Royal Moroccan Armed Forces


 
AccueilS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Le Rafale

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1 ... 17 ... 29, 30, 31
AuteurMessage
jf16
General de Division
General de Division
avatar

messages : 21147
Inscrit le : 20/10/2010
Localisation : france Aiacciu
Nationalité : France
Médailles de mérite :


MessageSujet: Re: Le Rafale   Jeu 26 Jan 2017 - 22:17

Citation :
Qatar orders helmet-mounted display systems for its new Rafale fighter jets

Read news from Defence Blog at Flipboard.com | Subscribe to the newsletter from Defence Blog

Jan 26, 2017


© Swingwing / Defens'Aero



On January 24, 2017, from the airport of the company Dassault Aviation had been performed the new series of flights of the built for Qatar Air Force fighter Dassault Rafale – the two-seater Rafale DQ (serial number DQ01).

According to defens-aero.com and after observing the photographs, the Qatar Air Force decided to equip itself with the sight of new helmet-mounted display systems. The system called Targo 2 and developed by Israel’s Elbit Systems.

The Targo solution enables pilots to plan, rehearse, fly and debrief using their personal helmets, providing them with increased situational awareness, safety levels and operational abilities. Targo is available in a stand-alone configuration or fully integrated with the aircraft’s avionics, including the Embedded Virtual Avionics (EVA™) training solution.

Rafale fighter jets for Qatar significantly differ from those of the Air Force of France and Egypt, therefore, they will undergo extensive and continuous testing program.

The contract amounting to 6.3 billion euros was signed on May 4, 2015, and foresees the delivery of 24 fighter aircraft Dassault Rafale (18 single-seat Rafale EQ and six two-seater Rafale DQ) to Qatar, as well as missiles air-to-air MICA IR, MICA EM, and Meteor. It also envisages the supply of cruise missiles SCALP-EG and guided bombs, GBU, and AASM. Qatar Air Force should receive the first fighter Rafale in mid-2018 as the pace of deliveries will be one plane per month.



http://defence-blog.com/news/qatar-orders-helmet-mounted-display-systems-for-its-new-rafale-fighter-jets.html
Revenir en haut Aller en bas
jf16
General de Division
General de Division
avatar

messages : 21147
Inscrit le : 20/10/2010
Localisation : france Aiacciu
Nationalité : France
Médailles de mérite :


MessageSujet: Re: Le Rafale   Mar 7 Fév 2017 - 19:24

Citation :
Futures surprises pour le Rafale ?


7 février 2017/Actualité Stratégie et politique


Serions-nous à la veille — ou l’avant-veille — de deux nouveaux contrats exports pour le Rafale ? Si Dassault Aviation n’a nullement communiqué sur le sujet, c’est le rapprochement stratégique et industriel de deux de ses plus fidèles clients (l’Inde et les Emirats Arabes Unis) qui pourrait en être la conséquence la plus immédiate.

La visite en Inde du prince héritier d’Abou Dhabi, Cheikh Mohamed al-Nayan, invité d’honneur du «Republic Day», le 26 janvier, s’est conclue par la signature d’un partenariat stratégique, du renforcement de l’accord de renseignement déjà initié, ainsi que la signature de douze autres MoU dans les domaines cyber, pétrolier, maritime, BTP, R&D, mais surtout de défense.

Depuis sa visite aux EAU en 2015, Narendra Modi cherche à rapprocher les deux BITD autour de programmes communs. Si le gouvernement indien a proposé à Abou Dhabi son missile BrahMos et plusieurs plateformes navales, il serait déjà parvenu à obtenir le contrat de maintenance du système sol-air Pantsir.

Mais surtout le ministre indien des Affaires étrangères, Amar Sinha a déclaré, lors de sa conférence de presse de mardi dernier, que le Rafale serait un parfait exemple de coopération industrielle avec les EAU, qui cherchent à remplacer leurs Mirage 2000-9 et restent l’un des prospects exports les plus sérieux pour l’acquisition d’une soixantaine de Rafale. Mais ils veulent également développer leur industrie de défense.

Or, le partenaire de Dassault pour le Rafale en Inde, le groupe Reliance, vient de signer un MoU portant sur la production et la maintenance de «plateformes militaires» avec le groupe émirati EDIC, dirigé désormais par l’ancien PDG de Thales, Luc Vigneron, un proche de Charles Edelstenne.

Si le «workshare» sur le Rafale Inde est certes bouclé entre Dassault-Reliance et HAL, le 27 janvier, le ministère indien de la Défense a lancé une RFI dans le cadre d’un appel d’offres pour l’acquisition de 57 avions de combat destinés à ses futurs porte-avions. Les principaux candidats seraient le JSF et le F-18 américains, le Mig-29 K, russe dont l’Indian Navy dispose de deux escadrons, et le Rafale Marine.

Les chances américaines sont minces, puisque à chaque fois que l’Inde est entrée en guerre, le Congrès a immédiatement déclaré un embargo sur les pièces détachées. Quant aux Russes, même s’ils ont l’avantage d’avoir déjà formé les pilotes de l’aéronavale, la décision de l’Indian Navy d’opter pour la technologie CATOBAR tout temps (catapultage) pour leur prochain porte-avions «Vishal» rend l’acquisition du Mig-29K impossible dans l’état actuel de son développement. Reste donc à être patient.

http://www.ttu.fr/futures-surprises-rafale/
Revenir en haut Aller en bas
jf16
General de Division
General de Division
avatar

messages : 21147
Inscrit le : 20/10/2010
Localisation : france Aiacciu
Nationalité : France
Médailles de mérite :


MessageSujet: Re: Le Rafale   Mer 22 Mar 2017 - 22:38

Citation :
22 mars 2017 | Par Yann Cochennec

Dassault Rafale : le go au nouveau standard F4



Un Rafale de la force Chammal © EMA/MinDef



Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, a décidé, lors du comité ministériel des investissements du 20 mars, d'autoriser le lancement des premiers travaux pour le développement du nouveau standard F4 de l'avion de combat Dassault Rafale.

"Ce standard, intégrant le retour d'expérience des opérations, doit permettre de renforcer les capacités du Rafale à évoluer seul ou en coalition. Les développements vont porter notamment sur des améliorations des modes de travail en réseau, sur l'évolution des capteurs et leur intégration", souligne le communiqué du ministère de la Défense.

Le standard F4 "prévoit également la prise en compte des évolutions attendues des missiles, de la motorisation et l'intégration de nouvelles capacités. Les premiers avions entièrement équipés de ce standard devraient être mis en service dès 2025 et certaines fonctionnalités seront disponibles dès 2023". Ce qui signifie qu'une première version du standard F4 succèdera dès 2023 au standard F3R qui doit être qualifié en 2018.

Une bonne nouvelle pour les forces et les industriels. Ce n'est pas la seule. Le comité ministériel des investissements souligne également que "le lancement d'une future tranche de Rafale devra être décidé dans la prochaine LPM pour répondre aux besoins de l'armée de l'air". Comme un écho aux propos récents de Patricia Adam, présidente de la Commission de la Défense nationale et des forces armées.

"Je me réjouis également que le ministère de la Défense rappelle la nécessité de poursuivre l'acquisition de Rafale, au delà de la 4ème tranche actuellement en production, afin de répondre principalement aux besoins de l'armée de l'Air. Ce socle national consolidé confortera les atouts de notre avion pour les futurs marchés export", a commenté Eric Trappier, le président de Dassault Aviation.

http://www.air-cosmos.com/dassault-rafale-le-go-au-nouveau-standard-f4-92035
Revenir en haut Aller en bas
jf16
General de Division
General de Division
avatar

messages : 21147
Inscrit le : 20/10/2010
Localisation : france Aiacciu
Nationalité : France
Médailles de mérite :


MessageSujet: Re: Le Rafale   Mar 2 Mai 2017 - 17:45

Citation :
Armée de l'air

f]Kivoikoi] Vous l'avez tous trouvé, au milieu de ses semblables !

Il s'agissait bien de notre Rafale Solo Display dans sa toute nouvelle livrée conçue par Régis Rocca, qui ravira certainement le public tout au long
de la saison des meetings 2017.
Nous me manquerons pas de vous rappeler les dates et les lieux des différentes présentations.



