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 Crise Malienne - risque de partition

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charly
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 9 Fév 2013 - 20:43

La bêtise humaine pour ne pas dire autre chose.

Si un dieu existe, il doit avoir honte de ces sauvages, le point commun à toute religion est le respect de l homme et de la vie.

Le point commun de toutes ces bêtes sauvages qui se disent défendeurs de la religion, c est tout le contraire.

Citation :

Les musiciens maliens n'oublieront jamais ces mois de terreur. Un seul témoignage suffit pour que l'on prenne conscience de l'ampleur du drame. Les islamistes ont pris le contrôle du nord du Mali depuis six mois déjà. Au bout du fil, le 20 octobre 2012, Sékou Touré, guitariste, chanteur et neveu du légendaire "Bluesman du désert", Ali Farka Touré. Traqué, il a choisi de rester caché à Niafounké, sa ville natale. De la fenêtre de sa chambre, Sékou voit le fleuve Niger et, au loin, le désert sans fin. "La nuit, je sors ma guitare pour composer des chansons. Un jour, elles raconteront au monde les horreurs auxquelles j'ai assisté. Si je survis..."

"Ces fous de Dieu ont banni la musique de notre pays"
Leader du groupe de rock-blues Alkibar Gignor, Sékou Touré, 29 ans, appartient à l'ethnie des Songhaï. Ali Farka Touré, qui l'a formé, voyait en lui "la relève de la musique malienne". Le 13 mars 2012, il se produisait à Niafounké avec ses musiciens : "Des barbus sont arrivés et ont menacé de nous tuer. Tous nos instruments ont été confisqués." Les membres de son groupe se sont enfuis. Depuis le 15 janvier, impossible de joindre Sékou. "Je suis inquiet pour lui et je suis écoeuré, confie, de Bamako, le guitariste Vieux Farka Touré, fils d'Ali, qui a grandi avec Sékou. Ces fous de Dieu ont banni la musique de notre pays. Si tu obliges un Malien à ne plus jouer, c'est comme si tu lui coupais l'oxygène."

"A vous qui chantez, nous allons vous couper la langue"
A écouter

Après avoir envahi le nord du pays, les islamistes ont occupé les radios et interdit toute musique, même dans les mariages et les baptêmes. La chanteuse touareg Khaira Arby est encore sous le choc: "Le 2 mars 2012, j'écoutais la radio chez moi, à Tombouctou, quand les ondes ont été brouillées. Puis j'ai entendu une voix : "Nous, les moudjahidine, refusons la diffusion de toute musique malienne. C'est la musique du Satan." Cette voix précisait que la "sanction de Dieu" serait appliquée contre les réfractaires." Khaira vit aujourd'hui à Bamako. C'est une voix très populaire du nord du Mali. "Le lendemain, continue-t-elle, j'étais dans mon studio d'enregistrement avec un guitariste quand des fous d'Ansar ed-Dine ont fait irruption." Trois hommes armés leur lancent : "Si on coupe la main des voleurs, que doit-on faire à un guitariste qui ne respecte pas la charia ? Lui couper les doigts !" Un homme sort son couteau. Il interpelle Khaira : "Et à vous qui chantez, c'est la langue que nous allons couper !" Elle est épargnée, mais ils lui jettent un voile au visage et brûlent tout son matériel.


Sékou Touré, injoignable depuis le 15 janvier, ici avec le groupe Alkibar Gignor.
C. Kirkley
La chanteuse vient de composer une chanson pour la paix et l'unité du pays: Dounia. Ce mot signifie "la vie" dans la langue des Touareg, des Songhaï et des Arabes, les trois ethnies principales du nord du Mali, aujourd'hui rassemblées à Bamako. La capitale regorge de musiciens (un millier) qui ont fui les islamistes. Le 6 janvier, la chanteuse et guitariste Fatoumata Diawara a invité 40 artistes à y enregistrer un morceau pour la paix, Mali-Ko. "Dans mon pays, les musiciens arrivent mieux que personne à abolir les clivages entre ethnies, explique-t-elle. Mais notre culture reste menacée. Des artistes ont disparu, des groupes ont éclaté... Il faudra du temps pour tout reconstruire." Joint le 28 janvier, Cheick Tidiane Seck, 60 ans, célèbre pianiste et chanteur toucouleur, partage sa vision : "Même à Bamako, le silence règne. Ici, c'est l'état d'urgence. Les clubs sont fermés, et l'armée malienne nous explique que ce n'est certainement pas le moment de jouer." Au téléphone, le lendemain, Yehia Mballa Samake, guitariste de l'orchestre Super Onze de Gao, resté sur place, oscille entre l'espoir et la crainte : "Les musiciens ont peur : les islamistes sont éparpillés dans les territoires et sont prêts à mener des représailles. Il faudra panser les plaies avant de se mettre à jouer et à danser."


Pied de nez du destin, le studio Bogolan, créé par Ali Farka Touré à Bamako, a fêté ses 10 ans pendant le conflit : un somptueux double album, Mali All Stars Bogolan Music (Universal), restitue la diversité des artistes passés dans ce lieu historique : des Maliens - Oumou Sangaré, Boubacar Traoré... - et des stars occidentales - Björk, Damon Albarn (voir interview plus bas). Parmi les morceaux : Chatma, du groupe touareg Tinariwen. L'Express a pu joindre à la fin de janvier son bassiste et guitariste Eyadou ag-Leche : "Je suis à Tamanrasset [à 400 kilomètres au nord de la frontière malienne]. Le reste du groupe est entre Kidal et le désert." Comme beaucoup de musiciens, les Tinariwen ont résisté aux islamistes : "Nous n'avons jamais arrêté de jouer en brousse. Cela fait partie de notre vie, comme manger ou boire... Le tindé, la musique ancestrale des Touareg, se pratiquera toujours!"


Tinariwen résiste, le groupe n'a jamais arrêté de jouer dans la brousse.
M. Planielle
Le 31 décembre 2012, Abdallah ag-Lamida, chanteur du groupe, était arrêté par Ansar ed-Dine pour avoir chanté la beauté de la culture tamacheq (touareg). "Nous sommes musulmans. Chaque membre du groupe pratique à sa façon, en essayant de répandre le bien. Ces terroristes sont les porte-parole d'une folie qui n'a rien à voir avec notre religion." Puis Eyadou touche là où ça fait mal : la cause touareg... "Chatma, l'une de nos chansons les plus engagées, décrit notre position. Elle parle de liberté, de respect, d'indépendance et des revendications du peuple tamacheq..." Ce peuple minoritaire au Mali demande la liberté de circulation, des représentants au gouvernement et la fin des persécutions.

Se rassembler dans un grand concert, symbole de cohésion
D'autres sont plus radicaux. A l'image de Moussa ag-Keyna, 40 ans, chanteur, guitariste et leader du groupe Toumast. Né dans une famille de nomades, il a rejoint très jeune l'armée libyenne de Kadhafi et a participé en 1990 à la rébellion touareg contre le Mali et le Niger : "J'ai appris à jouer dans une caserne de Tripoli avec le leader et guitariste de Tinariwen, Ibrahim ag-Alhabib. Puis nous avons combattu ensemble. Notre chef était Iyad ag-Ghali. Je n'arrive pas à croire qu'il soit aujourd'hui à la tête d'Ansar ed-Dine !" Dans ses chansons, qu'il qualifie de "politiques et rebelles", il souhaite la création d'un territoire autonome pour les Touareg, l'Azawad. Salif Keita, grande figure de la musique malienne, rejette cette vision séparatiste de son pays : "Il est hors de question de privilégier une minorité. S'ils sont maliens, qu'ils vivent comme les autres Maliens. Nous devons rester unis ! J'ai toujours joué avec les Touareg et les autres communautés, et je continuerai à le faire." Alors que les villes résonnent depuis plusieurs jours des cris de liesse, Salif Keita et tous ces musiciens s'apprêtent à réaliser leur rêve : se rassembler dans un grand concert, symbole de cohésion et d'unité retrouvée, "qui tissera de [leurs] notes un habit de lumière pour le Mali", comme l'imagine Fatoumata Diawara.


Depuis dix ans, le Britannique Damon Albarn organise des concerts avec ses amis maliens. Ici à Bamako, en juillet 2012.
Simon Phipps
Damon albarn : "La menace est toujours présente"

Damon Albarn, voix de Blur et cerveau de Gorillaz, collabore avec les musiciens maliens depuis plus de dix ans. Interview en exclusivité mondiale.

Comment a commencé votre aventure malienne ?

En 1999, l'ONG britannique Oxfam m'a demandé d'être son ambassadeur au Mali. Je ne voulais pas être "la star" qui débarque pour sauver l'Afrique. Mais je suis passionné par la musique malienne, alors je suis parti à Bamako. J'ai pu jouer avec une centaine de musiciens, vivre avec eux et faire des boeufs incroyables dans des bars de Tombouctou ou de Kidal. Je me souviens d'une nuit magique en plein désert, avec Ali Farka Touré. En 2002, j'ai enregistré un album, Mali Music, à Bamako, avec mon ami Afel Bocoum, le roi de la kora Toumani Diabaté, et beaucoup d'autres. Je suis allé au Mali plus de 30 fois. J'y ai entendu des groupes électro bien plus à l'avant-garde que chez nous.

Vous étiez au Mali pendant l'occupation islamiste. Racontez-nous...

Au mois de juillet, à Bamako, je me suis retrouvé à pleurer au côté d'Afel Bocoum, avec qui je m'apprête à enregistrer un disque à Niafounké. Je suis en colère : ce qui s'est passé au Mali est une catastrophe et la menace est toujours présente ! En 2006, j'ai lancé le projet Africa Express : une série de concerts au Mali et en Angleterre. En septembre, j'ai fait venir en Angleterre 80 musiciens africains et maliens - Rokia Traoré, Salif Keita, Tony Allen... - et des Anglais comme Carl Barat et Elvis Costello. Nous avons fait le tour du pays dans un train baptisé Africa Express. Maintenant, je suis en train d'organiser un événement avec les musiciens maliens. Au mois de mars, je l'espère, nous ferons le tour du Mali avec l'Africa Express. Paul McCartney devrait être des nôtres. Le voyage se terminera par un grand concert à Bamako.

http://www.lexpress.fr/culture/musique/au-mali-s-elevent-des-voix-dans-le-desert_1217995.html
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 9 Fév 2013 - 21:06

Citation :

Citation :

Mali : nouvel attentat suicide à Gao

L’explosion qui a secoué dans la nuit de samedi à dimanche la ville de Gao, dans le nord du Mali, a été provoquée par un nouvel attentat suicide, le second en deux jours, a-t-on appris dimanche de source militaire.

