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 Géopolitique Mondiale

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vinseeld
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 21 Déc 2016 - 8:07

http://www.huffingtonpost.fr/nicolas-tenzer/vladimir-poutine-guerre-russe-syrie-change-ordre-du-monde-XXI-e-siecle/?utm_hp_ref=fr-homepage a écrit:


La guerre russe en Syrie change l'ordre du monde et le visage du XXIe siècle

L'intervention de la Russie signe l'acte de décès de l'équilibre des puissances et, quasiment, de l'ONU. Le XXIe siècle entre-t-il dans l'ère de tous les dangers?




Quand commence le XXIe siècle? Le débat académique paraît vain et, comme aurait pu le dire Chou En-lai, pour paraphraser sa réponse sur les effets de la Révolution française, nous ne le saurons qu'après 2400! En revanche, pour qui considère les ruptures qui marquent les changements d'époque, la guerre russe en Syrie –car c'est d'abord de cela qu'il s'agit‑ inaugure une nouvelle ère des relations internationales. Elle nous précipite dans une autre réalité du monde.

La ligne de démarcation entre les siècles est parfois placée en 1989 (chute du Mur de Berlin), 1992 (début de la guerre en ex-Yougoslavie), le 11 septembre 2001 ou encore en février 2014 avec la révolution de Maidan qui a entraîné l'agression russe contre l'Ukraine et l'annexion de la Crimée. 1989 marquait certes la fin de la division entre deux blocs, inaugurée en 1917 et consacrée après la Seconde Guerre mondiale, mais elle n'a peut-être ouvert qu'une parenthèse dans l'espérance d'une réunification du monde. La sauvagerie des massacres de la guerre yougoslave peut sans doute s'analyser comme les derniers soubresauts du siècle qui finissait. L'horreur des attaques terroristes contre les tours jumelles et le Pentagone signalait la montée d'un terrorisme international, mais elle n'offrait pas le signe d'une rupture stratégique. 2014 était le signe avant-coureur de la nouvelle ère, mais elle ne l'inaugurait peut-être pas entièrement.


"C'est une guerre non dissimulée, clairement menée par une grande puissance, conformément à ses plans de guerre, avec un objectif premier de domination d'une zone, ce qui est sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale."



L'intervention russe en Syrie marque le tournant stratégique le plus complet dont, pour notre malheur commun, les dirigeants du monde n'ont pas encore pris la mesure.

Quand le monde sort de la loi

Elle comporte quatre changements lourds pour les décennies qui viennent:

- La première est qu'il s'agit d'une guerre non dissimulée, clairement menée par une grande puissance, conformément à ses propres plans de guerre, avec un objectif premier de domination d'une zone, ce qui est sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale. On n'est plus là dans le soutien simple à un régime criminel comme cela pouvait être le cas jusqu'au début de l'intervention russe en 2015, mais bien dans une opération désormais planifiée dans ses principales composantes à Moscou et non à Damas. Certes, l'affirmation de la Russie par la force brute avait débuté en Ukraine deux ans auparavant. Pour la première fois depuis l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne nazie en 1939, un grand Etat européen envahissait et annexait une partie d'un autre, causant plus de 10.000 morts et plus d'un million de déplacés. Mais fût-ce avec des récits non crédibles, le Kremlin avait d'abord cherché à dissimuler son rôle d'initiative dans le conflit ukrainien, donné les justifications historiques les plus invraisemblables à l'annexion de la Crimée et entrepris de la légitimer par un référendum, fût-il non régulier et truqué. Il n'est point fortuit que Poutine ait, il y a deux mois, assumé l'intervention russe dans le Donbass dans le prolongement de la guerre en Ukraine. Le retrait de la signature russe du Traité de Rome sur la Cour pénale internationale, s'il ne change rien en droit, est le point d'orgue symbolique de cette évolution. Poutine se sent libre de faire ce qu'il veut, sans même devoir en produire une justification biaisée. La guerre ouverte est de retour.

- Ensuite, cette même puissance, deuxième par sa capacité nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, commet au vu et au su de tous des crimes de guerre sur une large échelle, après avoir, avec la Chine pour les quatre premiers et le dernier de ses six vetos, empêché toute condamnation du régime génocidaire qu'elle soutenait. Nous ne sommes plus dans la complicité du crime, mais dans celle de sa perpétuation directe. Un pays, la Russie, vient de franchir une nouvelle ligne rouge, y compris pour des puissances qui ne s'embarrassent pas trop des droits de l'homme –interprétons peut-être ainsi l'absence de veto chinois à la cinquième résolution française au Conseil de Sécurité des Nations unies, même si des raisons, sans doute liées à la politique américaine, l'ont conduit à nouveau à poser son veto pour la sixième fois début décembre 2016. L'ampleur des crimes commis sciemment et volontairement sur des civils est inédite pour une grande puissance depuis l'Allemagne nazie.

- En troisième lieu, la guerre que conduit actuellement la Russie ne rencontre aucune opposition sérieuse, concrètement des Etats-Unis, seule puissance capable militairement de s'y opposer, et bien sûr de l'Europe, malgré les tentatives justes d'intervention en août 2013 portées par François Hollande. Moscou a été en mesure –triomphe que cherchait Poutine– d'imposer son point de vue et d'apparaître comme la puissance dominante du monde. Le pire scénario est en passe de se réaliser: après le monde bipolaire de la Guerre Froide, le règne de l'hyper-puissance américaine et le G-Zéro, on entre dans l'ère de la domination d'une puissance belliqueuse par abstention de toutes les autres. S'annonce une domination du faible –une Russie vouée au déclin économique et démographique‑ sur le fort –l'Amérique. La déliquescence du pouvoir américain sous Obama, vraisemblablement amenée à se poursuivre d'une autre manière avec Trump, a non seulement fait de Poutine le superman admiré des dictateurs et des populistes, mais il a fait de son pays, fût-il voué à long terme, au déclin et, dans l'immédiat, à une paupérisation croissante, le gagnant paradoxal des récents conflits mondiaux. Cela signe l'acte de décès définitif de ce qu'on appelait jadis l'équilibre des puissances.

"On entre dans l'ère de la domination d'une puissance belliqueuse par abstention de toutes les autres. Cela signe l'acte de décès définitif de ce qu'on appelait jadis l'équilibre des puissances."

- Quatrièmement, cette guerre sonne la quasi-mort de l'ONU en tant qu'organisation politique(WRANGEL !  Wink ), même si le destin des organisations est parfois de survivre alors qu'elles ont perdu l'essentiel de leur raison d'être. Mais elle va plus loin: elle détruit l'espoir de paix qui la fondait, rend risible l'idée du règne du droit, et sape dans l'esprit de tous, et pas seulement chez les citoyens des pays autoritaires, l'espoir comme naturel que les valeurs de liberté, de justice et de vérité étaient promises à triompher. Le théâtre d'ombres de la diplomatie qui s'y joue, sans même que les meilleurs de nos diplomates y croient encore, est devenu le fossoyeur des idéaux de l'après-guerre.

"Cette guerre sonne la quasi-mort de l'ONU."

Ce tournant du monde signifie simultanément la fin de l'espoir d'une autolimitation des puissances théoriquement garantes de l'ordre du monde. Elles peuvent tout se permettre, car ni la crainte du plus fort, ni celle d'une perte de réputation n'importent plus pour elles. Le monde des règles et des normes est devenu celui de la permission de tuer. Que la communauté internationale n'existe plus est un constat ancien. Qu'il soit quasiment devenu "autorisé" d'enfreindre la loi internationale sans représailles, de ne plus se cacher pour massacrer, de viser ouvertement à détricoter un à un les principes de l'ordre international et de saper le fonctionnement des organisations internationales politiques –quand il ne s'agit pas de les frapper de l'extérieur– est nouveau.

Défendre la liberté dans un monde détruit

Ce tournant syrien de la politique russe dessine le futur ordre dans lequel nous risquons de vivre pendant plusieurs décennies. Les puissances libres doivent se comporter en conséquence. Si les Etats-Unis et les puissances libérales d'Europe et d'Asie ne redressent pas cette tendance, des jours effrayants nous attendent dont les populations les plus faibles seront d'abord victimes. Par contagion, ce désordre des normes et cette insécurité liée à la montée des forces d'opposition à la liberté pourraient devenir le lot des Etats aujourd'hui démocratiques.

La première conséquence est que les organisations internationales, aussi pénible cela soit-il à annoncer, devront de plus en plus être contournées pour les opérations de maintien ou de rétablissement de la paix qui devront être mises en œuvre sans leur aval. Cette prévision que j'avais faite il y a six ans s'accomplit sous nos yeux: la volonté de sape de l'ordre international propre à la Russie imposera de plus en plus des interventions des puissances en dehors du cadre de l'ONU. Cela vaudra aussi pour l'OSCE que la Russie entend paralyser ou détruire et au sein d'une Union européenne dont certains Etats sont gangrenés par la propagande russe. En attendant que les conditions reviennent d'un ordre international régulé et effectif par sa capacité à imposer les règles de droit, les puissances libres devront être capables et résolues à employer la force.

"La volonté de sape de l'ordre international propre à la Russie imposera de plus en plus des interventions des puissances en dehors du cadre de l'ONU."

La deuxième a trait aux négociations, traditionnel fondement des relations internationales depuis plus de quatre siècles. Avec la Russie, celles-ci n'ont plus de sens. Elles étaient plus sérieuses au temps de la Guerre Froide qu'aujourd'hui. Le seul point pour lequel une discussion solide peut avoir lieu concerne la prévention d'un accident nucléaire, mais il n'est pas certain que toutes les garanties puissent être apportées. On doit revenir en l'adaptant à la vieille doctrine du containment et, en Ukraine comme en Syrie, voire en Géorgie, du roll back. Aussi regrettable et risqué que cela soit, la politique de puissance redevient la norme des relations internationales.

"Les négociations étaient plus sérieuses au temps de la Guerre Froide qu'aujourd'hui."

Enfin, un temps oubliée avec la disparition du Bloc soviétique, la question des valeurs redevient centrale dans l'ordre mondial. Il ne s'agit plus de s'affronter à un système idéologique lourd, mais à un ensemble de tendances –regroupons-le sous le terme d'illibéralisme– qui s'opposent aux principes de liberté et de droit ainsi qu'aux droits de l'homme. Celles-ci font l'objet d'une propagande invasive qui consonne avec la nouvelle mode des pays dits "libres" d'un retour au nationalisme, à la fermeture et à l'indifférence aux droits. Les militants de la cause du droit et de la liberté ont par trop considéré que ces principes allaient de soi. Il leur faut désormais à la fois reprendre leur plaidoyer en direction du grand public et répondre aux critiques adressées aux élites et à la paupérisation de couches entières provoquée par une globalisation non organisée. Au niveau international, il s'agit là d'un combat pour la démocratie. Elle est devenue une cause sans frontières pour laquelle les tenants d'une société ouverte dans le monde entier doivent s'unir. C'est urgent et vital. Sinon le XXIe siècle sera l'ère de tous les dangers.

Nous sommes rentrés à nouveau dans de sombres temps. Rien ne semble aujourd'hui arrêter ce que Thérèse Delpech appelait l'"ensauvagement" du monde, tant au niveau international que national. Il est urgent d'en sortir avant que la nuit nous recouvre.


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Shugan188
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Lun 26 Déc 2016 - 18:04

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