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 Géopolitique Mondiale

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vinseeld
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 21 Déc 2016 - 8:07

http://www.huffingtonpost.fr/nicolas-tenzer/vladimir-poutine-guerre-russe-syrie-change-ordre-du-monde-XXI-e-siecle/?utm_hp_ref=fr-homepage a écrit:


La guerre russe en Syrie change l'ordre du monde et le visage du XXIe siècle

L'intervention de la Russie signe l'acte de décès de l'équilibre des puissances et, quasiment, de l'ONU. Le XXIe siècle entre-t-il dans l'ère de tous les dangers?




Quand commence le XXIe siècle? Le débat académique paraît vain et, comme aurait pu le dire Chou En-lai, pour paraphraser sa réponse sur les effets de la Révolution française, nous ne le saurons qu'après 2400! En revanche, pour qui considère les ruptures qui marquent les changements d'époque, la guerre russe en Syrie –car c'est d'abord de cela qu'il s'agit‑ inaugure une nouvelle ère des relations internationales. Elle nous précipite dans une autre réalité du monde.

La ligne de démarcation entre les siècles est parfois placée en 1989 (chute du Mur de Berlin), 1992 (début de la guerre en ex-Yougoslavie), le 11 septembre 2001 ou encore en février 2014 avec la révolution de Maidan qui a entraîné l'agression russe contre l'Ukraine et l'annexion de la Crimée. 1989 marquait certes la fin de la division entre deux blocs, inaugurée en 1917 et consacrée après la Seconde Guerre mondiale, mais elle n'a peut-être ouvert qu'une parenthèse dans l'espérance d'une réunification du monde. La sauvagerie des massacres de la guerre yougoslave peut sans doute s'analyser comme les derniers soubresauts du siècle qui finissait. L'horreur des attaques terroristes contre les tours jumelles et le Pentagone signalait la montée d'un terrorisme international, mais elle n'offrait pas le signe d'une rupture stratégique. 2014 était le signe avant-coureur de la nouvelle ère, mais elle ne l'inaugurait peut-être pas entièrement.


"C'est une guerre non dissimulée, clairement menée par une grande puissance, conformément à ses plans de guerre, avec un objectif premier de domination d'une zone, ce qui est sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale."



L'intervention russe en Syrie marque le tournant stratégique le plus complet dont, pour notre malheur commun, les dirigeants du monde n'ont pas encore pris la mesure.

Quand le monde sort de la loi

Elle comporte quatre changements lourds pour les décennies qui viennent:

- La première est qu'il s'agit d'une guerre non dissimulée, clairement menée par une grande puissance, conformément à ses propres plans de guerre, avec un objectif premier de domination d'une zone, ce qui est sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale. On n'est plus là dans le soutien simple à un régime criminel comme cela pouvait être le cas jusqu'au début de l'intervention russe en 2015, mais bien dans une opération désormais planifiée dans ses principales composantes à Moscou et non à Damas. Certes, l'affirmation de la Russie par la force brute avait débuté en Ukraine deux ans auparavant. Pour la première fois depuis l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne nazie en 1939, un grand Etat européen envahissait et annexait une partie d'un autre, causant plus de 10.000 morts et plus d'un million de déplacés. Mais fût-ce avec des récits non crédibles, le Kremlin avait d'abord cherché à dissimuler son rôle d'initiative dans le conflit ukrainien, donné les justifications historiques les plus invraisemblables à l'annexion de la Crimée et entrepris de la légitimer par un référendum, fût-il non régulier et truqué. Il n'est point fortuit que Poutine ait, il y a deux mois, assumé l'intervention russe dans le Donbass dans le prolongement de la guerre en Ukraine. Le retrait de la signature russe du Traité de Rome sur la Cour pénale internationale, s'il ne change rien en droit, est le point d'orgue symbolique de cette évolution. Poutine se sent libre de faire ce qu'il veut, sans même devoir en produire une justification biaisée. La guerre ouverte est de retour.

- Ensuite, cette même puissance, deuxième par sa capacité nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, commet au vu et au su de tous des crimes de guerre sur une large échelle, après avoir, avec la Chine pour les quatre premiers et le dernier de ses six vetos, empêché toute condamnation du régime génocidaire qu'elle soutenait. Nous ne sommes plus dans la complicité du crime, mais dans celle de sa perpétuation directe. Un pays, la Russie, vient de franchir une nouvelle ligne rouge, y compris pour des puissances qui ne s'embarrassent pas trop des droits de l'homme –interprétons peut-être ainsi l'absence de veto chinois à la cinquième résolution française au Conseil de Sécurité des Nations unies, même si des raisons, sans doute liées à la politique américaine, l'ont conduit à nouveau à poser son veto pour la sixième fois début décembre 2016. L'ampleur des crimes commis sciemment et volontairement sur des civils est inédite pour une grande puissance depuis l'Allemagne nazie.

- En troisième lieu, la guerre que conduit actuellement la Russie ne rencontre aucune opposition sérieuse, concrètement des Etats-Unis, seule puissance capable militairement de s'y opposer, et bien sûr de l'Europe, malgré les tentatives justes d'intervention en août 2013 portées par François Hollande. Moscou a été en mesure –triomphe que cherchait Poutine– d'imposer son point de vue et d'apparaître comme la puissance dominante du monde. Le pire scénario est en passe de se réaliser: après le monde bipolaire de la Guerre Froide, le règne de l'hyper-puissance américaine et le G-Zéro, on entre dans l'ère de la domination d'une puissance belliqueuse par abstention de toutes les autres. S'annonce une domination du faible –une Russie vouée au déclin économique et démographique‑ sur le fort –l'Amérique. La déliquescence du pouvoir américain sous Obama, vraisemblablement amenée à se poursuivre d'une autre manière avec Trump, a non seulement fait de Poutine le superman admiré des dictateurs et des populistes, mais il a fait de son pays, fût-il voué à long terme, au déclin et, dans l'immédiat, à une paupérisation croissante, le gagnant paradoxal des récents conflits mondiaux. Cela signe l'acte de décès définitif de ce qu'on appelait jadis l'équilibre des puissances.

"On entre dans l'ère de la domination d'une puissance belliqueuse par abstention de toutes les autres. Cela signe l'acte de décès définitif de ce qu'on appelait jadis l'équilibre des puissances."

- Quatrièmement, cette guerre sonne la quasi-mort de l'ONU en tant qu'organisation politique(WRANGEL !  Wink ), même si le destin des organisations est parfois de survivre alors qu'elles ont perdu l'essentiel de leur raison d'être. Mais elle va plus loin: elle détruit l'espoir de paix qui la fondait, rend risible l'idée du règne du droit, et sape dans l'esprit de tous, et pas seulement chez les citoyens des pays autoritaires, l'espoir comme naturel que les valeurs de liberté, de justice et de vérité étaient promises à triompher. Le théâtre d'ombres de la diplomatie qui s'y joue, sans même que les meilleurs de nos diplomates y croient encore, est devenu le fossoyeur des idéaux de l'après-guerre.

"Cette guerre sonne la quasi-mort de l'ONU."

Ce tournant du monde signifie simultanément la fin de l'espoir d'une autolimitation des puissances théoriquement garantes de l'ordre du monde. Elles peuvent tout se permettre, car ni la crainte du plus fort, ni celle d'une perte de réputation n'importent plus pour elles. Le monde des règles et des normes est devenu celui de la permission de tuer. Que la communauté internationale n'existe plus est un constat ancien. Qu'il soit quasiment devenu "autorisé" d'enfreindre la loi internationale sans représailles, de ne plus se cacher pour massacrer, de viser ouvertement à détricoter un à un les principes de l'ordre international et de saper le fonctionnement des organisations internationales politiques –quand il ne s'agit pas de les frapper de l'extérieur– est nouveau.