PHOTOS:
 
Revenir en haut Aller en bas
jf16
General de Division
General de Division
avatar

messages : 21147
Inscrit le : 20/10/2010
Localisation : france Aiacciu
Nationalité : France
Médailles de mérite :


MessageSujet: Re: Le Rafale   Lun 19 Juin 2017 - 22:26

Citation :
La mise au point du standard F3-R de l’avion Rafale tient les délais


Posté dans Forces aériennes, Industrie par Laurent Lagneau Le 19-06-2017




Conformément à la feuille de route qui avait été donnée à Dassault Aviation, Thales et MBDA ainsi qu’aux équipes de la Direction générale de l’armement (DGA), le standard F3-R du Rafale devrait être qualifié en 2018 et entrer en service quelques mois plus tard.

En effet, dans un communiqué diffusé ce 19 juin, la DGA souligne que les campagnes d’intégration des deux équipements majeurs du F3-R, à savoir le missile air-air longue portée METEOR et le pod de désignation TALIOS, se sont déroulées conformément au calendrier prévu.

Ainsi, le dernier tir réel de la campagne d’intégration du missile METEOR « s’est déroulé avec succès sur le site de Biscarrosse de DGA Essais de missiles. » Et la DGA de préciser que « réalisé contre une cible aérienne située à très grande distance et suivi aussitôt d’un tir simulé de missile MICA contre un autre objectif, ce tir est représentatif des nouvelles capacités rendues possibles par l’association du METEOR et du radar RBE2 AESA [à antenne active, ndlr] longue portée du Rafale. »

S’agissant du pod TALIOS, développé par Thales, il a récemment fait l’objet d’une avant-dernière campagne de validation d’aptitude opérationnelle au centre DGA Essais en vol d’Istres. Cette dernière prévoyait « plusieurs scénarios […] permettant de couvrir le large spectre d’utilisation du capteur, dont un exercice de support de troupes au contact de l’ennemi et la poursuite de cibles mobiles ». Et cela dans différents types d’environnement (rural, urbain, maritime, montagne).

« Ces essais ont permis d’apprécier la remarquable fidélité de l’extraction des coordonnées de cibles au sol et la grande qualité des images produites, qui va au-delà des nacelles existantes en termes de résolution et de finesse d’image », fait valoir la DGA.

Le contrat portant sur le développement du standard F3-R du Rafale avait été notifié à Dassault Aviation le 30 décembre 2013. Outre l’intégration du missile METEOR et du pod TALIOS, il prévoit une version à guidage terminal laser de l’Armement Air Sol Modulaire (AASM) de Sagem, adapté aux cibles mobiles, ainsi que des améliorations portant sur le système de navigation, les liaisons de données, le radar RBE2 à antenne active et le système de guerre électronique SPECTRA (Système de Protection et d’Évitement des Conduites de Tir du Rafale).

Pour autant, le Rafale n’aura pas fini d’évoluer par la suite. Le 20 mars dernier, à l’issue d’un comité ministériel des investissements, Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, avait en effet donné son feu vert au développement du standard F4 du Rafale.

Cette évolution de l’avion de combat de Dassault Aviation doit permettre de « renforcer » ses capacités « à évoluer seul ou en coalition », en prenant en compte des « évolutions attendues des missiles, de la motorisation » et en intégrant de « nouvelles capacités. »

http://www.opex360.com/2017/06/19/la-mise-au-point-du-standard-f3-r-de-lavion-rafale-tient-les-delais/
Revenir en haut Aller en bas
jf16
General de Division
General de Division
avatar

messages : 21147
Inscrit le : 20/10/2010
Localisation : france Aiacciu
Nationalité : France
Médailles de mérite :


MessageSujet: Re: Le Rafale   Mer 5 Juil 2017 - 22:03

Citation :
5 juil. 2017 | Par Emmanuel Huberdeau

Vers le Rafale F4


Les contours du standard F4 du Rafale sont en cours de discussion. © C.Cosmao



Alors même que le standard F-3R du Rafale est en cours de qualification, la DGA, les armées et les industriels ont lancé les réflexions sur le standard F4, attendu à l’horizon 2025. Objectif, s’adapter à l’évolution des menaces pour l’appareil qui restera la pierre angulaire du système de combat aérien futur des armées françaises.


Article publié initialement dans le numéro 2552 "Spécial Bourget" de Air & Cosmos du 15/06/2017.

Depuis son entrée en service en 2001 dans les armées, le Rafale n’a cessé d’évoluer. Les standards F1 à F3 ont correspondu à la montée en puissance progressive de l’appareil, devenu toujours plus polyvalent. Le standard F3-R apportera un premier gain capacitaire majeur. Ces évolutions permettent au chasseur de Dassault Aviation de rester en pointe et d’être considéré comme l’un des meilleurs appareils de combat du monde. Mais les menaces et le contexte géopolitique évoluent et il faut donc continuer à faire progresser le Rafale pour qu’il reste toujours pertinent au-delà de 2025. Ce sera l’objet du standard F4 dont les premiers travaux de développement ont été lancés en mars 2017 par le ministère de la Défense.

Standard F3-R.
Avant même d’évoquer le standard F4, il est utile de revenir sur le standard F3-R, dont la qualification est prévue pour 2018. Cette nouvelle version comprend notamment les deux évolutions capacitaires majeures que sont le missile air-air Meteor et le pod de désignation laser de nouvelle génération Talios. Le reste des évolutions est essentiellement logiciel. L’ambition générale est le maintien des capacités d’entrée en premier aussi bien dans un contexte national qu’interallié.
Le Meteor va révolutionner les capacités air-air du Rafale. Celui-ci disposait déjà de capacités de détection longue portée avec le radar RBE2 AESA, mais ne jouissait pas de capacité d’engagement à de telles distances, le missile Mica étant une arme moyenne portée. Le Meteor permettra au Rafale d’engager, dans certaines conditions, des cibles se trouvant à une centaine de kilomètres. C’est bien l’association du radar RBE2 AESA et du Meteor qui conféreront au Rafale F3-R une capacité actuellement unique au monde. Le Meteor développé par MBDA est un missile à statoréacteur offrant une poussée continue et modulable. Cette particularité permet au missile d’optimiser sa consommation de carburant en fonction de la distance et de l’altitude de sa cible. Cinq tirs d’essai du Meteor ont eu lieu depuis le Rafale dans le cadre de la campagne d’intégration du missile. Selon la DGA, tous ces essais ont été couronnés de succès. Le dernier tir a eu lieu début avril 2017. Il a permis de valider le plein fonctionnement du missile dans le cadre d’un scénario complexe avec engagement d’une cible à longue distance, réaffectation de cible durant le vol et engagement simulé d’autres armements.
La campagne d’intégration du pod Talios développé par Thales est également en cours. Il remplacera le Damocles actuellement employé par les forces engagées en opérations. Selon Thales, le pod Talios sera le premier système à couvrir l’ensemble du spectre des missions allant du renseignement à l’acquisition et la poursuite de cibles. La haute résolution du pod et la possibilité de voir la situation en couleurs facilitera le travail des équipages. Pour aider les pilotes, Thales a également développé le mode Permanent Vision, qui permet d’intégrer l’image saisie par le pod au sein d’une cartographie numérique. L’équipage peut ainsi situer avec certitude et rapidité la zone couverte par la nacelle. Plusieurs indicateurs visuels apporteront en temps réel des informations complémentaires sur la situation tactique. Le gabarit du Talios est proche de celui du pod Damocles, ce qui facilite son intégration sur Rafale.
Outre l’intégration de ces équipements, le standard F3-R comprend la mise en place d’un système automatique pour éviter les collisions avec le sol (AGCAS, Automatic Ground Collision Avoidance System), l’amélioration du radar RBE2 AESA, du système de guerre électronique Spectra, du pod Reco NG et de la centrale inertielle. Le Rafale Marine sera équipé d’une nacelle de ravitaillement en vol baptisée Narang.

