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 Nucléaire civil: Premier pas du Maroc

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Dejitaiza
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Mar 11 Jan 2011 - 22:20

Bonne gouvernance mise à part, c'est surtout une vision stratégique ambitieuse qui serait la plus importante dans cette situation. A quoi serviraient tous ces minéraux si c'est pour l'export brut ou semi raffiné ? A gonfler les exportations d'un grand maximum de 5% ?
C'est une occasion pour acquérir et l'expertise et la chaîne de production ( et en passant le processus de R&D ) à prix extrêmement réduit ( car les matières premières sont locales ). Imagine le boost qu'on aura

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Mar 11 Jan 2011 - 23:32

je pense pas que les terres rares soient vraiment un bon filon...
Il y en a partout, ce sont les moyens de production qui sont rare, pourquoi ?
car tout simplement la production de terre rare nécessite un process de fabrication très toxique et extrême impactant sur l'environement !
Depuis la Chine possède les infrastructures de production les plus importantes dans se secteur, mais le coût environementale a été colossale !
En espérant concurenser la Chine dans ce secteur, on fait fausse route, elle a bcp d'avance...et les sacrfices à faire en valent ils l'affaire ?
Non, l'extraction de l'Uranium à partir du process de fabrication de l'acide-phosphirique et de tout ces dérivés, voilà où se trouve l'avenir de l'OCP









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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Mer 12 Jan 2011 - 1:51

Dejitaiza a écrit:
Bonne gouvernance mise à part, c'est surtout une vision stratégique ambitieuse qui serait la plus importante dans cette situation. A quoi serviraient tous ces minéraux si c'est pour l'export brut ou semi raffiné ? A gonfler les exportations d'un grand maximum de 5% ?
C'est une occasion pour acquérir et l'expertise et la chaîne de production ( et en passant le processus de R&D ) à prix extrêmement réduit ( car les matières premières sont locales ). Imagine le boost qu'on aura

Pour moi bonne gouvernance et vision stratégique vont de paire ... Je pense que les deux solution (OCP ou agence spéciale) peuvent être bonne à condition qu'il y ait une réèle volonté politique derrière, c'est souvent ce qui manque dans notre pays
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Jeu 13 Jan 2011 - 19:59

Morocco takes step towards 1st nuclear reactor

Citation :
* Morocco plans two 1-gigawatt reactors

* Energy imports cost Morocco around $8 bln a year

* Cabinet also okays draft law for nuclear security

RABAT, Jan 13 (Reuters) - Morocco, the only North African country that has no oil or gas of its own, on Thursday approved creation of an agency to ensure nuclear plant safety, helping advance slow-moving plans for its first nuclear reactors.

Authorities last year said the country's first two 1-gigawatt nuclear reactors would come into operation after 2020 and that the first international tenders for the plants would be launched between 2011 and 2014.

Morocco spent 64.7 billion dirhams ($7.6 billion) on energy imports for the period January-November 2010, up from 54.2 billion in all of 2009, official data shows.

The official MAP news agency said the cabinet on Thursday approved setting up the agency as well as a draft law governing nuclear security.

The agency is important because it would handle cooperation with the International Atomic Energy Agency (IAEA) in pushing forward and monitoring the project.

The draft law defines processes that authorise and control all activities that use "ionizing radiation", MAP said, quoting a government spokesman.
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Yakuza
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Jeu 13 Jan 2011 - 20:31

le reste de l´article Wink
Citation :
...
Among other issues, those processes cover "authorised installations and activities, approvals for providers of technical assistance in the field of (nuclear) security, informing the public on the setting up of a national emergency plan and a national system for the control and compatibility of nuclear material," it added.

Companies from several countries including France, Russia and Japan have watched Morocco's slow progress in realising its nuclear energy ambitions.

SOLAR LAUNCH LIFTS NUCLEAR HOPES

But the launch last year of a more than $9 billion solar energy programme has revived optimism that Morocco, which wants to export renewable electricity to Europe, will make faster strides towards developing its first nuclear power plants.

Morocco hopes its solar programme will account for 38 percent of the country's installed power generation capacity by 2020.

Russia's Atomstroyeksport [ATMSTF.ULK] in 2007 was among firms that expressed interest in providing Morocco with its first nuclear power plant. But in July, Rabat and Paris signed an agreement for the development of a civilian nuclear energy programme.

Energy Minister Amina Benkhadra told French newspaper Les Echos in June that France would help its former protectorate build its first nuclear power plants.

Morocco aims to export surplus electricity to Europe via Spain. Morocco's state-run power utility ONE doubled the capacity of its interconnector to Spain to 400 megawatts in 2007.

Moroccan officials say they intend to use uranium extracted from vast phosphate deposits in the country as feedstock for the planned nuclear power plants. The country of 32 million sits on nearly half the world's phosphate reserves, including deposits in the disputed Western Sahara.

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 14 Jan 2011 - 11:09

Citation :
Morocco hopes its solar programme will account for 38 percent of the country's installed power generation capacity by 2020. cyclops
éolien, hydroélectrique, et le solaire
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Viper
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 21 Jan 2011 - 0:09

Samy a écrit:
PGM a écrit:
Et si tu as des éléments qui laisse a penser que l on dispose ne serais-ce que de ressources humaine pour un tel projet, je suis preneur.

Pgm
Le Centre National pour l'Energie, les Sciences et les Techniques Nucléaires (CNESTEN). Beaucoup de compétences nationales dans le domaine nucléaire s'y rongent les freins depuis des années à attendre que le Maroc franchisse le pas bounce Il y a même de plus en plus d'anciens cadres qui sont allés voir ailleurs en désespoir de cause.
Pour rappel, le programme nucléaire marocain a démarré dans les années 70, par l'achat d'un premier réacteur de recherche, un Triga Mark 1, qui est resté chez son fabricant jusqu'à être remplacé par un Triga Mark 2, qui a été installé au Centre de recherche nucléaire de la Mâamora. Mais si ce centre est déjà en activité, il n'a jusqu'à présent pas été inauguré officiellement Rolling Eyes

Le trigra Mark II a été conçu dans les années 80, d'un point de vue purement technique, il est déjà dépacé, par contre sa reste un exellent outil de formation ( dévellopé dans ce but ).
Il y a toute une culture lié à la technologie nucléaire qu'il faut acquérir, j'ai pu m'en rendre compte avec différente personne qui travaille dans ce secteur (et pas seulement des techniciens ou ingénieurs).
Il y a 3 mots reviennent souvent chez eux, sécurité, sécurité et......sécurité. Wink

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Samyadams
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 21 Jan 2011 - 0:19

Viper a écrit:
Le trigra Mark II a été conçu dans les années 80, d'un point de vue purement technique, il est déjà dépacé, par contre sa reste un exellent outil de formation ( dévellopé dans ce but ).
Il y a toute une culture lié à la technologie nucléaire qu'il faut acquérir, j'ai pu m'en rendre compte avec différente personne qui travaille dans ce secteur (et pas seulement des techniciens ou ingénieurs).
Il y a 3 mots reviennent souvent chez eux, sécurité, sécurité et......sécurité. Wink
Sécurité ? Heureusement que les temps ont changé au Maroc cheers Il n'y a pas si longtemps, des techniciens dans certains secteurs industriels, qui font usage de jauge nucléaire de niveau, se promenaient avec les piles atomiques dans leur poches Twisted Evil Je le tiens personnellement de l'un de ces techniciens, qui travaille dans une raffinerie de sucre, au cours d'un séminaire sur la sécurité nucléaire organisé par le CNESTEN, il y quelques années. Et il n'était pas le seul à raconter ce genre d'histoires.
Mais grâce à la "baraka" dont Allah couvre ce pays, il n'y a eu que très peu de morts par irradiation au Maroc. Un gardien dans une mine, qui avait trouvé une source nucléaire non scellée et abandonnée aux alentours de la mine, l'a emmenée chez lui et mise dans un vase dans son salon. Toute la famille est morte irradiée What a Face

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 21 Jan 2011 - 0:27

Wai.... Rolling Eyes
tu comprends maintenant quand je te parle de culture à imprégner, cette nonchalance qui fait parti de notre culture, n'a pas de place dans des domènes aussi risqués que le Nucléaire.