« C’est un kamikaze qui s’est fait exploser », a déclaré un soldat malien sur les lieux de l’attentat, à proximité d’un poste de contrôle à l’entrée nord de Gao. La tête de l’auteur de l’attentat, un homme arabe ou touareg, gisait encore sur le sol dimanche matin. Aucun militaire malien n’a été atteint dans l’explosion, selon les soldats sur place. (BFMTV).
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charly
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Dim 10 Fév 2013 - 13:17

Citation :


Mali : histoire secrète d'une guerre surprise

Que s'est-il donc passé entre ce 13 novembre où le président assurait qu'"en aucun cas" la France n'interviendrait au Mali et le 11 janvier où il déclenchait l'opération Serval ? Les informations recueillies par Sarah Halifa-Legrand et moi-même auprès des responsables politiques et militaires dessinent un scénario assez différent de la version officielle (article publié dans le "Nouvel Observateur" du 7 février).





C'est un document historique, qui n'a pas encore été rendu public : le texte qui " légalise " la guerre française au Mali. " Le Nouvel Observateur " a pu le consulter. Il s'agit d'une lettre du président malien par intérim, Dioncounda Traoré, à François Hollande. Elle a été écrite le mercredi 9 janvier et communiquée le lendemain à l'Elysée par un télégramme de l'ambassade de France à Bamako. Dans cette missive si importante, le chef de l'Etat malien - ou de ce qu'il reste de cet Etat - appelle l'Elysée à l'aide. Mais sa requête est étrangement formulée.

" Suite aux développements récents constatés sur le terrain et à la menace qui se précise contre nos premières lignes de défense, écrit Dioncounda Traoré à François Hollande, une intervention aérienne immédiate s'impose. Celle-ci consistera à fournir un appui renseignement et un appui feu au profit de nos troupes. " Autrement dit, le président malien demande à la France de dépêcher sur-le-champ des avions et des hélicoptères afin de faciliter une contre-attaque de l'armée régulière malienne contre les forces qui menacent de prendre" la ville de Mopti ". Dans cette lettre censée fournir un cadre légal à l'opération Serval, il ne sollicite pas le déploiement de soldats français au sol.
L'affaire est d'autant plus étrange que c'est Paris qui est à l'origine de ce document. Ce même mercredi 9 janvier, le président Traoré a, en effet, écrit un premier courrier à François Hollande, qui l'a reçu au moment du conseil des ministres. Mais cette missive initiale, qui sollicite une " intervention militaire ", a été jugée " trop imprécise "par l'Elysée, qui en a demandé une autre, plus détaillée. La réécriture a pris du temps - faute de rédacteur. " Pendant plusieurs heures, nous avions perdu la trace de Traoré, nous n'arrivions pas à le contacter, nous ignorions même s'il était toujours en vie ",explique-t-on dans l'entourage de François Hollande. Les raisons de cette disparition demeurent mystérieuses. Quand il est réapparu, le président malien a signé la seconde lettre sollicitée par Paris, qui appelle donc seulement à une intervention aérienne.
Il n'en a pas signé une troisième demandant des forces au sol, ce qui aurait " légalisé " de façon indiscutable l'ensemble de l'opération Serval. Pourquoi ? Probablement parce qu'au tout début de l'intervention française au Mali Paris ne pensait pas en avoir besoin. " Le premier jour, nous ne prévoyions pas d'aller reprendre nous-mêmes Gao et Tombouctou, confie un haut responsable français. Nous n'avons décidé l'envoi massif de troupes au sol et leur montée vers le nord que le lendemain, le samedi 12, quand il est devenu évident que l'armée régulière malienne s'était volatilisée et que les djihadistes savaient éviter nos frappes aériennes. " A ce moment-là, le Conseil de Sécurité des Nations unies avait déjà fait connaître son " nihil obstat " à une intervention antiterroriste française au Mali, et le président Traoré avait déjà remercié Paris pour son action. Il devenait alors inutilement risqué d'exiger de ce chef d'Etat par intérim, si fragile politiquement, qu'il demande - noir sur blanc - le déploiement de milliers de soldats français sur son territoire.
Mystères d'une guerre... Alors que la première phase de l'opération Serval s'achève, " le Nouvel Observateur " a cherché à comprendre comment François Hollande a été conduit à l'entreprendre, pourquoi il a décidé de faire intervenir l'armée française seule et sans mandat explicite du Conseil de Sécurité des Nations unies, alors qu'il s'était plusieurs fois engagé à ne pas agir de la sorte. Au fil de témoignages " off the record ", des responsables français ont raconté les véritables origines de cette guerre inattendue.






Le compte à rebours commence dès le 15 mai, jour de l'investiture de François Hollande. Lors de son tête-à-tête avec Nicolas Sarkozy, il est beaucoup question du Sahel et des sept otages français qui y sont retenus. Les deux hommes parlent plus précisément du Mali, dont le Nord est occupé depuis quelques semaines par trois groupes djihadistes. Déjà, le 2 mai, au cours de leur débat télévisé, ils avaient évoqué le sujet publiquement. Que faire pour Bamako ? leur avait-on demandé. " La France, ancien pays colonial, ne peut intervenir directement ", avait répondu le président sortant. François Hollande s'était montré moins catégorique. S'il était élu, il comptait " oeuvrer à la stabilisation de cette partie du monde qui pourrait risquer de devenir un foyer de terrorisme ". Comment ? Pour en décider, il attendait d'avoir " toutes les informations " nécessaires.

" Quand l'équipe sortante nous a transmis les dossiers, le Mali était sur le haut de la pile,raconte-t-on au ministère de la Défense.Les conseillers du ministre sortant, Gérard Longuet, nous ont dit : "Les Français ne le savent pas, mais les risques d'attentats en provenance de cette région sont très élevés." Ils ont assuré que, depuis 2009, trois attentats sur le sol français et cinq infiltrations avaient été déjoués par les services de notre pays. " " En fait, précise-t-on à l'Elysée, les menaces d'attentats concernaient l'Europe, pas forcément la France spécifiquement. " Quoi qu'il en soit, François Hollande et Jean-Yves Le Drian, son ami de trente ans devenu ministre de la Défense, décident de prendre le dossier Mali à bras-le-corps.
" Nous considérions que nos prédécesseurs l'avaient négligé, dit-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Ils avaient adopté une stratégie à l'algérienne, qui consistait à essayer de diviser les groupes terroristes. "Selon la nouvelle équipe, cette méthode " indirecte " avait échoué : elle n'avait pas réussi à enrayer l'implantation des djihadistes dans le nord du Mali ni leur expansion dans toute la région. " La situation devenait d'autant plus grave, ajoute un responsable français, que nous voyions bien que des armes et des hommes venant de Libye arrivaient en nombre au Mali et dans la région, rejoints par quelques jeunes Français attirés par le djihad. " " Nous avons immédiatement décidé d'adopter une nouvelle stratégie, plus directe, indique la même source. Et dès le début, nous avons considéré qu'une intervention militaire serait nécessaire. " Le 31 mai, soit deux semaines après l'investiture de François Hollande, un plan est approuvé en conseil restreint. Il consiste à la fois à tenter de mobiliser la communauté internationale sur la crise du Mali et à préparer une action armée, menée si possible par les Africains eux-mêmes.
L'affaire traîne. Malgré leurs multiples déplacements à l'étranger, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et son homologue de la Défense peinent à convaincre. " Nous avons eu beaucoup de mal, pendant les premiers mois, à intéresser nos partenaires. Les Etats-Unis, en particulier, ne considéraient pas ces groupes terroristes au Sahel comme une menace pour leur propre sécurité ", explique-t-on au Quai-d'Orsay. Après la destruction très médiatisée de sept mausolées à Tombouctou, le représentant français à l'ONU, Gérard Araud, réussit tout de même, le 7 juillet, à faire adopter une première résolution coercitive sur le Mali. Mais le texte négocié est très prudent : le Conseil de Sécurité se déclare prêt à autoriser le déploiement d'une force africaine de stabilisation au Mali. Avant cela, il attend un plan d'intervention crédible et surtout... une demande des autorités de Bamako.
Car le capitaine Sanogo, l'homme fort du Mali depuis un putsch en mars, ne veut pas de troupes étrangères dans son pays : elles pourraient remettre en question son pouvoir. Le président par intérim, Dioncounda Traoré, que la communauté internationale a réussi à lui imposer, y est, lui, favorable. Mais, pour le faire taire, le capitaine a ordonné à ses sbires de le tabasser et de le désigner, lui Sanogo, président " de transition ". Si bien que, depuis fin mai, Traoré soigne ses blessures en France. Il ne peut donc donner son feu vert.