Evolution des menaces.
Afin d’entamer leurs réflexions sur le standard F4, les utilisateurs du Rafale (armée de l’Air et Marine nationale), la DGA et les industriels se sont appuyés sur le retour d’expérience des opérations conduites ces dernières années et sur l’évolution constatée ou attendue des systèmes d’armes dans le monde entier.
Il ressort des opérations conduites en Afghanistan, en Libye, au Sahel et au Levant la nécessité pour les appareils occidentaux de disposer d’une large gamme d’effets militaires pour pouvoir s’adapter aux objectifs assignés. Il faut parfois frapper des objectifs durcis nécessitant des armes puissantes, mais il convient aussi de pouvoir limiter ou contrôler les effets de l’armement dans des zones densément peuplées afin de maîtriser le risque de dommages collatéraux. Les opérations récentes ont également été marquées par les fortes élongations. Les Rafale ont dû opérer directement depuis la métropole lors des opérations en Libye ou encore depuis les Emirats arabes unis vers l’Irak durant l’opération Chammal. Ces opérations ont également démontré la nécessité d’un fort niveau d’interopérabilité avec nos alliés. Dans les deux cas, les réseaux d’échanges sont essentiels. Il faut pouvoir partager rapidement des informations avec ses partenaires, quelle que soit leur position, afin de pouvoir s’insérer dans une coalition.

Conflits futurs.
Ces retours d’expérience sont importants et seront pris en compte pour le développement du standard F4, mais ils ne concernent qu’un type de conflit. Il s’agit majoritairement d’affrontements asymétriques ou dissymétriques où la maîtrise de l’espace aérien est acquise ou peu contestée. Les états-majors français s’attendent à devoir évoluer à l’avenir dans des milieux de moins en moins permissifs, notamment dans le cadre des opérations d’entrée en premier sur un théâtre auxquelles elles doivent pouvoir faire face seules ou en coalition. On constate en effet une prolifération des moyens dits de « dénis d’accès » tels que les systèmes de défense sol-air. Certains systèmes ont des performances annoncées en termes de portées et de mobilité qui peuvent inquiéter les armées occidentales. De nombreux pays se sont aussi équipés de chasseurs modernes russes, américains ou européens eux-mêmes dotés d’armement air-air performants. De nouveaux acteurs comme la Chine et l’Inde développent et exportent leurs propres systèmes. Les aviateurs et les marins s’attendent donc à devoir, dans l’avenir, évoluer dans des espaces où la supériorité aérienne sera de moins en moins acquise et où il faudra le cas échéant se battre pour l’obtenir et la conserver. En effet, la supériorité aérienne est essentielle dans tout conflit moderne. Elle permet tout simplement de conserver la liberté d’action des forces aériennes, navales et terrestres.
Pour cela, il faut s’appuyer sur les acquis actuels, c’est-à-dire l’expérience du personnel et le niveau technologique, notamment du Rafale, et développer de nouvelles capacités. Les armées veulent notamment renforcer leurs capacités de suppression et destruction des défenses sol-air ennemies. Les chasseurs devront aussi être capables de survivre et d’effectuer leurs missions dans cet environnement hautement contesté. Les appareils devront pouvoir détecter, positionner, identifier et détruire les menaces en l’espace de quelques minutes.
Autre nécessité, la maîtrise et le partage de l’information. La capacité à communiquer avec tous les acteurs du champ de bataille (au sens large), quelle que soit la distance, et ce de manière rapide (ou différée) et sécurisée, sera probablement l’une des clefs des conflits à venir. Cette capacité doit s’appliquer aussi bien à un cadre franco-français que dans le cadre d’une coalition. Le combat collaboratif va se développer de plus en plus fortement. Tous les véhicules devront donc pouvoir communiquer et être mis en réseau.

Quatre axes de développement.
En se basant sur ces conclusions, les armées, les industriels et la DGA ont entamé, il y a trois ans, une réflexion sur les contours du prochain standard du Rafale. Des plateaux ont été organisés pour réunir des représentants des armées, de la DGA et de l’industrie, et des réunions ont eu lieu au sein des différents organismes. Les discussions ont commencé avec des brainstormings et devront conduire au final à la notification du contrat fin 2018. Nous sommes donc à l’heure actuelle encore dans une phase de négociation et les grandes orientations annoncées actuellement pourraient évoluer. Pour l’heure, le standard F4 du Rafale est imaginé autour de quatre grands axes : la connectivité, les capteurs, l’armement et le soutien.
La connectivité en premier lieu est au cœur des capacités de combat collaboratif du Rafale F4. Elle devrait comprendre le remplacement des systèmes radio actuellement employés par le Rafale. Les nouvelles radios s’appuieront sur de nouvelles formes d’ondes aéronautiques (FO3D). L’emploi de radio logicielle dans le cadre du programme Contact devrait permettre au Rafale de disposer d’une liaison de données souveraine plus sécurisée que l’actuelle L-16. L’introduction de communications satellites (Satcoms) est aussi envisagée. Le Rafale pourrait être doté d’une capacité Syracuse IV qui lui permettra de s’affranchir des distances et d’être plus réactif. Rien n’a cependant encore été arrêté, notamment sur la qualité de service attendue.
Plus de connectivité veut aussi dire plus de vulnérabilité dans le domaine cyber. L’architecture du système de combat pourrait donc être modifiée pour faire face à ce type de menace. Comme les systèmes d’information, le Rafale pourrait bénéficier d’une architecture en couche. L’objectif serait notamment de pouvoir faire cohabiter deux liaisons de données sécurisées et d’accueillir des SNA (Système de navigation et d’attaque) complémentaires. Ces modifications concerneront en grande partie les logiciels, le SNA du Rafale étant déjà bien structuré. Les capteurs seront aussi au cœur du développement du standard F4 du Rafale. Un viseur de casque pourrait être intégré. Ce système est très attendu par les pilotes aussi bien pour les missions d’attaque au sol (notamment en appui aérien), que pour le combat air-air. Il permet notamment de désigner rapidement une cible, partager une information précise dans un contexte dense, de la transmettre au système de combat, dont l’équipier. Le viseur de casque permet donc aux équipages de travailler plus rapidement et plus efficacement. Il redonne aussi toute sa place à un capteur souvent décisif, l’œil humain.

Capteurs.
Le radar RBE2 AESA devrait lui aussi être amélioré, notamment dans son emploi en air-sol (cartographie radar très haute résolution, poursuite de cibles mobiles au sol). Le décodeur IFF du Rafale pourrait aussi être optimisé afin d’améliorer les capacités d’identification. L’optronique secteur frontal (OSF) pourrait également faire l’objet d’amélioration, en particulier en ce qui concerne la voie infrarouge.
Enfin le standard F4 pourrait voir évoluer le système de guerre électronique Spectra, qui est déjà l’un des principaux atouts du Rafale. Les capacités de détection du système pourraient être accrues avec une extension des bandes de fréquence pour traiter l’arrivée, à l’horizon 2030, sur les théâtres de nouvelles menaces fonctionnant en hautes ou en basses fréquences. Les capacités de leurrage électromagnétique et infrarouge du Rafale pourraient aussi être améliorées.

Armement.
Tous ces capteurs sont essentiels à l’engagement, tout comme l’armement du Rafale qui évoluera lui aussi. L’appareil pourra ainsi emporter le missile de croisière Scalp rénové dont le développement a été confié à MBDA en février 2017 par la France et le Royaume-Uni. Le missile air-air Mica sera remplacé par le Mica de nouvelle génération. Le Meteor devrait lui aussi déjà évoluer.
L’un des chantiers majeurs de la rénovation concernera l’AASM. Cet armement très apprécié en opération devrait bénéficier d’une nouvelle version baptisée Block 4. Le but est double. D’une part, réduire les coûts en développant un nouveau kit de propulsion et quelques composants clés, sans porter atteinte aux performances connues. D’autre part, étendre vers le haut le spectre capacitaire avec une augmentation de portée, des améliorations de performances des autodirecteurs ainsi qu’une diversification des charges emportées (1 000 et 500 kg). Pour rappel, le couple Rafale-AASM permet de frapper simultanément plusieurs cibles à de grandes distances, (bien supérieures à celles atteintes avec les kits de guidage GBU).
Des réflexions sur l’évolution du soutien du Rafale ont également été intégrées dès les premières discussions à propos du standard F4. Il s’agit d’une démarche essentielle de la conception de tout nouveau standard. Si la maintenance est aujourd’hui bien maîtrisée par l’armée de l’Air et la Marine nationale, l’objectif est de poursuivre cette dynamique. Chaque sous-ensemble sera donc étudié afin d’observer son évolution.
Les outils de recueil, analyse et diagnostic des pannes devraient ainsi être optimisés afin de les identifier plus rapidement et plus finement. Les mégadonnées pourraient faire leur entrée maîtrisée dans le système de maintenance. Mais un élément ne changera pas : le besoin de disposer de personnel bien formé et expérimenté. Si les pannes les plus fréquentes et les moins importantes peuvent être diagnostiquées de façon automatique, les pannes les plus complexes devront toujours être analysées par les mécaniciens. Le moteur compte pour 50 % environ de la disponibilité d’un avion de chasse. Le M-88 devrait donc faire l’objet d’évolutions (voir p. 89).