PS: le gar qui se balladait avec la pile dans sa poche...tu lui fais trop d'honneur en parlant de lui comme d'un technicien....

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Dernière édition par Viper le Ven 21 Jan 2011 - 0:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 21 Jan 2011 - 0:36

Viper a écrit:
Wai.... Rolling Eyes
tu comprends maintenant quand je te parle de culture à imprégner, cette nonchalance qui fait parti de notre culture, n'a pas de place dans dans des domène aussi risqués que le Nucléaire.

PS: le gar qui se balladait avec la pile dans sa poche...tu lui fais trop d'honneur en parlant de lui comme d'un technicien....

C'est le genre d'énormité qui ne peuvent exister qu'au Maroc sa !!! J'ai pu entendre parler de négligeance comme celle ci également pour des détonateur (pour les bombes).
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Samyadams
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 21 Jan 2011 - 0:47

Mais ce pauvre gars ne savaient même pas que c'était une pile nucléaire qu'il mettait dans sa poche No L'usine a été construite par les Français et les Marocains n'ont fait qu'en hériter. Ils ne savaient même pas comment fonctionnent les jauges de niveau Laughing
Mais les choses ont beaucoup changé depuis quelques années. Maintenant, le Maroc dispose de tout l'arsenal juridique nécessaire, de l'importation des produits ionisants au rapatriement ou stockage des déchets, des organismes et institutions chargées de gérer les différents aspects de la question et des sessions de formation sont dispensés aux personnes qui travaillent au contact de produits radioactifs de manière gratuite par l'Etat. Je dirais même plus, le Maroc a développé une véritable paranoïa envers le nucléaire. Il faut souvent faire d'importants efforts de communication pour convaincre nos responsables politiques que le nucléaire n'est pas forcément synonyme d'Hiroshima et de Tchernobyl. Qu'il n'y a pas que les applications militaires et de production d'énergie; mais également les applications industrielles, dans l'aménagement du territoire, l'agroalimentaire et en médecine. Et que certaines grandes compagnies marocaines, comme la RAM, sont déjà rodées dans les techniques de contrôle non destructif.
Au Maroc, c'est "mahbouk oula matrouk" (une extrême ou l'autre), soit c'est le laxisme, soit le contrôle sécuritaire paranoïaque Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 21 Jan 2011 - 0:52

Je ne serais pas contre une tutelle française dans se domaine le temps d'avoir les bon réflexes et d'effacer les mauvaise habitudes...

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 21 Jan 2011 - 11:48

Le Maroc est évoqué dans ce document qui défini les pré-requis à un programme nucléaire :*