Dioncounda Traoré, président malien par intérim
A peine est-il remis sur pied que Paris le renvoie à Bamako, fin juillet. Après moult palabres et bras de fer avec Sanogo, il finit par prendre le dessus. Il écrit au Conseil de Sécurité pour demander une intervention armée internationale au Mali. Fortement inspirée par la France, la lettre arrive, comme par miracle, le 26 septembre, au moment même où se tient la réunion exceptionnelle de l'ONU sur le Sahel demandée par François Hollande. Dans la foulée, une nouvelle résolution est adoptée, le 12 octobre. Elle prévoit, à terme, le déploiement au Mali d'une force africaine dirigée par la Cedeao (la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) : la Misma. Mais, là encore, le texte ne satisfait personne.
Paris peste : cette résolution de compromis appelle Bamako à négocier avec les groupes rebelles qui accepteraient de rompre avec Al- Qaida. " Nous étions convaincus que ces discussions menées par Alger et Ouagadougou avec Ansar Dine servaient aux terroristes à gagner du temps. La suite a prouvé que nous avions raison ",dit un officiel français. Washington tonne. " La représentante américaine à l'ONU, Susan Rice, ne cessait de hurler contre cette force africaine, elle n'y croyait pas, raconte un officiel français. Elle a tout fait pour ralentir sa création. "


Susan Rice n'est pas la seule à être inquiète." Après le vote de la résolution, François Hollande a reçu des coups de téléphone de plusieurs de ses homologues africains, raconte-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Ils lui disaient que cette Misma, faite de bric et de broc, serait trop faible, trop mal équipée, qu'elle ne réussirait pas à reconquérir le Nord sans un appui aérien de l'armée française. Convaincu, le président a demandé à l'état-major de planifier un tel soutien. " Fin octobre, la France change donc en secret de stratégie.
Jean-Yves Le Drian est ravi, lui qui milite depuis plusieurs semaines pour une action musclée de la France. Début novembre, le ministre de la Défense ordonne aux services de renseignement d'établir des " dossiers de cibles " au Mali. Les satellites espions et les forces spéciales dépêchées secrètement sur le terrain repèrent les centres de commandement, les dépôts de carburant et de munitions des groupes terroristes. L'état-major, lui, prépare le plan opérationnel. Si bien que, lorsque le président de la République déclare, le 13 novembre, au cours de sa première conférence de presse à l'Elysée, qu'" en aucun cas, la France n'interviendra elle-même au Mali ", il ne dit pas la vérité : les militaires - sur son ordre - planifient bel et bien une intervention aérienne. " Nous avons préféré ne pas rendre publics ces préparatifs, explique un responsablefrançais. Nous ne voulions pas mettre en danger la vie des otages. Et puis François Hollande venait de prononcer son discours de Dakar, dans lequel il annonçait la fin de la Françafrique... De toute façon, aucune décision définitive formelle n'a été prise en conseil restreint sur cet appui aérien français à la Misma. " Cependant, " celui-ci était acquis ", ajoute cet officiel.
Fin octobre, alors que 2 000 soldats sont en train de rentrer d'Afghanistan, François Hollande demande la planification d'un second schéma d'intervention de l'armée française - seule, cette fois. Et avec des troupes au sol. " Le président a dit : "Et si les djihadistes décident d'agir ensemble avant l'arrivée de la Misma, justement pour empêcher son déploiement, que ferons-nous ?", raconte un responsable français. Un tel scénario nous paraissait peu probable puisque les trois groupes terroristes ne se parlaient plus depuis plusieurs mois. " Le risque paraissait d'autant moins immédiat que l'un de ces groupes, Ansar Dine, venait d'accepter - ou faisait semblant - de négocier avec le pouvoir malien. " En fait, dans la phase qui précédait le déploiement de la Misma, nous redoutions surtout des attentats contre les intérêts français en Afrique ou des prises d'otages à Bamako ou ailleurs, poursuit l'officiel français. Néanmoins, à la demande du président, nous avons planifié une riposte française, aérienne et terrestre, à une éventuelle descente des djihadistes vers le sud. " Cette planification, dont les plus hautes autorités de l'Etat nient sur le moment l'existence, servira de base à l'opération Serval.
Le scénario improbable devient réalité fin décembre. Le 20, le Conseil de Sécurité vote une troisième résolution, qui prévoit, enfin, le déploiement effectif de la Misma au Mali. " Tout de suite après, les écoutes montrent qu Ansar Dine, le Mujao et Aqmi communiquent de nouveau. Ils préparent un mauvais coup, dit un officiel français. Dans le même temps, nos interlocuteurs africains commencent à nous décrire des regroupements de pick-up. Des chefs d'Etat de la région en parlent à François Hollande. "Pour en avoir le coeur net, les services de renseignement français demandent à leurs homologues britanniques et américains s'ils ont repéré la même chose. Leur réponse est positive.

Le dimanche 6 janvier, l'offensive des djihadistes vers le sud est imminente.L'état-major dépêche des avions espions Atlantic 2 et des forces spéciales au Nord, à Sévaré, pour suivre leurs mouvements. Les Français constatent qu'à l'évidence les groupes ont décidé d'agir. " Ils étaient convaincus que nous les laisserions faire, que nous n'interviendrions pas, dit-on dans l'entourage de François Hollande. Ils avaient constaté que, quelques jours auparavant, en Centrafrique, nous n'avions pas répondu à l'appel du président Bozizé qui nous demandait de venir le défendre contre des rebelles. Nous avions dépêché des forces uniquement pour protéger nos ressortissants, pas pour sauver son régime. " Les djihadistes croient la voie ouverte. Ils commencent leur avancée.
François Hollande décide d'intervenir le 10 janvier, après que les trois groupes, organisés non en une grande colonne comme on l'a dit mais en de multiples groupes d'une vingtaine de pick-up répartis sur 200 kilomètres, ont chassé l'armée régulière de la ville de Konna et franchi la frontière symbolique entre le nord et le sud du Mali. Les djihadistes veulent-ils descendre jusqu'à Bamako, situé à 650 kilomètres de là, et s'emparer de la capitale, comme l'affirmeront les officiels français ? Pas sûr. " Par les écoutes, nous savions qu'ils voulaient prendre Sévaré, une ville très importante, notamment à cause de son aéroport, dit un officiel. Mais nous n'avions pas d'éléments probants concernant Bamako. " " En fait, même si nous ne pouvions l'exclure totalement, raconte unautre, nous ne croyions pas qu'ils voulaient s'enfoncer dans le Sud, en terres bambaras totalement hostiles. En fait, nous ne pensions pas qu'ils voulaient prendre eux-mêmes le pouvoir sur l'ensemble du pays, mais plutôt par procuration. "
Les 8, 9 et 10 janvier, en effet, les services de renseignement relèvent un fait troublant : les groupes terroristes, et particulièrement Ansar Dine, sont en contact permanent avec les leaders des manifestants qui, à Bamako, exigent, depuis quelques jours, le départ du président Traoré. " Notre analyse, dit unofficiel, était que les djihadistes et les manifestants, contrôlés en fait par le capitaine Sanogo, s'étaient mis d'accord pour mener une action conjointe : les premiers prenaient Sévaré tandis que les seconds dénonçaient l'incapacité du pouvoir en place à empêcher la chute d'une ville si importante. "Résultat : le président par intérim, Dioncounda Traoré, chutait " dans les quarante-huit heures ", et un nouveau pouvoir s'installait à Bamako. De mèche avec les terroristes, les putschistes n'auraient pas autorisé le déploiement de la Misma et encore moins une intervention militaire française. Toute la stratégie de Paris s'effondrait. Et le Mali devenait, de fait, un sanctuaire pour les djihadistes.
Vincent Jauvert avec Sarah Halifa-Legrand
http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/02/08/mali-histoire-secrete-d-une-guerre-surprise.htm
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Mezghena
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Mar 12 Fév 2013 - 23:10

Citation :
Lavrov. « La France combat au Mali ceux qu'elle a armés en Libye »



La France est en train de combattre au Mali ceux qu'elle avait armés en Libye, a estimé dimanche le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en appelant les Occidentaux à avoir "une vue d'ensemble" sur la région.

"Au Mali, la France lutte contre ceux qu'elle avait armés en Libye contre le régime de Kadhafi en violant l'embargo du Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré M. Lavrov dans une interview à la télévision russe diffusée en Extrême-Orient et dont les extraits sont publiés par les agences de presse russes.

Les mêmes groupes luttent en Syrie contre le régime du président Bachar al-Assad, a poursuivi le ministre, dont l'interview devait être diffusée en Russie centrale à 19h30 GMT.

"Je suis accablé par l'incapacité de nos partenaires d'arrêter de fixer un point sur la carte et d'avoir une vue d'ensemble sur la région", a-t-il poursuivi.

La France est intervenue au Mali à la demande des autorités de Bamako, à la suite d'une offensive islamiste vers le Sud en janvier.

Le Nord du Mali est depuis le début de 2012 sous la coupe de groupes armés jihadistes, devenant un sanctuaire pour el-Qaëda au Maghreb Islamique (Aqmi).

M. Lavrov avait critiqué dans le passé les largages d'armes françaises à la rébellion hostile au régime de Mouammar Kadhafi, dénonçant des "interprétations" abusives de la résolution de l'ONU autorisant le recours à la force pour protéger la population civile.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, s'était abstenue lors d'un vote sur la Libye en mars 2011 qui a permis les frappes internationales contre les forces de Kadhafi, conduisant à la chute du régime.

Mais Moscou n'a eu de cesse par la suite de répéter que l'ampleur de l'intervention des avions de l'Otan contre les installations libyennes sortait du cadre de la résolution des Nations unies.
http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-9737.html

Citation :
Reynders plaide pour un dialogue politique Nord-Sud au Mali

Belga | 12 Février 2013

La Belgique plaide pour un dialogue politique entre les "forces" du nord et celles du sud du Mali, où une intervention militaire est en cours, a déclaré mardi à Alger le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders.

"Il y a un partage d'idées communes (avec l'Algérie) sur la situation au Mali. Au delà de l'effort sécuritaire, c'est l'éffort de dialogue politique. Il faut une reprise du dialogue entre les forces du sud et du nord du Mali", a dit Didier Reynders lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue algérien Mourad Medelci. "Dans la lutte contre le terrorisme, la solution la plus efficace n'est pas seulement sécuritaire mais c'est le soutien de la population et un projet de développement d'un Etat qui peut faire reculer le terrorisme. On va y travailler ensemble avec la communauté internationale", a-t-il ajouté.

Le ministre a dit également espérer que "la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), prendra le relais le plus rapidement des opérations" en cours au Mali. Au total, près de 8.000 soldats africains sont attendus au Mali pour épauler les forces maliennes et prendre le relais de l'armée française, mais ils n'arrivent qu'au compte-gouttes, leur déploiement étant ralenti par des problèmes de financement et de logistique. Il y a un "effort particulier à réaliser en matière de sécurité au Mali. La Belgique y contribue et souhaite et y contribuer à l'avenir au delà de l'opération Serval dans le cadre des opérations européennes", a encore indiqué M. Reynders.

