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 Géopolitique Mondiale

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Shugan188
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Ven 27 Oct 2017 - 18:23

http://afrique.lepoint.fr/economie/arnaud-dubien-la-russie-s-interesse-egalement-a-la-nouvelle-afrique-25-10-2017-2167405_2258.php
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Arnaud Dubien : "La Russie s'intéresse également à la nouvelle Afrique"

Marlène Panara

Ça n'était pas arrivé depuis 1971. La visite du Premier ministre russe Dimitri Medvedev en Algérie et au Maroc, les 9 et 10 octobre, est au moins un signe de la volonté de Moscou de reposer le pied de manière plus ferme sur le continent africain. Après la période de flottement qui a suivi l'éclatement de l'ex-URSS, Vladimir Poutine a progressivement remis sur les rails la coopération russo-africaine qui connaît un coup d'accélérateur depuis trois ans. Mise sous pression par les sanctions économiques de l'Union européenne à la suite de l'annexion de la Crimée, entre autres, déçue par ce qu'elle considère comme une tromperie, à savoir l'opération militaire contre la Libye, la Russie a renoué plus fortement avec l'Égypte désormais dirigée par Abdel Fattah al-Sissi. De quoi revenir dans le jeu d'un continent perçu comme plein d'avenir en termes d'opportunités, mais difficile à cerner et à conquérir. Malgré des amitiés historiques tissées avec certains régimes progressistes pendant la guerre froide, la Russie regarde l'Afrique comme une contrée lointaine éclatée en régions et sous-régions, ce qui ne facilite pas une approche globale avec la stratégie adéquate. Alors, au regard de sa rareté, la visite d'un Premier ministre russe en Afrique ne peut manquer d'interpeller. Arnaud Dubien, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et directeur de l'Observatoire franco-russe de Moscou, dénoue les fils d'une relation russo-africaine pleine d'inconnus pour beaucoup de personnes.

LIRE aussi : Dmitri Medvedev à Alger : Moscou retrouve le chemin du Maghreb

Le Point Afrique : Les visites d'un Premier ministre russe sont rares au Maroc et en Algérie. La dernière datait de 1971. Pourquoi alors une visite aujourd'hui ?

Arnaud Dubien : les contacts entre la Russie et le Maroc et l'Algérie se sont réellement intensifiés ces dernières années, après une période un peu creuse, il est vrai. La Russie n'a cependant pas la même histoire avec les deux pays. L'Algérie était un allié traditionnel de l'URSS, puis de la Russie post- soviétique. Le vrai retour de la Russie en Algérie remonte à 2006 avec la visite du président Poutine. Moscou avait alors décidé l'effacement de la dette en contrepartie de signature de gros contrats d'armements. Depuis, la relation russo-algérienne s'est densifiée.

Le « petit nouveau », c'est le Maroc, qui n'est pas un ancien « pays frère » et qui est apparu récemment sur la carte des intérêts russes en Afrique. Des contacts se sont amorcés il y a trois ans, au moment même où des sanctions économiques occidentales frappaient la Russie.

Quels thèmes apparaissent comme primordiaux dans les entretiens respectifs avec les autorités des deux pays ?

En ce qui concerne le Maroc, de réels contacts politiques et sécuritaires se sont opérés entre les deux pays, en grande partie à la demande du Maroc, dès mars 2016 lors de la visite du roi Mohammed VI en Russie. Nous savons également que le chef des services secrets marocains est venu rencontrer son homologue à Moscou en décembre dernier. La lutte antiterroriste a été au cœur des discussions. Mais les partenariats Maroc-Russie sont aussi et surtout économiques. Le royaume chérifien exporte beaucoup de produits agricoles – en particulier des tomates – vers le pays de Poutine, remplaçant même certains pays européens. Ces exportations se sont intensifiées depuis la mise en vigueur des sanctions occidentales sur la Russie. Dans un tout autre domaine, nous constatons l'attirance de plus en plus forte pour le Maroc de la part des touristes russes. Des lignes directes ont d'ailleurs été ouvertes. Il y a donc une vraie montée en puissance, assez spectaculaire, de la relation russo-marocaine dans divers domaines. De son côté l'Algérie a fait de la vente d'armes le ciment de sa relation avec la Russie. Le pays est d'ailleurs son premier client africain dans ce domaine, talonné par l'Égypte. Le domaine de l'énergie est également dans l'agenda bilatéral, même si, de fait, Gazprom et Sonatrach sont concurrents dans le domaine gazier sur le marché européen.

LIRE aussi : Afflux russe sur les plages de Tunisie

Les relations entre l'Algérie et le Maroc ne sont pas faciles. Comment la Russie arrive-t-elle à conjuguer sa coopération avec deux pays si proches et en même temps si éloignés ?

C'est toute l'habileté de la diplomatie russe : concilier des choses en apparence peu conciliables. Au Moyen-Orient, la Russie est le seul pays capable de discuter à la fois avec le Hezbollah et le Likoud, le pouvoir de Bagdad et Erbil, ou le PKK et les dirigeants de l'AKP d'Erdogan. Dialoguer avec des entités en conflits, les Russes savent faire. Ils font de la diplomatie avec un grand D. Sinon, les partenariats mis en place ne relèvent pas du même domaine en Algérie et au Maroc. La vente d'armes est fructueuse en Algérie pour les Russes, alors que ce domaine n'est même pas évoqué avec le royaume chérifien. Les Marocains ne s'en offusquent pas particulièrement puisqu'eux-mêmes achètent des armes aux États-Unis et en France. Chacun y trouve son compte. Dans ce cadre-là, la Russie évolue de façon assez habile entre ses deux partenaires : le nouveau et l'historique, lequel est peut-être d'ailleurs celui qui prend le plus ombrage du rapprochement russe avec le Maroc que l'inverse.

Finalement, qu'est-il ressorti de cette visite ?

Ce sont des visites de confirmation. Des liens économiques ont été tissés avec le Maroc, car le terrain a été préparé par la visite du roi Mohammed VI en Russie en mars 2016. Concernant l'Algérie, les visites de dirigeants militaires sont extrêmement fréquentes, et Vladimir Poutine s'y était rendu auparavant en 2006. La visite de Dimitri Medvedev en Algérie et au Maroc signale aux autres pays de la zone et d'ailleurs que la Russie tisse sa toile dans la région. Ces quelques jours ont consolidé des partenariats économiques surtout, puisque c'est le Premier ministre qui se déplace et non le président.

LIRE aussi : Fruits et légumes : le Maroc va augmenter ses exportations vers la Russie

Comment la Russie gère-t-elle la question du Sahara ?

Je doute que la Russie ne s'éloigne d'un iota de la position de l'ONU.

La Russie est-elle présente dans les autres pays d'Afrique du Nord ?

C'est en Égypte que le retour russe est assez spectaculaire. En 1955, elle était la porte d'entrée de l'URSS au Moyen-Orient sous Nasser. Le lien russo-égyptien s'est bâti sur des partenariats dans les domaines de l'armement et de l'énergie – des constructions de centrales nucléaires sont prévues – ce qui n'était pas arrivé depuis la rupture entre l'URSS et l'Égypte d'Anouar El-Sadate. Moscou exporte également beaucoup de blé vers l'Égypte, laquelle attend avec impatience le retour des touristes russes (les vols directs sont suspendus en novembre 2015 depuis l'attentat contre l'Airbus de Kogalymavia au-dessus du Sinaï). Le pays redevient un pilier extrêmement important, y compris sur le plan économique. En Libye, la Russie est très active et joue un rôle diplomatique important. Elle discute avec tout le monde, des représentants de Misrata au général Haftar. Cette zone d'intérêt et d'influence nord-africaine se prolonge aujourd'hui jusqu'au Moyen-Orient, ce qui paraissait très improbable il y a quelques années.

Au-delà de cette région, quelle est la stratégie de coopération de la Russie avec les pays africains ?

La Russie compte avant tout sur ses bastions, anciens ou nouveaux. Mais dans sa stratégie de retour, elle fait clairement la différence entre l'Afrique du Nord arabe et le reste du continent. Au sud du Sahara, elle peut compter sur l'Afrique du Sud, membre des Brics, où les intérêts économiques russes sont importants. La Russie aimerait par exemple développer des programmes dans le nucléaire civil avec Prétoria. En Angola, en Tanzanie et au Zimbabwe, elle mise sur des investissements miniers, avec en tête les diamants, l'uranium et le platine. Et au Nigeria, qui n'est pas un pays traditionnellement tourné vers la Russie, la Russie développe une coopération sécuritaire et antiterroriste. Elle tend à développer la vente d'hélicoptères et peut-être la vente d'armes. Donc, la Russie opère un retour en Afrique, certes. Mais il est limité, au contraire de la Chine ou du Japon, gros partenaires commerciaux du continent.

LIRE aussi : Mines - Nikolai Zelensky : "L'Afrique a une place centrale dans notre stratégie"

Des volets militaires, économiques, politiques, lequel a la préférence de la Russie ? Et comment le gère-t-elle ?

La Russie promeut en Afrique la plupart de ses atouts qui couvrent divers domaines : le secteur énergétique, le secteur minier, la coopération sécuritaire, aéronautique et spatiale. Ce que fournit aussi beaucoup la Russie, très discrètement, à certains pays comme l'Algérie et l'Afrique du Sud, c'est de l'imagerie satellitaire militaire. Elle leur fait parvenir des images à très haute résolution de ce qui se passe à la frontière malienne et à la frontière libyenne. Dans ce domaine, il y a des choses assez pointues qui se mettent en place.
Y a-t-il des organismes économiques dédiés à l'Afrique en Russie ?

Il y a un représentant spécial du président russe pour l'Afrique, Mikhaïl Bogdanov. Mais, arabisant, le diplomate est bien plus concentré sur les dossiers proches-orientaux, ce qui n'était pas le cas de son prédécesseur, Mikhaïl Marguelov. Il n'existe pas par exemple de fédérations d'entreprises liées à l'Afrique. C'est un peu chacun pour soi. De grands groupes russes, publics et privés, investissent dans des secteurs en apparence modestes, mais ils agissent dans des domaines très sensibles, comme ceux de l'énergie et de la vente d'armes. Les Russes sont moins gourmands que les Chinois, mais ils interviennent dans des domaines qui leur permettent d'asseoir leur influence auprès d'autres puissances, comme la France.

De même que la Chine et d'autres pays, la Russie a besoin de matières premières, comment procède-t-elle pour accéder à celles qui se trouvent en Afrique ?

La Russie investit dans les mines en Afrique du Sud (Renova), en Angola (Alrosa), en Guinée (Rusal). La société Gazprom a, quant à elle, cherché à participer à des projets de gazoduc au Nigeria. C'est au coup par coup. En Égypte, la Russie a investi dans des livraisons de gaz naturel liquéfié. Il n'y a pas de schéma unique dans sa démarche d'accès aux matières premières. Les groupes russes essaient de faire ce que font les concurrents. Leur accès est parfois facilité par des connexions politiques.

La formation et les échanges universitaires sont à la fois un enjeu de coopération et de développement. Où en est la Russie sur cette question par rapport à l'Afrique ?

Il y a plusieurs milliers d'étudiants africains en Russie, même si leur nombre est moins important qu'à l'époque soviétique. Leur présence est significative dans les domaines de la médecine et de l'ingénierie. La Russie a par ailleurs relancé une politique de bourse visant à attirer les étudiants africains. Évidemment, la concurrence est rude face aux universités occidentales, et bientôt chinoises. Mais les Russes ont une niche qu'ils cherchent à réactiver, et ils sont conscients de cet atout, même si du travail reste à faire concernant l'intégration des étudiants africains, parfois victimes du rejet d'une partie de la population.

Le terrorisme islamiste affecte beaucoup de pays du Maghreb et de l'Afrique subsaharienne. Comment la Russie appréhende-t-elle la question de la lutte anti-djihadiste en Afrique ?

C'est un théâtre qui peut paraître lointain voir périphérique pour les Russes, mais ils surveillent de très près ce qu'il se passe dans la bande sahélienne. Ils ont une coopération sécuritaire avec les Maliens à qui ils fournissent des armes et ils vont continuer à le faire. Évidemment, tout ça se fait en intelligence avec des puissances présentes localement comme la France. Mais la Russie est présente. Elle surveille ce qu'il se passe en Libye et en Algérie et, plus loin, au Sinaï, grâce aux renseignements satellitaires. Elle a également proposé son aide au Nigeria. Par ailleurs, elle s'inquiète des vases communicants entre le Maghreb et la zone irako-syrienne et le retour des djihadistes dans leur pays d'origine. La menace est certes moins directe que celles provenant du Caucase ou de l'Asie centrale, mais la Russie sait qu'il existe des passerelles. Les discussions avec les sections antiterrorisme des services secrets de la région sont très actives.

Quel regard pose la Russie sur les expériences démocratiques africaines ?

Ça n'est pas un sujet qui préoccupe les Russes. La Russie, comme la Chine, ne considère pas les évolutions démocratiques africaines, même si elle ne les nie pas. Ce que veut montrer la Russie, c'est qu'à la différence de certains pays occidentaux, elle ne se mêlera pas de politique africaine. Elle considère que ça n'est pas son rôle.

Au-delà des gouvernements, y a-t-il un lien particulier entre la société civile russe et la société civile africaine ?

Pas vraiment, et c'est la grande faiblesse de la relation russo-africaine. Pour la société civile russe, l'Afrique paraît très loin, bien que certains responsables russes perçoivent le potentiel d'une relation avec le continent. Mais le dialogue entre les deux souffre du morcellement et du manque de vision globale. C'est la devise du chacun pour soi et les quelques initiatives existantes sont dispersées, par pays et par sous-région. Il n'existe pas de lobby africain à Moscou. Une strate très fine de Russes impliqués dans la coopération sur l'Afrique se détache tout de même depuis quelques années. Ils sont diplomates, militaires ou dirigeants de grands groupes.

Au fond, que vise la Russie avec l'Afrique ?

La Russie cherche à exploiter au maximum les potentialités qui existent. À l'époque, l'URSS a beaucoup travaillé sur le continent africain. C'était un autre contexte. Il s'agissait de lutte idéologique, il fallait aider les pays frères ou potentiellement frères. Aujourd'hui, la Russie cherche à convertir ses vieilles amitiés idéologiques là où elles existent encore en influence géoéconomique. Elle s'ouvre aussi à d'autres pays par le biais de grands groupes comme l'Afrique du Sud qu'elle considère comme la principale économie du continent, le Nigeria aussi ou encore l'Égypte. Ces pays sont ceux avec lesquels elle effectue l'essentiel de son commerce sur le continent. Elle cherche à optimiser ce qui a été créé il y a très longtemps. Mais la Russie s'intéresse également à la nouvelle Afrique, à l'Afrique émergente, qui n'était pas sur la carte des dirigeants soviétiques. Le continent ne sera jamais prioritaire pour la Russie, mais celle-ci a conscience des opportunités commerciales qu'elle peut y trouver. L'exportation de centrales nucléaires, par exemple, est en projet.
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Adam
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 1 Nov 2017 - 17:44

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Indépendances et auto-déterminations



Des armes pour renforcer l’Empire ou d’authentiques libérations nationales ?



Par James Petras

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des conflits mondiaux ont consisté en des luttes pour l’indépendance contre les régimes coloniaux / impériaux occidentaux et japonais.

À la suite de la décolonisation officielle, un nouveau type de domination impériale a été imposé, les régimes néo-coloniaux, dans lesquels les États-Unis et leurs alliés européens imposaient des dirigeants vassaux agissant comme des proxys pour l’exploitation économique du pays. Avec la montée de la domination mondiale unipolaire des États-Unis, à la suite de la disparition de l’URSS (1990), l’Occident a établi son hégémonie sur les États d’Europe de l’Est. Certains ont été sujets à la fragmentation et ont été subdivisés en de nouveaux micro-États, dominés par l’OTAN.

La mis en place d’un empire unipolaire a déclenché une série de guerres et de conflits ethniques au Moyen-Orient, en Europe de l’Est, dans les Balkans, les pays baltes, en Afrique du Nord, en Asie et en Europe occidentale, provoquant des nettoyages ethniques et une crise des réfugiés de grande ampleur. L’éclatement des États-nations s’est répandu dans le monde alors que la rhétorique et la politique de « l’autodétermination » remplaçaient celles de la lutte des classes en tant que phare de la justice sociale et de la liberté politique.

Les principaux moteurs de la construction de l’empire ont adopté la tactique de diviser les adversaires pour mieux les conquérir, sous le prétexte libéral de promouvoir « l’autodétermination », sans préciser qui et quoi l’« auto » représentait et qui en bénéficiait réellement.

Les identités sectorielles, régionales, culturelles et ethniques ont servi à polariser les luttes. Par réaction, les régimes « centraux » se sont battus pour conserver « l’unité nationale » afin de réprimer les révoltes régionales.

Le but de cet article est d’analyser et de discuter les forces nationales et internationales se cachant derrière le slogan de « l’autodétermination » et ses conséquences internationales et régionales.

Concepts de base : ambiguïtés et clarification

L’un des aspects frappants du processus de globalisation et de développement national est le « développement inégal et combiné » (DIC). Cela prend plusieurs formes – un développement inégal entre les régions constituant un même pays, un autre entre les pays, et généralement les deux.

Les pays impériaux concentrent les industries, le commerce et les banques tandis que les pays colonisés / néo-colonisés se retrouvent comme des enclaves dépendantes de leurs ressources en matières premières, de leur exportation ou des usines d’assemblage à bas salaires. Fréquemment, les capitales des pays colonisés et décolonisés concentrent et centralisent le pouvoir politique, la richesse, l’infrastructure, les transports et les finances, tandis que leurs provinces sont réduites à fournir des matières premières et une main-d’œuvre bon marché. Le pouvoir politique et l’administration, y compris l’armée, la police et les agences de recouvrement des impôts, sont rarement concentrés dans les villes économiquement peu productives, et les régions productrices de richesses, mais politiquement plus faibles, sont économiquement exploitées, marginalisées et vidées de leur substance.

Le développement combiné et inégal aux niveaux international et national a conduit à des luttes de classe, anti-impérialistes et régionales. Là où les luttes basées sur les classes ont été affaiblies, les leaders et les mouvements nationalistes et ethniques assument le leadership politique.

Le « nationalisme » arbore cependant deux faces diamétralement opposées : dans la première, les mouvements régionaux soutenus par l’Occident travaillent à miner les régimes anti-impérialistes afin de subordonner la nation entière aux diktats du pouvoir impérial. Dans la deuxième, des mouvements populaires nationalistes laïques luttent pour obtenir l’indépendance politique en combattant les forces impériales et leurs substituts locaux, qui sont souvent des suzerains d’une minorité ethnique ou religieuse.

Les États impériaux ont toujours bien compris la nature des différents types de « nationalisme » et lesquels servent leurs intérêts. Les États impériaux appuient les régimes et mouvements régionaux et / ou « nationalistes » qui mineront les mouvements, les régimes et les régions anti-impérialistes. Ils s’opposent toujours aux mouvements « nationalistes » ayant une forte base ouvrière.

Les leçons de l’histoire

L’impériale et perfide Albion, le Royaume-Uni, a massacré et affamé des millions de personnes qui lui ont résisté en Asie (Inde, Birmanie, Malaisie et Chine), en Afrique (Afrique du Sud, Kenya, Nigeria, etc.) et en Europe (Irlande).

Les impérialistes britanniques encourageaient, en même temps, les musulmans à combattre les hindous, les sikhs à combattre les musulmans, les gurkas à opprimer les Malais et créaient divers groupes combattants religieux, ethniques et linguistiques dans le sous-continent indien, la Birmanie et la Malaisie. De même, le Royaume-Uni encourageait les conflits entre les groupes religieux, laïques nationalistes et conservateurs dans tout le Moyen-Orient.

Les puissances impériales utilisent naturellement la stratégie du « diviser pour mieux régner », qualifiant leurs adversaires d’« arriérés » et d’« autoritaires » tout en qualifiant leurs substituts de « combattants de la liberté » qui, prétendent-elles, sont « en chemin vers les valeurs démocratiques occidentales ».

Cependant, la question stratégique est de savoir comment les États impériaux définissent le type d’autodétermination à soutenir ou réprimer et quand ils changent de politique. Les alliés d’aujourd’hui qui sont qualifiés de « démocrates » dans la presse occidentale peuvent, le lendemain, être étiquetés d’« ennemis de la liberté » et d’« autoritaires », s’ils se mettent à agir contre les intérêts impériaux.