Défendre la liberté dans un monde détruit

Ce tournant syrien de la politique russe dessine le futur ordre dans lequel nous risquons de vivre pendant plusieurs décennies. Les puissances libres doivent se comporter en conséquence. Si les Etats-Unis et les puissances libérales d'Europe et d'Asie ne redressent pas cette tendance, des jours effrayants nous attendent dont les populations les plus faibles seront d'abord victimes. Par contagion, ce désordre des normes et cette insécurité liée à la montée des forces d'opposition à la liberté pourraient devenir le lot des Etats aujourd'hui démocratiques.

La première conséquence est que les organisations internationales, aussi pénible cela soit-il à annoncer, devront de plus en plus être contournées pour les opérations de maintien ou de rétablissement de la paix qui devront être mises en œuvre sans leur aval. Cette prévision que j'avais faite il y a six ans s'accomplit sous nos yeux: la volonté de sape de l'ordre international propre à la Russie imposera de plus en plus des interventions des puissances en dehors du cadre de l'ONU. Cela vaudra aussi pour l'OSCE que la Russie entend paralyser ou détruire et au sein d'une Union européenne dont certains Etats sont gangrenés par la propagande russe. En attendant que les conditions reviennent d'un ordre international régulé et effectif par sa capacité à imposer les règles de droit, les puissances libres devront être capables et résolues à employer la force.

"La volonté de sape de l'ordre international propre à la Russie imposera de plus en plus des interventions des puissances en dehors du cadre de l'ONU."

La deuxième a trait aux négociations, traditionnel fondement des relations internationales depuis plus de quatre siècles. Avec la Russie, celles-ci n'ont plus de sens. Elles étaient plus sérieuses au temps de la Guerre Froide qu'aujourd'hui. Le seul point pour lequel une discussion solide peut avoir lieu concerne la prévention d'un accident nucléaire, mais il n'est pas certain que toutes les garanties puissent être apportées. On doit revenir en l'adaptant à la vieille doctrine du containment et, en Ukraine comme en Syrie, voire en Géorgie, du roll back. Aussi regrettable et risqué que cela soit, la politique de puissance redevient la norme des relations internationales.

"Les négociations étaient plus sérieuses au temps de la Guerre Froide qu'aujourd'hui."

Enfin, un temps oubliée avec la disparition du Bloc soviétique, la question des valeurs redevient centrale dans l'ordre mondial. Il ne s'agit plus de s'affronter à un système idéologique lourd, mais à un ensemble de tendances –regroupons-le sous le terme d'illibéralisme– qui s'opposent aux principes de liberté et de droit ainsi qu'aux droits de l'homme. Celles-ci font l'objet d'une propagande invasive qui consonne avec la nouvelle mode des pays dits "libres" d'un retour au nationalisme, à la fermeture et à l'indifférence aux droits. Les militants de la cause du droit et de la liberté ont par trop considéré que ces principes allaient de soi. Il leur faut désormais à la fois reprendre leur plaidoyer en direction du grand public et répondre aux critiques adressées aux élites et à la paupérisation de couches entières provoquée par une globalisation non organisée. Au niveau international, il s'agit là d'un combat pour la démocratie. Elle est devenue une cause sans frontières pour laquelle les tenants d'une société ouverte dans le monde entier doivent s'unir. C'est urgent et vital. Sinon le XXIe siècle sera l'ère de tous les dangers.

Nous sommes rentrés à nouveau dans de sombres temps. Rien ne semble aujourd'hui arrêter ce que Thérèse Delpech appelait l'"ensauvagement" du monde, tant au niveau international que national. Il est urgent d'en sortir avant que la nuit nous recouvre.


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Shugan188
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Lun 26 Déc 2016 - 18:04

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Shugan188
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Ven 3 Fév 2017 - 23:07

http://www.libertepolitique.com/Convaincre/Dossiers-thematiques/Le-triple-coup-de-maitre-de-Vladimir-Poutine

Citation :

Le triple coup de maître de Vladimir Poutine

-
Paru le : 31 janvier 2017
Le triple coup de maître de Vladimir Poutine

L’une des conséquences de l’intervention de Moscou en Syrie est l’ouverture à la marine russe d’un accès permanent à la Méditerranée. Le succès d’une telle politique dans laquelle les Tsar et l’URSS avaient échoué, nécessite la mise à disposition de points d’appui.

Celui de Syrie étant sécurisé et l’Egypte se rapprochant de plus en plus de la Russie, Vladimir Poutine regarde maintenant vers la Libye et le port en eau profonde de Tobrouk en Cyrénaïque. D’où son soutien au général Haftar.

Mais le président russe voit plus loin. En appuyant le Maroc dans la question du Sahara occidental, c’est désormais l’ouverture sur l’océan atlantique qu’il prépare. Une telle réussite laisse sans voix les « castrats » de Bruxelles et les « beaux merles » du Quai d’Orsay. Quant à l’Algérie, la voilà paralysée et mise hors-jeu en raison de son soutien-boulet au Polisario.

De la Crimée au Maroc, cette politique russe qui rebat les cartes de la géopolitique méditerranéenne, a été menée en sept étapes et en moins de trois ans.

Explications et développement :

Etape 1 : le rattachement de la Crimée à la Russie

Au mois de février 2014, en rendant à la Russie sa province de Crimée, Vladimir Poutine a posé les bases de la nouvelle politique méditerranéenne russe. Désarmés par leur inculture historique et par leurs errances idéologico-analytiques, les Européens n’ont pas saisi la véritable portée de cet évènement. Le retour de la Crimée à la Russie, condition de la sanctuarisation de la base navale de Sébastopol, était en effet le préalable à toute projection en Méditerranée.

Etape 2 : sauver la Syrie

Ses arrières en Crimée étant assurés, la Russie a engagé la phase 2 de son plan qui était la sécurisation de ses bases de Tartous et de la région de Lattaquié, ce qui passait par le sauvetage du régime de Damas.

Cet objectif fut atteint dès le mois d’octobre 2015.

Etape 3 : la réalpolitique avec la Turquie

L’erreur des pilotes turcs qui, le 27 novembre 2015, abattirent un avion russe, permit à Vladimir Poutine d’intimider à ce point le président Erdogan, que ce dernier comprit qu’il valait mieux s’entendre avec son puissant voisin plutôt que le provoquer. D’autant plus que ses alliés américains de l’OTAN soutenaient les séparatistes Kurdes et accordaient l’asile à son mortel ennemi, le chef du mouvement Gülen.

Résultat de ce quasi retournement d‘alliances, la nouvelle coopération d’intérêt entre Moscou et Ankara garantit la liberté de circulation des navires russes dans les Détroits. Tout en affaiblissant l’Otan.

Etape 4 : l’Egypte renverse ses alliances

Le nécessaire élargissement du périmètre de sécurité russe se fit ensuite vers l’Egypte à travers un spectaculaire rapprochement entre le général Sissi et le président Assad, devenu effectif au mois d’octobre 2016.

Il s’agit là d’une autre considérable réussite de la diplomatie russe et d’un bouleversement géopolitique dont la portée n’a pas été évaluée à sa juste mesure par les observateurs européens. L’Egypte qui dépend de l’aide économique de l’Arabie saoudite, ennemie acharnée d’une Syrie alliée de Moscou et de Téhéran, a en effet osé se dresser face à son donateur sur deux dossiers essentiels :

- Alors que les Saoud sont en guerre totale contre le président Assad, au Conseil de sécurité de l’ONU, l’Egypte a voté avec la Russie au sujet de la Syrie, s’attirant une l’amère remarque suivante de l’ambassadeur saoudien aux Nations Unies : « Il est pénible que les Sénégalais et les Malaisiens aient des positions plus proches du consensus arabe que celle du représentant arabe au Conseil de sécurité ».

- Cette position indépendante de l’Egypte venait après le refus du Caire d’envoyer des troupes combattre les Houtistes pro-iraniens du Yémen aux côtés des troupes saoudiennes.

Cette réorientation de la diplomatie égyptienne débouchera-t-elle sur une normalisation des relations égypto-iraniennes ? Les prochains mois nous le diront. Quoiqu’il en soit, comme au même moment Moscou tente de rapprocher les points de vue d’Ankara et de Téhéran, tous les équilibres régionaux pourraient être bientôt bouleversés.

Ulcérée, l’Arabie saoudite a répliqué en cessant de fournir à l’Egypte du pétrole sous forme de dons ou de tarifs préférentiels et en appuyant l’Ethiopie dans son projet de construction de barrage de la Renaissance. Or, pour l’Egypte, il s’agit là d’une provocation car ce chantier va entraîner la baisse du niveau du Nil. Le Caire a donc dénoncé cette décision saoudienne comme une « démarche politique dangereuse constituant un acte d’intrigue publique visant à nuire aux intérêts de 92 millions d’Egyptiens ».

Enfin, signe très clair du retour de Moscou en Egypte, au mois d’octobre 2016, des parachutistes russes ont participé à des manœuvres militaires communes avec l’armée égyptienne dans le désert occidental séparant l’Egypte de la Cyrénaïque. A proximité donc de la région contrôlée par le général Haftar…

Etape 5 : L’appui au général Haftar en Libye

Le général Haftar au Kremlin le 27 novembre 2016

Face au chaos libyen, s’obstinant à nier le réel et encalminées dans le paradigme démocratique, l’ONU et l’UE ont prétendu reconstruire la Libye autour d’un fantomatique gouvernement d’ « union nationale » appuyé sur les milices islamistes et salafistes de Tripolitaine.

Face à cette politique de gribouille, la Russie a déroulé un plan réaliste appuyé sur les véritables rapports de force militaires et tribaux.

Sa conclusion fut le voyage que le général Haftar effectua à Moscou les 27 et 28 novembre 2016 à l’occasion duquel le président Poutine accorda officiellement l’appui de la Russie à l’homme avec lequel, niant le réel avec une rare obstination idéologique, la diplomatie de l’UE refuse de parler directement…

Or, le général Haftar est le maître de la Cyrénaïque et de Tobrouk, seul port en eau profonde entre Alexandrie et Mers-el-Kebir. Il dispose de la seule force militaire du pays. Il contrôle 85% des réserves de pétrole de Libye, 70% de celles de gaz, 5 de ses 6 terminaux pétroliers et 4 de ses 5 raffineries. Tout le croissant pétrolier par lequel est exporté 60% du pétrole libyen est en son pouvoir.

> > > De plus, il a l’appui de la confédération tribale de Cyrénaïque et des tribus kadhafistes de Tripolitaine[1].

Fort de l’appui russe, trois possibilités s’offrent désormais à lui :

1) La tentative de conquête de toute la Libye et l’élimination des multiples milices gangstéro-islamiques qui gangrènent le pays. Une telle politique ne pourra être tentée que si Misrata décidait de demeurer neutre. Cette cité-Etat étant alignée sur la Turquie, nous verrons si les accords de réalpolitique passés entre Moscou et Ankara s’étendent à la Libye.

2) Une sanctuarisation de la seule Cyrénaïque, prélude à une partition de fait entre Tripolitaine et Cyrénaïque. Une telle option laisserait les islamistes maîtres de la Tripolitaine avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer.

3) La constitution d’un gouvernement national dans lequel le général Haftar serait l’homme fort. Une telle option ne serait viable que si le général éliminait les milices, ce qui nous ramène à l’option n°1.

Etape 6 : L’Algérie ou le Maroc ?

Toute politique maritime nécessitant des points d’appui[2], les stratèges russes ont réfléchi à l’hypothèse algérienne avec la base de Mers-el-Kébir. D’autant plus que les relations militaires entre Moscou et Alger sont anciennes et que l’armée algérienne est largement équipée en matériel russe.

Cette option fut cependant écartée pour deux raisons :

1) La première est qu’en 2013, l’Algérie avait catégoriquement refusé d’accorder des facilités logistiques et opérationnelles à la flotte russe.

2) La seconde procédait d’une analyse géostratégique. La Méditerranée est en effet une mer fermée, comme l’est la mer Noire. Pour aller de cette dernière à la Méditerranée, les détroits turcs constituent un passage obligé. De même, sortir de la Méditerranée afin de déboucher sur l’océan atlantique, ou y entrer, implique que le couloir maritime situé entre Gibraltar et le cap Spartel soit libre.

> > > Le Maroc est donc le partenaire idéal car il contrôle la rive sud du détroit de Gibraltar. De plus, avec le Sahara occidental, il possède une immense façade atlantique s’étendant depuis Tanger, au nord, jusqu’à la frontière de Mauritanie, au sud.

Etape 7 : le soutien au Maroc

Pour le Maroc, la question du Sahara occidental n’est pas négociable. Or, le mardi 15 mars 2016, à l’issue du voyage officiel que le roi Mohamed VI effectua en Russie, le Kremlin affirma « (…) prendre dûment compte de la position du Maroc dans la question du Sahara occidental ».

Par cette déclaration, la Russie qui tirait ainsi un trait sur plus d’un demi-siècle d’étroites relations avec l’Algérie, parrain du Polisario, mouvement indépendantiste saharaoui. Elle prenait également le contre-pied de M. Ban Ki-Moon, secrétaire-général de l’ONU, qui avait aventureusement qualifié d’« occupation » la présence marocaine dans ses provinces sahariennes.

Cette déclaration russe qui renforce considérablement la position de Rabat, tout en affaiblissant d’autant celle du Polisario et de l’Algérie, prépare l’ouverture de « facilités » marocaines aux navires russes…

Bernard Lugan

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Dim 12 Mar 2017 - 12:44

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La soumission européenne et le retour du Reich allemand






L'Allemagne dirige également l'offensive contre la libre information et celle à l'Est contre la Russie, plus que les États-Unis de Trump. Tout cela ne se fait pas dans l'intérêt du peuple allemand, mais le peuple allemand a été programmé depuis Von Kleist (voyez la fable des marionnettes et la vision d'un avenir mécanique/zootechnique) pour ne pas rigoler.

La venue incontrôlée en Europe de millions de migrants répond en substance au programme du diplomate Zimmermann pendant la Grande Guerre: le réveil des mahométans, la guerre sainte même, pour chasser d'Asie ou bien d'Afrique les infidèles français ou britanniques. On veut aussi au passage faire baisser les salaires, Car le dumping reste la meilleure arme secrète allemande. On vend cher à domicile et on vend cheap à l'extérieur. La terrible baisse de pouvoir d'achat a servi cette politique conquérante.

Pour ceux qui comme moi pensent que depuis 1815 environ l'histoire moderne est un présent permanent uchronique et dystopique, je recommanderai la lecture de Fritz Fischer sur les buts de guerre allemands en 1914. On le lit en français grâce à Jean-Jacques:

« Les buts de la guerre comprenaient la création d'une grande Mitteleuropa sous le contrôle militaire et économique complet de l'Empire allemand et rendu inattaquable par les annexions dans l'ouest et l'est, ainsi que l'établissement d'un anneau d'États satellites. Dans l'ouest, la Belgique devait être une dépendance allemande et la Lorraine française, riche en fer, annexée. »

À l'est le programme du kaiser est le même que celui des nazis ou du Lebensraum germano-américain de Merkel sous les traits de l'OTAN aujourd'hui (comme dit Angela, ce modèle humain de grosse Bertha, on n'est pas un club de vacances!):

« À l'est, la Lituanie et la Courlande devaient être soumises à la domination allemande, une grande partie de la Pologne centrale devait être annexée, et le reste de la Pologne, avec la Galice autrichienne, devaient former un État polonais qui, malgré quelques liens politiques avec l'Autriche-Hongrie, serait dominé sur le plan économique et militaire par l'Allemagne. La Roumanie aussi devait être maintenue dans la servitude économique. »

Tout le monde s'y fait. Kaiser d'abord!

Le neutre Europe nordique devait suivre le mouvement:

« On a supposé que les Pays-Bas et les pays scandinaves se sentiraient obligés de se joindre au puissant bloc commercial qui résulterait de la guerre. En outre, le gouvernement allemand avait l'intention d'acquérir la plus grande partie de l'Afrique centrale d'un océan à l'autre. »

La Mitteleuropa sera donc une des maîtresses du monde:

« Faire de la Mitteleuropa une force qui placerait l'Allemagne à égalité avec les puissances mondiales établies et potentielles: l'Empire britannique, la Russie et les États-Unis. »

En septembre 1914, Bethmann-Hollweg dévoile son programme pour la future Europe unifiée façon Bruxelles. Et cela donne:

« En outre: un traité commercial qui rend la France économiquement dépendante de l'Allemagne, assure le marché français pour nos exportations et permet d'exclure le commerce britannique de la France. Ce traité doit nous garantir la liberté de circulation financière et industrielle en France… »

Ensuite, comme l'appétit vient en dévorant:

« Nous devons créer une association économique européenne centrale au moyen de traités communs, y compris avec le Danemark, l'Autriche-Hongrie, la Pologne [sic] et peut-être l'Italie, la Suède et la Norvège. Cette association n'aura pas d'autorité suprême constitutionnelle commune et tous ses membres seront formellement égaux, mais dans la pratique seront sous la direction de l'Allemagne qui devra stabiliser la domination économique de l'Allemagne sur la Mitteleuropa. »

Le but allemand est de chasser Russie et Grande-Bretagne du continent européen sous dominance allemande. Brexit? Ruxit?

« Après avoir éliminé la France comme grande puissance, exclu l'influence britannique du continent et repoussé la Russie, l'Allemagne avait l'intention d'établir sa propre hégémonie sur l'Europe. »

Le sinistre et impudent chancelier allemand, issu d'une famille de Francfort et proche des Rothschild depuis toujours, ajoutait:

« La formation d'une grande unité économique européenne centrale sous la direction de l'Allemagne ‘ne pouvait se faire sur la base d'un accord à partir d'intérêts communs… Mais seulement sous la pression de la supériorité politique, si nous étions en mesure de dicter les conditions de paix'. »

Quant à la Russie elle était bonne pour retourner chez les Tartares (un peu comme aujourd'hui):

« En ce qui concerne l'est, Class a écrit ‘le visage de la Russie doit être retourné de force vers l'est et ses frontières doivent être réduites, approximativement, à celles de Pierre le Grand'. »

Fritz Fischer évoque ensuite Erzberger, le bon catholique Erzberger qui signera plus tard la fausse paix à Versailles:

« Pour atteindre ces objectifs, Erzberger (en accord total avec Bethmann Hollweg) a exigé le commandement suprême allemand sur la Belgique et les côtes de la Manche, de Calais à Boulogne; l'annexion de tous les gisements de minerai de fer de Longwy-Briey; la libération des peuples non russes du joug moscovite sous le contrôle suprême allemand; et l'établissement d'un royaume de Pologne sous souveraineté allemande. L'Autriche-Hongrie devait s'étendre en Ukraine, en Roumanie et en Bessarabie. »

On a dit que sous la chancelière en fer blanc les industriels allemands ont poussé à l'immigration des migrants. C'est vrai, et ils sont traditionnellement plus durs et plus cruels que leurs domestiques politiques (observation d'Engels après la guerre de 1870). Voici ce que le baron Thyssen propose, une génération avant que son fils ne finance le nazisme:

« Plus extrême encore, il y eut un mémorandum d'August Thyssen, que Erzberger transmit au gouvernement le 9 septembre 1914. Ce document demandait l'incorporation de la Belgique et des départements français du Nord et du Pas-de-Calais avec Dunkerque, Calais et Boulogne, le département de Meurthe-et-Moselle avec la ceinture française des forteresses et la Meuse et les départements des Vosges et de Haute-Saône avec Belfort. À l'est, Thyssen voulait les provinces baltes et peut-être le bassin du Don avec Odessa, la Crimée, la région de Lvov et le Caucase. Il a justifié ses revendications par la nécessité de sécuriser les futures réserves de matières premières de l'Allemagne. »

La Crimée objectif allemand? Mais selon la doctrine pangermaniste, tous les territoires où l'on parle allemand sont des objectifs allemands, et un Thyssen plus globaliste et délirant que jamais rêve ensuite de tout conquérir dans l'île-monde:

« Les rêves très vastes de Thyssen ont abouti à l'idée d'acquérir une voie de passage terrestre à travers le sud de la Russie, l'Asie Mineure et la Perse, de là le coup décisif contre l'Empire britannique — le véritable ennemi de cette guerre — en Inde et en Égypte. »

Ensuite on rêve de l'Afrique. Ce sont les Jeux africains du jeune Jünger (et si c'était le plus dangereux celui-là, sous sa bonhomie cultivée?)

« Ce n'est qu'ainsi que Thyssen voit l'assurance, pour l'Allemagne, de s'élever au niveau d'une grande puissance, cela d'autant plus si l'augmentation de sa force économique, par rapport à son dernier concurrent, la Grande-Bretagne, provient de nouveaux marchés dans un empire colonial allemand en Afrique centrale, avec les Congos français et belge et le Maroc. »

Tout cela nous ramène à la prophétie de Balzac que j'explique dans mon livre Littérature et conspiration.

À la fin de la nouvelle, un jeune nordique nommé Wilfrid fait une déclaration amoureuse et militaire à son aimée; la guerre, le destin, l'Europe, l'orage (Blitzkrieg), tout annonce le führer allemand, je redonne tout le paragraphe:

« Sachez mon secret. J'ai parcouru tout le Nord, ce grand atelier où se forgent les races nouvelles qui se répandent sur la terre comme des nappes humaines chargées de rafraîchir les civilisations vieillies. Je voulais commencer mon œuvre sur un de ces points, y conquérir l'empire que donnent la force et l'intelligence sur une peuplade, la former aux combats, entamer la guerre, la répandre comme un incendie, dévorer l'Europe en criant liberté à ceux-ci, pillage à ceux-là, gloire à l'un, plaisir à l'autre; mais en demeurant, moi, comme la figure du Destin, implacable et cruel, en marchant comme l'orage qui s'assimile dans l'atmosphère toutes les particules dont se compose la foudre, en me repaissant d'hommes comme un fléau vorace. »

Tout cela ne sonne pas vraiment comme le message des Lumières!

Wilfrid souligne le rôle eschatologique de son combat contre l'Angleterre et la nécessité de conquérir l'Inde, de recourir au Heartland de McKinder (pas encore nommé ainsi) et au Caucase comme lieu suprême de ressourcement du monde… C'est l'Elbourz qu'escaladeront les alpinistes nazis, et c'est dans le prométhéen Caucase d'ailleurs que le Troisième Reich ira se perdre.

« Mais, chère Séraphîta, mes observations m'ont dégoûté du Nord, la force y est trop aveugle et j'ai soif des Indes! Mon duel avec un gouvernement égoïste, lâche et mercantile, me séduit davantage. Puis il est plus facile d'émouvoir l'imagination des peuples assis au pied du Caucase que de convaincre l'esprit des pays glacés où nous sommes. Donc, je suis tenté de traverser les steppes russes, d'arriver au bord de l'Asie, de la couvrir jusqu'au Gange de ma triomphante inondation humaine, et là je renverserai la puissance anglaise. »

Guerre de quatorze, guerre de quarante, Europe de Bruxelles. Les buts de guerre sont les mêmes. Et le butin.

Fritz Fischer confirme deux choses: Lord Grey a beaucoup fait pour éviter la guerre. Wilson a tout fait pour se concilier la rage allemande qui ne connaît plus de limites sur les mers et ailleurs. Et en 1916 l'Angleterre qui n'a pas encore fait entrer les USA dans la danse (malgré le Lusitania) propose une paix à l'Allemagne. Belgique et France libérées, et main libre (free hand) à l'est contre la Russie. Pauvre Russie! Woodrow Wilson acclame la révolution russe qui est plus allemande que russe et devient l'allié de l'empire britannique contre l'empire allemand (observation du sénateur la Follette au congrès).

Tout cela me confirme dans ce que j'ai toujours pensé. Aussi éteinte qu'en 1940 la France n'aurait jamais attaqué l'Allemagne. Celle-ci n'avait pas besoin de l'attaquer et pouvait dès juin 1914 attaquer et découper en rondelles la seule Russie, ce que beaucoup de monde aurait accepté avec enthousiasme. Vingt divisions à l'ouest pour dissuader la France auraient suffi. Mais comme les automates ou les animaux dont ils s'inspirent, les Allemands ne savent pas s'arrêter — de conquérir, de produire, d'exporter…

Fritz Fischer écrit sur cette proposition de paix anglo-saxonne au détriment de la Russie:

« Le colonel House arriva juste d'Angleterre et rapporta que la Grande-Bretagne n'était pas d'humeur avec l'Amérique. Grey et Lloyd George n'étaient pas du tout aussi peu disposés à la paix qu'il s'y attendait. Les conditions de paix britanniques, selon House, étaient l'évacuation par l'Allemagne de la Belgique, du nord de la France et de la Pologne, mais sans indemnité de guerre. Il a dit que Lloyd George avait expressément garanti à l'Allemagne toutes ses possessions coloniales et un blanc-seing contre la Russie…

Tout cela confirme la vision de Veblen-Preparata plusieurs fois recensée par nous: la destruction mutuelle germano-russe est un rêve anglo-saxon. Mais c'est aussi un rêve allemand, malheureusement.

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Sam 18 Mar 2017 - 13:23

MALAISE. Quand D. TRUMP refuse de serrer la main d'Angela MERKEL (17/03/17) à la Maison Blanche

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Sam 18 Mar 2017 - 14:23

Nous assistons à un grand moment d'histoire ! La dislocation de l'empire occidental. Refuser un geste de diplomatie élémentaire en dit long sur l'état d'esprit générale qui règne dans la tête de Trump Laughing

Les 4 prochaines année sont vont être passionnante  Smile

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Sam 18 Mar 2017 - 15:20

En fait la presse s'est emballée. Il n'a pas refusé. Quand ils se sont assis, des journalistes lui ont demandées serrer une nouvelle fois la main pour une photos et il a refusé (car déjà assis). Seul cette séquence est restée...

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Sam 18 Mar 2017 - 15:53

Il met quand meme les pieds dans le plat le gars. J'adore la bobine que fait la Merkel Laughing
http://www.20minutes.fr/monde/2033039-20170317-video-accusations-mise-ecoute-quelque-chose-commun-merkel-ironise-trump a écrit:

VIDEO. Accusations de mise sur écoute: «On a quelque chose en commun» avec Merkel, ironise Trump


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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Sam 18 Mar 2017 - 18:58

Le journal Le Point a publié un article sur la visite de Merkel aux USA. Je cite une petite partie que j'ai lue avec un petit sourire en coin Smile


Citation :


Après un entretien de 45 minutes en tête à tête dans le Bureau ovale, ils ont rejoint les représentants de l'industrie pour évoquer les relations transatlantiques en matière d'économie et de libre-échange.
« Je ne suis pas un isolationniste », a répondu Trump, visiblement énervé, à un journaliste qui l'interrogeait sur sa devise « America First ! ».

Angela Merkel était venue accompagnée par une délégation de grands PDG des groupes de l'une des premières puissantes exportatrices au monde. Le chef de BMW, ceux de Siemens et de Schaeffler ont présenté un petit exposé sur la formation des employés américains de leurs groupes aux États-Unis. Un topo qui, semble-t-il, a favorablement impressionné Donald Trump, plus à l'aise avec les PDG qu'avec les fins stratèges de la politique.

http://www.lepoint.fr/monde/le-journal-de-trump/angela-merkel-et-donald-trump-c-est-pas-gagne-18-03-2017-2112881_3241.php

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Dim 19 Mar 2017 - 14:28

Citation :

Interview du stratégiste chinois, Pr Toshi Yoshihara





Q – Professeur Yoshihara, merci d’être avec nous aujourd’hui. La Chine a été très occupée à renforcer ses capacités militaires ces dernières années. D’une manière générale, quelles sont ses intentions à moyen et à long terme?

T. Yoshihara: – Une façon de mesurer les intentions à plus long terme de la Chine est d’évaluer ce que disent les dirigeants chinois aujourd’hui. Le président Xi Jinping a formulé une vision pour la Chine pour les prochaines décennies. Cette vision a été qualifiée de « rêve chinois » ou de « grand rajeunissement de la nation chinoise ». Ces slogans en montrent les objectifs, les jalons et les délais.

En termes de délais, les Chinois se réfèrent aux « deux centenaires » : 1) le centenaire de la fondation du Parti communiste chinois en 2021; et 2) le centenaire de la fondation de la République populaire de Chine en 2049.

En 2021, la Chine espère devenir ce que les Chinois appellent une «  société modérément aisée ». Au milieu du siècle, la Chine espère être à la hauteur des autres pays développés. La plupart des mesures pour suivre les progrès de la Chine sont de nature socio-économique : revenu disponible, égalité socio-économique, accès à l’enseignement supérieur, accès aux soins de santé et ainsi de suite. Pour atteindre ces objectifs, la Chine continue de respecter le principe fondamental énoncé par le chef suprême Deng Xiaoping, à savoir la paix et le développement. Le concept de paix et de développement montre que la Chine a besoin d’un environnement extérieur pacifique pour se développer économiquement.

Mais il y a aussi des facteurs externes aux objectifs à long terme de la Chine, en particulier ses relations avec le reste du monde. Le président Xi Jinping a donné son point de vue à ce sujet. Il a discuté des perspectives de « démocratisation » du système international. C’est un code pour parler d’une transition d’un monde unipolaire dominé par les États-Unis vers un monde multipolaire. Au fur et à mesure que la Chine se développe, elle envisage l’émergence d’une nouvelle configuration mondiale dans laquelle elle est une grande puissance parmi d’autres grandes puissances équivalentes, comme l’Union européenne, l’Inde et la Russie. Cela correspond à l’hypothèse du « développement des autres pays ». Alors que la Chine devient très forte, elle cherchera également à modifier les règles qui ont régi l’ordre international actuel de manière à tenir compte de ses propres intérêts en tant que grande puissance.

La montée de la Chine soulève donc une série de questions importantes sur les conséquences pour l’Asie. Que veut la Chine pour l’Asie orientale alors qu’elle se développe ? La Chine cherchera-t-elle à devenir la puissance dominante en Asie orientale ? Cherchera-t-elle à considérablement réduire l’influence des États-Unis dans la région ? Plus inquiétant, la Chine cherchera-t-elle un ordre régional sino-centrique dans lequel plusieurs de ses voisins, y compris le Japon, devront acquiescer à ses prérogatives stratégiques ?

Q – Donc, le « pouvoir » pour la Chine n’est pas seulement un pouvoir économique, dans lequel elle a fait un spectaculaire bond en avant au cours des dernières décennies. Ce qu’elle envisage également est de s’établir en tant que grande puissance militaire pour pouvoir atteindre les objectifs que vous avez soulignés, n’est-ce pas ?

– Absolument. La montée de la Chine doit être mesurée en termes de « puissance nationale globale », une phrase que les stratèges chinois utilisent pour évaluer l’ascension de la Chine. Une puissance nationale intégrée utilise tous les instruments du pouvoir national, dont la puissance politique, diplomatique, économique, sociale, idéologique, culturelle et, surtout, militaire.

Pendant des décennies, après l’ouverture de la Chine à la fin des années 1970, celle-ci a plus ou moins accepté l’ordre international libéral dirigé par les États-Unis. Être membre de cet ordre était essentiel pour son développement national. Mais pour rejoindre cet ordre, elle a conclu un accord tacite avec les États-Unis : d’accepter la primauté américaine en Asie orientale en échange de l’accès à l’ordre unipolaire états-unien.

Cependant, comme la Chine est devenue beaucoup plus forte, ce grand marché a été remis en cause, surtout au cours de la dernière décennie. Cette tension se reflète dans un débat en cours en son sein : une grande puissance comme la Chine continuera-t-elle à dépendre de la bonne volonté d’une autre grande puissance, les États-Unis, pour son bien-être économique et sa sécurité nationale? Alors que la Chine devient plus puissante, certains Chinois pensent qu’un pouvoir qui se respecte ne devrait pas dépendre des étrangers, mais doit s’appuyer sur son propre pouvoir, y compris le pouvoir militaire, pour déterminer son destin.

Q– Est-il juste de dire que l’essentiel de l’impressionnant développement militaire ces derniers temps vise intentionnellement les capacités des États-Unis dans la région et même à contourner les systèmes de défense pour frapper au cœur des États-Unis ?

– Si la Chine cherche à remettre en question ce marché tacite qu’elle a conclu avec les États-Unis, si la Chine cherche à être une grande puissance dans un monde multipolaire, et si la Chine cherche à être la puissance dominante en Asie orientale, alors la Chine doit chercher à réduire le rôle des États-Unis dans la région. Si vous acceptez ces propositions, alors la Chine a clairement besoin de la capacité de contrebalancer la domination militaire de l’Amérique en Asie aujourd’hui.

Mais il y a des contingences spécifiques, y compris celles liées à Taiwan, qui ont forcé la modernisation militaire de la Chine. En particulier, les crises du détroit de Taiwan de 1995-1996 ont montré à la Chine qu’elle avait besoin de capacités militaires pour répondre à la puissance militaire américaine. Au plus fort de la crise, l’administration Clinton a déployé deux groupes de porte-avions dans les environs de Taïwan pour montrer la détermination états-unienne. Les dirigeants chinois ont appris avec horreur qu’ils manquaient d’options militaires crédibles pour répondre à cette démonstration américaine de force. Ils ont ainsi conclu qu’ils avaient besoin de certaines capacités pour s’assurer de ne pas être encore humiliés.

Étant donné le changement structurel de l’équilibre des forces en Asie et les différents points régionaux sensibles qui pourraient impliquer la Chine et l’intervention américaine, il n’est pas surprenant que de nombreuses capacités militaires chinoises correspondent souvent à une cible militaire états-unienne bien identifiée.

Q– Est-ce qu’ils ont atteint la parité militaire avec les États-Unis et, dans l’affirmative, en quoi?

– En termes de puissance militaire conventionnelle, la Chine n’a pas atteint la parité avec les États-Unis sur tous les plans. Les États-Unis sont toujours qualitativement supérieurs dans de nombreux secteurs de la puissance militaire. Cependant, une telle parité militaire n’est pas nécessaire pour que la Chine pose de sérieux défis aux États-Unis. Dans certains domaines, elle a déjà réalisé d’énormes progrès et a même dépassé les États-Unis.

Il est en fait plus utile de penser à une compétition asymétrique dans laquelle la Chine a dirigé ses forces contre les faiblesses militaires des États-Unis. Par exemple, elle a développé une très grande gamme de missiles qui peuvent être lancés à partir de navires, de sous-marins, d’avions et de camions pour attaquer les plates-formes et les bases américaines dans le Pacifique. Ces missiles ont fourni à la Chine un avantage concurrentiel en mer : des missiles anti-navires chinois relativement peu coûteux pourraient infliger des dommages invalidants à un porte-avions américain qui coûte des milliards de dollars à construire. Et, il ne faut qu’un seul missile pour mettre hors d’action un engin de combat essentiel à la stratégie régionale de l’Amérique en Asie.

Les missiles chinois menacent également les bases américaines dans le Pacifique occidental. Les bases américaines représentent des concentrations massives de capitaux américains dans quelques endroits clés. Cela signifie que la Chine peut diriger la majeure partie de ses missiles contre quelques positions pour infliger des dommages réels à la capacité de l’Amérique à projeter son pouvoir dans la région, si ce n’est la paralyser gravement.

La Chine est en train de devenir très compétitive dans le domaine des missiles, en partie parce que cela comble un vide stratégique laissé par les superpuissances pendant la Guerre froide. Le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire engageait les États-Unis et l’Union soviétique (et maintenant la Russie) à éradiquer des catégories entières de missiles interdites par le traité. N’étant pas contrainte par le traité, la Chine a entrepris une accumulation de missiles qui en fait maintenant la puissance qui repose le plus sur les missiles conventionnels au monde.

Q– La Corée du Nord développe également de manière agressive ses capacités en missiles, qui pourraient être utilisés pour lancer des têtes nucléaires. Son économie ne peut survivre que grâce au soutien de la Chine. Et cette situation pourrait précipiter l’occurrence de certains des scénarios que vous avez décrits. La Chine utilise-t-elle ce pays comme un proxy pour tester la résolution des États-Unis et de ses alliés régionaux, voire pour les combattre? Ou est elle également concernés par ce qui se passe à Pyongyang?

– La Chine est dans une position peu enviable. Son principal objectif est la stabilité, et bien sur la stabilité le long de sa périphérie. La Corée du Nord entre clairement dans cette catégorie. La Corée du Nord a servi de tampon géostratégique sur la péninsule coréenne. Après tout, Mao est intervenu dans la guerre de Corée pour empêcher un pouvoir non communiste d’être établi aux frontières de la Chine. La Chine abhorre la possibilité que d’innombrables réfugiés coréens traversent la frontière à cause de l’effondrement du régime ou de la guerre. Peut-être encore pire, du point de vue chinois, est la perspective d’une Corée unifiée dirigée par Séoul et alliée aux États-Unis.

Mais la recherche de stabilité ne doit pas faire oublier d’autres problèmes. Les ambitions nucléaires de la Corée du Nord pourraient déclencher une prolifération régionale entre des puissances nucléaires potentielles comme le Japon, la Corée du Sud et Taiwan. Pendant les différentes périodes de la Guerre froide, les trois puissances ont envisagé ou poursuivi une option nucléaire indépendante. Les actions de la Corée du Nord mettent encore plus de pression sur ces pays pour qu’ils reviennent sur l’option impensable. Un Japon nucléaire serait sans doute un cauchemar pour la Chine.

Q– Il est étrange que les États-Unis doivent faire face à de graves problèmes de sécurité engendrés par l’un de leurs principaux partenaires commerciaux, en fait un important fournisseur de produits manufacturés. Comment le gouvernement des États-Unis a-t-il réagi à cela? Le président Obama a tenté son « pivot vers l’Asie », qui ne semble pas avoir été un franc succès. Sentez-vous un changement à cet égard du coté de la nouvelle administration Trump?

– Les États-Unis ont longtemps poursuivi une politique à double volet envers la Chine. Un de ses volets est l’entente. Depuis des décennies, les États-Unis se sont entendus avec la Chine sur le plan économique, diplomatique, culturel et, dans une moindre mesure, militaire. Cela peut être décrit comme une association complète avec la Chine.

Cependant, ce n’est pas (ou ne devrait pas être) une fin en soi. Il me semble que l’objectif intermédiaire est de faire de la Chine un partenaire responsable. En théorie, la participation de la Chine à l’ordre international libéral mené par les États-Unis donnerait à la Chine un plus grand intérêt à l’ordre actuel et inciterait ainsi Pékin à construire et à défendre cet ordre.

L’autre volet est la dissuasion. La dissuasion exige que les États-Unis maintiennent une présence militaire importante dans le Pacifique occidental pour dissuader la Chine de modifier unilatéralement le statu quo. La dissuasion aide à verrouiller l’ordre actuel et à gagner du temps afin que l’entente avec la Chine puisse réussir. L’entente et la dissuasion sont donc très étroitement liées.

Mais le risque est que cette politique a rendu la Chine très riche et puissante. En fait, la Chine est devenue si riche qu’elle a acquis les outils, militaires et non militaires, pour changer unilatéralement le statu quo. C’est comme nourrir la bête. Et cela nuit à la dissuasion. Cette approche à double volet est donc en tension interne.

Le pivot de l’administration Obama vers l’Asie était en partie destiné à renforcer l’élément dissuasif de l’équation, malgré le niveau d’entente avec la Chine. La stratégie de l’administration Trump envers la Chine n’est pas encore claire, mais nous voyons des indices de son approche. En remettant en question les pratiques commerciales de la Chine et en promettant un renforcement militaire, Trump pourrait être en train de revoir les deux piliers de l’entente et de la dissuasion. Il reste à voir si la modification des deux principes sera plus efficace dans la gestion de la relation entre la Chine aux États-Unis

Q- Certes, dans le cadre de cet entente, les deux pays ont des liens culturels approfondis. De nombreux étudiants chinois fréquentent des universités américaines, y compris des enfants de cadres du parti. De même, les États-Unis ont investi considérablement en Chine sur plusieurs fronts, y compris des écoles. Cela soulève la question de savoir jusqu’à quel point la Chine sera réellement agressive face à ces scénarios. Tout au long de son histoire, elle ne s’est jamais vraiment aventurée au-delà de ses frontières, militairement au moins. En fait, bien au contraire, elle a été la victime d’invasion, y compris par les Mongols et même par plusieurs puissances occidentales pendant le « siècle de la honte ». Ne pouvons-nous pas dire que ses ambitions géopolitiques sont davantage motivées par des ambitions défensives qu’offensives?

– Cette stratégie de l’entente a clairement produit un grand nombre d’échanges interpersonnels et culturels. La question est de savoir dans quelle mesure ces échanges remodèlent fondamentalement les perceptions chinoises vis-à-vis des États-Unis. Il n’est pas clair pour moi qu’il y ait nécessairement et toujours une corrélation positive.

Regardons l’histoire. Le Royaume-Uni et l’Allemagne avant la Première Guerre mondiale étaient très proches. Beaucoup de membres de la famille royale allemande étudiaient en Grande-Bretagne. Le Kaiser Wilhelm était le petit-fils de la reine Victoria. Il y avait beaucoup d’échanges économiques, diplomatiques et culturels entre les deux pays. Pourtant, l’Allemagne a fait des choix stratégiques qui ont stimulé une rivalité diplomatique et navale avec la Grande-Bretagne.

Plus généralement, il est facile de mal interpréter la détermination des autres nations. Les adversaires du passé ont mal interprété les États-Unis. L’idée que vous pourriez faire reculer les États-Unis en leur donnant un coup de poing était le calcul du Japon impérial quand il a attaqué Pearl Harbor et d’Oussama Ben Laden quand il a orchestré le 11 septembre.

La question est de savoir si ces échanges culturels dissiperont les idées fausses et les préjugés chinois au sujet des États-Unis. C’est difficile à dire.

Que la Chine ait été défensive historiquement est le sujet d’un intense débat. Mais même si nous acceptons le fait que la Chine soit principalement dans une attitude défensive, cela vaut la peine d’examiner comment les voisins de la Chine considèrent l’orientation stratégique de la Chine. Même si la Chine croit sincèrement qu’elle ne cherche qu’à défendre ses intérêts en Asie de l’Est, ceux qui habitent l’Asie, comme le Japon, pourraient tirer des conclusions très différentes sur la posture de la Chine.

Q– Lorsqu’on se penche sur l’Histoire, l’un des principaux facteurs d’évolution – souvent oublié – est la démographie. Et la Chine semble être en difficulté sur ce point. Quelle est votre point de vue ?

– En raison de la politique de l’enfant unique, la Chine souffre déjà d’un vieillissement rapide et d’un déclin démographique. L’Inde va dépasser la Chine en termes de taille de population dans un avenir pas si lointain. La population active de la Chine a commencé à diminuer en 2012. La population âgée en pourcentage de la population totale augmente rapidement. Comme le dit le cliché, la Chine va devenir vieille avant de devenir riche. En contraste avec le Japon, qui a atteint son stade de déclin démographique après avoir achevé son développement économique.

Ce que cela signifie pour la sécurité de la Chine n’est pas évident. D’une part, le vieillissement de la société risque d’entrainer une aversion au risque. Dans une société à seul enfant, les parents peuvent être moins disposés à risquer de perdre leur unique progéniture dans un conflit sanglant. D’autre part, il est plausible que la démographie puisse contraindre la Chine à agir tôt ou tard pour résoudre les différends avant que le déclin de la population ne restreigne ses choix. En d’autres termes, la Chine peut se sentir pressée de régler les problèmes de sécurité avant qu’il ne soit trop tard.

Q– Les États-Unis sont également confrontés à des problèmes internes. Comme chacun le sait, sa société est incroyablement divisée aujourd’hui. Les deux parties ne peuvent même pas s’entendre sur la construction d’un mur au sud de la frontière, et encore moins sur une politique de défense plus large. Est-ce que cela compromet la capacité des États-Unis à projeter leur puissance et à défendre leurs alliés en période de crise? Et comment la Chine voit-elle tout cela?

– Les alliés et les amis de l’Amérique dans le Pacifique occidental observent de très près les États-Unis. Même s’ils se sont toujours inquiétés des engagements américains envers la région, les développements politiques aux États-Unis n’ont fait qu’ajouter à leur inquiétude.

La Chine, elle aussi, observe de près les États-Unis. Comme je l’ai expliqué précédemment, la Chine a encore besoin d’un environnement extérieur stable pour se développer économiquement. Cela signifie que des relations instables ou même hostiles avec les États-Unis pourraient nuire réellement aux objectifs à long terme de la Chine. Pour les États-Unis, la question est de savoir si elle peut maintenir le consensus de longue date sur son pouvoir et son but en Asie. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le consensus a été que la primauté américaine dans le Pacifique profite de manière disproportionnée aux intérêts économiques et sécuritaires des États-Unis. Dans quelle mesure ce consensus tiendra sera la question qui se posera à tout le monde, des deux côtés du Pacifique.

Q– Merci beaucoup pour vos pensées perspicaces.

– Merci.

Toshi Yoshihara est co-auteur de Star Rouge sur le Pacifique: la montée de la Chine et le défi à la stratégie maritime des États-Unis. Il est titulaire de la chaire John A. van Beuren d’études sur l’Asie-Pacifique et est membre affilié de la China Maritime Studies Institute au Naval War College, où il a enseigné la stratégie pendant dix ans.


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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Lun 5 Juin 2017 - 16:25

Citation :

2017 FORECAST: AFRICA



Par Andrew Korybko

Summary
The Democratic Republic of the Congo (DRC, hereafter also referred to simply as the Congo) could once again serve as a catalyst for a wider regional conflict and another “African World War”, while the Arab states of North Africa have a chance to move closer to the emerging Multipolar World Order in Afro-Eurasia.

Congo’s Collapse


The DRC is on the verge of yet another period of civil war, this time brought about by President Kabila’s postponement of national elections and refusal to step down during the interim. The author forecast this exact scenario over half a year ago for The Duran in an article titled “China vs. the US: The Struggle for Central Africa and the Congo”, in which the real reason behind the turmoil poised to take over one of Africa’s largest countries was revealed. Rather than being what the Mainstream Media is trying to project as yet another stereotypical African crisis of a “dictator refusing to give up power”, the truth is that the emerging conflict is actually about a larger proxy struggle between the US and China for control of the world’s largest coltan and cobalt deposits – minerals which are an irreplaceable part of modern electronics and communication devices. As the aforementioned article proves, the country with the greatest degree of access to these reserves will acquire a strategic advantage in the future world economy, which is why the US is contemplating the use of Hybrid War to destructively dislodge China  and its affiliated companies from this industry so that they can be later replaced by Western firms.

The Chaos Belt


Should an incipient Hybrid War be unleashed in the Congo, it’ll affect much more than just that country’s inhabitants. The DRC is crucially located in the heartland of the African continent, and has already twice in the past served as the trigger for sparking larger regional crises. The First and Second Congo Wars grew to involve a multitude of African states, with the latter one even earning the moniker of “Africa’s World War” because of the broad geographic scope of its participants. Ignominiously, it also boasts the title of being the bloodiest war since World War II, and an estimated five million people died from its direct or indirect results since it first broke out in the late-1990s. Considering how there’s already an obviously documented track record of the Congo turning into a deadly black hole of regional and continental chaos, there’s a disturbing chance that it could once more function in this frightful role if it’s again thrown into turmoil per the abovementioned forecast.

Speaking of which, the author’s Duran article also spells out the most likely scenario forecasts for what can predictably happen in the event that the Congo slips back into chaos. All predictions in one way or another return to the common denominator of regional conflict, seeing as how the country’s borders are already extraordinarily porous and a myriad of armed groups traverse its northeastern peripheral territory. As is explained and cited in the article, South Sudanese, Ugandan, and Rwandan “rebel” groups (referred as terrorists by some actors) run wild in this loosely governed corner of the country, and there’s nothing preventing militias from the failed state of the Central African Republic from crossing over the Congo’s northern frontier either. The author paid more attention to these scenarios in a text submitted to a conference about “The Threats Of Terrorism In Africa: Internal And External Aspects”, which was hosted by the Institute of African Studies at the Russian Academy of Sciences in November 2016. The English translation should be published at Katehon sometime early next year, but the Russian version is accessible at this link.

The analysis lays out the ease at which a Color Revolution crisis in the Congo could trigger a wider regional war, focusing on how the non-state actors in the northeastern DRC have a history of exploiting Kinshasa’s weaknesses and launching cross-border attacks against its neighbors, which consequently invites reciprocal measures from the victimized governments and fuels the rapidly accelerating conflict cycle. If just one of the three bordering states in this region – South Sudan, Uganda, and/or Rwanda – intervenes in the Congo during these tumultuous times, then it could encourage the others to do so as well in decisively finishing off their non-state foes and preemptively safeguarding their own sovereignty. What’s most dangerous about this possibility is that, as history shows, the intervening countries in the Congo don’t stop once their immediate and publicly presented objectives have been completed and instead transform their unilateral mandate into one of regime change.

South Sudan and the Central African Republic are much too weak to do this, but Uganda and Rwanda are a whole different set of countries entirely which have already done this on one occasion. Should the Congo erupt in violence and trigger a larger regional war, it’s very likely then that the transoceanic stretch of African states stretching from the Atlantic to the Indian Ocean could get involved to varying extents and thus transform the bicoastal region into a chaotic belt of conflict. Each of the DRC’s neighbors have their own destabilization vulnerabilities, and in the case of the Republic of the Congo and Angola, both have experienced sporadic Color Revolution strife which could be emboldened by a host of new situational factors (refugees, cross-border fighters, etc.) emanating from a collapsing Congo. Zambia and Tanzania, typically much more stable than the rest of the DRC’s neighbors, could also be sucked into the vortex of violence too.

The author explored the specifics of each and every one of these possibilities in his Oriental Review series about Africa’s Hybrid War risks, and while the progressively published series has yet to be released in its full entirety, the reader should certainly reference it going forward if they’re interested in more details about the interconnected conflict potential in the continent.

North Africa: European Threat Or Eurasian Opportunity?


The last main trend to explore in Africa is the uncertain geopolitical future of its northern Arab shoreline. This part of the continent is historically and demographically distinct from rest of its sub-Saharan parts, and is geographically endowed with a greater potential for interacting with Eurasia. As was explained in the first section about the EU, there’s reason to believe that the situation in this part of Africa might deteriorate in the future and thus create countless challenges for Europe. On the other hand, however, the reverse might actually happen, and Algeria for example might undergo a smooth leadership transition just like Uzbekistan did while Daesh in Libya might finally be defeated. Furthermore, Egypt could continue along the trajectory of its present pro-Russian tilt and thus draw more of the region into the Eurasian multipolar orbit.

Should that happen, then Egypt could interestingly complement its Horn of Africa Ethiopian rival by being a Russian-friendly multipolar counterpart to the Chinese-friendly ancient civilization to its south. Egypt and Ethiopia aren’t expected to smooth over their differences over the Grand Ethiopian Renaissance Dam anytime soon (no matter what public statements might be issued to the contrary from time to time for convenient diplomatic purposes), but their competition with one another over water rights and broader leadership issues could be stabilized through the discrete involvement of Russia and China’s mediating influence over their main respective African partners. If Moscow and Beijing can help keep the peace between these two multipolar states and neither of them capitulates to the US’ Hybrid Wars against them, then the “Afro-Eurasian Blueprint From A Multipolar World Order” can be significantly strengthened and expanded through the incorporation of North and East Africa’s largest, most powerful, and geographically convenient states.

Of course, this optimistic scenario largely hinges on the situation in each anchor state’s regional neighborhood, as the continuance of civil war in Libya and the spread of Daesh could augur quite negatively for Egypt’s future prospects, as could an intensification of the Qatari-backed Muslim  Brotherhood terrorist insurgency against Cairo. Likewise, the unrest in Ethiopia among the Oromo and Amhara communities against the central government could return to being a major force for destabilization after the six-month state of emergency ends, and there’s no doubt that the US will continue to work with the hyper-nationalist diaspora to stoke a conflict aimed at collaterally damaging China’s ultra-crucial New Silk Road through the country. Further afield, there’s of course the uncertainty posed by the looming departure of Algerian President Bouteflika from the political scene in North Africa, just as there’s the very real risk of a second round of civil war breaking out in South Sudan and spilling over the border to encourage a similar process in Ethiopia.

That being said, if Russia and China can manage to transform Egypt and Ethiopia into their respective continental anchors, maintain the cold peace between both rivals, and assist their partners in counteracting the regional Hybrid War threats against them, then there’s a strong likelihood that these two states could become the lynchpins of multipolarity in Africa and thus complement the emerging world order that Moscow and Beijing are jointly constructing all across the Eastern Hemisphere.

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Jeu 8 Juin 2017 - 4:55


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