Citation :
Considérations sur le lancement d’un programme nucléaire
Gilbert NAUDET, membre du GR21, Groupe de réflexion sur l’énergie et l’environnement
au XXIe siècle
L’intérêt renouvelé pour l’énergie nucléaire dans le monde, sous le double effet de
l’enchérissement considérable des hydrocarbures et de la lutte contre l’effet de serre, conduit
les gouvernements de plusieurs pays en cours d’industrialisation à envisager le recours à cette
forme d’énergie. Le traité de non-prolifération (TNP), adopté en 1968, ratifié par près de 200
pays, affirme le droit pour tout pays l’ayant ratifié de recourir à l’énergie nucléaire civile en
contrepartie de sa renonciation à l’arme atomique.
Toutefois le lancement d’un programme nucléaire est affaire de longue haleine,
nécessitant d’importants efforts coordonnés dans de nombreux domaines : infrastructure,
industrie, financement, législation, administration, formation des hommes, information du
public. Le processus complet aboutissant à la réalisation de centrales nucléaires s’échelonne
sur au moins quinze ans.
Pour la clarté de l’exposé, on le décompose en plusieurs étapes, mais à l’évidence,
celles-ci sont plus ou moins imbriquées dans le temps. Leur importance et les efforts
nécessaires varient selon la situation générale du pays, en particulier sa démographie, sa
géographie, ses ressources financières et son degré d’industrialisation. Certains pays ont
depuis de nombreuses années entamé ce processus.
1. Les études préalables à la décision de lancement d’un programme nucléaire
constituent une première étape.
Une étude prospective des besoins énergétiques est conduite à partir d’hypothèses
contrastées relatives aux principaux facteurs de développement du pays sur le long terme :
démographie, urbanisation, transports…C’est dans ce cadre que l’on précise la croissance de
la consommation d’électricité moyennant quelques hypothèses supplémentaires sur les
déterminants de la pénétration de l’électricité dans le bilan énergétique national.
La situation énergétique du pays sur le long terme concerne d’abord les perspectives
d’approvisionnement à partir des ressources nationales et des possibilités de fournitures
extérieures ; il est possible alors d’estimer l’évolution du taux de dépendance énergétiques et
des conséquences macro-économiques qui en résultent, et de faire apparaître éventuellement
la nécessité du recours à d’autres formes de production d’énergie et de production d’électricité
que celles utilisées présentement ou envisagées à court terme. Une évaluation économique
préliminaire situe le niveau de compétitivité du nucléaire par rapport aux autres formes
d’énergie.
Une étude prospective du réseau de transport d’électricité basée sur la croissance
prévisible de la consommation précise son renforcement, son maillage, ses possibilités
d’interconnexion avec les réseaux étrangers, et détermine dans quelle mesure l’insertion
d’unités de production de taille importante est compatible avec la garantie de la stabilité de la
fréquence.
La recherche de sites potentiels propres à l’installation de centrales nucléaires est
une démarche à entreprendre par éliminations successives des zones défavorables en raison de
paramètres essentiels : sismicité trop forte, urbanisation trop proche, manque d’eau de
refroidissement, proximité d’aéroport civil ou militaire.
Une étude sur la gestion des déchets, leur entreposage et leur stockage futurs est à
entreprendre parallèlement afin de définir par avance les procédures et les moyens à mettre en
oeuvre dans ce domaine.
Une revue générale de l’infrastructure du pays, de ses possibilités industrielles et
de ses ressources humaines est effectuée dans le contexte de la réalisation d’un programme
nucléaire et de son exploitation. Elle met en évidence l’impact qu’il pourrait avoir sur
l’économie nationale, l’emploi et l’acceptation du public.
Ces diverses études, dans la mesure où elles n’existent pas encore, peuvent être
entreprises avec l’aide d’un ou plusieurs consultants extérieurs. Elles constituent en quelque
sorte une phase de pré-faisabilité, dont l’objectif est de permettre au gouvernement de se
forger une opinion sur l’intérêt d’un programme nucléaire pour l’économie du pays et la date
opportune de son lancement. Ainsi, le gouvernement possède-t-il les informations nécessaires
à une prise de décision.
2. Les dispositions nécessaires au lancement d’un programme nucléaire sont du ressort du
gouvernement, dont la tâche est de les planifier, les coordonner et les financer pour une large
part, en étroite collaboration avec les organismes nationaux impliqués, notamment le futur
exploitant.
La formation de spécialistes est prioritaire. Elle conditionne au premier chef la mise
en place des organismes spécifiques et indispensables à la réalisation et à l’exploitation d’un
programme nucléaire, et à l’exécution des tâches correspondantes. Ces spécialistes, déjà
formés dans divers domaines scientifiques et techniques, reçoivent une formation particulière
dans les matières nucléaires comme la neutronique, la thermohydraulique, les études de
systèmes, le contrôle-commande, la radioprotection, l’évaluation de sûreté, la réglementation,
etc. Cette formation s’effectue dans des sessions d’études spécialisées et des stages dans des
installations nucléaires à l’étranger avant que ne soient créées éventuellement les capacités
universitaires nationales adéquates. Au départ, 30 à50 de ces spécialistes sont les agents
nationaux au service du gouvernement pour élaborer les dispositions nécessaires au
programme nucléaire, telles que définies ci-dessous. Le pays doit porter une grande attention
à la communication autour du projet pour bénéficier aussi largement que possible du soutien
du public.
L’organisme de radioprotection existe en général préalablement à toute décision de
programme nucléaire, car indispensable à l’utilisation de rayonnements ionisants en médecine
et dans l’industrie. Il doit être renforcé pour faire face aux problèmes spécifiques d’une
centrale nucléaire, de ses effluents et des déchets nucléaires.
Le cadre législatif propre à la production d’énergie nucléaire doit être élaboré de
façon détaillée ; il représente une tâche prioritaire. Il concerne de nombreux aspects, la sûreté,
la sécurité, la radioprotection, le contrôle des matières, la gestion des déchets et effluents, les
garanties et la responsabilité civile, ainsi que les questions commerciales et de débat public.
Les procédures de délivrance des autorisations de construction et de mise en service industriel
doivent être particulièrement bien définies.
L’organisme de sûreté nucléaire est tout aussi urgent à mettre en place. Il doit être
en mesure de donner un avis sur toutes les questions touchant à la sûreté dans les choix que
fera le gouvernement ou l’exploitant. En particulier, au départ du programme, il lui incombe
l’examen des études de site et de l’évaluation du site retenu, et ultérieurement, l’examen des
propositions de l’exploitant et de leur conformité avec les normes nationales qu’il aura
préalablement établies et celles en vigueur au niveau international, enfin la délivrance des
autorisations de construction et d’exploitation. Une de ses caractéristiques essentielles est
d’être un organisme indépendant, c’est-à-dire de pouvoir prendre de lui-même toute décision
concernant la sûreté de la centrale, y compris d’en arrêter éventuellement le chantier ou
l’exploitation si les conditions de sûreté ne lui paraissent pas respectées.
Les engagements internationaux sont à prendre en considération par le
gouvernement au préalable de toute décision. Ils consistent dans le respect du traité de nonprolifération
de l’AIEA et de ses protocoles additionnels, mais aussi dans l’information des
Etats voisins du projet de centrale nucléaire et des dispositions de sûreté afférentes.
Un centre de formation et de recherche appliquée peut éventuellement être
envisagé pour former le personnel technicien à l’aide d’un petit réacteur de recherche, le
familiariser à la détection et mesure des rayonnements et l’initier à la physique et la conduite
des réacteurs.
3. Les études relatives à la mise en oeuvre d’un programme nucléaire sont à mener de
front dans la mesure où elles sont indépendantes.
La qualification et la validation d’un site nucléaire est une tâche essentielle à la
réussite du projet. Elle dure au moins trois ans de façon à accumuler suffisamment de données
statistiques. Elle concerne des domaines variés : la géographie, la géologie, la sismologie, la
climatologie, l’hydrologie, les études d’impact sur la faune et la flore, l’étude de
l’environnement humain et industriel, les études de l’infrastructure locale et régionale. Il
s’agit d’obtenir les données le plus pertinentes possible de façon que l’exploitant puisse
spécifier et dimensionner correctement tous les équipements. Par exemple, le système de
réfrigération sera fonction des caractéristiques du débit d’eau disponible, la résistance des
bâtiments de la tenue des sols, de l’intensité des ouragans, mais surtout du niveau de
sismicité, les circuits de ventilation de la qualité de l’air, les dispositifs d’évacuation des eaux
pluviales de la nature des précipitations. Les moyens d’accès au site des gros composants
seront l’objet d’une attention particulière. La qualité de l’étude de site évite des surprises à la
construction, donc des retards et des surcoûts.
L’examen du réseau de transport de l’électricité est à reprendre en fonction de la
situation du site retenu. Il doit garantir toutes les conditions nécessaires à l’évacuation de
l’énergie, à la stabilité de la fréquence en cas d’arrêt fortuit de la centrale, à la garantie de
l’alimentation de secours imposée par la sûreté du réacteur. La puissance envisagée de la
centrale est ainsi confirmée.
Le choix d’un modèle de réacteur résulte d’une analyse des caractéristiques
détaillées des différentes options technologiques disponibles dans le monde, ainsi que les
conditions d’approvisionnement du combustible nucléaire et de gestion des déchets propres à
chaque technologie. Cette analyse peut s’effectuer avec la coopération d’un consultant
extérieur ou de l’AIEA. Un modèle (ou un nombre restreint de modèles) est retenu par le
gouvernement et les organismes concernés en fonction des conditions spécifiques du pays et
des coûts annoncés par les organismes internationaux (AEN et AIEA) ou les constructeurs. La
taille du réacteur et le niveau du coût de construction de la centrale, combustible compris, sont
parmi les paramètres les plus importants à considérer.
Les modalités de financement de la centrale et des premières charges de combustible
sont examinées en rapport avec les coûts prévisionnels et l’étude économique de la production
d’électricité nucléaire. L’analyse financière tient compte des participations envisagées de
l’Etat, de la compagnie d’électricité et du secteur privé national ou étranger.
Une enquête du potentiel industriel national est conduite de façon suffisamment
détaillée pour déterminer le niveau envisageable de la participation locale à la construction et
à l’exploitation, et éventuellement les transferts de technologie. Il s’agit de préciser pour
chaque entreprise étudiée le niveau technique, les compétences humaines, la productivité, les
capacités et les délais de réalisation. Le secteur du génie civil et celui de la fourniture de petits
matériels retiennent particulièrement l’attention.
L’ensemble de ces études constituent la phase de faisabilité dont l’objectif est le
lancement de l’appel d’offres.
4. Le choix d’un constructeur et les négociations commerciales représentent une phase
essentielle du lancement d’un programme nucléaire, dont la durée, qui peut être assez longue,
est difficile à prévoir.
L’appel d’offres auprès des constructeurs concernés par le modèle de réacteur
retenu est rédigé avec le plus grand soin, gage de la réussite ultérieure des négociations
commerciales et de la réalisation. La coopération d’un consultant expérimenté et indépendant
paraît indispensable. Il en est évidemment de même pour l’analyse des offres.
L’appel d’offres repose sur toutes les études citées précédemment, en particulier les
caractéristiques du site et du réseau, les conditions de financement et de participation locale.
Les réponses fournissent les caractéristiques de fonctionnement de la centrale, sa durée de vie,
les coûts d’investissement et d’exploitation, l’approvisionnement du combustible et la gestion
des déchets, la participation locale et les transferts de technologie, le calendrier de réalisation,
la formation du personnel local devant participer à la construction et l’exploitation (de 500 à
1 000 personnes).
L’analyse des offres et leur comparaison aboutit au choix d’un constructeur de
chaudière nucléaire et, parallèlement, à celui d’un constructeur des équipements classiques et
d’une entreprise de génie civil, et enfin d’un architecte industriel.
Les négociations commerciales finalisent les aspects économiques et règlent tous les
détails, notamment les modalités contractuelles, les garanties et le partage des responsabilités
entre les différents partenaires, le calendrier de réalisation et de financement et
l’approvisionnement du combustible. Les contrats sont alors signés. Ils ne sont mis en vigueur
qu’après signature des engagements auprès des organismes internationaux, voire ceux du pays
fournisseur.
5. La construction de la centrale commence une fois qu’en a été délivrée l’autorisation par
l’organisme de sûreté nucléaire, qui s’est assuré que le projet de réalisation satisfait à toutes
les conditions du site et à toutes les normes de sûreté et de sécurité. La durée de construction
dans un pays industrialisé est d’au moins 5 ans. Dans un pays en cours d’industrialisation, les
conditions d’approvisionnement des matériaux et d’utilisation d’une main d’oeuvre locale
parfois insuffisamment expérimentée, entre autres aléas, peuvent allonger cette durée de
plusieurs mois.
La mise en service industriel, après la période des essais réglementaires, s’effectue
selon les dispositions contractuelles prévues pour le transfert de responsabilité des
constructeurs à la compagnie d’électricité propriétaire de la centrale.
6. Conclusion
Cet exposé des processus relatifs au lancement d’un programme nucléaire reste
théorique. Chaque pays est un cas particulier pour les diverses raisons déjà évoquées.
Même si plusieurs de ces processus peuvent se trouver imbriqués, leur ensemble
s’échelonne sur une durée d’une quinzaine d’années.
Certaines étapes nécessitent d’être exécutées le plus tôt possible. La recherche et la
validation d’un site non seulement sont un préalable indispensable de l’appel d’offres, mais
elles permettent de figer ce site dans les pays où les sites favorables sont rares et convoités
pour d’autres activités. La formation d’un personnel scientifique et technique compétent dans
le domaine électronucléaire est une tâche à entreprendre dès la décision gouvernementale du
recours éventuel à l’énergie nucléaire : toutes les actions de contrôle à toutes les étapes de la
préparation et de la construction du projet en dépendent. Cette tâche est continue et s’amplifie
jusqu’à la fin de la construction de la centrale.
Plusieurs pays en cours d’industrialisation ont déjà entamé cette chaîne de processus.
Le Maroc a formé depuis longtemps un noyau de spécialistes nucléaires, s’est assuré de la
faisabilité de l’extraction de l’uranium de ses phosphates, a validé un site vers 1985 et ouvert
au début des années 90 un centre de recherche nucléaire
. L’Egypte a aussi formé un groupe de
spécialistes et validé un site. Dès le début du siècle, le gouvernement vietnamien commençait
à former de jeunes techniciens en vue de disposer de l’énergie nucléaire aux environs de
2020.
Il est certain que la plupart de ces tâches sont difficiles à mener à bien dans beaucoup
de pays où l’encadrement scientifique et technique est insuffisant. Le recours à des
consultants et des industriels de pays développés apparaît nécessaire, et d’ailleurs donne
l’occasion de perfectionner la formation des équipes nationales.
Ce recours est d’autant plus efficace qu’il s’effectue dans le cadre d’accords de
coopération d’Etat à Etat sur beaucoup de sujets concernés. La signature de tels accords, où
naturellement des pays ayant réalisé un programme nucléaire important apportent leurs
connaissances et leurs expériences, ne signifie pas que les pays bénéficiaires seront dotés de
centrales nucléaires dans un proche avenir. Loin s’en faut, le chemin pour y parvenir est
difficile et exige une longue persévérance en moyens financiers et humains de la part des
autorités gouvernementales concernées.