Une quarantaine de militaires belges sont partis fin janvier au Mali, où ils sont chargés des deux hélicoptères d'évacuation sanitaire mis à la disposition de l'opération Serval par la Belgique. (PVO)
http://www.rtl.be/info/belgique/politique/980223/reynders-plaide-pour-un-dialogue-politique-nord-sud-au-mali
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Isak
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MessageSujet: Soutien ROyal à l'operation Serval   Mer 13 Fév 2013 - 15:38

Citation :
Le roi du Maroc, Mohammed VI, approuve sans réserve l'intervention française au Mali. Et rappelle que la menace terroriste pèse sur l'ensemble de la région.
Mohammed VI n'était pas présent, mais son message a été entendu. Lu par Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement marocain, il s'adressait aux participants au 12e sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui s'est tenu au Caire les 6 et 7 février. Exprimant un soutien sans faille à l'intervention française au Mali et un rejet tout aussi franc du terrorisme, le roi a exhorté les pays de la Oumma à « mobiliser [leurs] ressources naturelles et humaines » et à cesser « d'imputer [leurs] difficultés à des facteurs externes ».
Il a ensuite longuement détaillé la position marocaine sur la guerre au Mali, notant que « c'est en réponse à l'appel d'urgence des autorités de Bamako, et face à la poussée de groupes terroristes armés qui voulaient contrôler le pays tout entier et soumettre ses populations, que s'est déclenchée l'intervention rapide et efficace des forces françaises, accompagnées des forces maliennes et africaines ». Le souverain s'est félicité que cette « position ferme » ait permis de stopper la conquête jihadiste du Sud-Mali puis de commencer à libérer le Nord « avec ses cités anciennes, ses populations musulmanes et ses monuments religieux », citant en exemple « la ville de Tombouctou, l'une des plus prestigieuses de la civilisation islamique ». « Il n'est pas question seulement du Mali, mais d'un danger qui s'étend à tous les pays de la région, ébranle leur stabilité et met à mal leur unité. Ce problème appelle une solution globale conçue dans le cadre de la légalité internationale », a également souligné Mohammed VI.
Polisario connection
Au même moment, Tièman Hubert Coulibaly, le ministre malien des Affaires étrangères, de passage à Paris, a salué la coopération marocaine dans une interview au journal en ligne AtlasInfo. « Le Maroc a été présent à nos côtés dès les premières heures de la crise. Il a été le premier pays dont nous avons reçu une aide humanitaire », a expliqué le ministre. Les autorités de Bamako échangent des renseignements avec Rabat, notamment sur la présence, parmi les jihadistes, de « jeunes Sahraouis des camps de Tindouf ». L'existence de cette « filière Polisario » avait été révélée dans nos colonnes dès octobre 2012.



Jeune Afrique
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Isak
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MessageSujet: La drogue au coeur du conflit au Mali   Ven 22 Fév 2013 - 23:26

la source du conflit

Citation :
Le trafic de drogues joue un rôle clé dans la crise au Mali. Et il ne concerne pas que les « narcoterroristes », comme on surnomme désormais les islamistes armés au Sahel. Le haschich et la cocaïne ont irrigué bien au-delà de ces mouvements, suscitant des complicités et des passerelles inattendues.C’était il y a quelques semaines dans un reportage de l’émission Envoyé spécial, sur la chaîne de télévision française France 2. Un jeune homme amputé d’une main par des extrémistes islamistes pour vol à Gao, dans le nord du Mali, décrivait son calvaire. Au détour de son récit, il précisait notamment comment ses bourreaux l’avaient anesthésié avec de la cocaïne avant de lui faire subir ce châtiment odieux.

Officiellement, ce sont des islamistes purs et durs, rejetant logiquement les drogues comme « haram » (péché), qui combattent au nord du Mali. Or, on sait depuis déjà longtemps que certains hauts responsables de ces mouvements armés sont impliqués dans des trafics en tout genre auxquels ils se livrent ou contribuent par une offre de logistique depuis des années (cigarettes, haschich et, plus récemment, cocaïne).

Au mois de septembre, plusieurs sources nous ont signalé l’interception par des combattants du MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad) d’un convoi de voitures tout terrain du MUJAO (Mouvement pour l’unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest) transportant de la cocaïne. Difficile à vérifier. Difficile aussi de savoir ce qu'est devenue cette cargaison. A-t-elle été détruite, comme nous l'a affirmé la main sur le coeur une source au sein du MNLA? Ou bien a-telle été remise sur le marché par ce mouvement rebelle touareg ? Difficile à vérifier. D’après nos informateurs en tous cas, certains responsables ou personnalités proches du MUJAO sont intimement liés au trafic de drogue au Mali.

Une « vieille » histoire?

Le fait que la cocaïne transite par cette zone, en provenance d’Amérique latine, pour rejoindre les rivages de la Méditerranée, ne date pas de la partition du Mali, en avril 2012. Dès 2007, lors d’une enquête à Bamako, nous avions constaté que ce pays était devenu une plaque tournante de la cocaïne, arrivant de Colombie, notamment via la Guinée-Conakry, avant de repartir vers l‘Europe. Mais nous étions loin d’imaginer l’ampleur du phénomène. C’est la découverte, en novembre 2009, d’un Boeing 727-200 ayant transporté plusieurs tonnes de poudre blanche qui l’a révélé au grand jour. Cette affaire a aussi démontré les complicités qui existaient à Bamako dans certains cercles du pouvoir, de l’armée et de la douane. En janvier 2012, Mohamed Ould Awaïnatt, un riche homme d’affaires de Gao soupçonné d’être impliqué dans le trafic et incarcéré dans l’affaire « Air Cocaïne », avait été libéré. L’ordre venait du pouvoir de l’ex-président Amadou Toumani Touré, qui comptait sur Ould Awaïnatt pour lever des milices chargées de contenir l’avancée des rebelles du MNLA et leurs alliés. L’homme aurait depuis rejoint le MUJAO. Entre-temps, Miguel Angel Devesa, un ancien policier espagnol ayant joué un rôle central dans l’affaire de l’avion, a lui aussi été libéré, ainsi que la plupart des autres personnes incarcérées dans cette affaire.

Selon un document confidentiel circulant dans les milieux diplomatiques et que nous avons pu consulter, d’autres personnalités importantes de la tribu lamahr à laquelle appartient Ould Awaïnatt sont mêlés à ce trafic. D’après ce document, un ancien ministre de l’ex-président ATT lié au MUJAO et au blanchiment d’argent du crime organisé a vécu un temps réfugié à Dakar. Les « barons » liés à cette mouvance auraient corrompu une bonne partie de la machine sécuritaire grâce à la complicité « d’un commandant des douanes introduit auprès des chancelleries occidentales ».

Il y a quelques jours, la justice malienne a finalement lancé des mandats d’arrêts pour narcotrafic contre une brochette de personnalités. Parmi ces personnalités, ont trouve Baba Ould Cheikh, maire de Tarkint, soupçonné d’avoir trempé dans l’affaire « Air Cocaïne », Mohamed Ould Ahmed Deya dit Mohamed « Rouggy », un homme d’affaires de Gao, Mohamed Ould Sidati (maire de Ber), Adinadji ag Abdallah (maire de Aghelhock) et, à nouveau, Mohamed Ould Awainatt.

AQMI et la drogue

Les soupçons quant au rôle joué par des combattants d’AQMI dans l’escorte de convois de cocaïne ont également été évoqués à plusieurs reprises avant la crise actuelle. Le document confidentiel que nous avons pu consulter évoque, par exemple, des liens entre la Katiba d’Abou Zeid, à l’époque principal chef d’Aqmi au nord, et un groupe de narcotrafiquants d’origine berabich de la zone de Tombouctou. Un groupe communément appelé localement « les Colombiens ». Chacun de ses « barons » aurait, indique le document, constitué une équipe d’hommes armés pour assurer l’acheminement sécurisé de cargaisons de drogue.

Autre exemple cité: la katiba de Amhada Ag Mama, alias Abdou Karim Targui, qui a rejoint un temps Iyad Ag Ghali du mouvement Ansar Eddine, avec des touaregs et des arabes maliens. Ils auraient été en partie financés par des trafiquants de drogue. La plupart des barons de la drogue de Kidal, à l’extrême nord du Mali, résideraient en Algérie où ils ont bénéficié de l’Amnistie accordée aux repentis des groupes djihadistes, indique le document confidentiel.

Ces groupes étaient renforcés par des « bandits d’origine kounta qui assurent l’escorte des convois de drogue ou d’armes » et imposaient des droits de péage partagés avec Aqmi et Ansar Eddine. En d’autres termes, comme on peut le lire dans le document confidentiel, « ces factions fonctionnent essentiellement grâce à l’argent des rançons et au trafic de drogue ».

Du haschich à la cocaïne

Ce développement du trafic de haschich marocain et de cocaïne colombienne a été facilité par celui, préalable, du trafic de cigarettes et de migrants dans la région. « Cela a érodé le système douanier en raison de la corruption et de la collusion entre les contrebandiers et des officiels », écrit Wolfram Lacher, auteur d’une passionnante étude publiée en septembre 2012 par la fondation Carnegie (Organized Crime and Conflict in The Sahel Sahara Region, Carnegie Endowment for International Peace).