Les deux visages de l’autodétermination

Contrairement à la pratique impériale consistant à changer de politique envers des régimes dominants et des mouvements séparatistes, la plupart des « gens de gauche » soutiennent largement tous les mouvements d’autodétermination et qualifient tous leurs opposants d’« oppresseurs ».

Du coup, les régimes de gauche et les régimes impérialistes peuvent se retrouver du même bord dans une campagne massive de « changement de régime » !

La gauche libertaire construit son propre « idéalisme » en qualifiant les puissances impériales d’« hypocrites » qui utiliseraient un « double standard ». C’est une accusation ridicule, puisque le principe directeur derrière la décision impériale de soutenir ou de rejeter telle ou telle « autodétermination » est basé sur des intérêts de classe et impériaux. En d’autres termes, lorsque « l’autodétermination » profite à l’empire, il reçoit un soutien total. Il n’y a pas de principes moraux ou historiques, qui ne soient pas soutenus par des intérêts  de classe ou impériaux déterminant cette politique.

Études de cas : les mythes des « Kurdes apatrides » et de la « libération de l’Ukraine »

Pendant le vingtième siècle, les citoyens kurdes d’Irak, de Turquie, de Syrie et d’Iran ont revendiqué « l’autodétermination » et se sont battus contre des États-nations établis au nom de la « libération ethnique ».

Dans le cas de l’Irak des années 1990, les Kurdes ont été parrainés, armés, financés et défendus par les États-Unis et Israël afin d’affaiblir et de diviser la république irakienne, nationaliste laïque. Les Kurdes, toujours avec le soutien des États-Unis, ont organisé des conflits régionaux en Turquie et plus récemment en Syrie, afin de vaincre le gouvernement indépendant de Bachar el-Assad. Les Kurdes de gauche décrivent cyniquement leurs alliés impériaux, y compris les Israéliens, comme des « colonialistes progressistes ».

En bref, les Kurdes agissent comme substituts étasuniens et israéliens : ils fournissent des mercenaires, l’accès aux bases militaires, des postes d’écoute et d’espionnage dans leur nouveau pays libéré (et ethniquement purifié), pour soutenir l’impérialisme des États-Unis que leurs chefs de guerre ont choisi comme « partenaire » dominant. Leur lutte est-elle celle d’une libération nationale ou celle de marionnettes mercenaires au service de l’empire contre les nations souveraines qui résistent au contrôle impérial et sioniste ?

En Ukraine, les États-Unis ont salué la cause de l’autodétermination lorsqu’ils ont orchestré un violent coup d’État pour évincer un régime élu, dont le crime était son engagement à l’indépendance vis-à-vis de l’OTAN. Le coup a été ouvertement subventionné par les États-Unis, qui ont financé et formé des voyous fascistes engagés dans l’expulsion ou la répression des russophones, en particulier dans la région orientale du Donbass et en Crimée, afin de placer des bases de l’OTAN à la frontière russe.

Le peuple majoritairement russophone de Crimée s’est opposé au coup d’État et a exercé son droit à l’autodétermination en votant pour rejoindre la Russie. De même, la région industrialisée du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, a déclaré son autonomie, s’opposant au régime, oppressif et largement corrompu, installé par les États-Unis à Kiev.

Le violent coup d’État parrainé par les USA et l’UE à Kiev était une forme flagrante d’annexion impériale, tandis que le vote pacifique en Crimée et la voie de l’autodétermination prise par l’Ukraine orientale (Donbass) étaient la réponse progressiste des forces anti-impérialistes. Contrecarré dans son projet de transformer l’Ukraine de l’Est et la Crimée en plates-formes de lancement de l’OTAN pour l’agression contre Moscou, l’US / UE a condamné cette initiative en la qualifiant de « colonisation russe ».

Le Tibet et les Ouïghours de la province chinoise du Xinjiang

Des groupes séparatistes sont activement engagés dans des soulèvements armés depuis plusieurs décennies au Tibet et au Xinjiang, en Chine occidentale. Alors qu’ils prétendaient être « indépendants », leurs chefs de guerre féodaux ont longtemps été hostiles aux avancées positives de la révolution chinoise (y compris l’abolition de l’esclavage au Tibet, du commerce de l’opium, de la dot de la mariée et l’extension de l’éducation universelle dans les régions féodales musulmanes). Ils ont collaboré avec les États-Unis et l’Inde expansionniste (où le Dalaï Lama a établi son palais et ses camps de partisans armés et formés par les agences impériales occidentales).

Tandis que l’Occident présente le Dalaï Lama comme un saint homme aimant la paix qui ne fait que tenir des discours devant une foule en adoration, ce saint n’a pourtant jamais condamné les guerres génocidaires américaines contre les bouddhistes vietnamiens, coréens ou d’ailleurs.

Le réseau des célébrités / victimes de l’Occident pro-Tibet et pro-ouïghour, bien financé, a toujours ignoré les liens entre le Dalaï Lama et ses patrons impériaux, qui sont ceux qui définissent en fin de compte la signification opérationnelle de « l’autodétermination ».

Le Kosovo : une autodétermination par des esclavagistes terroristes blancs

Après la Seconde Guerre mondiale, la Yougoslavie, libérée de ses vicieux collaborateurs nazis par les partisans communistes, est devenue une société socialiste multiethnique, pacifique et autogérée. Mais dans les années 1990, l’intervention militaire des forces de l’OTAN a délibérément organisé la violente dissolution du pays en micro-États « indépendants ». L’expérience d’un État socialiste multiethnique en Europe a été détruite. Après un nettoyage ethnique massif de ses populations non albanaises, un nouvel État fantoche de l’OTAN, le Kosovo, est passé sous le contrôle d’un terroriste internationalement reconnu, un esclavagiste blanc, un narcotrafiquant vassal des États-Unis, Hashim Thaci, et ses voyous de l’Armée de Libération du Kosovo.

Grace à l’intense campagne de bombardement étasunienne contre Belgrade et d’autres villes yougoslaves et avec le soutien militaire de l’OTAN, le Kosovo a obtenu l’autodétermination et est devenu un énorme porte-avions terrestre américain et un centre de R & R (Camp Bondsteel), bénéficiant de réductions dans les bordels de l’UCK pour les GI. Parce que le Kosovo sert d’avant-poste mercenaire dirigé par des voyous à leur solde, Washington et Bruxelles ont approuvé ses revendications en tant qu’« État indépendant libéré ». Le pays sert également de dépôt international pour le commerce macabre des organes humains pour la transplantation. En visitant cet État mafieux ethniquement nettoyé qu’est le Kosovo, un commandant de l’OTAN, le général canadien Lewis MacKenzie, a reconnu plus tard : « Nous avons bombardé le mauvais côté ».

L’éclatement de la Yougoslavie a conduit à la création de mini-États séparatistes multiples, sous la domination économique de l’UE et le contrôle militaire américain. Dans le jargon occidental, cela a été nommé « autodétermination démocratique », alors que la dure réalité est celle d’un nettoyage ethnique massif, de l’appauvrissement et de la criminalité.

Indépendance de la Catalogne et Espagne néo-franquiste

L’Espagne est sous la domination d’un régime issu du dictateur fasciste Francisco Franco. Le président Mariano Rajoy et son pseudo « Parti populaire » (PP) ainsi que son acolyte royal, le roi Felipe VI, se sont livrés à des scandales de corruption massifs, au blanchiment d’argent et à des contrats de construction public-privé frauduleux de plusieurs millions d’euros. Les politiques néolibérales de Rajoy ont contribué de manière significative à un krach financier qui a entraîné un taux de chômage de 30% et un programme d’austérité dépouillant les travailleurs espagnols de leur pouvoir de négociation collective.

Face à la poursuite de l’autodétermination de la Catalogne via des élections libres et démocratiques, Rajoy ordonne une invasion policière et militaire, s’empare des bulletins de vote, emprisonne les leaders et impose un contrôle total.

L’exercice pacifique d’autodétermination des Catalans par le biais d’élections libres, indépendantes de toute manipulation impériale, a été rejeté par l’UE et Washington comme étant « illégal », pour avoir désobéi à Rajoy et à ses légions néo-franquistes.

L’autodétermination de la Palestine, sa colonisation et sa domination par Israël, soutenue par les États-Unis

Pendant un demi-siècle, Washington a soutenu la brutale occupation israélienne et la colonisation de la « Cisjordanie » palestinienne. Les États-Unis nient systématiquement l’autodétermination du peuple palestinien et de ses millions de réfugiés en exil. Washington arme et finance l’expansion israélienne qui se fait par la saisie violente de territoires et de ressources palestiniens ainsi que par la famine, l’incarcération, la torture et l’assassinat de Palestiniens dont le crime est d’affirmer leur droit à l’autodétermination.

L’écrasante majorité des fonctionnaires et des présidents du Congrès américain, passés et présents, s’inspirent servilement des présidents de l’organisation juive (israélienne) qui envoie des milliards dans les coffres de Tel-Aviv. Israël et ses alliés sionistes au sein du gouvernement américain manipulent les États-Unis pour qu’ils s’investissent dans des guerres désastreuses au Moyen-Orient et œuvrent contre l’autodétermination de nations arabes et musulmanes souveraines.

Arabie saoudite : l’ennemi de la souveraineté au Yémen

Le régime despotique de l’Arabie saoudite a lutté contre l’autodétermination des États du Golfe et au Yémen. Les Saoudiens, soutenus par des armes et des conseillers américains, ont dépossédé des millions de civils yéménites et en ont tué des milliers dans une campagne de bombardements sans pitié. Au cours de la dernière décennie, les Saoudiens ont bombardé et bloqué le Yémen, détruit ses infrastructures, provoqué une épidémie massive de choléra et menacé de famine des millions d’enfants dans le but de vaincre le mouvement de libération yéménite dirigé par les Houthis.

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont fourni pour plus de cent milliards de dollars d’armes et apporté un soutien logistique, notamment en fournissant aux tyrans saoudiens les données géographiques à bombarder et en bloquant toute action diplomatique parrainée par l’ONU pour soulager les immenses souffrances yéménites. Dans ce crime de guerre grotesque, Washington et Israël sont les plus proches associés de la monarchie saoudienne pour nier l’autodétermination du peuple opprimé du Yémen qui a longtemps résisté au contrôle saoudien.

Conclusion

L’État impérialiste américain, comme tous les aspirants constructeurs d’empire, réprime ou soutient les mouvements d’autodétermination en fonction de leurs intérêts de classe et impériaux. Pour être clair : l’autodétermination est un problème politique ; ce n’est pas un principe moral-légal général.

L’utilisation sélective et l’abus de l’autodétermination par l’impérialisme ne sont pas des cas d’« hypocrisie » ou de « double standard », comme s’en plaignent leurs partisans de la gauche libérale. Washington applique un standard unique : ce mouvement fait-il progresser l’Empire en sécurisant et en renforçant les régimes vassaux et leurs partisans ? Le terme de « libération » est un simple vernis pour se garantir l’allégeance de vassaux de l’opposition dans les États trop indépendants.

Pendant des décennies, les pays d’Europe de l’Est, des Balkans et des pays baltes ont été encouragés à lutter pour leur autodétermination face au pacte de Varsovie dirigé par les Soviétiques, pour ensuite se retrouver sous le joug du commandement de l’OTAN et de Washington. Dans de nombreux cas, leur souveraineté et leur niveau de vie se sont effondrés, suivis par un nettoyage ethnique, notamment l’expulsion massive de Serbes de Croatie et du Kosovo et la répression culturelle et linguistique des Russes ethniques en Lettonie et en Ukraine.

Les « combattants de la liberté » kurdes suivent des seigneurs de guerre financés par les États-Unis et Israël et s’emparent de villes, de ressources pétrolières et de territoires pouvant servir de bases militaires impériales contre les gouvernements souverains d’Irak, d’Iran et de Syrie.

Dans ce contexte, les seigneurs de guerre et les oligarques kurdes sont des vassaux fidèles et font partie intégrante de la politique israélo-américaine de longue date visant à diviser et affaiblir les alliés indépendants de la Palestine, du Yémen et des authentiques mouvements de libération.

Il est clair que les critères permettant de décider de la validité des revendications d’autodétermination exigent de définir si ce sont les intérêts de classe ou ceux de l’anti-impérialisme qui sont en jeu.

Au-delà des conflits immédiats, de nombreux régimes indépendants deviennent à leur tour des dirigeants oppressifs de leurs propres minorités et de leurs critiques autochtones. « L’autodétermination » ad infinitum peut finalement conduire à des individus schizoïdes, vantant leur peuple mythique tout en opprimant les autres. Aujourd’hui, le sionisme est la caricature ultime de « l’autodétermination ». Les pays et les dirigeants nouvellement indépendants nient fréquemment à leurs propres minorités le droit à l’autodétermination, en particulier à ceux qui s’étaient rangés du côté du pouvoir précédent.

Dans la mesure où la lutte « nationale » se limite à une indépendance politique, elle peut n’entrainer qu’un simple « changement de gardiens » et maintenir une oppressive exploitation de classe et créer de nouvelles formes d’oppression culturelle, ethnique et de genre.

Dans certains cas, les nouvelles formes d’exploitation de classe peuvent même dépasser les conditions antérieures, du temps de la vassalité impériale.

Les Kurdes, les Tibétains, les nationalistes fascistes ukrainiens, les Ouïghours et d’autres soi-disant combattants pour la liberté s’avèrent être des proxys militaires pour une agressive ingérence américaine contre les pays indépendants que sont la Chine, l’Iran et la Russie. Les soutiens de gauche de ces douteux « mouvements de libération » se rangent derrière l’empire.

La « globalisation » capitaliste est aujourd’hui le plus grand ennemi d’une authentique autodétermination. La globalisation impériale soutient des micros-États fragmentés, uniquement pour les convertir en nouveaux vassaux ayant leur propre drapeau et hymne national.

#Source originale en anglais

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Dim 5 Nov 2017 - 15:51

https://www.thisdaylive.com/index.php/2017/11/05/the-future-of-ecowas-without-nigeria-and-the-dilemma-of-moroccos-membership/

Citation :

The Future of ECOWAS without Nigeria and the Dilemma of Morocco’s Membership


Online Editor

Faure Gnassingbé
By Bola A. Akinterinwa

It was President Robert Mugabe of Zimbabwe, who once noted that ‘Africa without Nigeria is hollow,’ meaning that, without Nigeria, a critical vacuum that cannot be easily filled, is necessarily created. It also means that the role of Nigeria in intra-African affairs is significant to the extent that it cannot be neglected. The observation was made against the background of Nigeria’s roles in the defence of Africa’s interests in international politics, and particularly in the light of the struggle against Apartheid South Africa. And fair enough, Nigeria never gave any opportunity for such a vacuum or hollowness to exist. Africa has consistently remained the operational centrepiece of Nigeria’s foreign policy.

At the West African regional level, Nigeria has always filled the vacuum to be created by insolvency of some Member States. For instance, the chairmanship of the ECOWAS is rotated amongst leaders on a yearly basis. President Gnassingbé Eyadéma of Togo chaired the organisation in the 1977/1978 period. General Olusegun Obasanjo of Nigeria followed in 1978/1979. Léopold Sédar Senghor of Senegal chaired it in 1979/1980 and, again, President Gnassingbé Eyadéma of Togo in 1980/1981, etc, followed in that chronological order.

However, whenever there was to be disinterest in chairing, and thus creating a vacuum, Nigeria had always prevented it. General Ibrahim Babangida, who took over from Muhammadu Buhari as Chairman of ECOWAS Authority (May 1985 to August 27, 1985), chaired the organisation from August 27, 1985 until 1989, that is, for an unprecedented period of four years.

Again, because of the heavy financial burden often associated with chairmanship of the organisation, and which many leaders try to avoid, General Sani Abacha of Nigeria not only chaired the ECOWAS from July 27, 1996 till June 8, 1998 (two years), General Abdulsalami continued with the Nigerian chairmanship of ECOWAS from June 9, 1998 till 1999. In fact, President Umaru Musa Yar’Adua also chaired the ECOWAS from December 19, 2008 till February 18, 2010 while President Goodluck Ebele Jonathan continued with the chairmanship till February 17, 2012, that is, for over three years.

Apart from President Alpha Oumar Konaré of Mali, who chaired the organisation from 1999 till December 2001 (two years); Abdoulaye Wade of Senegal, December 21, 2001 to January 31, 2003 (two years); John Agyekum Kufuor of Ghana, January 31, 2003 to January 19, 2005 (two years), as well as President Mamadou Tandja of Niger, January 19, 2005 to January 19, 2007 (two years), no other ECOWAS Member State has served as chairman more than two years except for Nigeria.

Without any scintilla of doubt, the chairmanship of ECOWAS is essentially first a desire. A desire requires unflinching commitment to make it meaningful. Commitment not only requires a good implementation strategy but also productive timing devoid of bickering of whatever kind. But time is also money and the most critical problem for many of the Member States many of which actually still find it uneasy to even pay their assessed dues to the organisation. It is from this perspective that we must begin to look at the future of the ECOWAS without Nigeria.

Put differently, can Morocco fill the vacuum or hollowness to be created by possible withdrawal of Nigeria from the ECOWAS? Why should Nigeria even threaten to withdraw? Why should the issue of self-determination of the Indigenous People of Biafra (IPOB) and Biafranisation be responsible for Nigeria’s threats to withdraw, bearing in mind that the pioneering initiative to establish the ECOWAS was Nigerian?

Who has forgotten that Nigeria collaborated with Togo, in this regard, to translate the initiative into action with the joint visits of General Gowon and Gnassingbé Eyadéma to the various countries in West Africa? In trying to address the foregoing questions, it is useful to first investigate the main problem and its major dynamics, especially from the perspectives of both the proponents and opponents of Morocco’s quest for membership of the ECOWAS.

The Problem and its Main Dynamic
The main problem is the conscious attempt to avoid or enforce the application of the international principle of self-determination provided for in international law and relations. In this regard, the dynamic of Nigeria’s attitude towards Morocco’s application for membership of the ECOWAS is IPOB’s quest for a State of Biafra, which has prompted the conflict of politico-economic interests between and among Member States of the ECOWAS, on the one hand, and the proponents of self-determination in international relations, on the other. The conflict now has the great potential to create a Nigerian vacuum in West African politics, thanks to Morocco’s application for membership of the ECOWAS.

And true, Morocco’s application for possible membership of the ECOWAS has proponents and opponents. The proponents underscore the potential economic contributions to be offered by Morocco, while the opponents consider the political dimensions. Nigeria belongs to the opposition group from a technical sense. For Nigeria, the problem is more than politico-economic.

It is essentially the question of national security, territorial integrity of Nigeria, and more specifically, how to neutralise the MASSOB and IPOB quest for Biafranisation. This question largely explains in part why Nigeria was not represented at the appropriate highest level at the last 51st Ordinary Session of the ECOWAS Authority of Heads of States and Government, held in Monrovia, Liberia in June 2017, during which the application for Morocco’s membership was considered and approved in principle.

It is important to note that Nigeria’s attitudinal disposition is not, a priori, driven by Morocco’s application but the rationales for the application, even though Morocco does not qualify to apply for membership, be it on the basis of geo-territorial contiguity or political propinquity. First, the IPOB has taken its quest for self-determination to different regional institutions and even to the United Nations for possible hearing and fairness.

The United Nations does not condone the dismemberment of any of its Member States as a matter of policy. However, dismemberment has taken place in some countries as a result of the use of force. In fact, as reported in Daily Sun of Friday, November 3, 2017, the UN Secretary General, António Guterres, responded to IPOB’s letter of request for UN intervention by sending Ambassador Mohammed Ibn Chambas to the Chief Nnia Nwodo-led Ohanaeze Ndigbo in South East of Nigeria.

Ambassador Chambas, who is former Head of the ECOWAS Commission, conveyed the message of the UN Secretary General as follows: António Guterres ‘believes in this one Nigeria project, because as he has always said, a united, strong Nigeria is good not only for the people of Nigeria, but indeed for the people of West Africa and all of Africa. We know the strength that the people of the South East bring to Nigeria and the sub-region. There is hardly a single country in West Africa, where you will not find enterprising persons from the South East, who in their own rights, are economic ambassadors of the Federal Republic of Nigeria.

‘ So our simple message is to encourage the leaders, elders of the South East to continue to endeavour to seek ways they can work with all other parts of this federation to strengthen the unity of this country through constructive approach, seek dialogue to redress whatever shortcomings that may be’ (). Thus, the United Nations is against the application of the principle of self-determination. Nigeria also does not want it.

However, Israel and Morocco are indirectly accusing Nigeria of double standard as Nigeria has been supporting the autonomy of Palestinians within the framework of the 1917 Balfour Declaration on the creation of a State for Israel and a state for the Palestinians. Nigeria argued that there has to be fairness since the state of Israel was, indeed, established at the end of World War II, while that of the Palestinians is yet to be actualised. Israel is not happy with Nigeria on this matter, believing that if Nigeria would support self-determination, fairness and justice in the case of the Palestinians, it should also accept the same spirit in the case of the IPOB.

It is precisely the same logic at the level of Morocco’s relationship with the Saharawi Arab Republic, formerly referred to as the Spanish Sahara. When Spain left the territory, Morocco began to claim sovereignty over the territory, but which the International Court of Justice denied. The whole of Africa, through the Organisation of African Unity supported the Saharawi Arab Republic by admitting its membership of the OAU. It was because of this that Morocco withdrew its membership of the continental organisation.

Even though the dusts of claim of sovereignty over the territory of the Saharawi Arab Republic are yet to settle, Morocco has not only manoeuvred to stage a come-back to the AU, it is also seeking membership of the ECOWAS. Unlike the argument of Morocco’s pioneer membership of the OAU, Morocco has only applied to accede to the 1975 ECOWAS Treaty as amended in 1993, but for a purpose that has not been seriously tabled for further reflections.

Explicated differently, when the ECOWAS Parliament was considering ruling on possible referendum to prevent unnecessary violence, on the basis of Nigeria being a signatory to various UN, AU and ECOWAS treaties, especially as they relate to the principle of self-determination, Nigeria objected and threatened to discontinue funding the ECOWAS and possibly withdraw from the regional organisation. It was in an attempt to avoid the eventual ruling of the ECOWAS Parliament on the need for referendum that the Government of the Federation accepted to release the IPOB leader, insisting on unacceptability of a referendum on the matter.

It was especially in the light of this that Morocco considered the exploitation of the likely opportunity of possible withdrawal of Nigeria to seek her replacement in the organisation. Morocco wants to leave its own North African economic community to seek accommodation in ECOWAS, promising to fund the organisation in the same way Israel wants to do (vide “Why Israel and Morocco are Solidly behind Biafra,” in Hope for Nigeria: Nigeria’s No.1 Community Platform on line).

While the main rationale for Morocco’s quest for membership of the ECOWAS is essentially to serve as a counterweight if Nigeria remains a member or to outright replace Nigeria’s functional roles with those of Morocco, the emerging interest of Tunisia to also join the ECOWAS is yet to be made clear, except to begin to look at the deepening setbacks of the Maghreb Union to which both Morocco and Tunisia belong. The Union is currently fraught with political stalemate in its regional cooperation. Intra-trade in the five AMU countries (Morocco, Algeria, Tunisia, Libya and Mauritania) does not exceed 3%, compared to 10% in the ECOWAS region and 19% in the SADC countries. Besides, the objective of the Union was to have a Customs Union by 1995 and an economic market by 2020. This wish has more or less remained a dream.

As noted in this regard by the North African Post, in the face of the paralysis crippling the Maghreb Union, Tunisia is following the example of Morocco by repositioning itself on the African continent. More important, Tunisian endeavour to join the ECOWAS was not only announced at the highest level by Prime Minister Youssef Chahel at the opening of the “Tunisian African Empowerment Forum” last week, an event that ‘sets the tone for a pivot and Tunisian foreign policy towards West Africa and echoes a frustration with the paralysis plaguing the Maghreb Union. It is therefore legitimate for Tunis to seek alternatives to the Maghreb Union, which, more than 27 years after its creation in 1989 (Marrakesh Treaty) has failed to achieve its main goals’ (vide “Tunisia launches Charm Offensive to join ECOWAS as Maghreb Union Crumbles,’ North African Post).

There are many questions that naturally come to mind here: why are the members of the Maghreb Union abandoning their union to go and join another? Why is it that they cannot stay behind to address the challenges before them? Will Morocco not come with the Maghreb Union’s virus, especially their political stalemate into the ECOWAS? Even though Tunisia is yet to formally apply for ECOWAS membership, is Tunisia qualified to be considered a member? Even with the principled approval of the ECOWAS Authority for Morocco, is Morocco really eligible? It has been rightly raised by some observers that the ECOWAS cannot close its eyes because of Nigeria. Good enough! But is ECOWAS without Nigeria not, at best, hollow?

If the ECOWAS has to stick to its treaties, what happens, if Nigeria withdraws from the organisation, to the community citizens residing in Nigeria, as well as to Nigerians living in other ECOWAS countries? Perhaps more importantly, what will be the future of African integration through regionalist approaches? And most importantly, should Morocco’s membership be finally approved at the next ECOWAS summit holding in December 2017 in Togo? Should Nigeria again abstain from the summit?

Morocco once adopted the policy of the ‘Open Chair before eventually withdrawing from the OAU. But without waiting for a satisfactory solution to the problem that prompted her withdrawal, Morocco has rejoined the African Union, the successor organisation to the OAU. Thus, should Nigeria withdraw from the ECOWAS, would the withdrawal be permanent or temporary? There is the need to examine the more complicated issues involved and their implications before the summit, particularly in the light of the very patriotic efforts of the House Committee on Foreign Affairs and the House Committee on Regional Integration and Cooperation both of which have scheduled Thursday, November 9, 2017 for a public hearing on the matter.

ECOWAS Future without Nigeria or with Morocco
Under no circumstance should the admission of Morocco into the ECOWAS be accommodated by Nigeria. There is the need to go beyond the mutual diplomatic claims of warm ties between the two countries. The truth is that Morocco’s foreign policy of Nigeria has the great potential to undermine all the efforts made by Nigeria to grow and develop the regional organisation.

First, whatever affects Nigeria as a nation-state necessarily impacts on all the ECOWAS countries, being the main economic pole of attraction in the region. For instance, as noted and acknowledged by the ECOWAS Authority itself, ‘West Africa was severely affected by the slowdown in the continent’s overall economic activity in 2016 with ECOWAS real GDP rate put at 0.2 per cent in 2016, compared with an increase of 3.3% in 2015 and 6.1% in 2014.’

How do we explain this decline from 6.1% in 2014 to only 0.2% two years after? The ECOWAS Authority says ‘the considerable drop in activity of the West African region is linked primarily to the sharp fall in the growth rate (-1.5%) of real GDP of Nigeria, the region’s largest economy’ (vide point 12 of the Final Communiqué of the 51st Ordinary Session of the ECOWAS Authority of Heads of States and Government, June 14, 2017, Monrovia, Liberia).
Second, Morocco’s full membership of the ECOWAS currently has the support of the Francophones, but also has the potential of seriously dividing the organisation along Arabophones on the one hand, versus Francophones and Anglophones with the Lusophones acting as observers, on the other hand. As we have noted in this column before, there is no disputing the fact that both at the continental and regional levels, the Francophones are currently in control of the levers of ECOWAS Authority and the Assembly of Heads of State of the African Union.

It is the opportunity of this Francophone factor that Morocco is possibly trying to capitalise on. A pointer to this observation was the representation of some countries, including Nigeria at a low level at the last ECOWAS Summit held in Liberia. It is on record that the Republic of Niger was represented by its Ambassador to Nigeria, HE Mansour Maman Hadj Daddo, while Nigeria was represented by its Chargé d’Affaires in Monrovia, Mr. Mohammed Tahir. Additionally, H.E. Paschal Irenee Koupaki, Senior Minister and Secretary General of the Presidency of the Republic of Benin represented his country.

In the same vein, Moroccan membership of the ECOWAS also has the potential to bastardise the classification of Africa into five regions as provided for in the Abuja 1991 Treaty Establishing the African Economic Community. Consequently, the membership of Morocco requires a preliminary re-definition of the boundaries of West Africa because Morocco is geo-politically located in the Northern region of Africa.

As we have also noted, Morocco’s membership of the ECOWAS cannot but be a conflict of interest in the long run from which Nigeria must begin to learn some lessons: Mauritania was a founding member of the ECOWAS. Mauritania withdrew its membership in the hope of associating with the Maghreb Union. The Union appears to be seriously challenged by bad governance. Its members are seeking alternative futures in the ECOWAS region. In fact, Mauritania wants to return to the ECOWAS. Why?

And most importantly, why has Nigeria not signed the European Partnership Agreement up till now? What the European Union has not succeeded in making Nigeria do or accept is precisely what Morocco is to be used for in attaining the same objective as Morocco cannot but be the new conduit pipe of European products in West Africa. Morocco has an associate agreement with the European Union on trade matters. Another entente with the ECOWAS cannot but also raise the issue of the Most Favoured Nation Clause by which the European Union can derive all benefits accruable to Morocco. These are some of the preliminary impediments to be looked into as a starting point in evolving a foreign policy stand on Morocco’s quest for membership of the ECOWAS.
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Ven 10 Nov 2017 - 17:57

http://www.businessnews.com.tn/La-d%C3%A9stabilisation-de-l%E2%80%99Alg%C3%A9rie--sc%C3%A9nario-d%E2%80%99horreur-pour-la-Tunisie-!,526,75968,3

Citation :

La déstabilisation de l’Algérie : scénario d’horreur pour la Tunisie !


Le monde d’aujourd’hui est caractérisé par une nouvelle fluidité bousculant l’ensemble des repères traditionnels. Loin de la fin de l’Histoire prônée par Fukuyama, nous assistons à une accélération de l’histoire. Ce monde en transition est marqué par une instabilité et une imprévisibilité accrues, générant des risques de conflits et d’escalade élevés[1]. La mondialisation, de plus en plus contestée, a fait voler en éclat les « amortisseurs de chocs » qui permettaient une certaine régulation du monde. Nous subissons de plein fouet une évolution stratégique majeure : le dérèglement du système international avec l’apparition d’ordres ou de désordres alternatifs. Cette nouvelle réalité d’un monde en transition, d’un monde bousculé, brisé, voire semi-chaotique, remet en cause nos grilles d’analyse traditionnelles et génère plus d’incertitude et une multiplication-diversification des menaces et des risques. Dans ce « monde rétréci », une secousse, même lointaine, ne peut plus être ignorée par les autorités tunisiennes. Que dire d’un tremblement de terre à l’instar d’une déstabilisation de l’Algérie à notre frontière Ouest conjuguée au chaos libyen à notre frontière Est ? Partons d’un postulat : la stabilité de la Tunisie et la pérennité du processus démocratique sont étroitement corrélés à la stabilité de l’Algérie. Le monde arabe est en ébullition et l’Arabie Saoudite secouée par des turbulences inédites dans son histoire. A la lecture d’un article du NYT[2] en date du 7 novembre 2017, il convient de saisir les ressorts des bouleversements en cours. Conscient des défis économiques, sociaux, politiques et stratégiques pesant sur son pays demeuré captif d’une « gérontocratie » manquant de vision et prisonnière de schémas du passé, MBS (Mohammed Ben Salman) est un homme pressé, peut-être trop pressé, risquant d’engendrer une déstabilisation du pays préjudiciable à la stabilité de l’ensemble du Moyen-Orient. Le diagnostic posé est bon : l’après pétrole doit être d’ores et déjà conceptualisé et le régime de gouvernance repensé : « l’alliance entre le sabre et le turban » doit être revue[3].

Au nom de la lutte contre la corruption, MBS a initié une triple offensive spectaculaire : offensive contre ses rivaux, offensive contre le « clergé » conservateur vecteur du wahhabisme et offensive diplomatique positionnant l’Arabie Saoudite à la tête d’une espèce « d’OTAN arabe » tourné vers l’ennemi désigné par les Etats-Unis et Israël, la puissance iranienne émergente et pivot de l’axe chiite réfractaire soutenu par la Russie et la Chine. Le Liban est déjà pris dans l’œil du cyclone. Selon M. Friedman, MBS, de concert avec le prince héritier des EAU Mohamed Ibn Zayed, est en voie de transformer l’Arabie Saoudite d’une « monarchie conservatrice où les décisions étaient prises entre sept clans de manière consensuelle vers un Etat gouverné par une seule famille : this is no longer Saudi Arabia. It is becoming Salman Arabia ». Déjà enlisée au Yémen, l’Arabie Saoudite risque de se retrouvée confrontée à une lutte féroce sur le plan intérieur et à une guerre précipitée et mal évaluée contre l’Iran et ses alliés sur le plan extérieur précipitant le pays dans une dynamique non maîtrisée car trop rapide remettant en cause la stabilité et la pérennité du pays figurant, depuis les plans de Ralph Peters en 2006, dans l’agenda de certaines officines américaines aspirant à la balkanisation du Moyen-Orient.

Les secousses moyen-orientales et la reconfiguration en cours des alliances n’épargneront pas la scène maghrébine. La Libye, ouvrant la voie à la militarisation de la profondeur sahélienne, fut l’étape liminaire marquant le point de départ de la grande manœuvre stratégique. La lutte contre le terrorisme islamiste, certes réel, en est la caution.

La reconfiguraion du Maghreb

« Jazirat el-Maghreb », la presqu’île du couchant des géographes arabes, présente une personnalité stratégique singulière. L’identité maghrébine a été façonnée par une histoire aux apports multiples et divers. Le Maghreb « strictu sensu » est l’ensemble des hautes terres qui frangent au nord le continent africain face à l’Europe : le théâtre maghrébin est ainsi « tiraillé entre trois zones d’influence africaine, européenne et moyen-orientale ».

L’enlisement du projet de Grand Maghreb, paralysé par des ambitions géopolitiques inconciliables et des conflits non surmontés, ouvre la voie à d’autres acteurs décidés à peser sur les équilibres stratégiques du théâtre maghrébin : forte présence des Etats-Unis avec des projets empiétant sur le champ d’influence traditionnel des pays européens de l’arc latin et aspiration à évincer les puissances rivales ; percée géopolitique de la Chine avec pour objectif de se positionner en acteur significatif en Méditerranée et retour en force de la Russie. A terme, une redéfinition de la carte des influences et des ambitions au Maghreb est à prévoir.

Le Maghreb se posant en non acteur dans sa propre région laisse flotter la conviction que les pays concernés se perçoivent comme la périphérie d'un centre qui se situe hors d'eux-mêmes et dont ils attendent la stratégie organisatrice, qu'il s'agisse de l'Europe, des Etats-Unis, de l'Afrique, du monde arabe ou de toute autre entité. La menace, dans ce contexte, est la dilapidation du Maghreb dans son essence géopolitique, c'est-à-dire la régression de l'entité politique et historique en simple contiguïté géographique dont la régulation géopolitique est subordonnée à l'initiative des puissances extérieures. La centralité maghrébine est aujourd’hui menacée. Travaillé par ces forces centrifuges, cet espace ne parvient pas à trouver son point d’équilibre.

La Tunisie est ainsi confronté à court terme à un ordre régional instable, volatil, déphasé, fragmenté, marqué par des inégalités relativement aux étapes du processus démocratique et susceptible, selon l’évolution de la situation, d’aboutir à une reconfiguration de la carte régionale. Cette nouvelle architecture régionale aux équilibres précaires est susceptible de contrarier ou de porter atteinte au processus démocratique en Tunisie.

L’Algérie, le colosse aux pieds d’argile

Sur un plan géopolitique, l’Algérie, accrochée au littoral méditerranéen et s’enfonçant vers le sud par un large appendice saharien qui l’écrase, est littéralement coincée en Méditerranée alors que le Maroc, Etat bi-océanique, est tourné vers le grand large et les Amériques à travers sa façade atlantique. L’accès à l’élément liquide est la source de toutes les richesses et un facteur de puissance déterminant : en récupérant le Sahara Occidental, Rabat renforce son statut de puissance continentale et de puissance maritime. Ainsi, Alger, en dépit de ses richesses énergétiques, est entravée par cette « géopolitique de l’enfermement » semblable à l’enclavement et apporte son soutien à la RASD[4] afin d’accéder à la façade atlantique. Par ailleurs, il s’agit pour l’Algérie, visant le leadership régional, de nourrir un abcès de fixation handicapant le Maroc contraint à des dépenses militaires et économiques considérables.

Confrontée aux évolutions restructurant la scène maghrébine, l’Algérie préserve apparemment le statu quo prétendu démocratique. Tout en introduisant tardivement des réformes politiques et sociales, le régime s’est empressé d’élever son niveau de défense intérieur afin de se prémunir contre un effet de contagion pouvant déstabiliser le système. Le glacis algérien intrigue et pèse sur la dynamique d’intégration régionale. Les rivalités de palais sont aiguisées par les incertitudes inhérentes à la succession du président Bouteflika et risquent de provoquer des développements inattendus soutenus par des acteurs extérieurs. A ce stade, dominent des stratégies visant à sauvegarder l’ordre établi. Ainsi, la politique réfractaire du régime algérien qui croit pouvoir se renouveler indéfiniment dans sa nature « boumediéniste » à peine ajustée n’est que le reflet d’un déphasage teinté de conservatisme. L’inconnue et l’incertitude algériennes doivent interpeller les autorités tunisiennes.

Alger aspire à une évolution à la chinoise matérialisée par une ouverture maîtrisée et graduelle sauvegardant un pouvoir central fort en mesure d’écraser militairement toute contestation intérieure et de s’opposer à toute convoitise extérieure sur les ressources nationales.

L’opacité du « système algérien »

Par ailleurs, la complexité, l’opacité et les rivalités de pouvoir au sein de la scène politique algérienne sont au cœur de la problématique terroriste et régionale. À l’intérieur de l’État algérien existent des centres de décision aux stratégies divergentes qui mènent une lutte interne pour le pouvoir, le contrôle des richesses nationales et des trafics illégaux. A la mort du président Boumediene en décembre 1978, un groupe d’officiers attachés à fixer le centre réel du pouvoir algérien en retrait du gouvernement officiel, s’est attelé à mettre en place une hiérarchie parallèle, donnant naissance à une junte dont les excès ont engendré pour un temps une faillite économique, sociale et politique du pays. « Le champ des manœuvres est d’autant plus ouvert et complexe que, contrairement à une idée répandue, le Haut Commandement de l’armée algérienne n’est pas monolithique. Il existe une multitude de clans rivaux en fonction de l’origine régionale, des écoles de formation, de leurs connivences extérieures et des secteurs de l’économie qu’ils contrôlent. Et tout cela constitue une espèce de société féodale où le pouvoir de chacun est évalué à l’aune de sa capacité à protéger et enrichir les siens ainsi qu’à diminuer le pouvoir et la richesse des autres. Il est évident que, pour certains, tous les coups sont permis »[5]. Comme le souligne Alain Chouet : « La violence dite islamiste algérienne ne se confond pas avec le jihadisme internationaliste du type Al-Qaida (…) Cette violence paraît toujours fortement corrélée aux aléas et aux vicissitudes de la vie politique algérienne ».[6]

A l’image du double jeu pratiqué par les services secrets pakistanais ISI ([7]) en Afghanistan, dans le cadre d’une sous-traitance, AQMI serait-elle en partie un instrument d’influence entre les mains de clans algériens générant une rente stratégique ou sécuritaire monnayable auprès des Occidentaux, tout en justifiant les ambitions hégémoniques algériennes à l’égard de l’espace sahélien ([8]). Il s’agissait pour certains d’être en mesure de doser et de mesurer l’action « terroriste » afin de valoriser les positions algériennes à l’égard de leur flanc sud sans en arriver au seuil de déclenchement des interventions occidentales préjudiciables aux intérêts stratégiques algériens. Comme le souligne Aymeric Chauprade, « le GSPC est né du magnifique esprit d’initiative algérien lequel a su offrir aux Américains l’ennemi qu’ils attendaient afin de justifier leur implantation dans le Sahara » ([9]).

Les révolutions arabes ont marqué une rupture et alimenté la crainte de clans algériens, les amenant à développer des stratégies dilatoires destinées à assurer leur survie. « Grâce au GSPC et à AQMI, l’Etat algérien a pu apparaître depuis 2001, aux yeux des Etats-Unis et de la France et de certaines puissances européennes, comme un rempart contre l’islamisme radical dans la région. Et la stratégie a fonctionné jusqu’aux révolutions arabes qui ont emporté les uns après les autres tous les régimes autoritaires de la région »[10].

Dans ce contexte, le pouvoir de l’ombre algérien (Etat profond), certes puissant, ne peut ignorer que le statut de sous-traitant n’est assorti d’aucune garantie durable et que les retournements d’alliance sont fréquents. L’Algérie se sait visée[11], à moins d’écarter l’Occident du sillage des islamistes politiques et de le recentrer sur la guerre contre le terrorisme international. C’est chose faite. A travers son implication croissante dans les négociations régionales, notamment les crises maliennes et libyennes et sa volonté de sécuriser ses frontières, notamment avec la Libye et la Tunisie, l’Algérie se positionne à nouveau en puissance régionale incontournable dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité régionale s’immunisant momentanément d’une déstabilisation s’inscrivant dans la logique des printemps arabes. Néanmoins, cette tactique algérienne consistant à se poser en allié des puissances occidentales dans la lutte contre le terrorisme est précaire : elle ne saurait prémunir durablement Alger des visées occidentales. Il en est de même pour la Mauritanie (misant sur la même stratégie) exposée à des manœuvres étrangères sur fond de fuite en avant du président Aziz, d’enracinement du crime organisé jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir, d’atteintes multiples aux libertés et d’ébullition de la sphère sociale et politique. La récente découverte du gisement gazier de Tortue[12] à cheval entre la Mauritanie et le Sénégal, gisement de 25 trillions de pieds cubes quasi équivalent par son ampleur aux récentes découvertes au Mozambique, en Tanzanie et au large de l’Egypte (gisement Zohr évalué à 30 trillions de pieds cubes) risque d’exacerber les appétits de certains !

La déstabilisation de l’Algérie

De nombreux Algériens soutiennent avec insistance la thèse du ciblage du régime algérien en se prévalant de l’expansion irrésistible des révolutions du « printemps arabe » et des pressions qui l’assaillent de toute part : à l’Est, les révolutions tunisienne et libyenne (risque terroriste et criminel aux frontières) ; à l’ouest la pression marocaine du fait du conflit saharien et au sud le conflit malien induisant une militarisation croissante impliquant les puissances occidentales. La lecture d’une carte révélant les bases militaires françaises et américaines au Sahel révèle l’ampleur de l’encerclement militaire de l’Algérie sur fond de retour de la présence militaire allemande et italienne au Niger et plus globalement le long de la bande sahélo-saharienne et le poids croissant de l’influence militaire marocaine.

13

La montée en puissance du G5 Sahel soutenu par la France et l’Allemagne et accessoirement par les Etats-Unis avec la mise en place d’une force militaire conjointe comptant 5000 hommes irrite les Algériens exclus du dispositif et renforcent leur sentiment d’encerclement. D’autres éléments significatifs nourrissent les craintes algériennes perceptibles à travers les titres des unes de journaux de presse de plus en plus nombreuses, telles que « Près de 1000 GI américains et 4000 soldats français en opération au Sahel : complot à nos frontières sud »[14]ou « Une guerre contre le terrorisme aux portes de l’Algérie mais sans l’Algérie »[15], etc.

16

L’embuscade à la frontière entre le Mali et le Niger ayant couté la vie à 4 bérets verts américains et à 5 soldats nigériens a révélé la présence d’environ 1000 soldats américains au Niger avec bases de drones appelés à être armés à Niamey et à Agadez. Le Niger, idéalement situé au centre de la bande sahélo-saharienne (BSS) s’érige en Etat pivot de la présence militaire étrangère. Le nombre de soldats américains déployés et impliqués dans les opérations de combat est bien plus important que révélé par les sources officielles. Comme le révèle Leslie Varenne, Directrice de l’IVERIS, « en 2006, seulement 1% de tous les commandos américains déployés à l’étranger se trouvaient en Afrique. En 2010, ils étaient 3% ; en 2016, ce nombre avait bondi à plus de 17%.» (2). Le Pentagone reste très discret, secret sur son engagement dans cette partie du monde. Officiellement, ils seraient 6000 G.I. dispatchés sur tout le continent, mais ce chiffre est, sans aucun doute, fort éloigné de la réalité (3). En effet, la base de Djibouti héberge 4000 soldats, le Niger en compte, à lui seul, 1000 et les militaires américains sont présents dans au moins vingt pays (4-5). Le compte n’y est pas…. »[17]. Par ailleurs, suite aux revers enregistrés par Daesh en Syrie et en Irak, leur « pivot vers l’Afrique » fut anticipée par le chef d’état-major de l’armée américaine et le sénateur John McCain appelant à une intensification de la présence militaire américaine au Sahel et plus globalement en Afrique. La manœuvre prend forme, les jalons étant posés les uns après les autres !

Le terrorisme djihadiste, tout en subissant des défaites, ne va pas pour autant disparaître. Tel un virus, il va muter, se reconfigurer, se disséminer et se redéployer sur de nouveaux théâtres

tirant profit de contingences locales propices à son implantation et de l’appui d’acteurs étatiques et non étatiques lui apportant un soutien en tant qu’auxiliaire de vastes manœuvres stratégiques ciblant des puissances rivales. Afghanistan, Asie Centrale, Caucase, « étranger proche russe », périphéries chinoises (Asie du Sud-Est, Myanmar, etc.), Libye et bande sahélo-saharienne sur le flanc sud de la Tunisie et de l’Algérie semblent constituer les futurs foyers de ce redéploiement. Ce retour téléguidé d’éléments djihadistes aguerris au combat en Libye et au sein de la bande sahélo-saharienne visera à justifier une pénétration militaire croissante des Etats-Unis en concurrence avec d’anciennes puissances coloniales, dont la France. L’objectif premier demeure néanmoins l’évincement des puissances rivales quant à l’accaparement des ressources stratégiques, principalement la Chine et la Russie. Cette exacerbation des rivalités de puissance menace directement la sécurité nationale tunisienne et cible, à terme, la citadelle récalcitrante algérienne.

L’accession de la Tunisie au statut d’allié majeur hors OTAN et des facilités logistiques accordées à des opérateurs américains de drones Reaper non armés[18] pour des missions ISR[19] en Libye ont exacerbé la nervosité algérienne à l’égard des autorités tunisiennes. L’Algérie avait en outre soutenu la résistance libyenne contre l’intervention extérieure et manifesté avec constance ses réserves à l’égard de l’offensive arabe et occidentale contre le régime syrien, dans l’esprit du Front du Refus. Par ailleurs, l’Algérie pressent que sa prise de participation dans l’exploration et l’exploitation des richesses énergétiques du Sahel l’expose à des stratégies hostiles des puissances occidentales. Enfin, la dérive du Polisario étroitement encadré par Alger contribue également à discréditer la stratégie algérienne dans la région.

Dans ce contexte, l’Algérie est sur un volcan. Fragilisée, confrontée à des difficultés économiques et sociales inédites dans son histoire, citadelle assiégée, elle aspire à reprendre la main sur l’ensemble de ces problématiques. Elle déploie des dispositifs militaires (course à l’armement), diplomatiques et secrets en vue de se positionner, à terme, en puissance régionale hégémonique. Plus globalement, l’Algérie s’oppose ouvertement à la montée en puissance de l’islam politique à l’intérieur du pays et dans son voisinage et vise à contrer la réimplantation des puissances étrangères, notamment de la France au Sahel et au Maghreb.

Les médias algériens ont tendance à dénoncer, derrière la menace d’ingérence démocratique, les facteurs externes en omettant la consistance des facteurs internes évoqués par ailleurs de manière éparse : les mêmes causes ayant provoqué les révolutions tunisienne, égyptienne et libyenne se retrouvent en Algérie : l’aspiration à la démocratie et à l’Etat de droit, l’impératif de transparence inspiré par l’opacité du système politique, le changement générationnel en cours marqué par « la disparition progressive de la vielle garde issue de la guerre pour l’indépendance », le chômage et la précarité d’une jeunesse désœuvrée mais connectée et donc ouverte sur le monde et la révolution numérique et digitale, les déséquilibres économiques et sociaux en dépit des ressources considérables de l’Etat, l’affaiblissement de l’armée et des services secrets au profit de la montée en puissance d’une caste d’oligarques, etc. Ce dernier élément est souvent négligé par de nombreux analystes mettant en valeur le rôle central de l’armée. Certes, l’armée algérienne est au centre des luttes de clans mais, tout en étant travaillée par des rivalités internes, elle n’est plus l’unique force pesant sur le futur équilibre des forces.

Dans ce contexte, Alger joue momentanément la préservation de son autonomie stratégique.En effet, les menaces aux frontières, les lignes de fracture intérieures fragilisant la cohésion sociale (Ghardaïa depuis l’été 2013, In Salah, Tamanrasset, etc.), les réserves considérables en gaz et pétrole de schiste érigeant le pays à la troisième place mondiale derrière la Chine et l’Argentine, le renforcement de la présence chinoise et russe, la chute du cours du baril de pétrole affaiblissant significativement l’économie rentière algérienne et le risque d’effritement de l’unité de l’armée hypothèquent l’avenir du pays et ouvrent des brèches propices aux ingérences étrangères. A la faveur d’une succession non maîtrisée, instrumentalisant les vulnérabilités intérieures algériennes, les puissances occidentales pourraient être tentées de stimuler un changement de régime précipitant le pays dans une guerre civile semblable au conflit syrien.

Dans ce contexte, selon Bernard Lugan, « le clan présidentiel utilise à son seul profit les moyens de l’Etat dans une sorte de fuite en avant destinée à assurer sa survie…Le président Bouteflika ne doit pas mourir tant que les clans qui, dans l’ombre, dirigent l’Algérie, ne seront pas parvenus à un accord permettant une succession contrôlée »[20]. C’est au regard de cet impératif que doit être analysée, après trois mois d’exercice de la primature, l’éviction, le 19 août 2017, d’Abdelmadjid Tebboune au profit d’Ahmed Ouyahia, premier ministre pour la quatrième fois. Plusieurs hypothèses sont concevables : soit Tebboune n’a pas pris la mesure de l’influence des oligarques et de l’ampleur de leur soutien au clan Bouteflika et sa campagne les ciblant a engendré sa perte, soit il a agi en toute connaissance de cause afin de capitaliser sur l’avenir en investissant sur le capital de sympathie qu’il tirerait d’une campagne inédite de lutte contre la corruption. Enfin, hypothèse qui a la préférence du professeur Lugan et à laquelle j’adhère, « c’est l’entourage du clan présidentiel qui a monté l’affaire d’une manière machiavélique afin de s’assurer de la fidélité des oligarques en les forçant à faire taire leurs rivalités face au danger commun les menaçant »[21]. Il s’agissait donc de leur rappeler leur vulnérabilité et de s’assurer ainsi leur fidélité. Le précédent de Rafik Khalifa est dans toutes les mémoires !

Une déstabilisation de l’Algérie placerait la Tunisie dans une configuration proche de celle du Liban avec tous les risques que cela comporte. Tunis serait ainsi prise en tenaille entre deux foyers déstructurés et représentant une menace durable quant au processus démocratique : la Libye et l’Algérie.

Ce scénario, à ce stade peut-être encore prématuré, ne relève nullement de la rêverie géopolitique issue de la réflexion d’un chercheur académique. Compte tenu de l’ampleur et de la gravité de ses répercussions dans l’éventualité où il se produirait, il dicte une vigilance accrue des autorités tunisiennes et la mise en place d’une stratégie globale (stratégique, diplomatique, sécuritaire, économique, etc.) afin de l’anticiper, de mesurer sa potentialité de survenance à travers un tableau de bord de veille et d’alerte et de préparer des orientations stratégiques pour y faire face. Le précédent libyen doit être médité. Subi, il a été géré dans l’urgence. Une déstabilisation de l’Algérie serait d’une toute autre ampleur !

D’autre part, l’inconnue algérienne doit interpeller les autorités tunisiennes d’autant plus que certains clans algériens n’ont intérêt ni à la réussite du processus démocratique en Tunisie, ni à l’application du principe de coexistence avec les forces islamistes mis en œuvre par les autorités tunisiennes. Cet Etat profond algérien ciblant Tunis n’épargne pas l’Etat formel algérien lui-même harcelé. Il

est tenu d’amorcer un processus de réformes maîtrisées à la chinoise tout en empêchant à tout prix que le modèle tunisien ne parvienne à un point

d’équilibre. La collaboration avec les gouvernements tunisiens successifs de la transition dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ne saurait nous abuser. Il s’agit d’un impératif ponctuel, existentiel mais indépendant de l’option fondamentale qui reste la finalité démocratique. Depuis Boumediene, l’Algérie affirme avec constance un droit de regard sur les régimes politiques de son voisinage (Union tuniso-libyenne en janvier 1974, Sahara Occidental en 1975). Le contexte géopolitique menaçant exacerbe cet état de fait.

*Géopoliticien et prospectiviste, Directeur de Global Prospect Intelligence
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Ven 10 Nov 2017 - 18:35

Très bon papier

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Ven 10 Nov 2017 - 20:25

Terrible.

Par contre cette image de ""colosse aux pieds d'argile"" m'a toujours fait rire. L'algérie est un obese aux pieds fragiles.

Surarmé certes, mais cela ne fait pas d'un obèse un colosse.

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""Qu'importe que je sois de mauvaise foi puisque je lutte pour une cause juste.
        Qu'importe que je lutte pour une cause injuste puisque je suis de bonne foi""


“L'histoire n'est que la géographie dans le temps, comme la géographie n'est que l'histoire dans l'espace.”

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Dim 12 Nov 2017 - 13:24

The Washington Times a écrit:

The crumbling of the global order



In this era of instability, the U.S. must protect its own sphere of influence



The bane of Spain is Catalonia, where many want to secede from the Spanish kingdom. Madrid doesn’t want this to happen, which is why the Spanish Senate authorized the government to seize direct control of the rebellious northeastern region, which for decades has enjoyed considerable autonomy under the Spanish system. This action came after the Catalan Parliament, which has a bare separatist majority, approved a resolution to “create a Catalan republic as an independent state.”

Thus has Spain entered what The New York Times calls the country’s “greatest constitutional crisis since it embraced democracy in 1978.” That represents nearly four decades of relative democratic stability for a country that went through a horrendous civil war in the 1930s and then succumbed to nearly 40 years of dictatorial rule. And now, once again, prospects of bloodshed are real.

The emergence of this new crisis after so many good years raises a question: Why now? The answer: These events are merely part of a broader global deterioration in the status quo. The world hasn’t seen this kind of progressive decay in established structures since the chaos of 1914-1945. During that time, which followed nearly a century of relative global stability, the world seemed to come unglued — until a new global order was established through World War II and its aftermath, with America at its center.

But now that global order seems itself to be coming unglued. Consider the acidic forces and sentiments roiling the globe in these times — sectarian animosities; nationalist sensibilities; passions of ethnic identity; geopolitical rivalries; migration urgencies; angers against globalism. Clearly, the status quo is under attack from many directions.

This suggests there’s a reason that the post-Cold War era doesn’t have a name other than one that denotes it came after the Cold War. It doesn’t have an identifying title because it doesn’t have an identity. It is merely the period of increasing chaos that followed one era of stability and will lead, one can only hope, to another. In the meantime, we should brace for increasing instability and difficulty in global affairs.

Some of the more powerful developments of this era of change are the rise of China and its apparent resolve to challenge America’s 70-year Asian hegemony; the growing tensions between the West and Russia over who will control lands traditionally part of the Russian sphere of influence; the progressive feverishness and acrimony of the Middle East, unleashed in part by the U.S. incursion into the region and propelled now by sectarian passions and geopolitical interests; the looming confrontation between the United States and Iran; the transformation of Turkey from a nation facing West and extolling pluralism into an increasingly Islamist dictatorship; the emergence of a nuclear threat from North Korea; the rise of Western nationalism; and the surge in immigration that threatens European and American cultural and societal stability.

What’s striking about many of these developments is the extent to which they have generated huge unresolved questions that will have to play out well into the future. Hence, there’s no reason to believe the post-Cold war era — a time pregnant with change and conflict — will end anytime soon.

Also noteworthy is the extent to which Americans, and particularly American leaders, cling to a global status quo that is in progressive erosion. A case in point was Arizona Sen. John McCain’s recent speech before the National Constitution Center in Philadelphia. He talked about America’s “indispensability to international peace and stability and to the progress of humanity.” He said that “we are a land made of ideals,” and we must be “their champions abroad.” He said we have a “duty to remain ‘the last best hope of earth.’ “

This implies that America represents universal principles of governance and national rectitude that must be spread around the globe. But that’s the very concept that contributed to today’s Middle East chaos when George W. Bush led America into the region “to end tyranny in our world.” It helped generate the tensions in Ukraine when the Barack Obama administration supported a coup against that nation’s elected president and threatened Russia’s ancient geopolitical interests.

No, America needs fresh thinking more in tune with the profound changes washing over the globe and the new realities aborning. American global hegemony won’t work. American exceptionalism is a national conceit that has been proved ridiculous by events. Our ideals are right for us and worth fighting for, but they aren’t universal and shouldn’t be pushed upon other peoples of other lands. Exhibit A for this fundament of geopolitical realism is the Middle East, which is going its own way irrespective of American wishes and American power — not to mention American ideals of the kind extolled by Sen. McCain.

If America is to play a major role in moving the world toward greater stability and peace, it must abandon hegemonic ambitions in the name of American universalism. It must instead accept regional spheres of influence while protecting its own sphere of influence in the Americas, the Caribbean, the Gulf of Mexico and surrounding waters. It must maintain its close ties with Europe, its cultural wellspring. It must opt for a foreign policy based on the imperative of promoting a global balance of power.

Can such an approach help foster a new era of global stability? Perhaps, perhaps not. But Sen. McCain’s status quo approach will simply add further to the global chaos.

#Source

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Lun 13 Nov 2017 - 14:05

https://www.thisdaylive.com/index.php/2017/11/12/a-public-hearing-on-moroccos-bid-for-ecowas-membership/

Citation :

A Public Hearing on Morocco’s Bid for ECOWAS Membership

Online Editor

Foreign Affairs Minister, Mr. Geoffery Onyema
The people of Nigeria have been playing host to various calls for the review of Nigeria’s continued membership of the Economic Community of West African States (ECOWAS) of which Nigeria is a founding member. The calls were prompted by the admission in principle of the Arab Kingdom of Morocco by the ECOWAS Authority of Heads of State and Government at the last 51st summit of the regional body held in Liberia in June 2017.

The approval in principle, which is expected to be finally ratified after the definienda would have been articulated at the forthcoming 52nd Ordinary Session of the summit in December 2017 in Lomé, Togo, is generating great concerns especially, because the 1993 revised ECOWAS Treaty frowns at multiple memberships of regional economic communities by Member States. In fact, the concerns were to the extent that the House of Representatives at Plenary on Wednesday, 4th October, 2017 had to deliberate on the motion seeking the review of Nigeria’s membership of the ECOWAS. The motion was sponsored by Hon. Bosun George Oladele from the Irepo/Orelope/ Olorunsogo Federal Constituency.

Besides, the House of Representatives considered that ‘for Nigeria to review its relationship and status in ECOWAS, the House of Representatives ought to be well informed for a proper and beneficial decision to be taken in the interest of the country.’ More interestingly, the House of Representatives is also determined to ensure that ‘the West African sub-region does not fall prey to a plan that could enslave the citizens and jeopardise the economy of the sub-region. It was in the light of this determination that the House Committee on Foreign Affairs, chaired by Honourable Nnnena Elendu-Ukeje and the House Committee on Cooperation and Integration in Africa, chaired by Honourable (Amb) Kingsley S. Ebenyi, were mandated ‘to undertake an appraisal of the matter and make recommendations on ways to ensure that Nigeria is protected from any adverse effects that could result from the admission of Morocco into the ECOWAS and report back within two weeks for further legislative action.’

In compliance with the mandate, a Public Hearing on Morocco’s bid for membership of the ECOWAS was organised and held on Thursday, 9th November, 2017 in Room 034, House of Representatives, at the new wing of the National Assembly Complex, to address many questions arising: should Morocco have been considered for admission? To what extent is Morocco’s intention to accede to the ECOWAS Treaty legal? Should Nigeria have considered withdrawing from the ECOWAS? In fact, what really is the official position of the Government of Nigeria on Morocco’s bid for membership of the ECOWAS?

Perhaps, most interestingly, what is the big deal about the development contributions expected from Morocco, especially in the light of the fact that West Africa currently accounts for only 5% of Foreign Direct Investments into the African continent? Can the ECOWAS survive without Nigeria with a GDP of $406 billion, representing 29% of the whole GDP of sub-Saharan Africa, which is currently put at $1.3 trillion in 2016?

Answers to these questions were not easy. They first raise new critical issues that not only point to foreign policy remissness, but also to a Foreign Ministry divided against itself. The issues raised at the hearing included the required conditions for membership by accession; the extent of legality or illegality of Morocco’s bid for membership; what the position of the government of Nigeria is on Morocco’s bid; why the representation of Nigeria at the June 2017 ECOWAS summit in Liberia was at a very low level; number and nature of treaties signed by Nigeria but not yet referred to the National Assembly for domestication; which arm of government has the right of ratification of treaties, the status of ratification and domestication in the context of Nigeria’s foreign policy and relations; as well as how to interpret the admission of Morocco in principle, that is, is it already a fait accompli or not, especially that the President of the ECOWAS Commission was reported to have said Morocco’s admission was a completed deal.

On the basis of a deductive analysis of the explanations provided by the Minister of Foreign Affairs, Mr. Geoffrey Onyeama, Nigeria, most unfortunately, actively supports Morocco’s membership of the ECOWAS. First, as reminded by Ambassador Edward A. Aina, OON, ‘Nigeria reiterated its support for the “return” of Morocco to the African Union on Wednesday, 25 January, 2017 in Addis Ababa.’ The point here is that if Nigeria is in support of the return of Morocco to the African Union at the continental level, there cannot be any good logic for Nigeria to be against Morocco’s accession to the ECOWAS Treaty, at the regional level.

Second, Mr. Onyeama is also on record to have declared that ‘there is no objection to Morocco’s request to “reintegrate the African Union” in a statement to the press on the sidelines of the 30th Ordinary Session of the Executive Council of the African Union.’ Third, and perhaps more interesting, Mr. Onyeama also has it that ‘the door is open for Morocco to “reintegrate” the African family,’ stressing that ‘the return of the Kingdom will strengthen the unity of the African ranks. It’s good that we are united again.’ If, as reminded by Ambassador Aina, Nigeria’s Foreign Minister made the quoted statements, there cannot be any ambiguity in Nigeria’s position at the level of Morocco’s quest for membership of the ECOWAS in West Africa.

Consequently, the argument of the Permanent Secretary at the Ministry of Foreign Affairs, Bamgbose A. Olukunle, according to which the Ministry is only advising government and does not take decision and that the Permanent Secretary is not aware that the Government has taken a final decision, on the matter, is inconsistent with the Foreign Minister’s declarations. Besides, if the Foreign Ministry is only advising, then there is the need to differentiate between the Ministry’s own advisory position from the yet to be determined position of the Buhari-led government.

In this regard, the advice of the Foreign Ministry is, at best, most unfortunate, recklessly anti-Nigeria and not informed by the currency of the situational reality of Morocco’s attitudinal behaviour, not only towards its immediate neighbours but also to other Member States of the African Union. The advice is myopic and self-serving in design, and has the great potential to destroy in a day Nigeria’s political credibility and integrity acquired over the years. This observation brings us to the arguments for and against Morocco’s membership of the ECOWAS.

Government’s Position is Supporting Illegality

First, there is no question raised by members of the House Committees on Foreign Affairs and Cooperation and Integration in Africa that was seriously addressed or substantiated by the Foreign Ministry. Claims of ignorance was the main feature of answers given to the critical questions asked: how many treaties are in possession of the Foreign Ministry and how many of them are yet to be forwarded to the National Assembly; does the amended 1993 ECOWAS Treaty provide for accession of any African country; has the same amended 1993 Treaty been made available to the National Assembly?

The controversial answers generated by the explanations of the Foreign Ministry prompted a new problem and hypothesis by the Nigerian Institute of International Affairs (NIIA), represented by Professor Fred Agwu. The NIIA argued that it was the executive arm of government that has the right of ratification of treaties, implying that the National Assembly should not be much bothered about not being informed about treaty developments as they relate to Morocco’s bid.

The problem with this argument is that it theoretically and consciously wrongly placed ratification above domestication in the context of Nigeria’s 1999 Constitution as amended. The truth is that the Constitution not only subjects the implementation of any treaty done by Nigeria to preliminary domestication by the National Assembly, meaning that domestication is at the crescendo of the continuum of signatures or approvals. The Supreme Court has also ruled in favour of the National Assembly on the matter. It was an already settled matter, Honourable Elendu Ukeje simply said and that put paid to the NIIA argument.

Regarding the arguments in support of Morocco’s membership, some observers have suggested, but arguably, that there are some economic benefits derivable from Morocco’s membership of the ECOWAS. The likelihood of any derivable benefit is best imagined because the estimated GDP of the whole of West Africa is currently put at $345 billion while the total value of Morocco’s volume of trade with West Africa has not even reached $1 billion. This simply implies that the Morocco-ECOWAS trade is, at best, insignificant.

The supporters of Morocco’s bid also draw attention to Morocco’s status as the current ‘second largest African investor in the continent, after South Africa, whose investments, according to the OCP Policy Centre, ‘have jumped from sixty-six per cent in the period from 2008-2013 to eighty-five per cent today.’ Again, the investments are not a big deal, because, as one Yoruba proverbial saying has it, one must first look at the type and quality of dress worn by an individual promising to buy a dress for someone. In other words, Morocco does not have the political and economic stability domestically and in the AMU region to be able to perform miracles being flaunted by the Foreign Ministry. The government is simply supporting illegality and is unnecessarily being induced into error. This point brings us to the arguments against Morocco’s membership of the ECOWAS.

Non-tenability of Morocco’s Illegal Bid

Mr. Femi Falana, SAN, has posited that Morocco’s application for membership of the ECOWAS is an act of illegality while the approval in principle of the accession is also an act of illegality, from the perspective of Ambassador Edward Aina in a statement he made elsewhere. Falana predicated his argument on the logic of the African Charter on Human Rights while Ambassador Aina raises the issue of decision-taking by unanimity and consensus.

Falana has it that, by virtue of Article 2.2 of the ECOWAS Revised Treaty, only the members of the Community referred to as Member States are the States that ratified the Treaty. ‘It follows that any West African State may apply to become a member of the Community, which requires that the applicant be a State in West Africa whose territory is located at least in part on the geographical space of West Africa.’

Ambassador Aina has drawn attention to Article 9 of the ECOWAS Treaty according to which the Authority shall act by decisions (paragraph 1), unless otherwise provided in this Treaty, or in a Protocol, decisions of the Authority shall be adopted, depending on the subject matter under consideration by ‘unanimity consensus’ or by a ‘two-thirds majority’ of the Member States (paragraph 2); and more importantly, matters referred to in paragraph 2 above shall be defined in a Protocol. Until the entry into force of the said Protocol, the Authority shall continue to adopt its decision by consensus.

In this regard, was there any consensus of opinion and decision in the consideration of Morocco’s bid? As Nigeria was represented at a low level, had Nigeria given her consent before the June 2017 summit? In the absence of Nigeria’s consent, what would have been the basis of the approval in principle given by the Authority?

And most significantly, the definition of a region as provided for in Article 1d) and 1(e) of the 1991 Abuja Treaty Establishing the African Economic Community necessarily disqualifies Morocco from applying as the treaty places Morocco in the North Africa region. It can be argued that the objective of continental integration may be helped with Morocco’s membership of the ECOWAS. However, the AEC Treaty provides for continental integration through regionalism. The truth is that this objective is far-fetched in the AMU region.

Apart from the issue of illegality, there are also politico-economic, as well as religious and cultural reasons militating against the admissibility of Morocco. It is on record that Morocco has made efforts to become a member of the European Union, but to no avail. The argument was made that Morocco was not a European country, which was a condition sine qua non for membership of the European Union. However, Morocco has an association agreement with the European Union.

It should also be remembered in this regard that Nigeria and The Gambia are the only two countries that have refused till date to sign the European Union’s Economic Partnership Agreement (EPA) with the ECOWAS, a major reason as to why the EPA has also not come into force for reasons that are not far-fetched. The main market targeted by the EPA is Nigeria and since Nigeria has not yet signed the EPA, the signing of the EPA by other ECOWAS countries has therefore become irrelevant in the same way the United States had to postpone the relocation of the Germany-based US Africa Command for ten years in 2005. The EPA is critically detrimental to Nigeria’s national interest.

As a result, it is in the immediate and long term interest of the European Union to have Morocco join the ECOWAS so as to serve as a major instrument for channelling European finished goods to Nigeria. As rightly pointed out in the Votes and Proceedings of the House of Representatives on Thursday, 5 October, 2017, paragraph 15, ‘Morocco enjoys a non-tariff economic partnership with the European Union, if it is admitted into the ECOWAS, it will enjoy Free Trade Area status and therefore, European goods will inevitably flood the ECOWAS market through Morocco, thus adversely affecting the production and manufacturing sector of Nigeria and its economy as a whole.’

Second, Professor Akinwande Bolaji Akinyemi, CFR, former Director-General of the Nigerian Institute of International Affairs (NIIA) and former Minister of External Affairs, has raised a number of issues to be addressed by Nigeria’s policymakers on Morocco’s bid. In a press statement issued on Thursday, June 8, 2017, Professor Akinyemi raised the issue of eventual whittling down of Nigeria’s influence in West Africa and the world. As he put it, having failed to find any rational benefit to ECOWAS by expanding membership to Morocco, I (Akinyemi) can only conclude that the move is to whittle down Nigeria’s influence in ECOWAS. And by extension, in the world, as Nigeria’s status as a regional power is facilitated by its role in ECOWAS.

Third, Professor Akinyemi has also rightly reminded us of the use of regional representation in the distribution of both appointive and elective positions in various international institutions, such as the United Nations, African Union, Commonwealth organisation, etc. In this regard, there is no way Morocco’s admission into the ECOWAS would not make Morocco to benefit from the Arab League quota and West African quota at the same time. This cannot but be detrimental to the collective interest of the ECOWAS.

Fourth, Morocco’s membership of the ECOWAS has the potential of extending Israeli-Arab conflict to the ECOWAS region. For instance, the King of Morocco, Mohammed VI, was scheduled to attend the June 2017 ECOWAS summit, where admission of Morocco was agreed to in principle. However, he did not attend because of the invitation extended to the Prime Minister of Israel, Benjamin Netanyahu, and who was physically present at the summit.

This clearly shows that the factor of Israelo-Moroccan misunderstanding can always be reflected at the ECOWAS meetings, and thereby destabilising the regional body. And true enough, some countries, including Nigeria, did not participate in the ECOWAS June 2017 meeting at the summit level. The division is therefore already there and can only be deepened with Morocco’s membership.

Fifth, Morocco was a pioneer member, and of course, a founding member of the Organisation of African Union (OAU). In fact, she played host to the meetings of the Casablanca group, which wanted United States of Africa. Morocco and Osagyefo Nkrumah’s Ghana played very active part, like Nigeria, in the making of the OAU in 1963. However, in 1984, Morocco opted to withdraw from the OAU because of the conflict of interests between the OAU and Morocco concerning sovereignty over the Spanish Sahara.

Morocco was and still claiming sovereignty over the Spanish Sahara, which has declared its independence. The OAU, consistent with its policy of total decolonisation and eradication of colonialism in Africa, recognised the independence of Spanish Sahara as Saharawi Arab Republic. This angered Morocco. Morocco insulted all African leaders in unprintable words and adopted the policy of ‘Open Chair’ for a period before eventually withdrawing her membership from the continental organisation.

The problem is that, as at today, even though the ICJ has denied Morocco any legitimate claim to sovereignty over the territory of the Saharawi Arab Republic, Morocco has always remained a stumbling block in the peaceful governance of the territory. The sovereignty which Morocco never had under Spanish rule of the territory, Morocco cannot legally lay claim to after the departure of Spain. This was the reasoning of the ICJ.

But true enough, Morocco has continued to always frustrate the organisation of referendum in the territory, but increasingly populating the territory with Moroccan nationals with the ultimate strategic calculation that, by the time there might be a referendum, Moroccan population would have grown to the extent that the proponents of Moroccan sovereignty cannot but outweigh those of Saharawi Arab Republic. The point being made here is that, the dispute is still there and has to be first addressed constructively and permanently before Morocco can be eligible for membership consideration.

Sixth, and perhaps more interestingly, Morocco has rejoined the African Union even though the dust over Saharawi Arab Republic saga is yet to settle. Why rejoin the African Union, when the main rationale for initial withdrawal is yet to be removed? Additionally, why is it that Member States of the Maghreb Union are now showing keen interest in the ECOWAS? For instance, Tunisia is interested and wants an observer status to begin with. How do we explain the fact that Morocco is not capable of raising the bar of the Maghreb Union but will be expected to sustain the ECOWAS?

Seventh, Morocco, unlike all Member States of the ECOWAS, is a kingdom and not a republic like others. This means that the political and cultural tradition is not the same. In Mauritania, the difference in the political and cultural lifestyles of the Black African Mauritanians and Arab Mauritanians is a case in point. In this regard, Mauritania was a founding member of the ECOWAS but withdrew its membership in order to seek associate collaboration with the Arab Maghreb Union. Now the Maghreb Union appears to be on the path of decline and its members, Morocco, in particular, are now seeking alternative futures in the ECOWAS region, but under what conditions? Morocco’s membership of the ECOWAS cannot but have the potential to ignite Arabic versus Black African controversy within the framework of ECOWAS regional organisation.

Eighth, Morocco does not, by whatever geo-political definition, qualify to be considered as a West African member state. Articles 1 (d) and 1(e) of the Abuja 1991 Treaty Establishing African Economic Community are quite clear on this. Morocco’s bid cannot but require the redefinition of the concept of a ‘region’ within the framework of the African Union.

Ninth, Morocco’s bid and its approved admission in principle is ultra vires. Falana has it that by virtue of Article 2.2 of the ECOWAS Revised Treaty, only the members of the Community referred to as Member States are the States that ratified the Treaty. ‘It follows that any West African State may apply to become a member of the Community, which requires that the applicant be a State in West Africa whose territory is located at least in part on the geographical space of West Africa.’

Tenth, Morocco’s admission into the ECOWAS will make the regional body a new centre for corruption à la Marocaine. Corruption in Morocco is systemic. Anna Jacob has reminded us that ‘on 13 August 2014, a US federal court declined to enforce a 123 million dollar judgment issued by a Moroccan court in 2009 against Texas native, John Paul Dejoria. In Dejoria v. Maghreb Petroleum Exploration S.A. (W.D. Tex 13 August 2014), the court laid out various reasons for refusing to recognise the verdict, focusing on the absence of an independent judiciary and the unlimited influence of the Moroccan royal family, especially King Mohammed VI, on the country’s judicial system.’

Perhaps most disturbingly, Morocco has been listed as one of the most corrupt countries in the world, to the extent that, in 2010, ‘the European Union withdrew its aid packages for Morocco’s judicial reform process, after it became clear nothing was changing despite the king’s call for action.’

Eleventh, Morocco’s membership of the ECOWAS has the potential to undermine the protection of democracy, and particularly development and fundamental human rights, not simply because Morocco has a monarchical system of government while all ECOWAS countries are republican, but essentially because all ECOWAS Member States have signed and ratified the African Charter on Human and People’s Rights. As explained by Falana, this means that ‘Community citizens have access to the Community Court of Justice to protect their human rights enshrined in the African Charter.’

In this regard, however, it is on record that ‘Morocco has refused to ratify the African Charter on Human and People’s Rights, meaning that Moroccan citizens ‘cannot access the Community to challenge the abuse of their human rights.’

Twelfth, Morocco’s membership may, in the long run, become a booby trap to prevent Nigeria from being eventually considered for possible permanent membership of the UN Security Council. The power brokers at the United Nations have been seriously challenged by how to consider the Arab world for a possible permanent seat, but to no avail so far. One major dynamic of the inability is the fact that the Arab Diaspora does not qualify to be called ‘a region.’ Egypt has been the target of the United States until now.

South Africa is the target in Africa South of the Sahara while Nigeria and Egypt are expected to contest for the other seat to be approved for Africa. This is in spite of the declared policy of preparedness to support whichever candidates to be recommended by the AU Assembly of Heads of States and Government. In light of this, the intrusion of Morocco into ECOWAS cannot but strengthen the Arabo-American-led agenda to the detriment of Nigeria’s natural candidature.

Grosso modo, there cannot be any reason, good enough to override the protection of Nigeria’s national interest of self-dignity, national credibility, international respect, and being seen to say one thing and not behaving differently. It is nothing more than a self-deceit to have spear-headed the admission of the Saharawi Arab Republic and then coming again to strengthen the enemy within Nigeria’s sphere of influence. Something must be critically wrong with Nigeria’s foreign policy making process.
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Shugan188
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Lun 13 Nov 2017 - 14:07

https://www.modernghana.com/news/816179/big-brother-nigeria-in-fear-as-morocco-seek-admission-into-e.html
Citation :

Big Brother Nigeria in Fear As Morocco Seek Admission into ECOWAS

Kofi Ali Abdul Yekin
President Buhari
President Buhari

Nigerians are openly uncomfortable as Morrcco seek admission into ECOWAS (Economic Community of West African States). The ECOWAS is currently a Union of fifteen countries that will end up as sixteen when a new member Morocco is finally admitted. The ECOWAS which is a Union of sovereign political and economic nations, with the aim of consolidating their political and economic sovereign resources together, in overcoming their common challenges against other powerful global bodies, in the advantage of the citizens of ECOWAS. This means, ECOWAS as the union of soveign states aim at pooling their collective sovereign powers together, against any other sovereign authority, within or outside the ECOWAS, in promoting the common interest of all ECOWAS citizens.

It is very interesting to note that ECOWAS inability to live up to the expectation of its member states, institutions and citizens, has everything to do with the loose nature of the union despite the fact that the West AFRICAN group remain the most successful of all the other regional bodies on the continent. This loose nature of the West AFRICAN Union leave the authority of the body in the hands of the component States, in place of vesting authority in the hand of an independent body, to govern over everyone of the member states, institutions and citizens, to make the power to controlling the fate of the Union at large. This current tradition of everyone for himself, allows the almighty Nigeria to enjoy the special status of playing the role of the Big Brother of ECOWAS, as the largest and most powerful of all the 15 member states, than the role of the benevolent neutral authority, to be played by the ECOWAS Commission.

So we daily hear the name of President Mohammadu Buhari of Nigeria and his views from Abuja, instead of the voice and views of ECOWAS Commission President, H. E. Marcel Alain De Seuzi, on behalf of the ECOWAS authority from Abuja. No wonder Nigerians like Femi Falana, Bolaji Akinyemi, Frank Udemba Jacob, Geoffrey Onyeama, Emeka Anyaoku, Ignatus C. Olive kea, Bosun Oladele and other Nigerians are desperately calling on their president Mohammadu Buhari not to accept Morrocco into ECOWAS, instead of appealing to President De Seuzi of the ECOWAS Commission. The question then remains, is ECOWAS another name for Nigeria or the name of all the 15 states as a single entity?

The ECOWAS that come into being on the 28th of May, 1975, is still at its teething stage and ironically, everything about ECOWAS seem to be about Nigeria, than about ECOWAS as an independent authority of all the 15 member states. The ECOWAS is still suffering the bureaucratic fate of being about the 15 heads of states and governments of member states, than about the ordinary citizens of the Union. The lack of direct election of the citizens of ECOWAS member states for the Members of ECOWAS Parliament, remove the ordinary person from the principles of "popular participation" that would draw the citizens closer to the Union. Thus, the will of the most powerful president and his country men determines what we all do in ECOWAS, than the will of the ECOWAS Commission.

The above impression is formed by several factors in explaining why the ECOWAS is still struggling to be functional enough to meet up the expectation of all member states, institutions and citizens.

In taking a closer look at how this play out, let consider the factors that make things to be the way they are. First let take a look at the size of Nigeria as a member state of ECOWAS, in term of population, land size and non human natural resources. All the above makes Nigeria a form of big brother in ECOWAS that pose a threat to other ECOWAS member states. In fact in fear of Nigeria, the Francophone countries will rather keep their ties with Frence as a known enemy, than being comfortable with Nigeria as an unknown angel, with a potential of colonizing the rest of West Africa. The Anglophone countries of West Africa are not exemption to this instinctive fear of the big brother which justify why an English speaking ECOWAS member state will prefer working closer with the known enemies of British Commonwealth, than a potential local colonizer that Nigeria could end up into. In fact the evidence speaks for themselves.

Nigeria in ECOWAS is like a big fish in a pond with smaller fishes. Which fool will be blind that big fishes will not be feeding on the smaller ones and naturally the smaller ones will be cautious of their survival? So given the disproportionate advantages Nigeria has over all other ECOWAS member states, it must not be very difficult for us to discontinue to be blind about why the ECOWAS is not progressing. This blindness in turn make us leave behind the effort of overcoming the challenges of addressing the fear of all, by strengthening the common authority enough to control everyone, including big brother Nigeria, to win over the total confidence and trust of all member states, necessary for a more purposeful union befitting our collective dreams and ambitions.

Now, in line with the advantages of Nigeria in terms of population, land size and exploitable none human resources, what exactly are the benefits Nigeria derive in ECOWAS that make other West Africans uncomfortable with the "big brother of the house" and how can these problems be address?

Economics Advantage of Nigeria. We mention earlier that Nigeria has the largest population in Africa with over 150 million people and therefore, largest in West Africa. Large population means large market. So a lot of industries from within out and inside Africa do locate their production activities in Nigeria, than they will do to other West African countries. Here, the free movement of goods across West African States means those locating their industries within Nigeria, are assured of the domestic market and the regional market. Naturally, most industrialists aiming at the regional market, will locate their industries in Nigeria and then facilitate the movement of surplus to other West African countries. Since these industries are majorly locating in Nigeria and producing essential goods, with surplus finding their way to other West African countries, such items will not be travelling by themselves. Either the citizens of other ECOWAS member states must travel to Nigeria to take these goods back to their respective countries or the Nigerians will transport the goods to these countries. The fact is, Nigerians have establish impenetrable dominance in the transportation of these goods to other West African countries.

What we again noticed is, more Nigerians are now domicile in all the West African States to be playing the middleman role, as well as participating in the domestic retailing activities of the countries of ECOWAS. Since it is natural for a Nigerian to trust another Nigerian, than trusting other West Africans, and the fact that in the chain of bulk transfer of goods most of the activities are base on credit and trust, there is a case foe Nigerians to dominate the local retailing business of other ECOWAS states.

So the best part of the commercial activities in ECOWAS favour a Nigerian both within and outside Nigeria, in ECOWAS.

It is also important to add that both domestic or non ECOWAS importers prefer bulk importation into Nigerian as the population provide room for cheaper bulk importation per unit cost than any West African state. Since most importers prefer to import into the Nigerian economy for immidiate market, where surplus find their way to other ECOWAS member states, along with goods produce in Nigeria, more goods from Nigeria find their way into other West African ECOWAS economies than those that goes to Nigeria from others.

What is happening here is, the Nigerians are not only moving goods to other ECOWAS member states but also living in other ECOWAS state in line with Article 2 of the ECOWAS protocol of movement of goods and people. This means Nigerians living in these member states are earning income from such member states, than ECOWAS citizens of other states are doing from Nigeria. So there are more income for Nigerians at the expense of others West Africans, even out side Nigeria within ECOWAS. Furthermore, in addition to the exercise and import duties, Nigeria rake in revenue from ECOWAS states, at the expense of other West Africans due to free movement of foods and service by ECOWAS, while the Nigerians domicile in other ECOWAS member states repatriate their earned income back to their home country of Nigeria. This means, the only one benefiting from the current loose nature of ECOWAS is Nigeria.

In their own response to these subtile Nigerian economic hegemony across West Africa, the French speaking West African States work closely with France to locate industries in Cote De Ivoire and Senegal, so that they will feel protected as well. Thus, most of the products produce in Nigeria, have their French version also produce in Senegal and Cote De Ivoire, for other Francho phone states. This rivalry only weaken our collective position of a common ECOWAS economy, than strengthening us.

Political Advantage of Nigeria. Well, Economic advantages goes hand in hand with political advantage. Nigeria is therefore a formidable political power in ECOWAS, using the economic earned from both within and outside Nigeria, to influence decision across the ECOWAS member states. We therefore live in ECOWAS like we are all Nigerians than ECOWAS citizens. What Nigerians want easily gain control than what the rest of ECOWAS want, as the central authority of the Union is not actively in charge.

The above is something no one can blame on Nigeria or Nigerians but on the current loose system we have in place for the Nigerians to be taking advantage of. This is something that could be controlled by a stronger ECOWAS authority other than the Nigerian government. One cannot pretend the Nigerians are not aware of what is happening and are taking advantage of the situation. It is not strange that Nigeria has a nature of standing against anything or move that will evolve into an ECOWAS authority capable controlling us all, like the EU Commission is doing with the 28 member states of the European Union.

The most recent is the position of Nigeria on the ECOWAS 2020 Common Currency Agenda. As part of the 4 Presidential Task Force on the 2020 introduction of the ECOWAS Common currency, the Nigerian team led by President Buhari made a fool of the whole ECOWAS, by rubbishing the entire project. The 4th presidential Task Force Summit that took place on the 26th October, 2017 in Niamey, Republic of Niger had the Nigerian team engaging in finger pointing and reminding us that even the EU failed, justifying this with Brexit and therefore our common West African currency. In fact the language of the Nigerian team sum up their position that they are not interested in any common currency, now and in the future.

The purpose of the Naimey Summit was not for anyone to come and remind us of the problem we have in ECOWAS. We all know the member states are struggling with double digits budget deficits, double digit inflation figure, over dependency on important due to poor domestic industrial base, very close attachment of the Francophone nations with France, instability of some member state governments and constitutional challenges, but these states need the assistance ECOWAS authority in overcoming the challenge. We all know the problems but our determination is to work around the complications of our problems to introduce the West African Common Currency in 2020 as the common currency will be bringing the fragmented economies closer together, than they currently are. We are therefore meeting to to make sure we meet the 2020 date deadline.

What we expected of the Nigerians is to engage in how to control the ECO (ECOWAS Common Currency) by coming up with technical measures like; setting up of an ECB (ECOWAS Central Bank), location of the bank, appointment of the ECB governor, term of office of the ECB, the mode of transition and the percentage of each national currency to be employ as ECO, during the transition. This means, all the ECOWAS member states will not be using the ECO totally but just a percentage of their national currency will be in ECO.

For example, the bench mark could be 10% or 20% of each country national currency. Here, each country will deposit 10% or 20% of their national currency with the ECB in return for an equivalent of ECO. The countries then would have a choice of using their national currency to make payment for inter ECOWAS member states transactions, including the use of their local currencies, as well as other international none ECOWAS transactions, in addition to the dollar. This position would have made 2020 more realistic than heaping up all the problems of ECOWAS and walking away.

The Nigerian team led by Buhari, reminded us to forget about ECOWAS and focus on the Africa Union common currency. Technically the Nigerians were telling us that they are not as interested in ECOWAS and it's currency, as some of us thought they are. The Nigerians were quick to blame the French speaking countries of West for being the problem of ECOWAS which is not helpful.

Well, the Nigerians who are telling us that the ECOWAS is not good enough and so we should look up at the AU (African Union) for a United Africa, are suddenly on the edge when another member state of the AU, is applying to join what they make us feel is our "useless" ECOWAS. Why, is Nigeria suddenly so concern when another big fish is coming into the pond?

With a population of 38 million, Morrocco will be the second largest economy in ECOWAS when she become a member and that might be a form of threat to the big brother Nigeria. We all know that no West African country can stand up against the bullish Nigeria but probably Morocco can. Nigeria is just uncomfortable because, with the introduction of Morocco into ECOWAS, all the unchallenged position of Nigeria in ECOWAS are going to change. The Nigeria with itself acclaimed delusionary "Veto power" in ECOWAS will be a thing of the past.

Are we now not seeing the fear of big brother Nigeria of ECOWAS, against a formidable rival in the ECOWAS for which she taken for granted? Is this the reason for all these sorts of excuses being employ by the Nigerians to push Morrocco out? How honest are the Nigerian advising us not to admitted Morocco into ECOWAS because of South Western Sahara, who is force to remain in Morocco against its will? How is any country disagreeing with secessionists as crime enough to exclude them from being in ECOWAS, when the same big brother Nigeria is actively forcing the Biafrans to stay in Nigeria against their will? If the Nigerians are saying that Morocco left the AU because of Saharawi issue, are the Moroccans not back in the AU? If Nigerians are saying that Morocco is not in West Africa, to be in ECOWAS, was Mauritanian not once in ECOWAS but left? When did West Africa became the personal property of Nigeria for her to decide what is West Africa and what is not? Has the AU raise any problem with Morrocco joining the ECOWAS and if not, why is Nigeria basing her position on divisions of regional blocks by AU?

At this moment, Morocco is having industries all over West Africa but Moroccans are not common in West Africa. So when Moroccans set up industries in West Africa, the citizens of the countries are employed while the Nigerians industries like banks, are filled up by Nigerians who reside in the respective ECOWAS states. So when Morrocco become a member of ECOWAS, they will be setting up more industries for both Morroccans and citizens of member states to gain employment. Morocco is also closer to Europe and when they become part of ECOWAS, our children who cannot go to Nigeria for jobs but prefer to go to Europe, will be travelling to live in Morocco as ECOWAS citizens, while waiting for opportunity to cross into Europe, than being slaves in Libya. While in Morocco legally, our children will be crossing into Europe, instead of dying in West Africa as Nigerians steal their jobs.

In fact the Moroccans have assured us that Ghana will be the location of all the ECOWAS institutions that are currently in Abuja, if Nigeria choose to leave the Union than being reasonable. The Morroccans are assuring us that they will abide by all the ECOWAS laws of equality of people, institutions and state, than the current system of the "bully and the bullied" in ECOWAS. The Moroccans also promise to fully be committed to ensuring all ECOWAS citizens will be voting directly for their ECOWAS MPs, to make regional laws that will work for everyone and make the ECOWAS authority into a stronger authority, necessary for law and order as well as peace and prosperity.

It is sad the Nigerians are taking their fellow ECOWAS member states for granted and refusing to learn anything from past experiences. Nigerians never learnt any lesson from the experience of the EPA (Economic Partnership Agreement) and why they ended up as the only country to refuse signing up, while almost all the remaining fourteen countries did. Nigeria refused to sign because the EPA risk the extinction of local industry, when dumping of goods from Europe flood and move freely across all member states. Nigeria were worried by how such dumping of European goods will make Nigerian goods to other ECOWAS member states less competitive. What the Nigerians refused to accept is, Ghanaians and others signed the EPA because the industries are not sufficiently on their land and whether the goods are from Nigeria or Europe, it make no difference to the none Nigerian West Africans. We are free to sign anything because the loose ECOWAS authority is not strong enough to control all of us for the common good. It's therefore a matter of time for another fish to get into the water to eat us all up, if Nigeria continue as she is doing while our common authority remain weak.

If these industries are proportionately on the land of Ghanaians just as in other ECOWAS member states, than concentrating in Nigeria, Nigerians will not be the only ones crying out against dumping of goods in West Africa.

Today, all other ECOWAS member states, except Nigeria, have no problem with Morrocco joining the ECOWAS? Why is it only the Nigerians? Are the Nigerians alone the only educated people in ECOWAS to know Morrocco is not located in West Africa? Are the Nigerians the only ones who know that the Morroccans are suppose to be part of the Magrib? Are the Nigerians the only ones in ECOWAS that know the Morrocco is occupying the South Wrstern Sahara? Why then is the Nigerians the only ones saying No, to Morrocco? Why is it that the Nigerians are the only ones saying Morrocco is not good for ECOWAS?

Come to think of it, one could have said the Nigerians are scare of Islamic or Arab influence if someone like Goodluck Jonathan is still the president, but here we are with a Muslim Mohammadu Buhari who is also a Muslem One could also say Nigerians are scare of the Barbar but Mohammadu Buhari's Hausa Fulani are actually descendant of the Barbar and their culture are similar.

Nigerians are now threatening to leave ECOWAS if Morrocco is admitted, as if Nigeria in ECOWAS is doing anyone a favour, than to themselves. Sure, no one want Nigeria to leave the ECOWAS, like the EU never wanted the British to leave the Union. It's however time we stop living in the West Africa of the big brother and small baby brothers. It's time we start to be serious about the ECOWAS that works for everyone, than the ECOWAS that works only for Nigerians. It's time we have every ECOWAS citizen of voting age, voting directly for their respective ECOWAS MPs to make legislative laws that will give the ECOWAS institutions the necessary authority to perform their legitimate functions. It's only on this condition that we can jointly keep recurring challenges of such nature like the Morroccans in ECOWAS from our fate. Sure we can conveniently trade with the Morroccans as we do with other countries of Africa and the rest of the world.

Once again, no one want Nigeria to leave ECOWAS but we cannot continue with Nigeria being ECOWAS, at the expense of the rest of us.

Kofi Ali Abdul-Yekin
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Ven 24 Nov 2017 - 18:19

NEOPresse a écrit:

L’OTAN demande une conversion à l’économie de guerre


Le Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a appelé, à l’occasion de la rencontre des ministres de la Guerre de l’OTAN, à orienter la planification de l’infrastructure civile vers les besoins de l’armée : « Il ne s’agit pas seulement de commandement. Nous devons également veiller à ce que les routes et les ponts soient assez solides pour supporter les plus massifs de nos véhicules et que les réseaux ferroviaires pour le transport rapide de blindés et de matériel lourd soient bien équipés. »

Les rôles clés seraient assurés par les gouvernements nationaux, le secteur privé et l’Union européenne.

Stoltenberg n’a laissé planer aucun doute sur la direction que prendront les mouvements de troupes : « Les routes et les voies mal adaptées pour le transport des chars rendent actuellement difficile par exemple un déplacement rapide de troupes vers les pays baltes. »

C’est de nouveau contre la Russie. Exactement comme le Führer avait développé le réseau d’autoroutes par tous les moyens dans les années 1930, pour déplacer le plus rapidement possible des troupes et du matériel vers l’Est (le dernier tronçon de l’A2, qui reliait Berlin à la Ruhr, a été inauguré ponctuellement le 23 septembre 1939, pour le début de la Seconde Guerre mondiale), le renforcement de l’infrastructure de transport fait partie aujourd’hui encore d’une préparation consciencieuse et responsable de la guerre.

L’ensemble de l’UE a immédiatement pris position, claqué des talons et promis solennellement de remettre prochainement en état le réseau de transports à l’abandon en Europe. Die Zeit rapporte : « Federica Mogherini, la représentante de l’UE pour les affaires étrangères, a annoncé à Bruxelles que la Commission européenne diffuserait, d’ici la fin de la semaine, des propositions sur la manière dont le transport de troupes à l’intérieur de l’Europe peut être amélioré. »

Cette entrée massive de la politique en faveur d’une économie de guerre, dans laquelle toutes les activités se concentrent uniquement sur le renforcement de la capacité de faire la guerre, est le point culminant d’une propagande belliqueuse s’aggravant sans cesse. En la matière, un pas entraîne toujours l’autre. Il semble toujours que l’OTAN soit en position défensive par rapport à la Russie et qu’en plus sa force militaire doive être nettement supérieure.

Ainsi les agressions actuelles de l’OTAN contre la Russie sont fondées sur la situation en Ukraine, sa prétendue annexion de la Crimée et son intervention dans la guerre en Syrie. Ici, la véracité des faits et du contexte historique ne joue aucun rôle. L’important est de présenter toutes les agressions par les États-Unis et l’OTAN exclusivement comme des mesures défensives. Presque toujours, au début d’une crise, d’un conflit, on peut entendre les bruits de bottes de l’OTAN.

Par exemple, les États-Unis ont mis le feu en Ukraine il y a plusieurs années, lorsque s’y jouait en 2004, aux yeux du public, une mise en scène convaincante.

« Soixante-cinq millions de dollars fournis par les contribuables ont été versés depuis 2002 par le Département d’État américain pour les élections en Ukraine, par le biais du NED et des fondations des partis Démocrate et Républicain aux États-Unis, respectivement le NDI et l’IRI », écrit Der Spiegel dans son numéro 46 de 2005. Il cite le sénateur républicain Ron Paul :

« Nous ne savons pas exactement combien de millions ou de douzaines de millions de dollars le gouvernement des États-Unis a dépensé pour l’élection présidentielle en Ukraine. Mais nous savons qu’une grande partie de cet argent était destinée à soutenir un candidat spécifique ». Puis il explique à ses lecteurs : « Victor Iouchtchenko ».

En ce moment, des faits importants, selon lesquels les élections présidentielles aux États-Unis auraient été manipulées par la Russie, constituent ainsi un levier pour continuer à stigmatiser la Russie.

Comme on le sait, l’affaire du changement de régime et de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN a mal tourné à l’époque. Der Spiegel a toutefois écrit ces mots prophétiques en 2005 déjà :

« D’un autre côté, il n’y a plus de retour en arrière possible pour les États-Unis et leurs alliés. Beaucoup d’argent, beaucoup d’efforts ont été investis. Dans les semaines précédant l’élection (de Iouchtchenko à la présidence de l’Ukraine), des valises d’argent liquide provenant des États-Unis furent livrées à l’aéroport de Kiev, raconte la comptable de l’organisation d’opposition ‘Notre Ukraine’. Un don américain privé de plus de 150 000 dollars a été temporairement mis à l’écart parce que personne ne savait plus où l’affecter. »

Ce qui était vrai alors l’est encore plus aujourd’hui. S’il y avait à l’époque « beaucoup de millions ou de douzaines de millions de dollars », en 2014, dix ans plus tard, selon la secrétaire d’État américaine alors en poste Victoria Nuland, c’était plus de 5 milliards de dollars que les États-Unis et leurs alliés avaient investis dans un changement de régime en Ukraine, dont l’unique but était d’encercler la Russie. Nuland a mentionné cette somme dans une conversation téléphonique interceptée par le service de renseignement ukrainien le 28 janvier 2014.

Tout le monde sait qu’il faut des retours sur investissement. Les retours, dans une Ukraine colonisée par l’Occident, permettraient avant tout de bloquer facilement les livraisons de pétrole et de gaz de la Russie, puisque ces sources d’énergie sont amenées dans l’UE par le système de pipeline ukrainien. Ensuite, les fournisseurs d’énergie dominés par les États-Unis se précipiteraient.

L’hebdomadaire Die Zeit cite le prof. John Mearsheimer, qui enseigne la science politique à l’Université de Chicago, dans un article d’Alice Bota du 17 mai 2015, dans lequel celle-ci se donne toute les peines du monde pour nier l’influence américaine en Ukraine :

« Selon lui (le prof. Maersheimer), Washington poursuit sa politique d’ingérence en Ukraine, dix ans après la Révolution orange. Pour lui, c’est clair : les manifestations sur le Maïdan, qui ont finalement abouti au renversement du président Victor Ianoukovitch le 22 février 2014, ont été préparées par les Américains pendant des années, avec beaucoup d’argent. Un coup d’État. L’Amérique voulait un changement de pouvoir car elle voulait gagner de l’influence sur l’Ukraine. »

Bien que l’on veuille absolument nous faire croire que les manifestations du Maïdan ont conduit au renversement de Ianoukovitch, les manifestants étaient, dans le meilleur des cas, des figurants dans un drame qui se déroulait devant l’opinion publique mondiale, et dont le déroulement et l’issue étaient décidés depuis longtemps. Les temps changent, de même que Serge Eisenstein a essayé en 1928, avec les moyens du cinéma muet et des milliers de figurants, de donner une image de la Révolution d’Octobre qui avait très peu à voir avec la réalité, les tireurs de ficelles aux États-Unis ont donné, avec l’aide des nouveaux médias, l’image d’une insurrection populaire en Ukraine qui n’a jamais eu lieu.

Le renversement du pouvoir à Kiev était décidé depuis longtemps. Le Maïdan n’a été que l’occasion bienvenue de frapper enfin. Après plusieurs semaines de manifestations contre un gouvernement corrompu, qui n’a pas hésité à « violer son propre peuple », le monde était prêt pour le « décompte final ». Le 20 février, la violence s’est intensifiée. Il y a eu des coups de feu. Le soir, 70 personnes gisaient, mortes, sur le pavé. Les responsables des tirs en embuscade ne sont toujours pas identifiés, encore moins jugés. [Si, on sait aujourd’hui qui étaient les tireurs. Voir cet article, NdT] Notamment parce que le nouveau gouvernement a montré peu d’enthousiasme pour faire la lumière.

L’important n’était pas la vérité, mais ce qui était tenu pour la vérité dans l’opinion publique et c’était l’histoire que les médias racontaient déjà alors que les corps des morts n’étaient pas encore froids : les Berkut, les forces spéciales de Ianoukovitch, avaient tiré indistinctement dans la foule – sur ordre du président. Ainsi Ianoukovitch était définitivement discrédité et visé. Il a fui la foule excitée par le parti nazi « Secteur droit » : « Ils réclament la peine de mort, ils veulent le mettre au pilori, mais il doit au moins aller au tribunal », et Der Spiegel se réjouissait encore le 24 février de voir enfin en Russie un spectacle semblable à la pendaison publique de Saddam Hussein ou à l’ignoble assassinat de Kadhafi.

Les forces qui se trouvaient maintenant au pouvoir en Ukraine ne représentaient plus du tout une grande partie de la population ukrainienne. Selon le dernier recensement à peu près fiable, environ 8 334 100 Russes ethniques vivaient en Ukraine, soit 17,3% de la population totale. L’une des premières mesures du nouveau gouvernement a été la suppression du russe comme deuxième langue officielle. Cela a suscité la colère, en particulier, des habitants des oblasts de Lougansk et de Donetsk, où la proportion de la population russe est respectivement de 39% et de 38,2%, et en Crimée, où les Russes sont majoritaires. La loi existe toujours. Si elle n’est plus en vigueur actuellement, elle pourrait à tout moment le redevenir.

La population a protesté, ce qui a poussé le nouveau gouvernement à envoyer des troupes [contre les régions rétives du Donbass, NdT] qui, armées jusqu’aux dents, ont même utilisé l’artillerie. En juillet, le nouveau président ukrainien, le fabricant de chocolat et oligarque Porochenko, a déclaré, tout à fait dans le style des généraux de la Wehrmacht lors de la Seconde Guerre mondiale : « Les militants paieront de centaines de vies celle de chacun de nos soldats. »

Die Welt écrivait le 19 décembre 2012 :

« Les directives du haut commandement de la Wehrmacht de septembre 1941 ordonnaient par exemple de fusiller de 40 à 100 ‘communistes, nationalistes ou démocrates’ par soldat allemand tué… Dans la Yougoslavie occupée, le général Franz Böhme avait établi que pour chaque soldat allemand tué, il fallait fusiller 100 otages, et que pour chaque blessé, il fallait en fusiller 50. »

Wilhelm Keitel, le commandant en chef de l’armée allemande, a été condamné à mort par pendaison le 1er octobre 1946 lors du procès de Nuremberg contre les principaux criminels de guerre, entre autres à cause de ses « ordonnances de représailles » [contre les otages civils, NdT]. La peine a été exécutée le 16 octobre 1946 à Nuremberg.

En Crimée, le gouvernement russe devait craindre pour le maintien de sa flotte de la mer Noire à Sébastopol. Déjà sous le président Iouchtchenko, pro-occidental, l’accord conclu en 1997 et valable jusqu’en 2017 sur l’utilisation des installations par la flotte russe à Sébastopol était utilisé par l’Ukraine comme moyen de chantage sur la Russie.

Au cours du conflit gazier de 2005-2006, l’Institut pour la sécurité nationale de l’Ukraine a proposé qu’« une série de compromis politiques devait être recherchée suite à l’augmentation rapide des prix de l’approvisionnement en gaz, fixés dans l’accord ukrainien [avec la Russie, NdT]. Cela comprenait l’accord sur le retrait anticipé (au 1er janvier 2012) de Crimée de la flotte russe en mer Noire et le protocole dans lequel la Russie devrait déclarer explicitement qu’elle n’aurait pas d’objections à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN dans un avenir prévisible (2008-2010) », comme l’écrit assez maladroitement Lyudmyla Synelnyk dans l’ouvrage paru en 2013 “Energieressourcen und politische Erpressung : Der Gasstreit zwischen Russland und der Ukraine” (Ressources énergétiques et chantage politique : le conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine). En 2008, Iouchtchenko se penchait encore une fois personnellement sur la question. Lyudmyla Synelnyk écrit :

« C’est ainsi que le 20 mai 2008 (donc quelques mois avant la guerre en Géorgie d’août 2008) – contrairement aux affirmations de la presse occidentale selon lesquelles cette exigence était une réaction à la participation d’éléments de la flotte russe à la guerre) – le gouvernement ukrainien a été chargé par décret présidentiel de préparer un projet de loi sur l’abrogation de l’accord russo-ukrainien sur le stationnement de la flotte de la mer Noire russe après 2017. »

Bien que le traité ait été prolongé de 2010 à 2042, Poutine savait que l’expulsion de la flotte de Sébastopol menaçait la Russie au plus tard en 2017, les États-Unis prenant ensuite possession des installations, les forces au pouvoir à Kiev n’ont d’entrée pas reconnu la prolongation de l’accord.

On peut appeler cela une politique de puissance, mais la Russie devait agir, tant en Ukraine de l’Est, dont la séparation du reste du pays était planifiée et acceptée tout à fait ouvertement avec un haussement d’épaules dans les médias occidentaux dès le début du Maïdan, qu’en Crimée. La Russie avait été massivement défiée par les États-Unis, l’OTAN et l’Union européenne. Mais maintenant, elle était présentée comme l’unique agresseur.

On reconnaît sans peine le même schéma dans le cas de la Syrie. Des troubles intérieurs limités ont été utilisés pour amener dans le pays des mercenaires, des armes et des munitions en grand nombre sous le prétexte de protéger la population d’un dictateur massacreur de son propre peuple. Un mémorandum qui se trouvait dans les courriels piratés de Hillary Clinton démontre qu’il ne s’agit en aucun cas, pour les États-Unis, de liberté et de droits de l’homme pour la population syrienne.

Le document ne porte ni la date ni le nom de son auteur, d’où on peut déduire qu’il s’agit d’un proche collaborateur de Clinton, ou de la ministre américaine des Affaires étrangères de l’époque elle-même. À partir de quelques passages du texte, on peut facilement dater la rédaction du papier à mars-avril 2012, donc à un stade très précoce de la guerre en Syrie.

La toute première phrase dans le document de WikiLeaks dément la version américaine de l’ingérence : « La meilleure façon d’aider Israël à faire face à la menace nucléaire croissante de l’Iran est d’aider les Syriens à renverser le régime de Bachar al-Assad. »

Il s’agissait donc à l’évidence d’affaiblir l’Iran en le privant de son plus fidèle allié. Il s’agissait de maintenir le monopole d’Israël sur les armes nucléaires au Proche-Orient : « Ce dont l’armée israélienne s’inquiète vraiment – mais ne peut pas en parler ouvertement – c’est de la perte de son monopole nucléaire. Une capacité nucléaire iranienne ne mettrait pas seulement fin à ce monopole, mais pourrait aussi inciter d’autres adversaires, comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, à s’équiper d’armes nucléaires. »

La secrétaire d’État américaine ou l’un de ses plus proches collaborateurs révèlent au printemps 2012 les vraies réflexions de l’administration Obama : « C’est la relation stratégique entre l’Iran et le régime de Bachar al-Assad en Syrie qui permet à l’Iran de saper la sécurité d’Israël (…) par ses alliés au Liban, comme le Hezbollah, qui est soutenu, armé et formé par l’Iran en Syrie. »

De cela, il n’y a qu’une conclusion à tirer : « La fin du régime d’Assad mettrait fin à cette alliance dangereuse. »

Visiblement, on ne faisait pas confiance à ses propres négociations avec l’Iran sur la limitation de son programme nucléaire, ces dernières n’avaient d’emblée qu’une fonction d’alibi : « Les négociations sur la limitation du programme nucléaire iranien ne résoudront pas le dilemme sécuritaire d’Israël. Elles n’empêcheront pas non plus l’Iran de continuer à développer la partie décisive de son programme nucléaire – la capacité d’enrichir l’uranium. »

Et donc, en 2012, le renversement d’Assad n’était considéré à Washington que comme la première étape d’une importante solution définitive. La petite guerre avant la très grande contre l’Iran : « Faire tomber Assad ne serait pas seulement une énorme bénédiction pour la sécurité d’Israël, cela atténuerait également la peur compréhensible d’Israël de la perte de son monopole nucléaire. Ensuite Israël et les États-Unis pourraient développer une vision commune au moment où le programme iranien serait si dangereux qu’une action militaire pourrait se justifier. »

On pensait procéder avec Assad et sa famille comme auparavant avec Saddam Hussein en Irak ou Mouammar Kadhafi en Libye : « Sa vie et sa famille étant en danger, seule la menace ou l’usage de la force changera l’esprit du dictateur Bachar al-Assad. »

On n’avait pas non plus l’intention de se laisser entraver par le droit international. Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait approuver une intervention militaire contre la Syrie, a été écarté d’autorité : « La Russie ne soutiendra jamais une telle mission, donc cela n’a aucun sens de passer par le Conseil de sécurité des Nations unies. »

Quant à la Russie alliée de la Syrie, où se trouve sa seule base militaire en Méditerranée, elle était encore considérée comme beaucoup trop faible pour qu’on doive se préoccuper davantage de sa réaction : « Certains soutiennent que la participation des États-Unis fait courir le risque d’une autre guerre avec la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre autre chose. Dans ce cas, la Russie avait de vrais liens ethniques et politiques avec les Serbes, des liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors elle n’avait rien fait de plus que se plaindre. »

Comme on sait, tout s’est ensuite déroulé un peu différemment. Vraisemblablement aussi parce que Hillary Clinton n’était plus la ministre des Affaires étrangère des États-Unis pendant le second mandat d’Obama et qu’elle se préparait, avec son équipe de néocons et de fauteurs de guerre, à sa propre campagne présidentielle de 2016. Obama a reculé plusieurs fois devant une participation directe des États-Unis à la guerre en Syrie.

À la demande d’Assad, la Russie s’est activement engagée en septembre 2015 contre les terroristes islamistes avec des frappes aériennes et a mis fin à l’interminable effusion de sang du peuple syrien, à quelques exceptions près. Mais dans la propagande, la Russie était désormais l’agresseur, comme si c’était Poutine qui avait été à l’origine des nombreux morts en Syrie pour des raisons stratégiques et non les États-Unis.

Revenons maintenant à la demande de l’OTAN de transformer graduellement notre économie en une économie de guerre. Avec la stigmatisation en tant qu’agresseur qui a attaqué d’autres pays comme l’Ukraine et la Syrie, en violation du droit international, il y a l’avertissement injustifiable que l’ours russe pourrait aussi intervenir militairement contre d’autres pays, et en premier lieu contre les États baltes. Alors la peur a été attisée et rapidement, l’appel à s’armer a retenti. La Russie ne comprend que le langage de la force, il faut la retenir, montrer sa force.

Aucun épouvantail, aucune comparaison avec des événements historiques catastrophiques n’a été et n’est suffisant pour retenir les applaudissements de l’industrie de l’armement et des faucons. On a cité à maintes reprises la politique d’apaisement du Premier ministre britannique Neville Chamberlain à l’égard d’Hitler en 1938. Si Chamberlain avait alors remis énergiquement Hitler à sa place, soutient-on encore et encore, la Seconde Guerre mondiale n’aurait jamais eu lieu.

La stupide comparaison de Poutine avec Hitler est censée faire peur aux gens. Ils doivent se préparer à la grande confrontation avec le Mal éternel. Comme dans toute économie de guerre, ils doivent mettre de côté leurs besoins personnels au profit du grand effort nécessaire pour écraser l’ennemi décrit comme hyper-puissant.

Adieu les nouvelles places en crèche, adieu les écoles toute la journée, la prise en charge des enfants et des jeunes, adieu les systèmes de retraite équitables, la dignité dans la vieillesse, les investissements dans le système de santé et les soins. Dorénavant, chaque euro sera utilisé pour la formation à la défense. Chaque pays doit consacrer 2% du produit intérieur brut, chaque année, pour son armement. À cela s’ajoutent maintenant les coûts énormes pour élargir les routes sur lesquelles les blindés pourront rouler vers l’Est, pour renforcer des ponts qui devront supporter les énormes colosses de métal. Sans aucun égard pour l’environnement, les autoroutes devront pouvoir être utilisées en cas de guerre comme pistes d’atterrissage et de décollage pour les bombardiers meurtriers. Les lignes de chemin de fer doivent être modernisées, non pas pour se rendre mieux, plus vite et plus ponctuellement de A à B, mais pour qu’on puisse les employer, en cas de besoin, pour la victoire.

Mais chers concitoyens, soyez confiants et donnez volontiers pour les chars, les fusées et les bombardiers. Pour le moment, ils ne veulent que votre argent. Mais tôt ou tard, ils viendront et ils vous demanderont vos enfants et vos petits-enfants.

#Source originale en allemand

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mar 19 Déc 2017 - 18:03

Citation :

Câbles sous-marins : une guerre invisible... aux effets volcaniques


Les câbles sous-marins constituent de véritables enjeux stratégiques pour les États. Les grandes puissances se livrent une lutte sans merci pour la domination dans ce secteur. Des rapports de force dont l'issue façonnera l'Internet de 2030.

C'est une guerre qui ne dit pas son nom. Discrète, invisible et furtive, mais dont quelques bulles plus ou moins grosses remontent de temps en temps à la surface. L'enjeu géostratégique des câbles de télécommunication sous-marins est digne des intrigues de la guerre froide et des vieux romans de John Le Carré. Mais pas uniquement. Car comme le rappelle le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale dans son étude prospective à l'horizon 2030 "Chocs futurs", les câbles sous-marins assurant les communications numériques deviennent de potentielles cibles dans le jeu des puissances. C'est dit, mais après... silence radio.

Dans la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale, son président Arnaud Danjean ne le cache pas non plus : ces câbles, infrastructure physique du cyberespace, font partie des préoccupations auxquelles la revue a porté "une attention particulière, en l'articulant avec des réflexions plus globales".

Des vulnérabilités aux interconnexions

Pourquoi un tel enjeu ? "Pour garantir leur accès à certaines ressources et accroître leur contrôle sur des lieux et des voies stratégiques, des États multiplient les revendications sur leurs frontières maritimes, par une interprétation exorbitante du droit international de la mer, et se dotent, pour certains, de stratégies d'interdiction d'accès", rappelle un rapport sénatorial. Il faut dire que "99 % des flux numériques ne passent pas par les satellites, mais par les câbles sous-marins qui ne sont pas très nombreux : moins d'une vingtaine relient l'Europe et les États-Unis", a rappelé en juillet au Sénat le chef d'état-major de la marine, l'amiral Christophe Prazuck.

En conséquence, une grande partie du fonctionnement des pays et de leurs économies repose sur ces flux, qui passent essentiellement par les espaces maritimes. Ainsi la réparation du câble SeaMeWE 4 sur la côte algérienne d'Annaba en avril dernier après les intempéries de mars a causé l'arrêt quasi-total d'Internet et la perte temporaire de 90 % des capacités de connexions du pays avec l'extérieur.

Des espaces maritimes où existent déjà de nombreuses tensions par leur rôle central dans la mondialisation des flux. "L'augmentation des flux internationaux, notamment entre l'Europe et les États-Unis va nécessiter d'être plus vigilant face aux vulnérabilités des interconnexions névralgiques de l'Internet, en particulier face à des attaques physiques ciblées sur des liens ou des noeuds critiques du réseau (exemple : les liens transatlantiques, les IXP101 interconnectant les POP Internet des opérateurs)", explique un rapport conjoint réalisé en 2015 par le ministère des Armées et Orange.

Navires, robots et plongeurs

Pour un État, ces autoroutes du Web revêtent donc une importance stratégique et, à ce titre, font l'objet d'une surveillance particulière. Ainsi, la présence d'un bâtiment océanographique russe qui naviguait à proximité des câbles sous-marins au large des côtes américaines en 2015 a été source de tensions entre les deux pays. Comment surveille-t-on ces câbles posés à même les fonds marins ou enterrés à un ou deux mètres sous terre à proximité des côtes pour être mieux protégés ? Il y a d'abord une surveillance réalisée par les opérateurs comme Orange, qui sont en mesure de déceler et de localiser une éventuelle coupure ou dégradation sur un câble sous-marin. Mais, il y a également la Marine nationale qui patrouille et exerce une surveillance dans les espaces maritimes français, en particulier dans les zones économiques exclusives (ZEE), et, notamment, sur les câbliers qui y travaillent.

Pour opérer dans la ZEE, les navires scientifiques doivent par exemple déposer un dossier plusieurs mois à l'avance. Dans le cadre de ses prérogatives, le préfet maritime peut contrôler que les bâtiments en question réalisent bien l'activité déclarée. Il peut pour cela recourir à des prises de vues d'aéronef ou même à des écoutes sous-marines. La Marine dispose par ailleurs de moyens pour surveiller les fonds marins grâce à ses chasseurs de mines qui peuvent "identifier des objets douteux ou préciser les caractéristiques d'un objet posé sur le fond", explique un spécialiste. Enfin, la Marine entretient une capacité d'intervention sous la mer grâce à la "cellule plongée humaine et intervention sous la mer" (Cephismer) capable de mettre en œuvre, jusqu'à une certaine profondeur, des moyens humains et matériels (robots).

Un monde sous-marin très actif

Des moyens qui sont loin d'être inutiles dans le cadre de cette guerre aussi discrète. Surtout quand on sait que les services de renseignement des principales puissances, y compris la France, ont développé des outils permettant d'assurer la captation d'une partie des communications internationales aux fins d'assurer la sauvegarde de leurs intérêts fondamentaux... Ainsi, en 2015, l'hebdomadaire L'Obs révélait l'existence d'un décret secret qui aurait autorisé depuis 2008 la DGSE à écouter des communications internationales qui transitent par fibres optiques via des câbles sous-marins. L'affaire de la NSA a également mis en évidence un espionnage massif de l'Union européenne par les États-Unis à la suite des révélations d'Edward Snowden en juin 2013.

Et le rôle prédominant des câbles sous-marins dans le système d'écoute souligne l'importance d'une protection de cette technologie stratégique dans le cadre de l'Union européenne... Car clairement l'affaire Snowden montre que même dans ses relations avec un pays allié, nos "amis" américains, espionnent tout le monde. Un système de protection européen est donc souhaitable. D'autant que le Royaume-Uni est une plaque tournante du transit des échanges Europe-Amérique, ce qui lui permet de jouer un rôle central dans l'espionnage. Sur son territoire transite effectivement la quasi-totalité des échanges entre l'Europe et l'Amérique. Ainsi, le programme Tempora, révélé par le quotidien The Guardian, autorise le GCHQ, l'agence de renseignement électronique britannique, à surveiller l'ensemble des communications transitant par les câbles.

"Si l'Union Européenne veut pouvoir devenir non plus un enjeu des relations internationales, mais un de leurs véritables acteurs, la défense des secteurs stratégiques européens est primordiale", rappelle ainsi un rapport parlementaire datant déjà de fin 2013. Les câbles sous-marins font assurément partie de ces enjeux.

#Source

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Jeu 28 Déc 2017 - 20:20

Atlantico a écrit:

Vers la chute de l’Occident dans les années 2020 ? C’est ce que prédit le modèle d’un mathématicien (qui explique très bien le passé)


A l'occasion des fêtes, Atlantico republie les articles marquants de l'année qui s'achève. Le professeur Peter Turchin, qui utilise des équations historiques et mathématiques pour prédire l'évolution des sociétés, est très inquiet concernant l'avenir de la civilisation occidentale.

Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/vers-chute-occident-dans-annees-2020-c-est-que-predit-modele-mathematicien-qui-explique-tres-bien-passe-3265330.html#E1ffYwbyBP4hHdic.99
Article initialement publié le 8 janvier 2017

"Une civilisation, je vais vous dire une vérité de La Palice, vit tant qu'elle résiste à ce qui veut sa mort. Affaiblie, un jour, elle ne peut plus résister, alors elle meurt. (…) Notre civilisation a deux mille ans, c'est honorable pour un trépas." La fin de la civilisation, le philosophe Michel Onfray la prédit et même la retrace dans le deuxième volet de sa Brève encyclopédie du monde. Pessimiste, Michel Onfray, ou réaliste ? Au même moment, outre-Atlantique, un professeur de l'Université du Connecticut, Peter Turchin, pronostique la fin du monde tel que nous le connaissons. Il donne même une date : la décennie 2020.

A lire aussi sur notre site : "Michel Onfray et la décadence de l’Occident… Oui mais y a-t-il vraiment une autre civilisation en meilleure forme ?"

Cette prédiction n'a rien à voir avec les scénarios cataclysmiques relayés par des auteurs en mal de sensations fortes, tel David Meade qui dans son livre Planète X : L'arrivée 2017 prévoit qu'une planète entrera en collision avec la Terre entre le 23 septembre et le 5 octobre de cette année.

Les propos de Peter Turchin sont malheureusement plus terre à terre, et à ce titre plus inquiétants. Professeur d'écologie et de mathématiques, il étudie l'histoire comme une science dure, à l'aide d'équations, de tendances et de modèles prédictifs. Ce champ d'étude, appelé cliodynamique, vise à "découvrir les principes généraux qui expliquent le fonctionnement et la dynamique des sociétés historiques réelles", explique-t-il sur son site. Cette idée peut être mise en relation avec celles des chercheurs en écologie, qui cherchent à prédire l'évolution et les déplacements des espèces animales.

"La cliodynamique (de Clio, la muse de l’histoire, et la dynamique, l’étude des raisons pour lesquelles les choses changent avec le temps, ndlr) est la nouvelle zone transdisciplinaire de la recherche à l’intersection de la macrosociologie historique, de l’histoire économique/cliométrie, de la modélisation mathématique des processus sociaux à long terme, et de la construction et de l’analyse des bases de données historiques", précise-t-il.

Il a étudié l'évolution des sociétés humaines entre 1500 avant Jésus-Christ et l'an 1500 ans, et en a retiré quarante facteurs, qui lui permettent – assure-t-il – de prédire l'évolution de notre société actuelle.


http://www.atlantico.fr/decryptage/vers-chute-occident-dans-annees-2020-c-est-que-predit-modele-mathematicien-qui-explique-tres-bien-passe-3265330.html?yahoo=1

peut être que ces évènements rapportés coïncideront avec la renaissance de la civilisation "arabo" - musulmane Inchallah
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Jeu 28 Déc 2017 - 20:27

L'occident déclenchera des guerres et troubles dans les autres pays pour se maintenir en haut de la pyramide.

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feu Hassan II.

https://www.youtube.com/watch?v=AbjNQ_5QvgQ
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Jeu 28 Déc 2017 - 20:33

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Lun 22 Jan 2018 - 20:33

JACQUES ROUSSELLIER / Carnegie a écrit:

Disjointed Gulf–Maghreb Cooperation


While countries in the Maghreb and the Gulf are increasing their security cooperation, they lack a long-term strategic understanding.

December 22, the United Arab Emirates (UAE) prevented Tunisian women under 30 from boarding Emirates airline flights worldwide, reportedly over security concerns. This echoes the Emirati uproar over King Mohammed VI’s visit to Doha in November, when Qatari media faked a photo of the Moroccan king holding a banner reading, “You have the world, we have [Emir] Tamim.” Both events reflect complex diplomatic relations between the Maghreb and the Gulf. Even as Gulf actors have started to seek tactical interactions on a few Maghreb security issues such as the Libya crisis, their approach remains governed by the paradigm of competition between the UAE and Qatar for security influence in North Africa. However, this narrow cooperation could prefigure a more mature, multilateral, and long-term strategic understanding between the Maghreb and Gulf states.

The Maghreb and the Gulf were once driven by widely differing economic, trade, and political concerns that put them in competition with each other on occasion. Yet the Maghreb economy, while characterized by close northern trade relations with the European Union, is becoming more complex and diverse as Morocco in particular is strengthening economic ties to Africa—and may increasingly emulate the Gulf states’ global economic endeavors in the long run. For example, according to the African Development Bank, as of 2016 Morocco is the fifth-largest investor in Africa, where the UAE is the second-largest (and the largest investor in new projects). Likewise, the Maghreb’s security interests no longer lie solely in the Sahara and Sahel. Illegal migration through Libya has made Sahel instability resonate in Europe, where the rise of populist movements have raised concerns over terrorism—driving Europe (and the United States) to seek greater cooperation with the Maghreb countries to stem the flow of migrants and paving the way for greater cooperation on other security issues.

Yet despite a shared Arab identity, these common interests and concerns have failed to translate into deep strategic ties between the Maghreb and Gulf states. More than just geography, a complex congruence of historical, cultural, and societal factors makes greater integration between them difficult. For Morocco and Algeria in particular, ties with the Gulf are also less strategically desirable than with fellow African states. The Gulf states have indeed had a security footprint in the Maghreb the Gulf Cooperation Council (GCC) called on NATO to intervene in Libya’s civil war in 2011, a first step toward their greater security involvement in the Maghreb without U.S. coordination. However, Libya is now caught in the Gulf’s own regional competition, as Qatar supports the internationally recognized government in Tripoli while the UAE backs the Tobruk-based government politically and provides military support to the anti-Islamist General Khalifa Haftar.

Even though the Libyan crisis—as well as the rift between Qatar and the GCC, which further complicates Maghreb attempts to mediate among Libyan factions—has forced the Maghreb and the Gulf to seek narrow cooperation on these regional issues, their coordination has been piecemeal and reactionary rather than strategic.

Algeria opposed the 2011 NATO intervention pushed by the Gulf states in Libya, where it would prefer to use its own knowledge of key local actors to mediate a political settlement. Its stated neutrality in the Qatar crisis belies resentment at Abu Dhabi’s stakes in Libya as well as its mutual diplomatic and economic interests with Doha: Qatar has made a $2 billion investment in a steel plant in eastern Algeria, for example, and has cooperated with Algiers to secure a reduced production agreement from the Organization of the Petroleum Exporting Countries (OPEC).

Likewise, Algeria’s reluctance to oppose Bashar al-Assad in Syria, its refusal to designate Hezbollah or Hamas as terrorist organizations, and its abstention from the Saudi-led coalition in Yemen have shown to Qatar that it can build on its partnership with Algeria to prompt the leading gas exporter to use its independent foreign policy and strategic leverage to stand up to Riyadh’s and Abu Dhabi’s agenda in the Gulf. This could prompt Rabat to increase its ties to Saudi Arabia in an attempt to counter Algiers.

Even Morocco—perceived as the Maghreb state with the closest relations with the Gulf states—has taken a neutral stance on both Libya and Qatar, for once appearing to converge with Algeria, its neighbor and arch-competitor. And while Algeria’s desire for a mediated solution in Libya is a national priority given security concerns along its 982-kilometer (610-mile) border with Libya, Morocco’s default support for mediation—which successfully led to the Skhirat Agreement in 2015 to establish a unity government in Libya—is more flexible, as it is based more upon a desire for regional status than out of national security concerns. Like Algeria, Tunisia has a security interest in resolving the Libyan conflict, but has been less neutral on the Gulf crisis. It enjoyed friendly ties with Qatar even as its relations with the UAE—its second-largest trading partner after Libya—worsened over the UAE’s attempt to interfere in Tunisian internal politics to curb political Islam and the influence of the Ennahda Party. And owing to Morocco’s support for Saudi policies regarding Iran and military intervention in Yemen, Rabat also does not have the same ability as Algiers to remain neutral regarding the diplomatic and economic embargo on Qatar—even though it would prefer to be able to keep receiving Doha’s investment and financial assistance.

Saudi Arabia strengthened its ties with Morocco, pledging $100 million in December to support the French- and Moroccan-backed Group of Five Sahel (G5 Sahel) Joint Force, comprised of 5,000 troops from Sahel states that aim to combat armed groups and stem illegal migration. This not only expands Riyadh’s engagement in North Africa but also brings Moroccan and Saudi interests closer and further sidesteps Algeria, which has stayed out of the G5 Sahel out of rivalry with Morocco. The Saudi support—and the potential arms sales with France that may follow from its increased engagement in the Maghreb—may also be an attempt to improve relations with Paris, which it hopes could replace London as Riyadh’s trusted channel in the European Union once the United Kingdom withdraws.

Meanwhile, Qatar’s rift with Bahrain, Saudi Arabia, and the UAE may have confirmed other Gulf states’ suspicion that Qatar is ready to ditch the GCC’s collective security commitment to pursue its own regional policy—even though their own actions have left Qatar no other option. In practice, the blockade of Qatar even paralyzed the GCC summit in early December, thereby further eroding the council’s claim to be the main regional security forum and bulwark for Iran’s containment.

In this context, however the crisis ends, it will likely impact Maghreb approaches to the Gulf in turn, as Algiers and Rabat will seek to capitalize on their preferred Gulf partners’ ambitions in North Africa to further their own interests in the Gulf region. To address the transnational and cross-regional concerns that have supplanted geostrategic approaches to Gulf–Maghreb relations, both sub-regions would benefit from leaving transactional diplomacy behind and embracing a more mature and transparent strategic and security dialogue.

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 7 Fév 2018 - 16:08

Strategic Culture Foundation a écrit:

What Is ‘Safari Club II’ and How It Can Change Middle East Dynamics


During the Cold War, the Central Intelligence Agency convinced certain European and Middle Eastern allies to establish an informal intelligence alliance whose links to the United States would be “plausibly denied” in typical CIA parlance. In 1976, a group of pro-Western intelligence agency directors secretly met at the Mt. Kenya Safari Club in Nanyuki, Kenya to hammer out an informal pact designed to limit Soviet influence in Africa and the Middle East. The group met under the auspices of Saudi billionaire arms dealer Adnan Khashoggi, Kenyan President Jomo Kenyatta, and US Secretary of State Henry Kissinger. Although Khashoggi was present at the first meeting of what soon became known as the “Safari Club,” Kenyatta and Kissinger were not present at the inaugural spymasters’ meet-up.

Signing the original charter of the Safari Club in Kenya were Count Alexandre de Marenches, director of the French Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage (SDECE) foreign intelligence agency; Kamal Adham, the chief of Al Mukhabarat Al A'amah, the Saudi intelligence service; Egyptian Intelligence Service director, General Kamal Hassan Aly; Ahmed Dlimi, the head of Morocco’s intelligence service; and General Nematollah Nassiri, the head of Iran’s SAVAK intelligence agency. There are indications, but no actual proof, that the head of Israel’s Mossad, Yitzhak Hofi, took part in the first Safari Club meeting in Kenya.

The Mt. Kenya Safari Club, founded in 1959, was co-owned by Indiana oil tycoon Ray Ryan, an individual with links to both the CIA and the Mafia; Carl W. Hirschmann Sr., the Swiss founder of Jet Aviation, a global business aviation firm having close ties to the CIA and which was sold to General Dynamics in 2008; and actor William Holden. On October 18, 1977, after the Safari Club had moved its operational headquarters to Cairo, Ryan was killed in a car bombing in Evansville, Indiana. Holden died alone in his Santa Monica, California apartment on November 12, 1981, after he reportedly tripped on a bedside rug, hitting his head on a nightstand and subsequently bleeding to death. Ryan’s murder remains a cold case, while questions continue to surround the unattended death of Holden.

During 1977, Khashoggi took advantage of Ryan’s tax problems with the US government and Hirschmann’s own financial troubles to purchase full control of the Mt. Kenya Safari Club shortly before Ryan’s murder. Due to its location in Cairo, the Safari Club was a key element in recruiting Arab irregulars to fight against the Soviet Union in Afghanistan. Khashoggi was a key player in financing the “Arab Legion” in Afghanistan by drawing on support from the Saudi royal family and Sultan Hassanal Bolkiah of Brunei.

The Mt. Kenya Safari Club continued to play a useful role in clandestine Safari Club meetings, including one on May 13, 1982 between Israeli Defense Minister Ariel Sharon; Sudan’s President Jaafar al-Nimeiri; Sudan intelligence chief Omar al-Tayeb; American-Israeli billionaire Adolph "Al" Schwimmer, the founder of Israel Aerospace Industries; Yaacov Nimrodi, Mossad’s former liaison officer in Tehran to SAVAK; and Mossad deputy director David Kimche.

The actual chief of the Safari Club was, according to some insiders’ accounts, was George “Ted” Shackley, who, as Associate Deputy Director of the CIA for Operations, was the chief of the CIA’s clandestine operations under CIA boss George H. W. Bush. Shackley, whose nickname was the “Blond Ghost,” was fired by Jimmy Carter’s CIA director, Admiral Stansfield Turner. However, Shackley was called out of retirement by Ronald Reagan’s CIA chief William Casey. Acting as a private intelligence operative, Shackley was instrumental in mobilizing the Safari Club’s old SAVAK network in Europe to help craft the infamous Iran-contra affair.

The Safari Club was responsible for much of the West’s clandestine operations against the Soviet Union in conflict zones extending from Afghanistan to Somalia and Angola to Nicaragua. It is ironic that a group of intelligence agencies and guerrilla groups supporting the Houthis in Yemen is now taking a page from the old Safari Club to combat against the United States, Saudi Arabia, Israel, and their proxies in Yemen, the Horn of Africa, and the greater Middle East.

The anti-Saudi Houthi movement in Yemen, whose members adhere to the Zaidi-Shi’a sect of Islam, stand opposed to the rigid fundamentalist practices of Saudi Wahhabism. The Houthis, who are aligned religiously and politically with Shi’a-ruled Iran, have established an external intelligence service under the directorship of Abdelrab Saleh Jerfan. Emulating the Safari Club, Houthi intelligence has entered into informal agreements with Iran’s Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) or Pasdaran; the Preventive Security Service (PSS) of Palestine; Lebanese Hezbollah’s three intelligence arms, including Unit 1800, Hezbollah’s special operations intelligence branch; and Hamas intelligence, which is based in Gaza but has agents distributed throughout the Middle East. Now that Syrian President Bashar al-Assad has routed most of the jihadist guerrilla armies from his country, with the assistance of Houthi expeditionary force personnel, Syria is better placed to provide military assistance to the Houthi coalition in Yemen. Together, this alliance of anti-Zionist and anti-Wahhabist forces, which could be called “Safari Club II,” is able to penetrate the Saudi-Yemeni border and conduct military operations against Saudi military and government targets in Saudi Arabia’s Asir province.

Ever since the Saudi-led coalition, which also includes troops from the United Arab Emirates, Pakistan, Egypt, Kuwait, Morocco, Sudan, Jordan, and Bahrain, entered the Yemeni civil war in 2015 on behalf of a Saudi stooge government, the Houthis have brought the war home to the Saudis. Houthi forces have entered three Saudi border regions, including Asir, Jizan, and Najran. The Houthis, with the backing of Pasdaran and Hezbollah intelligence, created a Saudi secessionist group, Ahrar al-Najran, or the “Free Ones of the Najran Region.” Najran was, until 1934, part of the Mutawakkilite Kingdom of Yemen, which was ruled by a Zaidi monarch until 1962, when the Yemeni kingdom was overthrown. Irredentists on the Saudi side of the border what to re-unify with Yemen. The Yemeni Hamdanid tribe, which provided the core of support for the former Yemeni Zaidi monarch, have pledged their allegiance to the Houthi-led coalition in Yemen. Houthi intelligence has also conducted reconnaissance of Israeli naval bases across the Red Sea in Eritrea’s Dahlak archipelago and the port of Massawa. Houthis have also conducted surveillance of Saudi and Emirati military operations in the Eritrean port city of Assab. In 2016, Houthi forces reportedly attacked Eritrean naval headquarters in Assab after Saudi forces arrived at the port city. The Houthis may have been aided by yet another Safari Club II ally, the Eritrean opposition group, the Red Sea Afar Democratic Organization (RSADO), which also receives support from Ethiopia.

In 2016, the Houthis successfully carried out an incursion into Asir and captured a Saudi military base, along with a cache of US and Canadian weapons. The Safari Club II sponsorship of a secessionist movement in Saudi Arabia is like the original Safari Club’s support for various insurgent groups, including UNITA in Angola, RENAMO in Mozambique, and the contras in Nicaragua.

Political upheavals in Yemen and Saudi Arabia have resulted in new alliances between the Saudi coalition and the Safari Club II members. On November 4, 2017, Saudi Arabia’s Crown Prince, Mohammed bin Salman, moved to consolidate his political power by arresting several princes of the House of Saud, as well as prominent government ministers, clerics, and businessmen. A helicopter carrying Prince Mansour bin Muqrin, the deputy governor of Asir province, and seven other senior Saudi officials, crashed near Abha in Asir Province, near the border with Houthi-controlled north Yemen. There were several reports that the helicopter was shot down by the Saudis after they learned it was flying to Houthi-controlled Yemen where the prince and his party had been assured of political asylum. A Saudi prince joining the Houthis would have been a major coup for the Safari Club II.

At the same time the Houthis were taking sides in the internal House of Saud turmoil, Houthi intelligence, aided by the impressive signals intelligence capabilities of Hezbollah, intercepted s series of message between former Yemeni president Ali Abdullah Saleh, an erstwhile ally of the Houthis, and the UAE and Jordan, both allies of the Saudis. It turned out that Saleh was negotiating a separate deal with the Saudi-UAE coalition, an act seen as the ultimate betrayal by the Houthis. The Houthis stormed Saleh’s residence in the Yemeni capital of Sana’a and executed him on the spot.

It is noteworthy, as well as ironic, that the Safari Club II is fighting against many of the members of the original Safari Club. Except for Iran, a member of Safari Club II, these include Saudi Arabia, Israel, France, Egypt, Morocco, and the ancillary members of the United States and Sudan. Henry Kissinger, who was a patron of the original Safari Club, now advises Donald Trump’s son-in-law, Jared Kushner, a cipher in the White House for Mossad, on his frequent dealings with the Saudi Crown Prince and other regional players in the Middle East, including the Israelis.

Safari Club II has something the first Safari Club lacked: popular support. The coalescence of interests of the downtrodden people of Yemen, Lebanon, and the West Bank and Gaza, along with the geopolitical security concerns of Iran, and more recently -- as the result of Saudi-UAE subterfuge -- Qatar, has provided Safari Club II a propaganda advantage. Originally a member of the Saudi coalition in Yemen, an economic boycott by the Saudis, Bahrainis, Kuwaitis, and Emiratis against Qatar, has given the Safari Club II alliance a sympathetic ear in Doha, the Qatari capital. China, which cooperated with the original Safari Club in operations in Afghanistan and Angola, has received Houthi delegations in Beijing. China is also reportedly supplying the Houthi coalition in Yemen with arms via Iran. Oman, which has remained neutral in the Yemeni civil war, was found in 2016 to be supplying weapons to the Houthis in trucks bearing Omani license plates. Iraq’s Shi’a-led government is also known to provide support to the Houthis.

The CIA and its Cold War allies, in forming the original Safari Club, has provided an invaluable template to the besieged peoples of Yemen, the Horn of Africa, and the wider Middle East. The Safari Club II is giving the Saudis, Israelis, Americans, Egyptians, Moroccans, and others, including the Saudi-financed Islamic State and Al Qaeda guerrillas in Yemen, a taste of their own bitter medicine.

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 11 Avr 2018 - 14:33

Andrew KORYBKO - Oriental Review a écrit:

Russia’s S-400s Are The Key To A Neo-NAM




The US is threatening to sanction Russia if it sells its S-400 anti-air systems abroad.

Bob Menendez led a group of lawmakers who wrote to the State Department and asked that last year’s “Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act”, or CAATSA, be applied against Russia in the event that it exports its latest state-of-the-art defensive technology. The US is evidently scared of the S-400s because it keenly understands just how strongly they undercut the Pentagon’s strategic air and missile dominance and therefore correspondingly raise the cost of any future military campaign. Simply put, investing in this system is akin to investing in one of the most surefire deterrence policies against American aggression, which is why a wide array of states such as Turkey, Saudi Arabia, Iraq, India, and China are in the process of doing so.

Qatar had previously been in talks with Russia about purchasing these missiles but looks likely to backtrack on this under American pressure, though there’s recently been speculation that Pakistan might be interested in them as a response to the Pentagon suspending military assistance to the South Asian state at the beginning of this year. Altogether, the identifiable pattern is that countries all across the Eurasian Rimland are interested in buying this technology, with the combined effect being that the US might eventually be shut out of the supercontinental Heartland if all of these prospective sales go through, hence the urgency behind why America wants to sanction Russia for selling its S-400s abroad. Inadvertently, however, this frenzy might backfire and become the best endorsement that Russia could have ever hoped for.

In addition, the threat of concerted American pressure against Moscow and its military partners also creates the opportunity for Russia to lead a broad anti-sanctions coalition in developing and expanding alternative financial and other institutions for limiting the damage that the US could do to their interests through CAATSA. As such, this could become the impetus for strengthening the emerging Multipolar World Order and accelerating the transition away from unipolarity, with the case of possible sanctions and sanction-evading measures related to CAATSA and the S-400s being a trial run for the day when Russia inevitably sells its hypersonic missile technology to other countries in giving them an offensive deterrent to pair with their defensive one against American aggression.

Russia’s “military diplomacy” is helping traditional American allies such as Turkey and Saudi Arabia diversify their relations with multipolar Great Powers while retaining pragmatic cooperation with the US, with the end result being that they’re able to more comprehensively chart a more independent foreign policy. This ultimately enables them to become the pioneers of a new Non-Aligned Movement (Neo-NAM) in the New Cold War that strives to attain strategic equidistance between the US and China, which would be impossible to pull off without the pivotal “balancing” role that their relationship with Russia provides. Approached from this perspective, Russia’s S-400 sales are actually a groundbreaking step in the direction of revolutionary geostrategic change, so it shouldn’t be a surprise that the US is reacting as hysterically as it is to this move.

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Hier à 0:23


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