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 21 Jan 2011 - 12:16

Citation :
Adoption de l'énergie d'origine nucléaire
L'adoption de l'énergie d'origine nucléaire impose
toutefois en pratique à l'infrastructure nationale des
conditions et des charges qui dépassent celles que comporte
la planification du développement général industriel
et énergétique. L'AIEA, comprenant que les difficultés
qui se présentent dans ce domaine risquent de peser
gravement sur le développement du nucléaire, a depuis
le milieu des années 1970 élaboré une approche systématique
de l'évaluation et du développement des infrastructures
comportant les quatre éléments principaux
suivants:
personnel qualifié
• structures d'organisation
• appui industriel
• dimension et structure du réseau électrique.
Un objectif commun du renforcement de ces structures
est d'obtenir un niveau qualitatif garantissant un
maximum de sûreté et de fiabilité dans toutes les phases
de la réalisation et de l'exploitation d'une centrale.
Personnel qualifié. La technologie nucléaire est d'ordinaire
fournie par un pays plus évolué. Pour que le
transfert donne de bons résultats, le pays bénéficiaire
doit être capable d'absorber la technologie, ce qui exige
la présence d'un personnel qualifié.
Dans de nombreux pays en développement, on a
souvent surestimé le besoin de personnel scientifique et
de chercheurs, et sous-estimé gravement le besoin d'ingénieurs
praticiens très expérimentés, de techniciens, et
d'ouvriers qualifiés. Dans la plupart des cas, c'est
l'embauche d'ingénieurs et de techniciens de tous les
niveaux possédant l'expérience pratique nécessaire pour
la construction et l'exploitation des centrales qui a
présenté le plus de difficultés.
L'assistance de l'Agence commence d'ordinaire par
une évaluation des besoins en ce qui concerne la
formation du personnel. Cette évaluation passe en revue
l'expérience des organisations existantes ainsi que
les établissements d'enseignement du pays à tous les
niveaux, et tient compte du nombre des diplômés, de
leurs disciplines et du niveau de qualification atteint.
Pour évaluer les disponibilités et les besoins en matière
de formation du personnel, l'Agence a envoyé des missions
en République de Corée, en Egypte, en Jamahiriya
arabe libyenne, au Mexique, aux Philippines et en
Yougoslavie.



Citation :
Appui industriel Un pays qui veut adopter l'énergie
d'origine nucléaire doit absolument disposer de compétences
en matière de construction et de montage d'installations
industrielles ainsi que d'exploitation et d'entretien.
L'infrastructure industrielle existante ne fournira
généralement pas la technologie ni le savoir faire
nécessaires et ne sera pas d'une qualité suffisante pour
appuyer un programme nucléaire; l'exigence de haute
qualité sera vraisemblablement une exigence nouvelle.
Des accords bilatéraux et des contrats de transfert de
technologie ont joué un rôle décisif pour l'établissement
d'industries d'appui L'Argentine, le Brésil et la
République de Corée offrent l'exemple de pays où
la participation à des programmes nucléaires a rendu
service aux industries locales en leur faisant adopter des
systèmes améliorés d'assurance de la qualité pour leurs
produits et des techniques de production plus évoluées.
Il reste toutefois nécessaire d'évaluer avec précaution
la possibilité de participation de l'industrie nationale à
un projet nucléaire, et d'assigner clairement des priorités
aux efforts nécessaires pour accroître cette participation.
La première priorité doit être donnée aux industries
pouvant produire le matériel nécessaire sans effort
supplémentaire ou moyennant un supplément d'effort
raisonnable, ainsi qu'au développement de la capacité
technique indispensable à une expansion future de la
participation. Il importe d'avoir présents à l'esprit non
seulement le rapport coût-bénéfice de la création d'une
nouvelle capacité industrielle, qui, pour certains des
composants principaux, risque d'être faible, mais aussi
la dimension du marché futur qui serait assuré à la
production nouvelle.

Citation :
Dimension et structure du réseau électrique. C'est là,
dans de nombreux pays en développement, un obstacle
important qui limite l'adoption du nucléaire:
le réseau est souvent trop petit et trop fragmenté pour
permettre l'adoption des centrales nucléaires relativement
grandes qui existent sur le marché. La stabilité et la
fiabilité du réseau et l'interaction avec des centrales
nucléaires posent aussi des problèmes spécifiques qui ne
sont bien compris que depuis peu. Dans les cas
graves, le réseau peut imposer à la centrale un cyclage
qui en limite la durée de vie dans de bonnes conditions
de sûreté.
Un guide de l'Agence sur les problèmes de l'interaction
réseau-centrale (TR-224,1983) a été le premier
ouvrage récapitulant les aspects techniques de ce
domaine qui peut présenter d'importantes difficultés.
On n'a toutefois pas mis au point de méthode normalisée
permettant d'évaluer la capacité d'un réseau électrique à
accepter une centrale nucléaire, et personne n'a encore
demandé l'assistance de l'Agence sur ce point. L'évaluation
technique de la capacité d'un réseau à accepter
une centrale nucléaire donnée sera une opération très
complexe.
On peut citer à ce sujet le cas de l'Inde. La dimension
des réseaux de ce pays convenait aux premières centrales
nucléaires, mais ils ne répondaient pas aux exigences de
fiabilité et ne permettaient pas non plus une utilisation
optimale de la centrale. On a obtenu des améliorations
sensibles après avoir analysé à fond les interfaces entre
les centrales et le réseau, et tenu compte, dans le
dispatching central du système, des exigences imposées
à la centrale pendant les transitoires du réseau. Il faut
s'attendre qu'à l'avenir on demande les conseils de
l'Agence sur les améliorations possibles dans de telles
situations.

extraits tiré du document suivant :

http://www.iaea.org/Publications/Magazines/Bulletin/Bull261/French/26105380308_fr.pdf

PGM
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Lun 21 Fév 2011 - 19:49

Réacteur nucléaire du Maroc :


Citation :
Que fait le Maroc avec son réacteur nucléaire ?



Finalisé en 2007, le réacteur est autorisé à fonctionner depuis 2009. Agriculture, exploitation minière, environnement, médecine..., les recherches concernent divers domaines.
Que fait le Maroc avec son réacteur nucléaire ?

Loin des regards indiscrets, la forêt de Maâmora, à 35 km de Rabat, abrite depuis 2007 un réacteur nucléaire de recherche d’une puissance de 2 MW et dont la mise en exploitation effective date de 2009. Unique au Maroc, le réacteur est géré par le Centre d’études nucléaires (CEN), lui-même rattaché au Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN), créé en 1986.
Composé de plusieurs unités de recherche, le site du CEN s’étend sur 25 ha dont 22 000 m2 construits. Son coût : 100 millions de dollars, dont 40% ont été financés grâce à des dons. 260 personnes y travaillent parmi lesquels plus de 70 docteurs (biologistes, physiciens, chimistes, pharmaciens, géologues, hydrologues), une trentaine d’ingénieurs et 80 techniciens bac+2 formés sur place. Tous sont marocains et 62% sont des femmes.
Grâce à ses nombreux partenariats tissés à l’international, notamment avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), basée à Vienne, et des universités étrangères ou nationales, le CNESTEN ambitionne aujourd’hui de s’intégrer au niveau régional, en renforçant notamment la collaboration et l’échange d’expérience avec les pays africains, francophones et anglophones. Chaque année, il forme une centaine de professionnels et encadre une vingtaine de thèses. Le CNESTEN produit également entre 40 et 50 publications scientifiques par an et participe à une vingtaine de manifestations de niveau international.
Si le Maroc a fait le choix d’investir dans la recherche nucléaire, c’est bien sûr pour ne pas se retrouver à la traîne. Et parce que les techniques nucléaires peuvent s’appliquer à diverses disciplines. Ainsi, le laboratoire des isotopes (atomes qui se différencient uniquement par leur nombre de neutrons) stables observe-t-il le cycle de l’eau afin de pouvoir guider les agriculteurs quant aux périodes et quantités idéales pour irriguer leurs terres. De même, cette unité est capable de mesurer le débit hydrique et la salinité d’une nappe phréatique et de quantifier le temps de séjour de la source alimentant la nappe. Autrement dit, la technique employée permet de suivre le niveau de remplissage de la nappe phréatique concernée et d’évaluer si elle est polluée, ou non. Fierté de l’équipe, les résultats d’une étude concernant plus de 10 bassins marocains ont abouti à la réalisation du premier atlas d’hydrologie isotopique jamais réalisé à l’échelle d’un pays. Cerise sur le gâteau, le laboratoire a été reconnu par l’AIEA comme centre d’excellence d’hydrologie isotopique pour le continent africain.

L'unité teste la production d’iode 131, de technétium 99 m et de thallium 201 utilisé dans la médecine

Le CEN abrite également une unité de radio-écologie et de datation. Sa mission consiste à étudier les milieux marins, le phénomène d’érosion des sols et l’exploitation des phosphates et de ses dérivés. Concrètement, en analysant un échantillon marin, le laboratoire peut déterminer la nature des polluants qui s’y trouvent, s’ils sont radioactifs ou non et la vitesse de sédimentation. Cette équipe a d’ailleurs pu déterminer que les quelques traces de radioactivité artificielle mesurées au Maroc proviennent très certainement des essais nucléaires exercés par la France au début des années 60 dans le désert algérien, et non de l’explosion de la centrale de Tchernobyl en 1986. Le CEN dispose aussi d’une unité de surveillance de l’environnement, chargée quant à elle de mener une vérification radiologique systématique de l’environnement ambiant du site du CEN. Elle peut également intervenir dans le cas de plans d’urgence radiologiques.
La technique nucléaire va plus loin, à l’instar de l’unité d’application médicale et biologique qui a entamé début 2010 ses premiers essais dans le domaine de la production d’isotopes. L’unité de la Maâmora teste la production d’iode 131, de technétium 99 m et de thallium 201. Ces isotopes sont les principaux éléments utilisés dans la médecine nucléaire. Ils permettent en premier lieu de diagnostiquer une maladie grâce à la scintigraphie qui consiste à administrer dans l’organisme des isotopes radioactifs dont les rayonnements émis, après captation par les organes à examiner, seront détectés par imagerie médicale. Cette technique permet surtout de traiter les pathologies thyroïdiennes par ionisation, certains cancers et métastases osseuses. Une fois élaborés, ces isotopes sont acheminés vers le laboratoire du contrôle de la qualité, indépendant de la production, afin de vérifier la conformité avec les critères internationaux en vigueur. Par la suite, les produits finis peuvent alimenter les cliniques et centres hospitaliers universitaires (CHU). Pour l’heure, l’unité en est à ses premières tentatives. Et son objectif est moins de commercialiser à titre purement lucratif ses produits que de mettre à niveau le Maroc en matière de recherche dans le domaine.

Collaboration avec des partenaires étrangers

Situé dans le bâtiment du réacteur nucléaire, le laboratoire d’analyse par activation neutronique utilise quant à lui une technique d’analyse élémentaire. Ce procédé détermine la composition des éléments chimiques d’un échantillon donné, qu’il soit liquide, solide ou gazeux. Une fois collecté, l’échantillon est préparé pour être ensuite irradié par le réacteur. Lors de notre visite, le laboratoire travaillait sur un échantillon de sédiment provenant de l’Oued Oum Rbiî, en collaboration avec une université allemande. Afin de générer le moins de déchets possibles, l’échantillon ne pèse pas plus de 120 mg. Pour un échantillon de sédiment, l’irradiation peut être courte (30 secondes) ou longue (jusqu’à 8 heures). Dans le cas d’une irradiation courte, l’échantillon est placé dans un tube en polyéthylène, qui ne contient pas d’éléments radioactifs, puis mélangé à du soufre qui agit comme moniteur de flux. Grâce à un système de transfert pneumatique, l’échantillon est projeté dans le réacteur nucléaire pour y être irradié pendant 30 secondes. Il est ensuite récupéré par les chercheurs par le même système une fois que le niveau de radioactivité de l’échantillon a atteint le niveau autorisé. Le laboratoire effectue en moyenne 15 à 20 courtes irradiations par jour, mais sa capacité peut atteindre 40.
Pour les longues irradiations, l’échantillon est préparé dans une navette et mélangé à du cobalt. Il est ensuite déposé directement dans le réacteur via ce que les opérateurs appellent des cannes à pêche. Le réacteur peut irradier 78 navettes en même temps, gérées indépendamment. En moyenne, 50 longues irradiations sont effectuées par semaine. Une fois irradié, l’échantillon est soigneusement transmis au laboratoire pour être analysé. Les scientifiques peuvent alors établir la composition chimique en pourcentage et en particules par million (ppm) de l’échantillon. Cette technique s’applique aussi bien à l’agriculture qu’à l’archéologie, la médecine, la géologie, voire la criminologie. Son avantage principal réside dans le fait que l’échantillon reste intact à l’issue du process.

Le Maroc devrait acquérir une centrale électronucléaire d'ici 2020

Le budget de fonctionnement du site de Maâmora tourne autour de 50 MDH par an. Pour l’heure, 15 % du coût de fonctionnement sont couverts par les recettes. L’objectif est d’atteindre 35 % dans les années qui viennent. Alors autant dire que les clients industriels sont plus que bienvenus. C’est la mission assignée à l’unité d’applications industrielles. Son laboratoire de contrôle non destructif dispose en effet de techniques de pointe (ultrasons, magnétoscopie, rayons X, gammagraphie, ressuage, courant de Foucault) permettant de contrôler divers process industriels. A l’image des caissons en béton armé des ponts rails de l’oued Bouregreg à Rabat qui ont été contrôlés par gammagraphie. Ou encore la radiographie qui a été mise au service du Musée archéologique de Rabat pour évaluer les besoins de restauration d’une statue du fils de Juba II, Ptolémée de Maurétanie. L’équipe peut également injecter des traceurs radioactifs dans des réacteurs chimiques afin d’en mesurer la capacité. De nombreuses études ont déjà été menées pour le groupe OCP. Et ce sera bientôt le cas avec la Samir.
L’une des principales inquiétudes que soulève la science nucléaire est bien sûr le traitement des déchets radioactifs. Juridiquement responsable des déchets radioactifs à l’échelle nationale, le CEN traite donc à la fois ses propres déchets et ceux récupérés auprès des sucreries, raffineries, papeteries et établissements de santé si leur demi-vie (temps nécessaire pour le déchet pour perdre la moitié de sa radioactivité) est supérieure à 70 jours. Deux techniques peuvent être effectuées au centre : l’évaporation ou le compactage. Le CEN ne pratique pas le stockage définitif mais un entreposage maximum de 50 ans. D’une capacité de près de 300 000 litres, l’entrepôt ne contient pour l’heure que 2 fûts, soit l’équivalent de 240 litres, d’aiguilles de radium provenant d’un hôpital de Casablanca. Le Maroc pense déjà à l’avenir de ses compétences en matière de nucléaire. Ainsi, un comité national de réflexion étudie la possibilité d’acquérir une centrale électronucléaire d’ici à l’horizon 2020. Une étude de faisabilité a d’ores et déjà été réalisée et un site a même été choisi, près d’Essaouira. L’Office national de l’électricité et le ministère de l’énergie semblent prêts à passer à l’étape supérieure.

Zoom : Le réacteur marocain est américain

Il existe une soixantaine de réacteurs dans le monde, dont près de la moitié aux Etats-Unis. Le réacteur nucléaire que possède le Maroc est un TRIGA (Training, research, isotopes General Atomics) de la compagnie américaine General Atomics. Mesurant 9 m de hauteur et 2,5 m de diamètre, il est encerclé d’une structure de blindage de 2,5 m d’épaisseur. Il utilise comme combustible l’hydrure de zirconium uranium enrichi à 20%, soit nettement plus que les centrales nucléaires dont l’uranium est généralement enrichi à 3 ou 5%. Le combustible, acheté aux Etats-Unis par le Maroc dans les années 80, était, jusqu’à la construction et la mise en exploitation du réacteur, stocké en France. Il est finalement arrivé au Maroc en 2006. La puissance maximale du réacteur est de 2 MW, alors qu’il faut compter au minimum 500 MW pour une centrale nucléaire. A Maâmora, on s’intéresse donc davantage aux neutrons qu’à la puissance du réacteur. Ainsi, pour effectuer les analyses par activation neutronique (voir article), la puissance du réacteur ne dépasse pas les 250 kW. En revanche, la puissance est à son maximum dans le cas de la production de radio-isotopes. Trois principaux paramètres de sécurité sont sans cesse contrôlés : l’arrêt d’urgence est ainsi automatique si la température du combustible atteint 750°C, si la puissance dépasse 2,2 MW et dans le cas d’un séisme.
En outre, le cœur du réacteur baigne dans une piscine qui absorbe les irradiations. La cartographie du réacteur (photo ci-contre) comprend 101 éléments, dont 77 d’uranium et 17 graphites. Seulement 1 à 2 éléments sont changés chaque année.

Anne-Sophie Martin. La Vie éco

http://www.lavieeco.com/news/economie/Que-fait-le-Maroc-avec-son-reacteur-nucleaire---18856.html

edit Yak:les articles on les met en citations
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Mar 1 Mar 2011 - 22:39

Citation :
Nucléaire : Le Maroc relance sa centrale
DÉVELOPOPEMENT. Le Maroc vient de déposer un dossier devant l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour la construction d’une centrale nucléaire. Selon le ministère de l’Energie, le Royaume se dotera d’une centrale nucléaire de 1.000 mégawatts en 2020.


[/td][/tr][tr][td]C’est en décembre 2005 que l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) a approuvé le site de Sidi Boulbra, qui se trouve sur la côte atlantique, à mi-chemin entre les villes de Safi et d’Essaouira, sur la rive nord de l’embouchure du fleuve Mzar, pour recevoir la première centrale nucléaire marocaine pour la production d’électricité. Le choix du site Sidi Boulbra pour abriter la première centrale nucléaire du Royaume est pris après 9 ans de recherches et d’études de faisabilité réalisées en partenariat étroit avec l’AIEA.
Le Maroc en bonne place
Il s’agit donc d’une centrale qui aura une puissance estimée de 700 à 1.000 mégawatts. Mais bien que les aspects techniques et scientifique du projet aient été ficelés, la centrale nucléaire marocaine n’a pas vu le jour. Initialement prévue en 2013, il faut aujourd’hui attendre 2017 pour voir le site fin prêt pour produire de l’électricité nucléaire.
En effet, début février 2011, l’AIEA publie un document qui donne la liste de tous les pays dont les dossiers ont pris de l’avance pour finaliser leurs projets de centrales nucléaires. Le Maroc y figure en bonne place. Ce programme répond à un besoin énergétique de plus en plus pressant dans le Royaume. C’est donc dans le cadre de sa politique de diversification des ressources énergétiques primaires et du développement de ses capacités de production électrique que le Maroc a conduit des enquêtes de site et de faisabilité pour sa première centrale nucléaire.

L’expérience russe
Des études qui ont tenu compte de la réalité économique actuelle et de la nécessité de développer une technologie de réacteur nucléaire compatible avec la taille du réseau national d’ici 2020. Elles ont pris en compte les aspects techniques et économiques du projet, ainsi que la sécurité, la protection de l’environnement, la participation de l’industrie nationale et l’information publique. Les principales conclusions ont été publiées dans un rapport final rédigé par des experts de l’AIEA.
L’un des avantages pour le Maroc demeure sa forte production de phosphates dont proviennent les 15% d’uranium utilisés dans le monde. En effet le phosphate contient entre 50 à 200 ppm d’uranium et sa concentration se fait à l’occasion de la fabrication de l’acide phosphorique. C’est là, selon les spécialistes marocains, une grande opportunité pour le Maroc.
Ce sont les Russes qui devaient fournir les réacteurs nucléaires au Maroc. Dans ce sens, une délégation du groupe public russe Atomstroyexport a rendu visite aux responsables marocains en 2007. Le but était d’offrir de meilleures possibilités pour finaliser le projet. Il faut souligner ici que Atomstroyexport est le bras armé du Kremlin pour mettre en musique les accords politiques de coopération nucléaire. D’ailleurs, c’est dans ce sens, que plusieurs dirigeants d’Atomstroyexport avaient accompagné Vladimir Poutine lors de sa visite de septembre 2007 au Maroc. Mais cette offensive russe n’a pas été du goût des Français et des Américains, comme les groupes Areva et General Atomics, qui ne sont pas disposés à laisser les Russes leur souffler un joli contrat. Sans oublier que Washington avait bien déclaré qu’il ne laisserait pas le Maroc entrer dans la zone d’influence du nucléaire civil russe.

La vision marocaine du nucléaire
Ce sont finalement les Américains qui pourront rafler la mise. Et c’est la société américaine General Atomics Corporation qui semble être la mieux outillée pour superviser la fourniture des réacteurs nucléaires à des fins pacifiques et scientifiques. Le personnel, les techniciens et les ingénieurs nucléaires marocains qui travailleront dans cette centrale nucléaire peuvent recevoirs une formation aux Etats-Unis, en France et en Malaisie. Ce projet nécessitera un investissement de quelque 15 milliards de dirhams.
La vision marocaine de la gestion du nucléaire a été bien menée dans l’optique de la mise sur pied d’une centrale nucléaire. Et c’est le site de Bouknadel, à 25 kilomètres de Rabat, qui a servi de laboratoire grandeur nature pour tester ce type de nouvelle technologie. En effet, en 2006, un réacteur de technologie américaine a été acquis par le Maroc auprès de General Atomics pour la somme de 5 millions de dollars.
Ce centre s’étend sur 4.000 m2 et comprend, outre le réacteur, des laboratoires d’application. Le réacteur verra l’implication de quelque 220 personnes (docteurs, ingénieurs, techniciens, agents…).

L’expérience de Bouknadel
Ce réacteur de deux mégawatts est dédié à la recherche et l’expérimentation. Son utilité est capitale pour des secteurs comme la médecine, l’eau, l’agriculture et la recherche scientifique. L’intérêt principal de ce réacteur réside, selon le Maroc, dans la constitution d’un patrimoine scientifique important, tant en équipements ultra high-tech qu’en savoir-faire technologique. La recherche scientifique en bénéficiera largement.
Nommé Triga Mark II, ce réacteur sert à la production des radio-isotopes pour la médecine. Cette technologie entre notamment dans le cadre du traitement du cancer. En matière d’eau, le recours au nucléaire est de mise dans la prospection et l’évaluation des ressources hydrauliques (âge d’eau, rechargeabilité de certaines nappes).
Ce procédé permet aussi de lutter contre la pollution marine et fluviale. Pour l’agriculture, cette technologie intervient dans l’optimisation des fertilisateurs en permettant une meilleure sélection des engrais, et à moindre coût. Il aura également un apport quant au contrôle de la qualité de certaines industries (raffineries, sucreries…).


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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Mer 2 Mar 2011 - 0:10

[quote="Fremo"]
Citation :
[b">Nucléaire : Le Maroc relance sa centrale
[font=Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif]
Excellente nouvelle cheers Le pas du nucléaire civil sera franchi dans une dizaine d'années, incha Allah

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Mer 2 Mar 2011 - 21:25

Nouveaux types de centrales nucléaire, pas trop complexe à construire et pas trop chère, Le Maroc est visé pour vendre ces centrales


Citation :

La France étudie des mini-centrales nucléaires sous-marines

Reuters - publié le 02/03/2011 à 16:56
Une mini-centrale nucléaire sous-marine pour alimenter en énergie bon marché les pays isolés ou les zones insulaires qui ne peuvent s'offrir une grosse centrale nucléaire classique : tel est le projet porté par des scientifiques français.



La France, qui a été la première à développer massivement l'électricité d'origine nucléaire dans les années 1970, voit dans cette nouvelle technologie, issue de celle des sous-marins nucléaires, un marché potentiel, a déclaré un ingénieur spécialisé dans le domaine.

Le constructeur naval militaire français DCNS, va réaliser avec Areva, EDF et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) des études de faisabilité pendant deux ans, afin d'examiner toutes les questions soulevées par le projet en termes de pollution et de sécurité.

Un premier réacteur nommé "Flexblue" - d'une capacité de production de 50 à 250 mégawatts (MW) à comparer à la puissance d'un réacteur terrestre qui peut atteindre 1.650 MW - pourrait être mis en service d'ici fin-2016.

"Je suis convaincu que c'est réalisable", a déclaré à Reuters, André Kolmayer, chef de la division nucléaire civile de DCNS. "Il y a aujourd'hui 150 sous-marins à propulsion nucléaire qui circulent dans le monde donc mettre une centrale nucléaire sous l'eau n'est pas du tout une nouveauté."
PAS UTILISABLE POUR DES FINS MILITAIRES

"DCNS fabrique des sous-marins depuis 40 ans et nous avons mis 18 réacteurs sous l'eau", a poursuivi l'ingénieur nucléaire, qui a travaillé pour le fabricant de réacteurs Areva pendant 25 ans avant de rejoindre DCNS en 2002.

"Donc la technologie que nous allons utiliser pour Flexblue va être soigneusement démilitarisée mais elle va évidemment profiter de toute cette expérience".

Le réacteur en forme de capsule de 100 mètres de long, de 12 à 15 mètres de diamètre et de 12.000 tonnes sera amarré au fond marin à 100 mètres de profondeur.

Seule sa forme cylindrique rappelle le sous-marin, a détaillé André Kolmayer.

"Il n'y a pas de propulsion, pas d'hélices (...) c'est quelque chose qui descend beaucoup moins bas qu'un sous-marin. On n'aura pas les mêmes qualités de discrétion acoustique, de furtivité, ou de tenue au choc militaire".

La technologie n'est pas utilisable à des fins militaires, a encore précisé l'ingénieur qui estime que Flexblue sera moins vulnérable aux attaques terroristes et aux catastrophes naturelles qu'une centrale située sur la terre ferme.

La question de la sécurité est au coeur des études de la DCNS, a aussi dit André Kolmayer en ajoutant que la profondeur de l'eau protégeait les unités de production d'électricité des accidents d'avion, de la foudre ou d'un raz-de-marée.

Un filet métallique entoure par ailleurs Flexblue, permettant de faire exploser une torpille avant qu'elle n'atteigne le réacteur, a-t-il dit.

"Pour y accéder, il faudrait pouvoir descendre à 100 mètres de fond et ce n'est pas donné à tout le monde", a-t-il expliqué. "Il faut disposer de moyens quasi-militaires".
SECURITÉ CONTESTÉE PAR LES ANTI-NUCLÉAIRES

Si jamais le réacteur rencontrait un problème, une mesure de sécurité permettrait de le noyer, a-t-il encore dit.

"Pour qu'il y ait de fortes émanations radioactives il faut que le coeur (du réacteur) monte à de très hautes températures et se mette à fondre... l'eau éteint tout", a ajouté André Kolmayer en précisant que les études de faisabilité devraient le démontrer.

Les associations anti-nucléaires comme "Sortir du Nucléaire" ont qualifié le projet "d'absurde".

"La radioactivité se diffuse encore plus rapidement dans l'eau que dans l'air, et sans aucun moyen de contrôle en cas d'accident", a dit Anne-Laure Méladeck, coordinatrice du réseau Sortir du nucléaire.

Les réacteurs pourraient être installés par groupes, "un peu comme des fermes éoliennes", à une distance comprise entre cinq et 15 kilomètres des côtes.

Ils pourraient approvisionner des villes de 100.000 habitants dans des pays industrialisés -- et jusqu'à un million dans les pays émergents - et offrir un moyen de production standardisé, facile à assembler, et "bien moins cher" qu'une centrale nucléaire classique, a avancé André Kolmayer.

"Nous nous adressons aux marchés des pays en voie de développement (...) qui ont un réseau électrique de faible capacité qui ne permet pas d'accueillir une grosse centrale nucléaire".

L'ingénieur a estimé le marché mondial des Flexblue à 200 unités, entre 100 et 300 selon le prix que DCNS estime pouvoir aller de 100 millions à un milliard d'euros.

Malte, Chypre ou encore le Maroc correspondent aux marchés visés par la DCNS, même si l'ingénieur a insisté sur le fait qu'il n'avait reçu aucune déclaration d'intérêt.

L'ingénieur compte cependant sur un regain d'intérêt pour l'énergie nucléaire au niveau mondial en raison de la hausse des prix du pétrole et de la montée des préoccupations environnementales.

http://www.lexpansion.com/economie/la-france-etudie-des-mini-centrales-nucleaires-sous-marines_249926.html
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marques
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Mar 8 Mar 2011 - 12:16

Le Maroc prépare ses futurs hauts cadres en matiére nucléaire ...

là , c'est du top de top


Citation :
Nomination du Marocain M'Rabit Khammar à la tête du Département chargé de la Sécurité nucléaire au sein de l'AIEA
Rabat -

Le Conseil des Gouverneurs de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a endossé, lors de sa réunion ouverte lundi, la proposition du Directeur général de l'Agence, M. Yukiya Amano de désigner M. M'Rabit Khammar, à la tête du Bureau de la sécurité nucléaire, indique-t-on de source diplomatique marocaine à Vienne.

" La désignation de ce ressortissant marocain, âgé de 53 ans, à la tête de ce département constitue une reconnaissance des compétences professionnelles de M. M'Rabit, aiguisées depuis 1986 au sein de l'Agence, à travers les missions qui lui ont été confiées au sein des différents départements de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique ", souligne un communiqué de la Mission permanente du Royaume du Maroc auprès des Organisations internationales à Vienne.

A travers son département de la Sécurité nucléaire, l'Agence se force d'accompagner les Etats membres dans la consolidation de leurs infrastructures de sécurité nucléaire et à la promotion des instruments juridiques relatifs à la sécurité des matières nucléaires et sources radioactives.

La promotion de M. M'Rabit à ce haut niveau de responsabilité consacre, également, pour la première fois, l'octroi de responsabilités de ce niveau à un ressortissant marocain au sein de l'AIEA. Il s'agit également de la consécration, à travers M. M'Rabit, du rôle du Maroc et des efforts qu'il ne cesse de jouer dans le domaine de la sécurité nucléaire, relève la même source, rappelant que le Royaume est un fervent défenseur de l'idée que toute activité ou programme nucléaires doivent être entourés de toutes les exigences de sûreté et de sécurité nucléaires nécessaires.

Le Maroc contribue également et de manière active à la promotion des principes de la sécurité nucléaire à l'échelle internationale, ajoute le communiqué, rappelant que le Royaume a abrité la première réunion de l'Initiative Globale de Lutte contre le terrorisme nucléaire (IGLTN) du 30 au 31 octobre 2006.

Le Maroc, en tant qu'acteur actif de l'IGLTN et dans le cadre de son plan d'action, abritera du 22 au 25 mars prochain un exercice international sur la réponse à un acte malveillant impliquant des sources radioactives à Rabat, indique la même source. L'ouverture de cet exercice aura lieu en présence du Directeur général de l'AIEA, M. Yukiya Amano, selon la même source.

M. M'Rabit est un ancien cadre de l'Office National de l'Electricité (ONE). Il a été lauréat de nombreuses distinctions de l'Agence et membre de plusieurs associations professionnelles internationales actives dans ce domaine.
Avant d'être promu à la tête du Bureau de la sécurité nucléaire, Il a assuré, depuis aout 2008, les fonctions de directeur de coordination des départements de la sécurité et de la sureté nucléaires au sein de l'Agence.

A souligner qu'en plus de M. M'Rabit, le Maroc est représenté par plusieurs cadres marocains exerçant des fonctions de responsabilité au sein des organisations internationales basées à Vienne.

Ainsi en plus du poste de Directeur du Programme arabe et du département de l'Agro-industrie à l'ONUDI, le Maroc est représenté au sein de l'Agence internationale par deux autres responsables exerçant au sein du département de la vérification, trois traducteurs au sein de l'Office des Nations Unies à Vienne, et d'un analyste au sein de l'Organisation du Traité d'interdiction Complète des Essais Nucléaires.

Les organisations internationales à Vienne ont également recours, de façon continue à des consultants marocains de haut niveau dans la définition et l'application de leurs programmes respectifs.



Dernière modification 08/03/2011 10:07.
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Dim 13 Mar 2011 - 12:35

Citation :
Plan d’urgence nucléaire
L’AIEA choisit le Maroc pour une simulation de plan d’urgence nucléaire



L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), basée à Vienne, a choisi le Maroc pour tenir un exercice dit de plan d’urgence radiologique qui entre dans le cadre de l’initiative mondiale de lutte contre le terrorisme nucléaire. Le DG de l’AIEA, le Japonais Amano Yukyia, fera le déplacement en personne pour assister à cet exercice, qui se tiendra le 21 mars au Centre national des études, sciences et techniques nucléaires (CNESTEN) de Maâmora.

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Dim 13 Mar 2011 - 20:59

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 18 Mar 2011 - 20:24

et on se demande pourquoi on perd nos cadres dans ce domaine Rolling Eyes

http://almassae.press.ma/node/18972
Traduction google
Citation :
Le personnel du Centre national pour la science et de l'énergie nucléaire et de la technologie a protesté, hier, devant le siège du ministère de l'énergie et des minéraux à Rabat à la demande d'amélioration de leurs conditions matérielles et l'indemnisation des risques et soutenir la pratique de l'association.
Le Dechicia Abdul Ghani, membre de l'Union du Centre national pour la science de l'énergie et le nucléaire et la technologie, sous le drapeau de la Confédération démocratique du travail, que «le personnel effectué de nombreux vigiles, la grève du travail pour exiger la mise en œuvre de leurs revendications légitimes».
Dechicia dit, dit le «soir», «Les demandes les plus importantes est la liberté d'exercer l'action syndicale et l'indemnisation des dangers de Aloewenp rayonnement et le niveau de sophistication de la matière au personnel et à l'adoption d'une loi de base permanente, au lieu d'une loi provisoire de base remonte à 1986».

En ce qui concerne les conditions physiques de certains groupes, membres de l'Union a expliqué que la redevance mensuelle de docteur en physique nucléaire est de 5000Dh, en plus de l'administration a retiré afin de compenser pour les heures supplémentaires de 700 Dh pour les techniciens qu'ils gagnaient il ya 17 ans.

D'autre part, a appelé le Secrétaire Général du Ministère de l'énergie et des minéraux Bureau des manifestants syndicaux à s'asseoir à la table du dialogue, mais le s'accroche dirigeants syndicaux au dialogue avec le Secrétaire de la Bnkhaddra, ministre de l'Énergie et des Mines, Eau et Environnement, tel que confirmé par Dechicia.

Les revendications des manifestants de respecter et de soutenir la pratique et les libertés syndicales et à envisager l'action syndicale un partenaire stratégique et la force du processus et Aguetrahip dans la gestion et la gouvernance dans le centre et activer les précédents accords entre le syndicat et la direction du Centre et de l'institutionnalisation du dialogue, la négociation et la politique d'ouverture politique en ce qui concerne les problèmes avec urgence et d'urgence.

Et exigeant le personnel du Centre pour améliorer les salaires de tous les employés, en ligne avec la hausse des prix, de maintenir le pouvoir d'achat, et la non-déduction de la rémunération aléatoire seulement après la réalisation de la règle de droit, avec une parité entre l'ensemble du personnel, en plus de soulever la valeur de l'octroi d'une indemnité pour le logement et une subvention des transports et de l'indemnisation des risques, et une subvention pour entrer à l'école et une subvention de l'Aïd al-Adha.
Ce sont les revendications des travailleurs du centre pour compenser les risques résultant de l'exposition aux rayonnements et une subvention de dimension ionique ou dimension liés à l'indemnisation.
Et invite le Bureau de la réforme des syndicats des conditions administratives et de travail et de l'environnement, tels que l'activation de la Charte de la bonne gouvernance et la bonne gouvernance et la transparence dans la gouvernance et la gestion et la création du Conseil de la mesure et la bonne gestion des ressources humaines et la qualification des ressources humaines dans toutes les disciplines et de faire connaître la formation et de base de chaque nouveau personnel. En ce qui concerne le centre de santé et la sécurité, la sécurité et la sûreté nucléaire, le syndicat demande à accélérer la création de la Commission de la santé et la sécurité et la mise à disposition d'un guide de santé et de sécurité et d'éduquer tout le personnel dans ce domaine et revues nouvel examen liés à la santé et la sécurité dans le centre.
Les axes du dossier, le personnel de logistique et de l'amélioration de la réforme des retraites et le règlement des paiements mensuels est effectuée par l'administration de la caisse de retraite et le règlement de toutes les représentations de la retraite, et l'établissement de la sentence additionnelle pour les départs à la retraite par la création d'une subvention de la retraite.


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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Lun 28 Mar 2011 - 21:33

Plusieurs difficultés Barbaros : condition de travail difficile (éloignement), lignes électriques de gros débit a tirer sur + 1000 km, le sol n'est forcément idéal et l'affront du sable (bord de mer + sable = grosse corrosion). Même si sur le plan secure, c est mieux. L'étude géologique n'a définie que 2/3 sites répondants a toute les contraintes et a une distance raisonnable des centres urbains. Sans compter que le statut juridique du Sahara n aurait pas manquer de poser problème avec l'AIEA.

PGM
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Jeu 26 Mai 2011 - 18:11

Ce soir sur 2M pour ceux qui sa intéresse. Cool

Citation :
Visite du réacteur nucléaire de Maâmora
Fukushima, Tchernobyl, des catastrophes qui ont associé le nucléaire à l’irradiation, à la mort.
Pourtant, le nucléaire, à travers ses applications, éclaire, contribue à soigner, et même à protéger l’environnement.
Au Maroc, il existe bel et bien et le pays entend bénéficier de ses applications civiles, tout en garantissant une sécurité infaillible.
Une première: visite du réacteur nucléaire de Maâmora.

Grand Angle, jeudi 26 mai à 22h20

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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Ven 3 Juin 2011 - 0:13

Nano a écrit:
Ce soir sur 2M pour ceux qui sa intéresse.
a partir de la min 38 http://www.2m.ma/Programmes/Magazines/Societe/Grand-Angle/Grand-angle-Jeudi-26-mai
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MessageSujet: Re: Nucléaire civil: Premier pas du Maroc   Aujourd'hui à 17:32

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