« Deux flux se sont développés rapidement. Depuis 2005, environ, celui de la cocaïne sud-américaine vers l’Europe, notamment à travers la Lybie et l’Egypte; celui de la résine de cannabis marocaine vers la Libye, l’Egypte et la péninsule arabique, détaille-t-il. Cette croissance s’explique par la hausse de la demande en Europe et au Machrek, de même que par le renforcement des contrôles le long de la frontière algéro-marocaine, le long des côtes de l’Espagne et des îles Canaries, ainsi que dans les aéroports européens, qui ont fait des routes traversant la région peu contrôlée du Sahel une zone attractive pour les trafiquants ». Selon lui, le commerce du cannabis est dominé dans la région par des Marocains, des Sahraouis et des Mauritaniens, de même que des officiers de l’armée algérienne, jusqu‘à ce qu’il arrive au nord du Mali. A travers le Mali et le Niger, poursuit-il, le haschich est transporté essentiellement par des réseaux arabes maliens ayant des liens tribaux ou familiaux en Mauritanie et au Niger. Dans certains cas, des trafiquants sahraouis ayant des liens étroits avec le Polisario transporteraient de la cocaïne durant leur voyage retour du Mali. Le haschich et la cocaïne sont, selon cet expert, ensuite réexportés du Mali par la Libye et l’Algérie vers l’Europe à travers les Balkans ou transportés vers l’Egypte et Israël. Une autre route passe par le Tchad et le Soudan vers la péninsule arabique.

Selon cet expert, des complicités existent certes au Mali, mais également dans d’autres pays de la région. « En Mauritanie, les dernières années du régime du président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya (1984-2005) ont vu l’implication à un haut niveau de responsables sécuritaires et d’hommes d’affaires, souligne-t-il. Mais le nouveau président Mohamed Ould Abdel Aziz suscite la perplexité. Certains incidents ont attiré l’attention, notamment la décision du président de réduire les peines de prison de cinq personnes condamnées pour trafic de cocaïne en février 2011 et la décision inexplicable de la Cour d’appel de Nouakchott de libérer 30 trafiquants condamnés en juillet 2011. » Même soupçon sur le Niger. Pour l’auteur de l’étude: « Le fait que les saisies de cargaisons d’armes et de drogue sont rares dans le nord du Niger, qui est un point majeur de transit, ne peut être expliqué seulement par le manque de moyens des forces nigériennes de sécurité. Au moins dans certains cas, le gouvernement a fermé les yeux sur le trafic d’armes et de drogue pour préserver la stabilité dans le nord ».

Aux dernières nouvelles, confie un ancien diplomate et expert de la sécurité au Sahel sous couvert d’anonymat, le trafic et les affaires liant des officiels aux organisations criminelles continuent dans la région, même si l'intervention militaire française et ouest-africaine a forcément perturbé certaines des filières de la drogue.

source RFI: http://afriquedrogue.blogs.rfi.fr/article/2013/02/03/la-drogue-au-coeur-du-conflit-au-mali
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Jeu 28 Fév 2013 - 11:41

Citation :
La guerre au Mali déborde en Algérie
Bordj Badji Mokhtar : tensions entre les tribus touareg et arabes

La guerre au Mali commence à provoquer des tensions entre des tribus touareg et arabes à Bordj Badji Mokhtar, à l’extrême Sud algérien. Selon nos informations, des députés de la wilaya de Tamanrasset cherchent depuis quelques jours, avec l’aide des autorités locales et du Premier ministre Abdelmalek Sellal, à réconcilier les deux parties et éviter une explosion dans cette petite ville située à la frontière avec le Mali.

A l’origine des tensions entre les deux communautés, l’aide apportée par des chefs de tribus arabes de Bordj Badji Mokhtar aux forces françaises engagées dans des opérations militaires au Nord-Mali et précisément dans les villes de Gao et de Tombouctou, où des Touareg ont été tués. « Les membres des tribus arabes aident les forces françaises en leur fournissant des informations sur les déplacements des caravanes dans le nord du Mali », expliquent nos sources.

En représailles, les Touareg ont empêché les membres des tribus arabes d’emprunter certaines routes situées sur leur territoire, provoquant de vives tensions entre les deux communautés. Les députés impliqués dans cette médiation ont averti le gouvernement sur les risques d’affrontements entre les deux tribus.

http://www.tsa-algerie.com/politique/bordj-badji-mokhtar-tensions-entre-les-tribus-touareg-et-arabes_23929.html
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Jeu 28 Fév 2013 - 11:45

Citation :
Les Américains prêts à partager les données des drones de surveillance avec les Algériens
Les Algériens pourraient mener des opérations contre les terroristes en dehors des frontières

L'ambassadeur des États-Unis à Alger et des officiels de haut niveau de la lutte contre le terrorisme ont proposé de partager plus d'informations avec les forces de sécurité algériennes afin de les aider à capturer ou à tuer des terroristes sur leur sol ou dans des zones proches de leurs frontières, rapporte le New‑York Times dans son édition de ce mercredi 27 février. Cette approche reflète le soutien croissant au sein de l'administration américaine pour une action plus énergique contre les extrémistes dans la région depuis l'attaque d'un champ gazier en Algérie, précise la même source.

Dans un câble diplomatique envoyé la semaine dernière au Département d'État, Henry S. Ensher, ambassadeur US à Alger, a considéré que la traque de Mokhtar Belmokhtar, le cerveau de l'attaque d’In Amenas, comme une priorité, rapporte le journal américain. Pour ce faire, il a recommandé à l'administration Obama de dire aux Algériens qu’ils permettent à des drones américains non armés de survoler la bande frontalière de l'Algérie avec le Mali. Les Américains partageront alors l'information collectée par lesdits drones avec le gouvernement algérien.

Les États-Unis ont longtemps cherché la coopération de l'Algérie dans la lutte antiterroriste, et le partage d’informations avec un gouvernement qui a jalousement gardé sa souveraineté serait une étape importante vers cet objectif, souligne le New-York Times. Pendant l’attaque contre l’usine de traitement de gaz à In Amenas, l’Algérie avait permis à un drone de surveillance Predator américain de survoler le complexe gazier mais avait insisté pour que le drone se retire dès la fin de l'assaut, affirme le journal.

Les responsables américains pressentent un éventuel changement dans la position des responsables algériens quant à leur politique de ne pas mener des opérations militaires en dehors de leurs frontières, croit savoir le journal américain. Les officiels algériens ont récemment déclaré aux États-Unis qu'ils étaient prêts à mener des opérations dans les zones frontalières, selon un responsable américain.

Des mesures énergiques dans la région du Sahel

Selon le New-York Times, Il y a eu un large consensus parmi les décideurs et les responsables du renseignement lors d'une réunion à la Maison Blanche, la semaine dernière sur le fait que Mokhtar Belmokhtar et des membres d'Al‑Qaïda au Maghreb islamique devraient être pourchassés. Mais aucune décision ne semble avoir été prise sur le fait de présenter une proposition formelle aux Algériens, ajoute la même source.

L'idée de prendre des mesures plus énergiques dans la région du Sahel a été soutenue ces derniers mois par Michael Sheehan, le responsable de la lutte contre le terrorisme au Pentagone, ainsi que par Daniel Benjamin, qui était jusqu’au mois de décembre le principal responsable du la lutte contre le terrorisme au Département d’État américain.

La présence plus répandue d’extrémistes au Mali est devenue une préoccupation croissante pour l’ambassadeur américain à Alger ainsi que pour le général Gen Carter F. Ham, le chef d’Africom et pour les responsables de la lutte contre le terrorisme au Pentagone et au Département d'État.


http://www.tsa-algerie.com/diplomatie/les-algeriens-pourraient-mener-des-operations-contre-les-terroristes-en-dehors-des-frontieres_23939.html
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Jeu 28 Fév 2013 - 21:16

Vous avez ratez la plus belle , cadeau a drari Surprised :

Citation :
Abou Zeid, l'émir d'Aqmi serait mort
Un des principaux chefs d’al-Qaïda au Sahara aurait été tué par les forces françaises au nord du Mali, selon la rébellion touarègue, ainsi que des notables locaux.
Alfred de Montesquiou - Parismatch.com



Après un raid aérien de l’armée française, Abdelhamid Abou Zeid, « émir » important d’AQMI et principal preneur d’otages, aurait été trouvé mort le samedi 23 février dans la zone d’In Sensa, près de Tigharghar, sur les versants de la chaîne montagneuse de l’Adrar des Ifoghas. La nouvelle, révélée jeudi, n’a pas été confirmée par l’armée française. « Nous n’avons aucune information spécifique sur cette personne » a indiqué le colonel Thierry Burkhard, porte-parole des armées. Il a néanmoins confirmé qu’un raid aérien français dans la zone d’In Sensa avait détruit six véhicules identifiés comme étant des objectifs militaires.

Les cadres dirigeants du mouvement rebelle touareg MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), ainsi que des notables de la ville de Kidal, affirment que 45 combattants d’AQMI et du groupe islamiste Ansar ad-Dine auraient trouvé la mort durant le raid français. Le MNLA indique en outre que ses combattants, qui épaulent les Forces Spéciales françaises dans le désert, auraient ensuite fait sept prisonniers parmi les survivants du raid.

"Il est mort et enterré"

Les sept prisonniers, pris par les Touaregs et les Forces Spéciales, seraient quatre Maliens, un Algérien, un Mauritanien et un homme du Front Polisario. L’un d’entre eux, Seden Ag Hita, est un personnage connu dans le nord du Mali. Ancien sergent-chef de la garde nationale malienne, il avait fait défection pour rejoindre le groupe islamiste Ansar ad-Dine avant de rallier les katibas d’AQMI. Aujourd’hui détenu à Kidal, Seden aurait apporté la preuve du décès d’Abou Zeid durant le raid français.

« C’est une certitude, il est mort et enterré » indique aussi un notable important de Kidal, ayant accès aux prisonniers. En Algérie, les services de renseignements, d’habitude très informés, indiquaient jeudi ne pas pouvoir entièrement confirmer l’information. « Nous avons de bonnes raisons de penser qu’il est mort, mais ça pourrait être une fausse nouvelle pour brouiller les pistes et ménager sa fuite », indique un responsable algérien. A Paris, l'entourage du ministre de la Défense signalait être au courant de l’information, sans pouvoir immédiatement la confirmer.

Abou Zeid détenait notamment les otages français et africains de la société Areva. Mais selon les notables de la région de Kidal, et le MNLA, ces otages ne seraient plus dans la zone de l’Adrar de Ifoghas. Confiés par Abou Zeid au commandant d’AQMI pour le « Grand Sud », Yahya Abou El Hammam, la plupart des otages seraient répartis par petits groupes cachés dans le désert au nord de Tombouctou

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Abou-Zeid-l-emir-d-Aqmi-serait-mort-468100/

Chez moi, on apelle sa "lfercha"
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Ven 1 Mar 2013 - 1:04



a la minute 23:00, le journaliste demande a benkirane si il y'a vraiment des FS marocains au mali (300 selon lui),

des infos sur ça Question
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Mar 12 Mar 2013 - 15:08

Citation :
Le Mali fait tomber des têtes au Quai d'Orsay

Trois responsables du dossier sahélien ont été brutalement remplacés. Une « purge » sans précédent en pleine guerre.
Le petit monde des diplomates du Quai d'Orsay travaillant sur l'Afrique est en émoi. Sur fond de guerre au Mali, l'éviction par Laurent Fabius, fin février, du sous-directeur en charge de ce pays, Laurent Bigot, a «surpris et choqué», selon plusieurs sources au ministère des Affaires étrangères. D'autant plus que cet événement est survenu après la mise à l'écart, pour diverses raisons, de plusieurs diplomates intervenant sur le même continent. Quelques semaines plus tôt, Jean Félix-Paganon, représentant spécial pour le Sahel, nommé en juin 2012, a été remplacé. Et en octobre dernier, Élisabeth Barbier, responsable depuis peu de la Direction Afrique-Océan Indien (DAOI) du Quai d'Orsay, était évincée de son poste pour incompatibilité d'humeur avec le ministre. Elle est désormais ambassadeur en Afrique du Sud.

Des départs forcés qui ont été motivés chacun par «des raisons particulières», relativise-t-on dans l'entourage de Laurent Fabius. Ces décisions, en particulier celles concernant Bigot et Paganon, s'inscrivent pourtant dans un contexte global où le déclenchement anticipé des opérations militaires a intensifié les débats au ministère des Affaires étrangères, remis en cause des équilibres internes et suscité chez les diplomates des interrogations et des attentes sur leur rôle dans le règlement de la crise. L'actualité malienne a bousculé le Quai d'Orsay face à des militaires tenant le haut du pavé. Elle a aussi commencé à faire bouger - dans la douleur - les lignes traditionnelles des modes d'action du «Département» sur le continent africain.

Une vidéo qui fâche

Retour sur des mots qui fâchent et des portes qui claquent. Supprimée récemment de plusieurs sites Internet mais toujours visible sur YouTube, une vidéo tournée en juillet 2012 montre le diplomate Laurent Bigot, à l'époque responsable de l'Afrique de l'Ouest, tenant des propos plutôt décapants sur le Mali. Filmé lors d'une conférence à l'Institut français des relations internationales (Ifri), ce très bon connaisseur du terrain met les pieds dans le plat en dénonçant notamment «une corruption gangrenant depuis de longues années toutes les sphères jusqu'au plus haut niveau». Il évoque aussi «une démocratie de façade» et souligne que, si «l'État malien s'est effondré sur lui-même», les déterminants de la crise, eux, demeurent.

Des propos tenus «à titre personnel», mais qui n'en reviennent pas moins à contester la politique menée depuis des années vis-à-vis du Sahel. Car pour Bigot, le problème ne se limite pas au «cas emblématique» du Mali. Le Burkina-Faso, dit-il, «est le prochain sur la liste à risquer de s'effondrer». Autant de déclarations qui, on s'en doute, ont suscité de fortes irritations à Bamako, à Ouagadougou et dans plusieurs capitales de la région. «Laurent Bigot était devenu gênant», commente un chercheur spécialisé sur l'Afrique.

Cette vidéo est l'un des éléments à charge retenus par Laurent Fabius contre Laurent Bigot pour précipiter son limogeage. Sollicité par Le Figaro, l'ex-sous-directeur d'Afrique occidentale a déploré avoir été «débarqué brutalement» mais n'a pas souhaité s'exprimer. Au Quai d'Orsay, on ne réagit pas officiellement même si, dans l'entourage du ministre, on souligne que «le débat est sain, mais franchir la ligne rouge de la déloyauté lorsque les décisions sont prises est inacceptable». Avant le déclenchement de l'opération «Serval», Laurent Bigot s'était montré sceptique sur une approche purement militaire de la crise au Sahel.

Une «task force» pour reprendre la main

Simple mise au pas d'un haut fonctionnaire par son ministre, plus prompt à «user de la cravache que son prédécesseur», comme l'affirme un diplomate? Résurgence de vieux clivages, comme ceux qui opposent militaires et diplomates, zélotes du «sécuritaire» et partisans du «développement»? «Tout le monde est bien conscient qu'il n'y a pas de développement sans sécurité ni de sécurité sans développement», tempère un collègue de Laurent Bigot. Différences d'approches, de méthodes, de réseaux? Autant de pistes, suggérées par les diplomates eux-mêmes qui, par-delà les cas individuels, ramènent aux arcanes des relations franco-africaines.

Depuis son arrivée à l'Élysée, François Hollande, qui connaît peu le continent, a affiché sa défiance à l'égard de tout ce qui pouvait évoquer, de près ou de loin, la Françafrique. On note, par exemple, la montée en puissance aux postes clés de spécialistes de l'Afrique de l'Est anglophone, notamment des «swahilistes» (du nom de la culture partagée par les peuples de la côte africaine orientale, NDLR), au détriment de l'Afrique de l'Ouest. C'est le cas notamment de Jean-Christophe Belliard, le nouveau patron de la DAOI, ex-ambassadeur à Madagascar, et de Laurent Viguier, en poste à Nairobi de 2003 à 2007, pressenti pour succéder à Laurent Bigot.

L'aimant Le Drian

L'intervention militaire française au Mali a encore fait évoluer la donne. «On est passé brusquement du préventif au curatif», résume un diplomate. Dans le triangle décisionnel dont la pointe est à l'Élysée, la Défense a pris du poids, politiquement et médiatiquement, par rapport aux Affaires étrangères. Dans les longs couloirs du Quai, on soupire en voyant les caméras de télévision comme aimantées par Jean-Yves Le Drian. «En même temps, se console un diplomate, chacun sait que l'action armée ne permettra pas, à elle seule, de gagner la paix». «Les vrais débats, résume une autre source, concernent la coordination de tous les protagonistes, le lancement d'un processus politique inclusif, l'effet d'entraînement sur l'État malien et les moyens pour que l'aide ne soit pas déversée en vain».

Soucieux de remonter en ligne, Laurent Fabius s'est donc attaqué au vaste chantier de l'après-guerre en réorganisant l'ordre de bataille de ses équipes. Face à la crise multidimensionnelle du Sahel, les structures administratives ont montré leur limite: Mali, Mauritanie, Niger, Algérie, n'appartiennent pas aux mêmes directions du Quai. Sur le modèle anglo-saxon, une «task force» a été mise en place. Ce groupe de travail interministériel (Affaires étrangères, Défense, Intérieur…) réunit chaque semaine, à des niveaux variables, des représentants de tous les intervenants sur le dossier malien. Laurent Fabius prône aussi une diplomatie «démultipliée» incluant, par exemple, la coopération décentralisée. Il réunira ainsi les acteurs du dossier sahélien le 19 mars, à Lyon, autour des collectivités territoriales, françaises et maliennes. De nouvelles pièces dans le dispositif mis en place par le Quai pour lancer un chantier qui s'annonce long et ardu - et pour reprendre la main.

figaro
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 16 Mar 2013 - 0:12

Citation :

ALERTE : Empoisonnement des sources d’eaux des nomades par des patrouilles de l’armée malienne.
15/03/2013 - 21:48
TOMBOUCTOU-GOSSI-GAO (SIWEL) —
Selon des témoins ayant assisté aux scènes de cauchemard que vivent les azawadiens depuis l’opération Serval qui a ouvert la voie aux soldats de l'armée malienne, « Après avoir torturés les hommes, les avoir ligotés, avoir violés des femmes, brûles les concessions, chargé les animaux et pillés les biens personnels, les soldats maliens et les milices qui les accompagnent empoisonnent tous les puits qu’ils considèrent pouvant être utiles aux nomades Maures et Touareg ».

Depuis le déclenchement de l'opération Serval décidée par la France, les soldats de l'armée malienne s'adonnent en toute impunité à des pratiques relevant des crimes de guerre et même de génocide. L’empoisonnement des puits exprime clairement le projet d’épuration ethnique de la zone qui demeure complètement fermée aux médias indépendants et aux ONG. Or, cela relève uniquement de la volonté de la France de François Hollande qui persiste à couvrir les graves crimes ethniques commis dans l'Azawad par une armée de putschistes sanguinaires.



http://www.siwel.info/ALERTE-Empoisonnement-des-sources-d-eaux-des-nomades-par-des-patrouilles-de-l-armee-malienne_a4756.html
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 16 Mar 2013 - 0:28

[quote="annabi"]
Citation :

ALERTE : Empoisonnement des sources d’eaux des nomades par des patrouilles de l’armée malienne.
La sale guerre Evil or Very Mad Evil or Very Mad

_________________
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 16 Mar 2013 - 0:49

[quote="Samyadams"]
annabi a écrit:
Citation :

ALERTE : Empoisonnement des sources d’eaux des nomades par des patrouilles de l’armée malienne.
La sale guerre Evil or Very Mad Evil or Very Mad

cette guerre va finir par une nouvelle géostratégie qui dépassera tous les locataires de la région Evil or Very Mad
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 16 Mar 2013 - 19:47

Citation :
Mali : l’ONU devrait remplacer la France et la Misma en juillet

Edmond Mulet, le sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, a indiqué ce samedi à Bamako la présence d’une mission de stabilisation de l’ONU au Mali d’ici le mois juillet.

Il faut encore un vote au Conseil de sécurité mais l’ONU table sur la « présence complète » de sa « mission de stabilisation » au Mali en juillet pour remplacer la mission africaine Misma et le gros de l’armée française, a déclaré samedi à Bamako Edmond Mulet, sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix de l’ONU.

« Juillet pourrait voir le transfert de la Misma vers la mission de stabilisation de l’ONU », a déclaré Edmond Mulet en précisant que ce déploiement devait être précédé par un vote au Conseil de sécurité de l’ONU.

« Il ne s’agit pas d’une force d’interposition », a déclaré Edmond Mulet à la presse, à l’issue d’une mission d’une mission d’une semaine au Mali.

« On ne fait pas tampon entre le Nord et le Sud. Les membres du Conseil de sécurité et les Etats membres sont très clairs pour que le Mali étende son autorité sur tout le territoire du Mali », a-t-il ajouté.

« La souveraineté du Mali est l’objectif principal de cet appui international », selon ce responsable de l’ONU. (BFMTV).
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 16 Mar 2013 - 20:57

pourrait y avoir du maroc dedans Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 16 Mar 2013 - 21:03

Crise au Mali, la faute à la révolution libyenne
http://lci.tf1.fr/monde/afrique/crise-au-mali-la-faute-a-la-revolution-libye-7772064.html


Citation :
Beaucoup de touaregs, réclamant leur autonomie depuis l'indépendance du Mali, combattaient auprès de Mouammar Kadhafi comme mercenaires. A la chute du régime, ils ont récupéré une bonne partie de l'arcenal de l'ex-dictateur.

Effet domino au Sahel. Indirectement, la crise au Mali est due à la révolution libyenne. Explications. Beaucoup de Touaregs, réclamant leur autonomie depuis l'indépendance du Mali, combattaient auprès de Mouammar Kadhafi comme mercenaires. Opposés au pouvoir central malien, ils ne s'opposaient pas à lui avec les armes. Mais la chute de la Libye surarmée de Khadafi en 2011 a fait volé en éclat l'équilibre de la région du nord Mali.

Armée légères, lance-roquettes, batteries anti-aériennes, les touaregs ont récupéré une bonne partie des armes lourdes de l'ex-dictateur, direction leur pays d'origine, le Niger, mais surtout le Mali. Ils ont rejoint les rangs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le principal groupe touareg revendiquant l'indépendance du Nord du pays.

Lire aussi > "Des armes de Kadhafi retrouvées chez les touaregs du Mali"

Les Touaregs évincés par les islamistes

Le MLNA, composé d'environ 2.000 à 3.000 hommes, a alors lancé ses troupes à l'assaut des villes du Nord, qui sont tombées petit à petit, dans une région où Al-Qaïda au Maghreb islamique est aussi très présente. Leur arsenal libyen leur ont permis d'enchaîner les succès militaires contre l'armée malienne, jusqu'au coup d'Etat militaire du 22 mars 2011 contre le président Amadou Toumani Touré.

A l'origine, associés à la rébellion Touaregs, les islamistes n'ont eu qu'à profiter de cette situation d'instabilité pour les déloger en avril. Ils ont évincé leurs anciens alliés, occupant les trois régions administratives de Tombouctou, Gao et Kidal, dans le nord. Depuis le Mouvement pour l'unicité du jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et Ansar Dine (Défenseurs de l'Islam) applique la charia, la loi islamique dans la région. C'est pour les déloger que la France a lancé une opération depuis quelques jours

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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Mer 20 Mar 2013 - 22:09

Citation :
Rabat cherche à prouver la viabilité d’un plan de large autonomie au Nord-Mali

Rabat s’implique directement dans la crise malienne. Pour la première fois depuis six ans, le roi Mohamed VI a entamé vendredi une tournée dans trois pays de l'Afrique subsaharienne (le Sénégal, le Gabon et la Côte d'Ivoire). Au Maroc, Authenticité et Modernité, un parti politique marocain proche du roi, va organiser les 5 et 6 avril prochain à Marrakech une rencontre de réconciliation entre le MNLA et les autorités maliennes, rapporte le journal local Al Massa, cité ce lundi 19 mars par le site Sahara Media. La rencontre aura lieu en marge d’un congrès organisé par l’Otan à Marrakech, précise la même source. Selon Al Massa, l’initiative vise à proposer aux deux parties une solution basée sur le principe d’une large autonomie pour le Nord‑Mali.

Les responsables du parti marocain ont lancé leur initiative après avoir rencontré des responsables du MNLA, ajoute la même source. Ces derniers ont dans un premier temps essayé de rencontrer le ministre marocain des Affaires étrangères, Saad Al Othmani. Mais le chef de la diplomatie aurait refusé, affirme Al Massa. Comprendre : l’initiative marocaine n’est pas officielle. Le parti Authenticité et Modernité a été lancé notamment par Fouad Ali El Himma, ancien ministre délégué à l'Intérieur et ex‑conseiller du roi. Officiellement, depuis l’arrivée des islamistes au gouvernement, Authenticité et Modernité est considéré comme un parti d’opposition.

Selon un militant amazigh cité par Al Massa, l’Algérie pourrait être un obstacle pour une éventuelle solution basée sur l’autonomie du Nord‑Mali. Selon lui, Alger multiplie les « efforts pour éviter tout projet d’autonomie dans la région pouvant menacer ses intérêts ». En fait, l’initiative marocaine, qui serait discrètement appuyé par la France engagée militairement au Mali, semble obéir à un double objectif.

Le premier est de créer une situation nouvelle aux frontières sud algériennes. L’autonomie du Nord‑Mali ne laisserait pas les Touareg algériens indifférents. Ils pourraient être tentés de demander le même statut à l’État algérien, avec ce qu’une telle demande impliquerait comme risques séparatistes. Le second objectif consiste pour Rabat à prouver qu’une solution de large autonomie est viable et acceptable pour des populations locales, y compris après un conflit armé dur. Et c’est ce que le Maroc tente depuis de nombreuses années d’imposer comme solution au conflit du Sahara occidental.

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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Jeu 21 Mar 2013 - 1:28

Fahed64 a écrit:
Citation :
Rabat cherche à prouver la viabilité d’un plan de large autonomie au Nord-Mali

Rabat s’implique directement dans la crise malienne. Pour la première fois depuis six ans, le roi Mohamed VI a entamé vendredi une tournée dans trois pays de l'Afrique subsaharienne (le Sénégal, le Gabon et la Côte d'Ivoire). Au Maroc, Authenticité et Modernité, un parti politique marocain proche du roi, va organiser les 5 et 6 avril prochain à Marrakech une rencontre de réconciliation entre le MNLA et les autorités maliennes, rapporte le journal local Al Massa, cité ce lundi 19 mars par le site Sahara Media. La rencontre aura lieu en marge d’un congrès organisé par l’Otan à Marrakech, précise la même source. Selon Al Massa, l’initiative vise à proposer aux deux parties une solution basée sur le principe d’une large autonomie pour le Nord‑Mali.

Les responsables du parti marocain ont lancé leur initiative après avoir rencontré des responsables du MNLA, ajoute la même source. Ces derniers ont dans un premier temps essayé de rencontrer le ministre marocain des Affaires étrangères, Saad Al Othmani. Mais le chef de la diplomatie aurait refusé, affirme Al Massa. Comprendre : l’initiative marocaine n’est pas officielle. Le parti Authenticité et Modernité a été lancé notamment par Fouad Ali El Himma, ancien ministre délégué à l'Intérieur et ex‑conseiller du roi. Officiellement, depuis l’arrivée des islamistes au gouvernement, Authenticité et Modernité est considéré comme un parti d’opposition.

Selon un militant amazigh cité par Al Massa, l’Algérie pourrait être un obstacle pour une éventuelle solution basée sur l’autonomie du Nord‑Mali. Selon lui, Alger multiplie les « efforts pour éviter tout projet d’autonomie dans la région pouvant menacer ses intérêts ». En fait, l’initiative marocaine, qui serait discrètement appuyé par la France engagée militairement au Mali, semble obéir à un double objectif.

Le premier est de créer une situation nouvelle aux frontières sud algériennes. L’autonomie du Nord‑Mali ne laisserait pas les Touareg algériens indifférents. Ils pourraient être tentés de demander le même statut à l’État algérien, avec ce qu’une telle demande impliquerait comme risques séparatistes. Le second objectif consiste pour Rabat à prouver qu’une solution de large autonomie est viable et acceptable pour des populations locales, y compris après un conflit armé dur. Et c’est ce que le Maroc tente depuis de nombreuses années d’imposer comme solution au conflit du Sahara occidental.

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une strategie de maitre.enfin une idee qu'il faut pousser a n'importe quel prix,celq mettra l'algerie dans un fait accompli en poussant les kabyle a faire la meme chose. bravo
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 23 Mar 2013 - 0:37

c'est officiel ansar eddine sur la liste US organization terroriste qu'est ce qu'alger a dire


Citation :
U.S. lists Ansar Dine as FTO

Published: March. 22, 2013 at 9:11 AM


WASHINGTON, March 22 (UPI) -- Malian militant group Ansar Dine is designated by the U.S. government as a foreign terrorist organization, the U.S. State Department said.

The State Department designated Ansar Dine following a similar action by the U.N. Security Council.

The government said the group received backing from al-Qaida in the Islamic Maghreb since the Malian organization was founded in 2011. It accused Ansar Dine of fighting alongside AQIM as it captured key towns in Mali, including the northern cities of Gao and Timbuktu.

French forces were called on to support Malian military efforts to take on northern militants who seized territory following a coup in early 2012. Ansar Dine executed more than 80 Malian troops following the coup.

"Before the French intervention in January 2013, Malian citizens in towns under Ansar Dine's control who did not comply with Ansar Dine's laws faced harassment, torture, or execution," the State Department said.

International human rights groups and U.N. officials expressed concern that Malian forces may exact revenge on communities believed to have supported northern militants.

The U.S. government in February sanctioned Ansar



Read more: http://www.upi.com/Top_News/Special/2013/03/22/US-lists-Ansar-Dine-as-FTO/UPI-28491363957885/#ixzz2OJa2WhDb

http://www.upi.com/Top_News/Special/2013/03/22/US-lists-Ansar-Dine-as-FTO/UPI-28491363957885/
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 23 Mar 2013 - 14:46

Citation :

Mali : la mort d’Abou Zeid confirmée grâce à des tests ADN

Le journal Le Monde affirme ce samedi matin, de sources officielles, qu’Abou Zeid, l’un des principaux chefs d’Al-Qaida au Maghreb islamique, a bien été tué lors des opérations menées par les armées française et tchadienne au nord du Mali, dans l’adrar de Tigharghar.

Le président tchadien Idriss Déby avait annoncé la mort du terroriste dès le 1er mars. Abou Zeid aurait été tué lors d’affrontements dans le massif des Ifoghas qui avaient alors opposé les islamistes aux troupes tchadiennes et françaises. Mais Paris n’avait pas confirmé. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait prudemment déclaré que sa mort était « probable », le 11 mars dernier.

D’après Le Monde, l’Elysée devrait communiquer dans la journée à ce sujet. Le corps d’Abou Zeid aurait été identifié il y a quatre jours déjà par les autorités algériennes au moyen d’analyses ADN demandées par Paris. Alger disposait de fragments d’ADN familiaux qui ont permis que soient menés ces tests.

Né il y a 46 ans dans l’oasis de Tougourt, à 600 km au sud d’Alger, Abou Zeid devient membre à 24 ans du comité local du Front Islamique du Salut (FIS). Il bascule ensuite dans la lutte armée fin 1991. C’est en 2003, lors du spectaculaire enlèvement de 32 touristes européens par ce qui était encore le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) dans le grand sud algérien, qu’Abou Zeid apparaît pour la première fois, en tant qu’adjoint du chef des ravisseurs, Abderazak le Para, détenu en Algérie.

L’émir dont le vrai nom est Mohamed Ghdiri, a aussi été à l’origine de l’enlèvement des sept employés d’Areva et de Satom, dont cinq Français, sur le site d’Arlit au Niger, en septembre 2010. (BFMTV).
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Ven 5 Avr 2013 - 20:27

Citation :

Hollande : le chameau offert par les Maliens a été mangé

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/04/05/01016-20130405ARTFIG00453-hollande-le-chameau-offert-par-les-maliens-a-ete-devore.php
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Mar 9 Avr 2013 - 18:49

Citation :
Sahel : "L'Algérie seule n'a pas la clé", l'apport du Maroc est "décisif" (Arnaud Danjean)

Mardi 9 Avril 2013 modifié le Mardi 9 Avril 2013 - 18:24

Le Sahel n'est la chasse gardée de personne, c'est un dossier d'intérêt général où chacun a sa place et son rô le, a affirmé le président de la sous-commission Sécurité et défense au Parlement européen, Arnaud Danjean, soulignant que l'apport du Maroc pour le retour de la paix et la stabilité dans cette région est "décisif".

"Personne ne doit s'approprier ce dossier et aucun Etat ne peut jouer seul un rô le clé. C'est la grande leçon de cette crise", a déclaré mardi à la MAP, M. Danjean à l'issue de ses entretiens à Bruxelles avec le président de la commission Affaires étrangères à la Chambre des représentants, Ali Kébiri.

M. Danjean a précisé que "l'Algérie seule n'a pas la clé" et que le Mali ne peut se relever seul de cette crise. Il faut que les pays d'Europe, du Maghreb et du Sahel travaillent ensemble pour trouver une solution à ce dossier. C'est une Âœuvre collective", a-t-il souligné, notant que l'UE insiste beaucoup dans sa stratégie pour le Sahel sur la coopération régionale et doit en faire une priorité et quasiment une condition pour le développement de cette région.

L'eurodéputé a en outre affirmé que "les événements du Mali et d'Aïn Amenas ont sans doute ouvert les yeux aux autorités algériennes sur la nécessaire coopération", notant que dans ce dossier très complexe de l'instabilité au Sahel et au Mali, chacun doit pouvoir apporter sa contribution à hauteur de ce qu'il perçoit être un enjeu pour lui.

Le président de la sous-commission sécurité et défense au Parlement européen a également fait observer que les destins des pays européens et africains sont interconnectés et interdépendants et que l'insécurité au Sahel ne peut pas laisser indifférent la stabilité au Maghreb et de l'Europe.

"Entre le Sahel et l'Europe il n'y a qu'une frontière qui est le Maghreb. C'est donc une évidence pour l'UE et le Maghreb de travailler ensemble et de coopérer pour mettre fin aux réseaux terroristes et criminels qui déstabilisent toute la région du Sahel. C'est un impératif et c'est une exigence fondamentale", a insisté M. Danjean.

Après avoir indiqué que la stratégie de l'UE pour le Sahel comprend deux volets étroitement imbriqués qui sont la sécurité et le développement, M. Danjean a affirmé que dans cette approche-là, "il y a la place pour un fort partenariat avec le Maroc", un pays qui a des savoir-faire, des connaissances et de l'expertise.

D'ailleurs, a-t-il poursuivi, le président français a bien insisté, lors de sa récente visite au Maroc, sur l'apport tout à fait décisif que peut avoir le Maroc dans l'appui de tout ce que l'UE entreprend dans son ensemble.

Sur le plan sécuritaire, la coopération antiterroriste entre le Maroc et l'UE est intense à travers l'échange d'information, et le cas échéant, des opérations et sur le plan militaire il faudra réfléchir à ce que peuvent apporter les forces marocaines dans une mission des Nations-Unies qui est appelée à prendre le relais des forces françaises au Mali, a-t-il souligné.

M. Danjean s'est, en outre, dit frappé au Mali par le besoin de ce pays de revitaliser ses institutions et son économie, ajoutant que Bamako compte beaucoup sur ses voisins du nord dont le Maroc fait partie et dont le "rôle est reconnu par tous".
http://www.atlasinfo.fr/Sahel-L-Algerie-seule-n-a-pas-la-cle--l-apport-du-Maroc-est-decisif-Arnaud-Danjean_a41169.html

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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Mar 9 Avr 2013 - 19:20

je ne sais pas si tu as ecouté interview de FH a medi1 il parle de participation marocains a la solution au problème malien FH parle aussi du Maroc comme pays voisin du sahel une phrase qui ne manquera pas de froisser alger qui s obstine avec son concept de " pays du champs " qu'elle engraisse a coup de bateaux de riz pour fermer la porte au Maroc pour jouer son rôle légitime dans cette région
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MessageSujet: Re: Crise Malienne - risque de partition   Sam 13 Avr 2013 - 1:18

Citation :
Mali: au moins trois soldats tchadiens tués dans un attentat suicide à Kidal

Au moins trois soldats tchadiens ont été tués dans un attentat-suicide vendredi à Kidal, dans le nord-est du Mali, un nouveau signe de l'insécurité persistante dans cette région en dépit de l'intervention armée franco-africaine contre les jihadistes.
Dans le même temps, cinq militaires maliens, dont un colonel, ont été tués dans l'accident d'un hélicoptère de l'armée malienne près de Sévaré (centre) à la suite d'une "défaillance technique", selon des sources militaires.
"Trois soldats tchadiens ont été tués dans un attentat vendredi à Kidal. Ce sont les jihadistes qui ont fait ça. Le bilan est encore provisoire", a indiqué une source militaire malienne.
Selon un communiqué de l'état-major tchadien publié à N'Djamena, trois soldats tchadiens ont été tués et quatre grièvement blessés dans cet attentat, commis lorsqu'un groupe de militaires s'est rendu "au marché de Kidal pour s'approvisionner".
"Au moment où ce groupe a fait son entrée, un kamikaze a fait exploser sa ceinture, tuant sur le coup trois soldats et blessant grièvement quatre autres", a affirmé l'armée tchadienne, selon laquelle des dispositions étaient prises pour le rapatriement des dépouilles mortelles.
Située à 1.500 km au nord-est de Bamako, Kidal abrite des bases des armées française et tchadienne qui en assurent la sécurité, la ville étant "gérée" par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) qui s'est opposé à la présence de l'armée malienne dans cette zone.
Kidal est la capitale de la région du même nom, berceau des Touareg abritant le massif des Ifoghas où se sont retranchés des combattants islamistes armés que les soldats français et tchadiens ont traqués pendant plusieurs semaines.
Elle a déjà été le théâtre de deux attentats-suicide, les 21 et 26 février: le premier avait visé des militaires français, tuant le kamikaze au volant de la voiture piégée sur le coup, le second visait un point de contrôle tenu par le MNLA dont sept membres avaient été tués, selon ce mouvement.
Jihadistes toujours actifs
Ce nouvel attentat-suicide prouve une fois encore que les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda qui ont occupé le Nord en 2012 restent actifs, trois mois après le début de l'intervention armée française alliée à des troupes africaines pour les chasser de cette région.
C'est le cas à Kidal, mais également à Gao, la plus grande ville du Nord malien où s'étaient produits les premiers attentats suicide de l'histoire du Mali, menés contre des soldats maliens. A Tombouctou (nord-ouest) également, un attentat du même type a eu lieu fin mars, suivi de combats meurtriers.
Un millier de soldats français mènent depuis près d'une semaine une vaste opération dans une vallée située au nord-est de Gao, considérée comme la base principale du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l'un des groupes islamistes armés présents dans la région.
Le représentant de l'Union africaine (UA) à Bamako, l'ancien président burundais Pierre Buyoya, a condamné "fermement" l'attentat de Kidal lors d'une conférence de presse dans la capitale malienne.
La Mission internationale de soutien au Mali (Misma, la force africaine) et ses partenaires "sont décidés à aider le pays frère du Mali à assurer la sécurité sur tout son territoire", a-t-il ajouté. Selon lui, cette force actuellement "compte 6.300 soldats sur le terrain", soit "80%" de ses effectifs.
La sécurité est l'une des conditions principales à la tenue d'élections générales en juillet au Mali, exigées par la communauté internationale et promises par les autorités de transition à Bamako.
Elle conditionne en particulier le retour dans leur région de quelque 400.000 déplacés et réfugiés maliens, dont 75.000 se trouvent dans le camp mauritanien de Mbéra où ils "continuent de survivre dans des conditions précaires (...) sans perspective de retour au pays", a affirmé vendredi l'organisation Médecins sans frontières (MSF) dans un rapport intitulé "Echoués dans le désert".


AFP
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