Discussions en cours.
Tous ces éléments seront fixés dans les mois à venir à l’issue des discussions en cours. L’objectif étant de lancer en 2018 le développement du standard F4. Celui-ci devrait être déclaré opérationnel en 2025, mais certaines fonctionnalités pourraient être disponibles à partir de 2022. L’armée de l’Air et la DGA chercheront à garder une flotte homogène et à établir une feuille de route claire, notamment pour les industriels. Autre certitude, le Rafale restera la pierre angulaire du système de combat futur de l’armée de l’Air.

http://www.air-cosmos.com/vers-le-rafale-f4-97283
Revenir en haut Aller en bas
Fox-One
General de Brigade
General de Brigade


messages : 3602
Inscrit le : 20/09/2007
Nationalité : Maroc
Médailles de mérite :



MessageSujet: Re: Le Rafale   Mer 13 Sep 2017 - 18:48

Air et Cosmos a écrit:
Rafale en Belgique : La France change de stratégie

La France ne déposera pas de réponse à l'appel d'offre belge pour le remplacement des F-16. Paris propose cependant un partenariat approfondi.


La Belgique attendait aujourd'hui les réponses des industriels à son appel d'offre pour le remplacement des F-16 de sa composante Air. Comme l'a annoncé la presse belge, seuls les Etats-Unis avec le F-35 de Lockheed Martin et le Royaume-Uni avec le Typhoon du consortium Eurofighter ont déposé des dossiers.

Pour autant, la France ne renonce pas à l'idée de vendre le Rafale en Belgique. Florence Parly ministre des armées a annoncé le 7 septembre vers 16h00 qu'elle a proposé "au ministre de la Défense du Royaume de Belgique la mise en place d’un partenariat approfondi."

Selon le ministère des armées, ce "partenariat structurant, qui pourrait prendre la forme d’un accord intergouvernemental, comprendrait la fourniture de l’avion de combat Rafale (De Dassault Aviation NdlR), mais aussi une coopération approfondie entre nos deux armées de l’air dans les domaines opérationnels, de formation et de soutien, ainsi qu’une coopération industrielle et technique impliquant des entreprises des deux pays."

"Déjà largement implantés en Belgique depuis la fin des années 60, avec neuf entreprises filiales, plus de 3 000 salariés belges dans des emplois à haute valeur technologique, un réseau de plus de 800 fournisseurs référencés et plus de 800 M€ de commandes annuelles à la Belgique, Dassault Aviation et ses partenaires proposent aux partenaires économiques des trois régions belges, une stratégie de coopération à moyen et long termes véritablement structurante pour l'avenir de l'industrie belge qui contribuera au renforcement de l'Europe de la Défense", a déclaré Eric Trappier, président de Dassault Aviation.

L'avionneur français en profite pour rappeler que "le Rafale a démontré de façon incontestable sa totale interopérabilité OTAN en opérations de combat. Ses coûts d'acquisition et d'utilisation sont connus et sans surprise, et sa conception garantit à la Belgique de rester à la pointe de la technologie dans les 40 à 50 années qui viennent".

En coulisse, il se dit que ce partenariat serait un moyen de passer outre un appel d'offre conçu pour favoriser l'offre américaine et pour lequel les français ou encore les britanniques n'auraient pas réellement de chances. Rappelons que les suédois qui proposaient le Gripen E de Saab avaient déjà jeté l'éponge.

Le Royaume-Uni, l'Italie, la Norvège, les Pays-Bas, le Danemark ont déjà choisi le F-35. La France estime que le choix du Rafale par la Belgique pourrait permettre de renforcer l'Europe de la Défense et son autonomie stratégique.

http://www.air-cosmos.com/rafale-en-belgique-la-france-change-de-strategie-99651
Revenir en haut Aller en bas
BOUBOU
General de Brigade
General de Brigade
avatar

messages : 3038
Inscrit le : 07/08/2008
Localisation : en territoire hostile
Nationalité : Maroc-France
Médailles de mérite :

MessageSujet: Re: Le Rafale   Mer 13 Sep 2017 - 20:51

Même le coût de dépôt d'un dossier revient trop cher pour la France!
Vraiment ces crêves la faim de chez Dassaut vont faire couler la boîte un jour ou l'autre...
Ils sont trop protectionniste. même avec les pays européens. A force de vouloir faire cavalier seul on tombe de son cheval...

_________________
L'homme sage est celui qui vient toujours chercher des conseils dabord, des armes on en trouve partout.

feu Hassan II.

http://www.youtube.com/watch?v=AbjNQ_5QvgQ
Revenir en haut Aller en bas
Fox-One
General de Brigade
General de Brigade


messages : 3602
Inscrit le : 20/09/2007
Nationalité : Maroc
Médailles de mérite :



MessageSujet: Re: Le Rafale   Mer 13 Sep 2017 - 22:28

BOUBOU a écrit:
Même le coût de dépôt d'un dossier revient trop cher pour la France!
Vraiment ces crêves la faim de chez Dassaut vont faire couler la boîte un jour ou l'autre...
Ils sont trop protectionniste. même avec les pays européens. A force de vouloir faire cavalier seul on tombe de son cheval...

C'est pas bête non plus a vouloir mutualiser les moyens aériens avec un voisin tt près. Les coûts de formation et de transformation d'entretien vont quasiment se diviser par 2.
Revenir en haut Aller en bas
jf16
General de Division
General de Division
avatar

messages : 21147
Inscrit le : 20/10/2010
Localisation : france Aiacciu
Nationalité : France
Médailles de mérite :


MessageSujet: Re: Le Rafale   Sam 30 Sep 2017 - 17:52

Citation :
vendredi 29 septembre 2017
   
Le Rafale est mort, longue vie au Rafale ?  



© Air & Cosmos.

La France s'est ménagée de nombreuses options quant à la prochaine génération d'avions de combat dans un cadre européen, même si la tentation subsiste de ne pas fermer la porte à l'option nationale si dévalorisée, malgré son éclatante réussite pour répondre aux objectifs politico-stratégiques. Entre les calendriers des uns (Royaume-Uni, Allemagne, Belgique) et des autres (Armée de l'Air et Marine nationale), le débat doit s'ouvrir sur l'appareil de supériorité aérienne qu'il nous faut et qui demeure indispensable pour notre autonomie d'appréciation et d'action - et partant de là, de notre capacité à entrer en premier sur un théâtre d'opérations.

Il a pu se dire lors de récentes rencontres aériennes – peut-être au cours d’un exercice Atlantic Trident entre les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ? – que le F-35A aurait surpris par ses capacités de supériorité aérienne. Dans cette perspective, si le F-35 est régulièrement présenté comme aéronef non-spécifiquement conçu comme un avion de supériorité aérienne, les nouvelles normes technologiques américaines en la matière dont il bénéficie lui procurerait des avantages dans l’action réseau-centrée relativisant le handicap que représente le fait d’avoir été optimisé pour l’attaque au sol plutôt que pour la chasse et l’interception.


Le danger du F-35 ?

Le Chef d’État-Major de l’Armée de l’Air, le général André Lanata, devant la commission Défense et forces armées de l’Assemblée nationale le 19 juillet 2017 s’exprimait ainsi : « le F-35 va constituer rapidement un standard de référence dans les armées de l’air mondiales, pas uniquement aux États-Unis mais aussi chez nos principaux partenaires. Que l’on soit surclassé par les États-Unis n’est pas surprenant ; que l’on commence à l’être par des partenaires équivalents est une autre affaire. »

Faut-il s’inquiéter outre-mesure ? A priori : non. Ce que le F-35 fait mieux, un Rafale remis à niveau convenablement, dans le cadre du standard F4 ou Rafale + par exemple, le pourrait tout aussi bien. L’avantage opérationnel du F-35 repose sur des briques technologiques que la France possède ou est en train de développer (nouvelles technologies GaN (nitrure de gallium (GaN) pour les antennes radar et SPECTRA (Système de Protection et d'Évitement des Conduites de Tir du Rafale), utilisation des DDM-NG (Détecteur de Départ Missile Nouvelle Génération) couplées à un nouvel OSF (Optronique Secteur Frontal) pour la veille/détection/tracking dans les bandes IR et UV, fusion de données multi-vectorielle intra-patrouille, etc), et qui ne sont pas encore intégrées sur le Rafale au standard F3R. Dès l’origine du programme, le Rafale est conçu pour pouvoir évoluer facilement tout au long de sa carrière. Même si sa cellule est moins furtive que celle du F-35, la conception du Rafale lui confère des performances (qualités de vol, autonomie, accélération, maniabilité etc.) comparables ou supérieures à celle de son concurrent américain. L'architecture physique et électronique de l'avion est alors prévue pour pouvoir intégrer de nouveaux sous-systèmes de dernière génération, avec des réserves de puissance et de volume nécessaire pour pouvoir ajouter, si nécessaire, des moteurs légèrement plus puissants, ou encore des antennes radar latérales, des calculateurs de dernière génération etc. L’enjeu repose alors sur l’effort à consentir pour l’intégration de ces différentes briques : raison pour laquelle il devient impératif d’aboutir au Rafale F4. Sans cela, le F-35 redéfinira seul les nouveaux standards en matière de détection, de liaisons de données et de travail en réseau, ce qui pourrait conduire à l’exclusion des avions français des coalitions internationales menées par les États-Unis, indépendamment des capacités opérationnelles réelles de l’appareil. C’est à cette aune et dans cette perspective qu’il faudrait comprendre la prose du général Lanata.


© Patrick BERTAUX. Un des deux F-35 de test néerlandais. L’achat de 85 appareils par les Pays-Bas, au détriment
du Rafale, a été successivement réduit à 65 puis 37 appareils en raison de l’augmentation continue du prix unitaire.
 


Néanmoins, le F-35 demeure l’horizon central des forces aériennes européennes. L'Europe danse une valse à quatre temps pour renouveler son aviation de combat. Le premier de ces temps est donc le programme Joint Strike Fighter dont plusieurs pays européens sont partenaires (Royaume-Uni (partenaire de premier niveau), Italie et Pays-Bas (partenaires de deuxième niveau), Norvège et Danemark (partenaires de troisième niveau) tandis que le F-35 est suggéré ou proposé comme candidat au remplacement d'avions de combat dans les forces aériennes et aéronavales d'autres nations, à savoir l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la Pologne et la Suisse.

L'intérêt ou la conséquence de la participation au programme JSF et de l'achat de F-35 est, de facto, par les coûts très important de cette ambitieuse machine dont l'industrialisation était lancée avant la finalisation du développement, renchérissant les coûts une nouvelle fois, de réduire presque d'autant les budgets de recherche et développement consacrés à des programmes nationaux ou multilatéraux.

Quelles solutions européennes ?

Deux programmes sont successivement annoncés afin de prendre la suite des Eurofighter, Rafale et Tornado :

Dans un premier temps, le traité de Londres - ou accords de Lancaster House - est signé par Nicolas Sarkozy, Président de la République française, et David Cameron, Prime minister du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord le 2 novembre 2010. Il comprend, notamment mais pas seulement, une phase préparatoire à des études communes visant à poursuivre les travaux menés dans le cadre des programmes nEUROn et Taranis. Plusieurs industriels sont alors impliqués : Dassault-Aviation et BAE Systems comme chefs de file du projet, Thales et Selex ES pour l’électronique embarquée et les senseurs, ainsi que Safran et Rolls-Royce pour la motorisation.

Au troisième sommet franco-britannique depuis la signature du traité de Londres, le 31 janvier 2014, est signé trois accords supplémentaires dont l'un concerne une étude de faisabilité du système de combat aérien du futur (SCAF/FCAS). Cette phase de travaux d'une durée de deux ans pour 145 millions d'euros portaient sur les architectures des systèmes, les technologies-clés et la définition des moyens de simulation d’un drone de combat. Cette étude de faisabilité permettra également de préciser les budgets nécessaires au lancement en 2016 du développement et de la réalisation du démonstrateur de drone de combat.

Dans le cadre de cette coopération, la France prévoit de mettre à profit l’expérience acquise dans le domaine des drones de combat au travers du démonstrateur technologique nEUROn, dont Dassault-Aviation assure la maîtrise d’œuvre. L’accord définitif est prévu pour Juillet 2014 et précèdera la signature des contrats afférents. L'accord est scellé au Salon de Farnborough. Et au terme de ces travaux, soit deux années plus tard, France et Royaume-Uni décident de consacrer deux milliards d'euros pour la réalisation d'un démonstrateur. Un bilan technique sera réalisé en 2020.

Le SCAF est sur de bons rails avec 2,145 milliards d'euros de budgets cumulés, à comparer aux 460 millions d'euros du nEUROn, 210 millions d'euros pour le Taranis ou, encore, aux 10,6 milliards d'euros de frais de développement du programme Rafale.



Drone nEUROn évoluant en formation avec un Rafale. Ce drone n’est qu’un démonstrateur, mais sa conception
générale pourrait préfigurer celle du futur UCAV qui pourrait dériver du programme SCAF.


C'est pourquoi l'annonce faite lors du conseil franco-allemand de défense et de sécurité (institué par le protocole additionnel du 22 janvier 1988 au Traité de l’Elysée du 22 janvier 1963) du 13 juillet, se tenant à l’Élysée sous la direction d'Angela Merkel et Emmanuel Macron, fut surprenante à plus d'un titre. "La France et l’Allemagne conviennent de développer un système de combat aérien européen, sous  la direction des deux pays, pour remplacer leurs flottes actuelles d’avions de combat sur le long terme. Les deux partenaires souhaitent mettre au point une feuille de route conjointe d’ici à mi- 2018." Berlin prendrait sa décision en 2018 afin de déterminer si l'après-Eurofighter et Tornado passera par un achat sur étagère - et l'intérêt témoigné par l'Allemagne à l'égard du F-35 a fait grand bruit - ou bien le développement d'un nouvel avion de combat.

Les options européennes pour remplacer les actuels chasseurs-bombardiers s'enrichissent de deux opérations de coopération. La porte n'est pas fermée à une entrée de l'Allemagne dans le SCAF/FCAS, sans que cela soit une option suffisamment évidente puisque Berlin et Paris annonçaient le 13 juillet 2017 un programme distinct rien que dans l'existence dans l'annonce. En attendant une clarification de la position allemande, les hypothèses sont légion pour imaginer l'éventail des possibles.

Au-delà de son implication auprès du Royaume-Uni d'une part, et de l'Allemagne de l'autre, Paris a créé la surprise au début du mois de Septembre, en décidant non pas de se retirer de l'appel d'offres pour remplacer les F-16 de la composante Air belge, comme cela avait été envisagé, mais bien de proposer un partenariat politique autour du programme Rafale. L’offre française reposerait sur un mystérieux "Rafale +" évoqué par la ministre des Armées. Il pourrait s'agir de deux hypothèses distinctes :

La première est une version du Rafale F4 intégrant les besoins, mais aussi les moyens financiers de la Belgique, si c’est bien de cela dont il s’agit. Pour l’industrie française et Bercy, un tel partenariat autour d’un standard F4 “belgisé” serait une aubaine à l’heure des réductions ­– par ailleurs très discutables – des livraisons françaises, permettant de continuer à alimenter les chaînes d’assemblage de Dassault tout en partageant le financement (et les retours sur investissement) de l’évolution technologique du Rafale. Dans tous les cas, il s’agit bien pour la France de proposer un Rafale à un standard supérieur au F3R actuellement commercialisé, et ce afin de développer rapidement un standard adapté aux problématiques d’hyper-connectivité des avions de prochaine génération, ce qui couperait alors l’herbe sous le pied à une grande partie des arguments commerciaux de Lockheed-Martin.

La deuxième hypothèse pourrait correspondre à un Rafale de nouvelle génération, matériellement différent du F3R et F4, ce qui reviendrait à intégrer la Belgique au développement du futur standard du Rafale, avec d’énormes retombées pour l’industrie locale, mais aussi un bon moyen pour Dassault et la France de pérenniser le Rafale à l’heure où se dessinent les futurs systèmes de combat aériens européens, pilotés ou non. Si cette hypothèse, relativement improbable, s’avérait faire partie des options proposées à Bruxelles par Paris, il s’agirait alors d’un travail bien plus profond qu’un simple nouveau standard du Rafale, pouvant aller jusqu’à une évolution architecturale du Rafale et de sa cellule.

Au final, il ne serait pas improbable que l’accord proposé à la Belgique présente une solution intermédiaire entre ces deux hypothèses, à savoir l’achat par Bruxelles d’un standard F4 boosté, le "Rafale +", basé sur l’architecture actuelle de l’appareil mais avec des équipements de dernière génération aptes à concurrencés le F-35 et à répondre aux besoins de la Composante Air, tandis que l’industrie belge se verrait pleinement intégrée à la conception et l’industrialisation des futures évolutions du Rafale, même si celles-ci ne seraient destinés qu’à la France et/ou au marché exportation.

Toutes les options étant posées, d'un point de vue franco-français, la valse se réduit à trois temps puisqu'il n'est pas envisageable, eu égard aux impératifs stratégiques définis régulièrement par le politique, de se contenter d'acquérir des F-35. Reste alors ces trois temps que sont le SCAF, le programme franco-allemand que l’on pourrait qualifié de "SCAE" (Système de Combat Aérien Européen) et le "Rafale +", hautement spéculatif. La France a-t-elle les moyens de disperser ses efforts, dans des programmes parfois contradictoires les uns vis-à-vis des autres ?

D’un point de vue économique, il est évident qu’il s’agit d’un luxe que nos armées et notre industrie de peuvent pas se permettre. Et cela sans compter que la viabilité politique des deux premiers partenariats est douteuse :

Du côté britannique, le SCAF peut être une formidable opportunité pour développer les procédures, les moyens de communication, mais surtout les systèmes de méga-données (big data) et d'intelligence artificielle, les fusions de données et les nouveaux standards de liaisons de données (datalink) afin de préparer le Rafale et les futurs vecteurs de nos forces aériennes (y compris les remplaçants des AWACS et autres Atlantique 2) à l'ère de l'hyper-connectivité, réduisant d'autant l'argument du F-35, avec ou sans UCAV à ses côtés. Mais Londres poursuivra-t-il la coopération bilatérale au-delà de la production d'un ou plusieurs démonstrateurs ? Outre les logiques campagnes d'essais en vol, il s'agirait de décider quoi faire de ces recherches. L'achat de F-35 - jusqu'à 132 machines - par Londres n'oblige pas autant au développement d'un UCAV que la modernisation continue du Rafale, par exemple, par Paris. Il est plutôt envisageable que le SCAF débouche, en terme de vecteurs armés, sur un programme conjoint de drone de combat (UCAV) "basique", au croisement du Taranis et du nEUROn. À la condition, cependant, que les deux nations consentent à trouver viable économiquement de se satisfaire d’une cible assez modeste pour ce programme, probablement à hauteur de 30 à 40 machines pour la France et d’une cinquantaine pour le Royaume Uni. Rien n’est moins sûr.


Par contre, le remplacement de l'Eurofighter dont le programme de développement est sans cesse réduit par les sommes investies ailleurs, en particulier dans le F-35, laissera à terme le Royaume-Uni sans intercepteur. Logiquement, la coopération franco-britannique ménagerait une solution intéressante. Sauf que, avant même de définir l'EAP, Londres s'était d'ores et déjà engagé avec Washington sur les prémices du JSF. Et, aussi, ce solide partenariat demeure un impératif dans le développement du SCAF car Londres doit blanchir ses propres recherches des résultats obtenus d'avec les États-Unis. Par ailleurs, et sous un autre angle, le SCAF/FCAS n'est pas la seule possibilité de coopération pour Londres en matière de cinquième génération puisque BAE Systems apportera son assistance technique au TAI TFX turque, développera le next-generation Advanced Hawk trainer, futur avion d'entraînement pour les appareils de cinquième génération et, enfin, une coopération avec le Japon sur un avion de combat de cinquième génération. L'intérêt du traité de Londres de 2010 et de son accord de 2014 sur le SCAF/FCAS est alors franchement relativisé car il s'agit d'une option diplomatique à pondérer avec les trois autres du Royaume-Uni.

Le partenariat avec l'Allemagne amène à bien moins de commentaires puisque la surprise de sa création est proportionnelle à la faiblesse de son contenu. Le contentieux risque très fortement d'être industriel dans la mesure où les coopérations industrielles avec Berlin sont hautement compliquées tant la part industrielle allemande et l'apprentissage de ces mêmes industries dans la coopération est, peut être, le principal objectif stratégique de Berlin, en tous les cas plus haut que la question de la souveraineté. Que dire des difficultés rencontrées sur les programmes Eurofighter et A400M (volonté de développer les capacités aéro de MTU) ? Des déboires de l'entreprise allemande OHB-System pour la constellation de satellites de navigation Gallileo ? Et plus encore, n'ayons pas la mémoire courte, quid du char Napoléon franco-allemand à 80% allemand dans la répartition de la charge industrielle ? Du Tigre sans fenestron car sinon l'hélicoptère aurait eu l'air trop français ? De TKMS dont Berlin préférait voir les EAU devenir actionnaire plutôt que DCNS monte au capital afin de lancer un "Airbus naval" comme réclamé par Paris ? Les réorganisations successives des activités Défense d'EADS devenu Airbus au profit de l'Allemagne ? Qu'est-ce que Paris a à gagner d'un partenariat avec Berlin qui joue son intérêt pour le F-35 contre les impératifs de souveraineté politique de la France, si ce n'est d'obtenir le maximum de Paris quand il n'y a rien à gagner de Washington ?

Et, pourtant, de manière surprenante, ce serait le contexte politique interne franco-français qui inviterait à considérer très sérieusement de futures décisions politiques fortes sur cette option. Le Président de la République – M. Macron – ne porte pas le groupe industriel Dassault en haute estime et s’est même fendu de le faire savoir implicitement mais publiquement par une sortie quasiment ad nominem envers le propriétaire du Figaro, Serge Dassault. Il se pourrait que, en plus d’Alexis Kholer, l’Élysée compte en son plus auguste représentant une autre personne très peu satisfaite par les victoires financières de l’hôtel de Brienne sur Bercy sous la précédente législature. Alors ministre, M. Macron a pu constater que la sacralisation des commandes de 11 Rafale par an pour les armées françaises (avant que ceux-ci ne trouvent des acheteurs à l’étranger) liait l’ensemble du budget des armées au groupe Dassault Aviation, obligeant l’hôtel de Brienne à entrer dans plusieurs bras de fers avec Bercy, et à effectuer ailleurs les coupes budgétaires imposées, quitte à ce que cela se fasse au détriment du MCO d’autres matériels, ou de la préparation des forces. En réalité, plutôt que le ministre Le Drian, c’est une victoire du DGA Jean-Yves Helmer (1996-2001) qui avait réussi à imposer à Bercy la contractualisation de la commande pluriannuelle d’avions de combat Rafale. D’où le carcan des 14 puis 11 Rafale à commander chaque année afin de viabiliser la chaîne de production. Tout comme la commande de frégates FTI, choisie par le ministre Le Drian au détriment d’un allongement de la série des FREMM afin de satisfaire les industriels de la défense nationaux plutôt que l’équipement des forces, la fidélité constante apportée à Dassault Aviation était significative de la priorité donnée aux enjeux industriels nationaux plutôt qu’à l’efficacité opérationnelle des forces françaises et européennes.

C’est pourquoi le projet franco-allemand pourrait bien bénéficier de toutes les faveurs présidentielles puisque impliquant Airbus en tant que pivot central, et non plus Dassault Aviation, le tout dans une dynamique de regroupement des puissances industrielles européennes qui n’est pas sans faire échos aux récents rapprochements entre les industries navales françaises et italiennes, ou entre Siemens et Alstom dans le secteur du rail. Une telle redistribution des cartes dans le domaine des avions de combat abattrait, de facto, l’organisation de principe édictée par l’Allemagne et la France : à Dassault Aviation l’UCAV, et à EADS puis Airbus l’UAV MALE. Cela pourrait bien entendu être vu comme une manière de contourner, voire de tordre le bras, au seul concepteur et constructeur d’avions de combat franco-français, selon les désirs présidentiels. Une autre approche, plus pragmatique, serait d’y voir une manière de retourner la dynamique traditionnelle qui existe entre Dassault Aviation et l’Armée de l’Air, et qui semble montrer certaines limites ces derniers temps. En effet, si Dassault Aviation a pour habitude de se rapprocher des besoins directs des pilotes et aviateurs au sens large avant d’obtenir les fonds nécessaires pour développer l’objet du désir des militaires, parfois au détriment des ambitions politiques ou économiques de l’État, on pourrait émettre certains doutes au sujet de l’orientation stratégique de l’entreprise dans un tel contexte. Ainsi, la manière dont Dassault Aviation se repose systématiquement sur le Quai d’Orsay pour la conduite des exportations de matériels militaire semble d’un autre âge, et les échecs commerciaux du Rafale ne semblent guère avoir remis en cause les structures décisionnelles très politisées de l’entreprise. De même, si le programme nEUROn a été salutaire tant pour les bureaux d’étude européens que pour faire la démonstration de l’excellente méthode d’organisation industrielle de l’avionneur, force est de constater que les UCAV de type "aile volante" ne représentent pas un marché de grande dimension, comme nous l’avons souligné plus haut à propos du SCAF/FCAS, particulièrement en Europe ou le remplacement des avions de combat et le développement de drones MALE semblent largement prioritaires.

S’il n’y a pas de quoi condamner Dassault, il s’agit d’autant d’éléments qui permettent de relativiser l’idée selon laquelle l’avionneur français représente la seule voie possible pour le développement et l’industrialisation de l’après-Rafale, et qu’il serait exempt de tous défauts, contrairement aux entreprises plurinationales d’Airbus comme l’A400M (dont les retards et surcoûts sont tout autant, si ce n’est plus, à mettre au solde des politiques que des industriels, rappelons-le). De quoi ouvrir des portes à Airbus et, donc, à un avion franco-allemand, dont Dassault Aviation ne serait d’ailleurs pas forcément totalement évincé.


© Airbus. Illustration du futur MALE RPAS européen. Avant même les futurs vecteurs de combat, les drones MALE
pouvant être armés vont mobiliser une part non négligeables des budgets de développement européens.


Contrairement au SCAF, le vecteur serait sans-doute piloté, ou au moins optionnellement piloté, et la cible du programme plus confortable avec un potentiel de 170 à 200 machines à raison de 120-150 pour remplacer les Tornado allemands et une cinquantaine pour le remplacement des Mirage 2000D dans un premier temps, peut-être plus s’il s’agit également de remplacer les premiers Rafale livrés au début des années 2000. Sur le plan de l’organisation industrielle, on pourrait imaginer que la maîtrise d'ouvrage irait à l’Allemagne, principal client, tandis que la maîtrise d'œuvre pourrait revenir aux Français, plus expérimentés dans le domaine des avions de combat. Le tout comprendrait évidemment une forte sous-traitance en Allemagne, nos voisins d’Outre-Rhin n’ayant pas pour habitude d’accepter un work share inférieur à leur part d’investissement, c’est le moins qu’on puisse dire. Un montage industriel qui s’accompagnerait alors de tous les risques que comporte ce genre d’aventure industrielle vis-à-vis de la situation géopolitique de la France en Europe et de son avantage comparatif en matière d’avions de combat.

En outre, l’Allemagne, a fait parvenir par l'intermédiaire d'un service de son ministère de la défense une lettre de demande d’informations auprès de Boeing, à propos du F-15, dans une version non précisée, et du F/A-18E/F Super Hornet. Une demande qui fait suite à une lettre similaire déjà envoyée à Lockheed-Martin demandant un briefing précis sur le F-35, ce qui avait d'ailleurs déjà fait couler beaucoup d'encre des deux côtés du Rhin. Par ailleurs, s’il est étonnant qu'aucune demande ne concerne le F-16, dont la dernière évolution – le Viper – est plus que crédible, force est de constater que Berlin ne s’engage définitivement pas vers une relance du développement de l’Eurofighter pour intégrer toutes les capacités air-sol (démontrant, par là, la justesse des choix français dans les années 1980 en assumant l’aventure solitaire du Rafale ?), les lettres portant demandes d’informations allemandes ne sont toujours pas parvenus aux bureaux de la DGA et de Dassault aviation pour le Rafale.

Néanmoins, les demandes effectuées auprès des avionneurs américains semblent tout de même orienter le choix de Berlin vers un chasseur lourd polyvalent



© Airbus Defence. Si le consortium Eurofighter continue de promouvoir une version plus polyvalente du Typhoon, notamment
au Moyen-Orient, l’Allemagne semble vouloir se tourner vers un autre appareil pour le remplacement de ses Tornado.  


Un Rafale XL pour la supériorité aérienne européenne du futur ?

Par ailleurs, et cela montre que le contexte n'est pas propice à la stimulation de la réflexion stratégique, le calendrier précédemment décrit invite à relever qu'il n'y a pas eu définition politique de l'aéronef recherché. Les Eurofighter et Rafale sont, en premier lieu, des avions de supériorité aérienne avant d'être des appareils d'attaque, même si l’avion français est plus équilibré que son pendant européen sur cette question. Quelles seront les qualités du futur appareil : discrétion accrue ou recherche d'une furtivité intégrale ? Vitesse supersonique, hypersonique ?  Interception ou pénétration à haute ou basse altitude ? Aéronef piloté, optionnellement piloté ou sans pilote ? La mission de supériorité aérienne lui reviendrait-elle, au moins en tant que maillon d’une chaîne de vecteurs de détection/décision/intervention ?  Les questions sont très nombreuses et le débat si peu défriché.


L'une d'elle peut apparaître comme technique mais demeure essentielle pour la France comme au temps de la définition du futur EAP (Experimental Aircraft Program) : la navalisation du futur aéronef issu, au choix, du SCAF ou du SCAE.

L'Armée de l'Air ne semble pas faire significativement évoluer ses choix quant à la supériorité aérienne, préférant se consacrer sur la modernisation continue et incrémentale du Rafale, machine bien-née. Évoquée entre les murs depuis quelques années, mais plus ouvertement affichée ses derniers mois, l’étude d’une version agrandie mais aussi plus discrète du Rafale pourrait être lancée afin de satisfaire les besoins en pénétration stratégique de l’Armée de l’Air, même si un tel appareil pourrait fournir une excellente base à un concurrent européen du F-35.

L'angle d'attaque retenu par l'Armée de l'Air afin d'amener l'idée d'un développement plus radical du Rafale par une modification assez importante de sa cellule est l'entretien de la crédibilité des FAS (Forces Aériennes Stratégiques). Afin de soutenir ses capacités de pénétration des espaces aériens adverses de moins en moins en moins permissifs, mêlant eux-mêmes intercepteurs et systèmes de défense aérienne sans cesse plus perfectionné – le S-400 accroît régulièrement sa liste de client –, une discrétion significativement accrue de la cellule est recherchée. De plus, et afin de porter le successeur de l'ASMP-A, engin hypersonique et/ou furtif bien plus long qui pourrait être bien plus longs que les ASMP-A et SCALP-EG actuels, un agrandissement de la cellule du Rafale est évoqué dans les coursives.

Une solution qui aurait le soutien, bien évidemment, de Dassault, qui y verrait une continuité entre le Rafale et sans doute un moyen de développer certains sous-systèmes qui pourraient être intégrés en rétrofit à la flotte actuelle de Rafale, mais aussi celui d’une partie des cadres de l’Armée de l’Air, qui sont particulièrement satisfait de la relation privilégiée qu’ils entretiennent avec l’avionneur national depuis un demi-siècle. Malgré les retards induits par la fin de la Guerre froide, le programme Rafale purement national a toujours su tenir ses délais, et montrer pleine satisfaction à l’Armée de l’Air qui possède une ligne de communication courte et réactive avec l’avionneur. Ce qui est loin d’être le cas concernant les programmes aéronautiques européens, au premier rang desquels figure l’A400M, qui accumule retards, limitations techniques et surcoûts, mais aussi l’hélicoptère NH-90 Caïman de l’ALAT et de la Marine, dont les déboires industriels sont bien connus des aviateurs.

Quasiment aucune information ne circule sur cette éventuelle proposition de Rafale XL, qui serait poussé par la nécessité de renforcer la FAS, mais que l’avionneur verrait sans doute comme une base de remplacement pour les plus vieux Rafale de l’Armée de l’Air, voire de la Marine. Nous nous sommes tout de même prêté au jeu des conjonctures, en prenant en compte les précédentes communications qui avaient été faites au sujet de possibles évolutions pour le Rafale, mais également eu égard aux possibilités techniques et aux contraintes opérationnelles.

Dans le but de réduire les coûts de développement, le Rafale XL pourrait sans doute être équipé, dans un premier temps au moins, d’une version agrandie et plus puissante du réacteur M88 capable de pousser 9t ou 10t avec post-combustion. Un moteur dont le développement serait déjà en partie avancé, des études ayant été menées dans ce sens par Safran pour un éventuel contrat Rafale aux Emirats Arabes Unis. La cellule de l'avion augmenterait alors, probablement entre 0,8 et 1,2 mètres de plus en longueur, et au moins, 40 à 60 cm de plus en envergure, ce qui permettrait d’ajouter deux points d’emports lourds sous la voilure, à l’instar du F-2 japonais, version agrandie du F-16. La discrétion accrue passerait par des réservoirs et antennes conformes, tout ou partie de l’armement contenu dans des cocons largables et sans doute une ou deux soutes internes de dimensions modestes mais capable d’emporter une charge air-sol minimale et une paire de missiles air-air par exemple. Il n’est pas impossible que la soute soit amovible et semi-conforme, comme le réservoir ventral qui était envisagé pour le Mirage 4000 par exemple. La perche de ravitaillement serait escamotable, et l’appareil serait doté d’une nouvelle jonction fuselage-entrées d'air, et, donc, de nouvelle entrées d'air, peut-être un modèle DSI comparable à ce que l’on trouve sur le F-35, le J-10 chinois ou le JF-17 pakistanais. L’appareil serait sans doute équipé d’une double dérive inclinée. Nous nous dirigerions, dans cette hypothèse, vers un chasseur de la classe Mach 2, probablement un peu moins. La capacité d’atteindre rapidement une vitesse entre Mach 1,5 et Mach 1,8 à haute altitude (vitesse ascensionnelle et accélération), et de maintenir cette vitesse sans post-combustion (super-croisière), serait alors plus importante que l’obtention d’un vitesse de pointe élevée. La masse maximale de l’appareil serait probablement de l'ordre des 30-32 tonnes - 25% de masse en plus que le Rafale en pleine charge. Soit peu ou prou les masses maximales au décollage des Mirage IV et Mirage 4000, dans un avion toutefois nettement plus compact.



© Dassault Aviation. Contemporain du Mirage 2000, le Mirage 4000 est un programme resté sans suite, malgré
des performances extraordinaires pour l’époque. Un Rafale XL permettrait de retrouver toutes les promesses de
ce chasseur lourd dans un avion beaucoup plus compact.



Alors que certains prophétisaient à travers le Rafale le "dernier chasseur conçu en France", il serait très difficile de réduire l'horizon de ce "Rafale XL" au seul Archipel France. Et quand bien même, il s'agira d'accorder les violons entre l'Armée de l'Air et la Marine nationale qui est demandeuse du gabarit du futur avion de combat afin de pouvoir dimensionner le Nouveau Porte-Avions (NPA). L'horizon européen pour ce Rafale qui se succéderait à lui-même - un peu comme le Super Hornet succédait au Hornet -, semble indépassable dans la classe politique française. Et ce, malgré tous les affres de la coopération multinationale et sa longue liste de surcoûts bien identifiés. Nous avons suggéré (cf. supra) une "sage prudence" à observer vis-à-vis des partenaires britanniques et allemands qui, eux, n'oublient pas autant que nous leurs intérêts nationaux, notamment industriels.

C'est pourquoi il demeure les enseignements du programme nEUROn. Le retour à une saine méthode - prônée par Dassault aviation depuis près de 35 ans - consistant dans des maîtres d'ouvrage et d'œuvre uniques et la suppression du retour géographique sur investissement remplacé par l'apport de chaque partenaire fonction de ses capacités technologiques et industrielles existantes. La France, forte des démonstrateurs nEUROn et SCAF, proposerait à l'ensemble de ses partenaires européens de la rejoindre dans le développement d'un démonstrateur d'un futur avion de combat piloté. Il s'agirait, bien entendu, du "Rafale XL", même s'il n'y a pas intérêt à mettre ce fait en avant. Il serait plus judicieux de trouver un nom consensuel aux sonorités européennes au démonstrateur. Dans cette veine, les mythologies celtes, gauloises, etc fournissent un panthéon plus que conséquent. À la manière du nEUROn, des partenaires européens, exclus des grandes manœuvres aéronautiques, risqueraient fortement d'être embarqués dans l'aventure afin de préserver leurs acquis. Quid des Espagnols (défendre leur place dans Airbus), des Grecs (face aux Turques acquérant le F-35 et souhaitant développer le TAI TFX), les Suisses (maintenant une ambition industrielle militaire), les Suédois (quelle succession pour le Gripen E/F ?), les Belges (quelles retombées pour les industriels avec le F-35 ?) ou encore les Portugais ? L’intégration de ces petites nations aéronautiques serait d’autant plus aisée dans un modèle basé sur celui du nEUROn, puisqu’il ne nécessiterait pas l’implication politique et financière des gouvernements concernés et permettrait à ces industries nationales de constituer un véritable réseau européen de l’aéronautique de défense indépendamment des commandes étatiques.

Serions-nous allés jusqu'à oublier que lorsque les programmes Rafale et Eurofighter se sont scindés sur des exigences irréconciliables (masse à vide et donc motorisation, navalisation, polyvalence, etc), l'Espagne s'était sérieusement intéressé à rejoindre la France sur le programme Rafale ? Une Espagne qui pourrait être aisément intégrée aux ambitions industrielles allemandes d’Airbus, et donc au projet franco-allemand.

Un démonstrateur centré autour de la stratégie politique française (capacités autonomes d'appréciation, de décision et d'action) mais offrant une certaine géométrie variable dans les participations de partenaires matérialiserait autant une ambition pour la défense de l'Europe autant qu'il nous éviterait le double bourbier des partenariats hasardeux et coûteux franco-britannique et franco-allemand alors que ces derniers regardent toujours vers un horizon maritime et continental auquel nous n'avons pas le rôle de nos ambitions. Sans compter qu’un tel programme s’intègrerait parfaitement dans la vision européenne du Président Macron, qui prend acte d’une Europe à plusieurs vitesses, où les nations de bonne volonté se doivent de s’associer dans des programmes ambitieux en espérant attirer à elles d’autres partenaires, plutôt que d’attendre le consensus unanime qui n’arrive jamais et semble ralentir et compliquer toutes les initiatives déjà lancées jusqu’ici.

La France devrait choisir un ou des partenaires afin de soutenir ses prétentions à une capacité autonome d’action dans la trinité guidant la stratégie militaire française (capacités autonomes d’appréciation, de décision et d’action), ce qui suppose pour la capacité à entrer en premier sur un théâtre et les capacités de pénétration de la composante aéroportée qu’autant le format arrêté par le dernier livre blanc (225 avions de combat pour l’Armée de l’Air et l’Aéronavale) que l’évolution technologique (Rafale F4) soient soutenus. Le risque étant qu’entre de nouvelles options et/ou nouveaux contrats à l’exportation (Marine Indienne, levées d'options égyptienne ou qatarie), la cinquième tranche de production n’est pas assurée de voir le jour, laissant la France avec les 180 avions livrés au terme de la quatrième tranche, et une cinquantaine de Mirage 2000D rénovés qui ne seront pas éternels, loin s’en faut.

Thibault LAMIDEL

Yannick SMALDORE
Le Portail de l'Aviation


https://lefauteuildecolbert.blogspot.fr/2017/09/le-rafale-est-mort-longue-vie-au-rafale.html  
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le Rafale   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le Rafale
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 31 sur 31Aller à la page : Précédent  1 ... 17 ... 29, 30, 31
 Sujets similaires
-
» L'achat de Rafale ou de F18 évoque au Royaume-Uni
» premier contrat pour le rafale
» L'aviation embarquée (Rafale, Super Etendard, etc...)
» Premier tir d’évaluation d’un missile ASMP-A par un Rafale
» Le Rafale lâche ses premiers Meteor

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Royal Moroccan Armed Forces :: Armement et matériel militaire :: Aviation militaire-
Sauter vers: