessageSujet: Re: Guerre d'Idochine : France Vs Viet Minh    Mer 19 Oct 2011 - 13:09



Effectivement ils n'ont sûrement pas eu facile à leurs retours ...

Patrick
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Guerre d'Idochine : France Vs Viet Minh    

Revenir en haut Aller en bas
 
Guerre d'Idochine : France Vs Viet Minh
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» OCTOBRE 1950 LA ROUTE COLONIALE 4 (RC4)
» Le calvaire des prisonniers des camps Vietminh
» La guerre du Vietnam
» La Guerre Froide
» Dans quelle arme serviriez vous en cas de guerre?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Royal Moroccan Armed Forces :: Histoire, Guerres et Conflits militaires :: Guerres et conflits à travers l´âge-
Sauter vers: