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 Géopolitique Mondiale

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Hddou
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Ven 5 Juin 2015 - 9:39


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Samyadams
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Sam 6 Juin 2015 - 2:52

Hddou a écrit:
je suis pas d'accord avec votre analyse Samyadams sur tous points :

1) vous allez pas confondre l'histoire ancestral du Sahel semé de conflits pour le control de route caravanière, pour une justification des conflits actuels, car toute les régions du monde n'étais que conflits depuis toujours, donc cela n'est pas une spécificité locale, ni un prétexte pour dire que puisque c'étais toujours comme ça donc c'est pas la faute au fauteur de trouble. la raison de l'instabilité de la région c'est l'absence d'Etat nation fort et les éthnies des nomades qui se reconnaissent pas dans des frontières.

2) la France et les Etats unis sont des controleurs de la région africaine par la force et les couts d'Etat alors que la chine apporte beaucoup à l'afrique à la manière de l'implication du Maroc en afrique, c'est pour cette manière de faire françafrique que la chine s'est introduit en afrique.

3) je crois que l'algérie et non hégèmonique, l'algérie a des ressources énormes que qu'il privatisent pour créer des capitalistes locaux et empêchent ue main mise des étrangers sur son économie avec des lois comme 49%-51% aux locaux dans les IDE. l'algérie transfert (gratuitement) la richesse à des familles de génèraux pour créer une sorte de capitalistes locaux, corrompus certes! (ex Khalifa...)
, le problème c'est que les occidentaux n'ont pas une grande part du gateau. ce gateau est monopilisé par les familles des géèraux et les amis de Said Boutef.
le Maroc fait de même, il a pu crée une élite capitaliste, mais sans les richesse pétrolères de l'algérie, vue l'absence de ses richesse le maroc a joué la collaboration avec le capitalisme étrangers et a pu crée une industrie locale et des groupes locaux basé sur un savoir faire. Sans oublier que même le Maroc à été mis en chantage à travers le respect des droits de l'homme au Sahara.

à la différence de l'algérie, Kaddafi a préservé la richesse libyenne au peuple lybiens à travers des fonds souverains, donc un vrai anti capitalisme et une nationalisation de la richesse. Kaddafi est parti encore loin, il a vérrouiller au capitalistes et à la France la région du Sahel à travers l'appui au tribus saharienne et aux Etats sahélienne, pour les fédérer autour de lui et combler leurs insuffisaces de ressources et donc les prémunir contre tout chantage.

4) c'est vrai qu'il y'a odeur de gauchisme dans l'analyse du chercheur, mais n'empêche que son analyse et vrai dans la déstabilisation des Etats nations, afin de créer une d'affaiblisement du politique devant l'économique, et pour que le 1er devient sans valeur devant la force de l'économie, la crise a elle même fait son effet sur les Etats de l'europe qui se voit moins souveraines devant le pouvoir financier qui dicte la marche et impose même les présidents (ex la Grèce). ce que nous voyons et un redessinement de géopolitique à travers le chantage de la crise et l'éclatement des nations par des conflits éthniques ou groupes extrémistes.
Merci Hddou pour tes remarques
Concernant le premier point, il y a des régions du monde qui, de par leur situation géographique, connaissent plus souvent tensions et affrontements armés que d'autres. Le meilleur exemple en est la Syrie et la Palestine, carrefour entre l'Afrique et l'Asie. Les deux premières batailles connues de l'histoire, Kadesh et Megiddo y ont eu lieu et jusqu'à présent, c'est une zone de conflit par excellence. De même pour le Sahara et le Sahel. Je ne dédouanes personne, je ne défends personne, je me contente de relever les faits, sur le long terme de préférence, pour pouvoir dégager les tendances lourdes, difficiles à percevoir si on reste coincé dans l'actualité. Dans ta propre remarque, il y a la réponse, absence d'Etats forts, populations nomades ne s'y reconnaissant pas. La question est alors, pourquoi cet état de fait ? A ce sujet, je ne pense pas connaître une réponse tranchée et j'aurai aimé lire une analyse sociopolitique bien réfléchie, mais je commence par remarquer qu'au moment de l'expansion coloniale occidentale, il n'y avait déjà pas d'Etats forts dans cette région, seulement quelques personnalités d'influence qui ont résisté de leur mieux. Encore une fois, je ne justifie rien, je ne fais que constater.
Sinon, je continues à défendre la thèse de zones de tensions prédestinées, du fait de leurs positions géographiques particulières
A propos du second point, la rapacité du capitalisme occidental étant une évidence qu'il n'y a pas lieu de discuter, je m'étonnes toutefois de la bonne foi dont tu drapes les Chinois dans leur conquête commerciale de l'Afrique. Le Maroc non plus n'est pas exempt de tout soupçon d'ambitions hégémonique... Si les Chinois y vont sur le bout des pieds en Afrique, c'est essentiellement parce qu'ils ont conscience de leur manque d'expérience et qu'ils ne sont pas du tout pressés. Depuis la chute de la dynastie des Mings, les Chinois ont littéralement tourné le dos à l'océan. D'ailleurs, ils ont toujours été une puissance continentale, jamais une thalassocratie. Sinon, il suffit de demander aux Vietnamiens et aux Coréens ce que valent vraiment les Chinois, eux qui les ont fréquentés durant des siècles.
Quand à l'Algérie, je vais me résumer en quelques mots, il n'y a pas de motivations économiques à rechercher dans leurs ambitions hégémoniques, leurs raisons furent d'abord dictées par leur idéologie révolutionnaire tiers-mondiste des débuts, avant que ça ne deviennes une vulgaire question d'arrogance que je qualifierais de juvénile. D'ailleurs, quel est le volume de leurs échanges commerciaux avec leurs principaux alliés en Afrique ? Comme des gamins qui ont les poches pleines d'argent, ils traitent avec les uns et s'affichent avec les autres. C'est simple, ils n'ont aucune vision stratégique correctement pensée. Aucun pays du Maghreb n'a suffisamment de poids tout seul pour s'imposer sur le continent, alors que l'Afrique du sud, si. Heureusement, elle est actuellement très mal gérée sur le plan économique, donc ça nous laisse du répit. Sinon, j'aimerais bien savoir si tu as une explication à l'alliance contre-nature sur le plan géo-économique entre l'Algérie et l'Afrique du sud. Aucun pays du Maghreb n'a intérêt à tendre la main à l'Afrique du sud, étant le principal concurrent d'un Maghreb potentiellement regroupé en bloc économique sur le continent.

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Sam 6 Juin 2015 - 4:30

au fait nous avons pas de si différentes opinions sur la situation, je partage tout sans réserves. du Mali jusqu'au Soudan y'a pas d'Etat, y'a que la base Madama.

en ce qui concerne la relation sud afrique et algérie. t'a trouvé le mot clé sur une sorte d’adolescence éternel géopolitique algérienne, mélangé avec de la haine historique envers le Maroc.

l'Algérie se croit en capacité d'isoler le Maroc (une Tunisie bis) et pouvoir être la puissance régionale toute seule en afrique du Nord (une sorte de Sud afrique du Nord afrique), et elle voit que le seul allié possible serai l'égypte.

le Maroc a été toujours un danger aux yeux des généraux, vue sa culture, son histoire, le refus du Makhzen et de la royauté, tous ceci est la la justification de l’immortalité du système algérien devant son peuple.

L'algérie a une certain héritage de mouvement révolutionnaire qu'il partage avec la SA, de nos jours y'a un héritage d'appartenir à un bloc BRICS, et anti USA.

le probléme c'est que l'afrique du sud a les moyens de se projeter dans l'autre moitié sud de l'afrique, alors que l'algérie a été dépasser pas les événements, elle a toujours gardé une influence à travers une simple distribution de crédits aux peuples africains. alors que la vrai économie n'a pas suivi ses ambitions. d'ailleurs c'est pour ça qu'elle a cherché à s'allié avec la Turquie, puis l'égypte de Sissi, puis maintenant la chine pour crée des joints ventures en afrique.

il faut pas oublier que le Nif et l'adolescance algérienne empéche à l'algérie de voir les réalités géopolitique en face et préfère une fuite en avant que d'être rationnel. ce ci est du à l'élite politique qui n'a pas changer pendant des décennies, et que la rhétorique du système n'a pas aussi changer.

les nôtres ont bien fait d'empêcher une alliance égypte-algérie à travers notre appartenance au bloc GCC (surtout UAE); malgrés que ça aurais été une logique (système militaires, besoin de gaz de l'égypte,....)

l'Algérie se trouve toute seule sans appartenir a aucun bloc, ceci en plus de de la chute des prix du pétrole et gaz, des frontières entourés de danger et surtout système qui arrive à sa date logique de survie à travers la fin de Boutef.

aujourd'hui l'Algérie est allié avec l'afrique du Sud, Niger, Mali. le Nigéria est juste un allié de circonstance car le projet qu'ils ont en commun n'ira pas loin.

A mon avis même l'afrique du Sud n'a pas les moyens de s'imposer en afrique. celle ci est voué a être un continent de lutte entre différentes puissance venue de loin (USA, Turquie, Chine, GCC, France). sauf que le Maroc leurs propose d'être leurs porte et comme le Maroc connait le terrain, il peut décrocher des projets petits et moyens, que les autres de part leurs tailles seront ni concurrentiel ni intéressé.

une alliance logique serait une alliance Maroc (services, petites et moyenne industrie - Algérie (industrie lourde)

Si la situation de l'Iran se normalise, on aura ensemble l'Iran et l'Algérie en afrique !!!!!

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 10 Juin 2015 - 22:11

Citation :

La crise russo-ukrainienne accouchera-t-elle d’un nouvel ordre européen ?


par Jacques Lévesque, juin 2015

En dépit des divergences au sein du monde euro-atlantique et des réticences de Washington, les seconds accords de Minsk, visant à mettre fin au conflit dans l’est du Donbass, ont été signés à l’arraché grâce à une initiative conjointe de la France et de l’Allemagne, le 11 février dernier. S’ils parviennent à empêcher une nouvelle partition de l’Ukraine, ces accords, si fragiles et ambigus soient-ils, pourraient offrir une chance ultime de rénovation de l’ordre européen, en jetant les bases d’un modus vivendi avec la Russie. La France et l’Allemagne, qui demeurent les principaux piliers de l’Union européenne, pourraient jouer ici un nouveau rôle historique dans l’établissement d’un modus vivendi entre le monde occidental et la Russie. Mais examinons d’abord les paramètres qui pourraient permettre d’envisager la réalisation des accords de Minsk.

L’annexion de la Crimée peut à juste titre être attribuée au revanchisme. Cependant, l’examen de la politique extérieure de la Russie postsoviétique montre qu’elle a été le produit de circonstances récentes, et qu’elle n’était pas inéluctable, ni même programmée, avant le début de 2014. C’est pourquoi elle était totalement inattendue. La résurrection du terme Novorossia (« la nouvelle Russie ») pour désigner le sud-est de l’Ukraine, et son utilisation par M. Vladimir Poutine, ne l’ont pas précédée, mais suivie, pour la justifier a posteriori.

Deux conditions cruciales sont posées par Moscou pour la finalisation des accords de Minsk. La première, et la plus importante, qui n’est pas explicitement inscrite dans ces accords : la non-adhésion de l’Ukraine à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). La seconde, la fédéralisation de l’Ukraine, doit être vue avant tout comme un moyen de garantir la première.

Depuis la fin de l’URSS, le processus d’élargissement de l’OTAN vers l’Est a été le principal facteur de la détérioration — entrecoupée de phases de coopération importantes — des relations entre la Russie et les Etats-Unis. Dès 1994, même les occidentalophiles qui entouraient encore Boris Eltsine s’y opposaient, affirmant qu’il ne pouvait être vu à Moscou que comme un moyen d’empêcher sa résurgence en tant que puissance européenne majeure. Même si Washington et les chancelleries occidentales niaient viser un tel objectif, Varsovie, Budapest, Prague et, plus tard, les républiques baltes affirmaient clairement, quant à eux, vouloir rallier l’OTAN pour se protéger d’une menace militaire russe qui n’allait pas tarder à revenir. Ce n’est que vingt ans plus tard que celle-ci s’est manifestée, telle une prophétie autoréalisatrice.

Il a fallu beaucoup de temps pour cela. En 1997, Eltsine signait avec son homologue ukrainien un traité solennel qui, pour la première fois, reconnaissait formellement l’intégrité territoriale de l’Ukraine, Crimée comprise. Il comptait ainsi freiner ce qui n’était alors que des velléités de rejoindre l’OTAN. Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, M. Poutine, misant sur une refondation des relations avec Washington, facilita l’ouverture de bases et d’infrastructures militaires américaines en Asie centrale postsoviétique pour la conduite de la guerre d’Afghanistan. Il avala même la couleuvre du feu vert donné par M. George W. Bush à l’admission des trois républiques baltes au sein de l’OTAN, en espérant qu’elles seraient les dernières à la rejoindre. Jusqu’en 2004, il garda la conviction que la Russie pouvait devenir autre chose qu’une force d’appoint de la puissance américaine (1). Durant la période de coopération qui suivit le 11-Septembre, le partenariat stratégique avec la Chine pour la promotion d’un monde multipolaire, amorcé sous Eltsine, fut même prudemment mis en veilleuse.

C’est après la « révolution orange » de 2004 en Ukraine, et surtout après le sommet de l’OTAN d’avril 2008, au cours duquel M. Bush réussit à faire inscrire dans une déclaration solennelle que l’Ukraine et la Géorgie deviendraient un jour membres de l’Alliance, que M. Poutine se fit plus ouvertement menaçant. M. Bush avait arraché cette déclaration après que la France et l’Allemagne eurent fait échouer son projet de leur octroyer immédiatement un plan d’appartenance à l’Alliance. Tous les sondages en Ukraine montraient alors que la majorité de la population s’opposait à l’adhésion à l’OTAN, raison pour laquelle le gouvernement refusait la tenue d’un référendum sur la question.

Plusieurs mois auparavant, M. Poutine avait prévenu que si les puissances occidentales reconnaissaient l’indépendance du Kosovo sans l’accord du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), il se sentirait libre de faire de même avec l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, et de remettre à son tour en question le tabou de l’intangibilité des frontières des Etats issus de la guerre froide. Ces menaces ne furent pas prises au sérieux, pas davantage que les protestations russes émises depuis 1994 face à l’expansion de l’OTAN. C’est la Géorgie qui en paya le prix.

Malgré tous les gages que M. Mikhaïl Saakachvili avait donnés à M. Bush, il ne reçut aucun secours décisif ni de Washington ni de l’OTAN lorsqu’il tenta quelques mois plus tard de reprendre l’Ossétie du Sud. Avec le redressement économique de la Russie, l’enlisement des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, la défaite catastrophique de la Géorgie révéla assez clairement la fin du « moment unipolaire » qui inspirait encore la politique internationale de Washington. Ce n’est qu’avec l’administration de M. Barack Obama que l’on commença à en mesurer les conséquences.

La centralité de l’OTAN dans l’obsession géopolitique qui prédomine en Russie a fini par déborder sur ses relations avec l’Union européenne. Pendant plusieurs années, la Russie ne s’est pas opposée à ce que les anciens membres du Pacte de Varsovie, et même les anciennes républiques baltes, s’y joignent. Mais la conjugaison des nouvelles adhésions à l’OTAN et à l’Union européenne a rendu plus difficiles ses relations avec la seconde. C’est sur l’initiative des nouveaux membres qu’a été créé en 1999 le Partenariat oriental de l’Union, taillé sur mesure pour tous les Etats qui, de la Biélorussie au Nord jusqu’à la Géorgie, flanquent les frontières occidentales de la Russie. Il visait à leur donner un statut et des avantages distincts de ceux de la Russie, moyennant des gages de démocratisation qui se sont avérés bien légers s’agissant du régime de M. Viktor Ianoukovitch. Cela a amené M. Poutine, au début de son troisième mandat, à mettre en avant son projet d’Union eurasiatique (2) pour y attirer les mêmes Etats. Comme on le sait, c’est cette concurrence et la décision de M. Ianoukovitch de différer la conclusion d’un accord de l’Ukraine avec l’Union qui ont entraîné l’insurrection, la chute du président et la crise actuelle.

La question la plus difficile à résoudre dans le cadre des accords de Minsk sera celle du statut final des régions qui échappent au contrôle de Kiev. La résolution de cette question constitue explicitement une condition préalable à la reprise du contrôle des frontières ukrainiennes par le gouvernement. Depuis 1994, Moscou a préconisé la fédéralisation de l’Ukraine comme solution aux profondes divisions socio-politiques qui la caractérisent depuis son indépendance. Jusqu’ici, l’Ukraine a résolument refusé d’utiliser le terme de fédéralisation, pour de bonnes raisons. Les formules de fédéralisation mises en avant par Moscou relèvent davantage d’une confédération que d’une fédération.

On l’a vu clairement en novembre 2003, lorsque, sous l’égide de M. Poutine, un accord est intervenu entre la Moldavie et la Transnistrie pour mettre fin à la sécession de cette dernière (3). Suite aux promesses de soutien formulées par l’ambassadeur des Etats-Unis à Chisinau, le président moldave Vladimir Voronine refusa in extremis l’accord, au grand dam de M. Poutine, qui dut rebrousser chemin alors qu’il se rendait en Moldavie pour le signer. Dans le cas du Donbass, la France et l’Allemagne, parce qu’elles sont parties prenantes des accords, et en raison de leur poids politique international, peuvent faire en sorte que l’intégrité territoriale de l’Ukraine soit maintenue, et que l’autonomie prévue pour les régions sécessionnistes de Donetsk et de Lougansk ne se fasse pas aux conditions maximales souhaitées par Moscou.

Dans un discours au Bundestag, en 2001, Vladimir Poutine avait souligné la primauté de l’appartenance européenne de la Russie

Depuis 1992, la France et l’Allemagne ont été les partenaires politiques européens privilégiés de la Russie. L’Allemagne demeure son principal partenaire économique. L’Union européenne reste, et de loin, le principal partenaire économique de la Russie. On se souvient de la concertation des trois pays dans l’opposition à la guerre en Irak, que Moscou a voulu poursuivre sur d’autres dossiers. Depuis toujours, Moscou mise sur les divergences entre les Etats-Unis et l’Europe. La France et l’Allemagne disposent de leviers importants pour obtenir le maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine ; elles peuvent et doivent profiter de la place qu’elles occupent dans les calculs politiques russes pour exiger un règlement qui soit dans leur intérêt et dans celui de l’Europe. Les accords de Minsk contiennent une lueur d’espoir pour un réaménagement des rapports entre la Russie et l’Europe : pour la première fois, on y a accepté le principe d’une négociation à trois des relations économiques entre la Russie, l’Ukraine et l’Union. La conclusion d’un accord acceptable pour les trois parties, sur ces questions qui ont été à l’origine des manifestations de Maïdan, serait d’une portée politique considérable.

A l’évidence, le soutien de la Russie aux séparatistes ukrainiens représente avant tout une police d’assurance contre une nouvelle marche de l’Ukraine vers l’OTAN. Si, après la saisie de la Crimée, M. Poutine s’était contenté du référendum, qui devait initialement porter sur le statut futur de la région, et non sur son annexion, il aurait plus facilement pu réaliser cet objectif, sans avoir pour cela à soutenir l’extension du conflit ailleurs en Ukraine (4). Dans les conditions actuelles, il sera sans doute très difficile de trouver une façon de fermer la voie atlantiste à l’Ukraine, même si la France et l’Allemagne ont par le passé pris des positions qui allaient dans ce sens.

On dit en effet, à Washington et ailleurs, qu’une assurance de non-extension de l’OTAN serait une prime à l’annexion russe de la Crimée. Au premier abord, l’argument paraît convaincant. Mais il recèle une forte dose d’hypocrisie. La demande d’intégration rapide à l’OTAN formulée par le gouvernement de Kiev ne rencontre aucun écho favorable à Washington. Même les républicains les plus interventionnistes, qui exigent la fourniture d’armes aux forces ukrainiennes, écartent l’idée d’envoyer des soldats américains combattre pour l’Ukraine. Cependant, il existe un consensus à Washington pour utiliser la crise ukrainienne afin de renforcer l’OTAN dans sa composition actuelle. Un peu comme à l’époque du secrétaire d’Etat à la défense Donald Rumsfeld, les Etats-Unis misent sur la « nouvelle Europe » pour renforcer l’hégémonie américaine au sein de l’OTAN.

Sauf que ce n’est plus toute la « nouvelle Europe » qui est au rendez-vous... La Hongrie, la Slovaquie et même la République tchèque manquent à l’appel. Malgré cela, la presse allemande a révélé les efforts du commandant des forces alliées de l’OTAN, le général Philip Breedlove, pour exagérer les chiffres avancés par les services de renseignement européens sur le nombre de militaires et les fournitures d’armements russes aux régions séparatistes de l’Ukraine de l’Est. Il s’agissait de justifier le déploiement d’une force de trois mille hommes de l’OTAN dans les républiques baltes (5). Bref, on fait comme si c’étaient elles, plus que l’Ukraine, qui avaient besoin d’un secours rapide.

Dans l’état actuel des rapports de forces internationaux, il faut bien reconnaître que la promesse d’une entrée dans l’OTAN adressée en 2008 à la Géorgie et à l’Ukraine par M. Bush n’a fait qu’aggraver leur vulnérabilité. Si les accords de Minsk pouvaient aboutir à un aggiornamento sur cette question, un nouvel ordre international pourrait s’établir en Europe. On pourrait alors assister à une véritable coopération entre la Russie, l’OTAN et l’Europe, et sauver l’Ukraine de la faillite générale qui la menace tout en obtenant des garanties conjointes de sécurité pour l’avenir. La fin de l’expansion de l’OTAN vers l’Est pourrait permettre un retour à la primauté de l’appartenance européenne de la Russie, que M. Poutine avait fortement soulignée dans un discours au Bundestag au début de son premier mandat, en 2001.

Il s’agit là d’une vision très optimiste des virtualités des accords de Minsk 2. On souhaiterait que ce scénario soit le plus probable, mais rien de permet encore de le croire. Le pire pourrait même se produire. Tout d’abord, du côté du discours officiel russe, qui se fait défiant et parfois menaçant. Est-ce seulement pour obtenir des concessions tangibles sur les questions évoquées ? Ou bien M. Poutine ferait-il preuve d’hubris, comme en témoigneraient la mégalomanie des Jeux olympiques de Sotchi, la sous-estimation des capacités occidentales de rétorsion et la poussée de son avantage dans le Donbass au-delà du succès facile remporté en Crimée, sans mort d’homme ?

Quant au pouvoir en place à Kiev, très divisé et instable, son comportement est difficile à prévoir face aux revendications des bataillons de combattants volontaires. Dans un passé encore récent, il a réussi à obtenir contre Moscou, de la part des Etats-Unis d’abord, puis de l’Europe, grâce aux pressions des premiers sur la seconde, de sévères sanctions. Fort de cet appui, et profitant d’une désescalade purement tactique de Moscou, il a déjà tenté, avec des succès initiaux, de reprendre le contrôle militaire des régions rebelles.

C’est dans ce contexte que Mme Angela Merkel s’était rendue à Kiev, en août 2014, pour fêter le 23e anniversaire de la déclaration d’indépendance de l’Ukraine. Elle avait appelé publiquement, devant un président Petro Porochenko impassible, à un cessez-le-feu que Washington évitait de réclamer. Plus réaliste que son interlocuteur ukrainien, elle savait que Moscou avait peu à faire pour renverser le sort des armes. Même maintenant, on tente à Kiev de modifier les conditions prévues par les accords de Minsk pour l’octroi d’une autonomie aux régions sécessionnistes, afin de forcer la main aux puissances occidentales. Le gouvernement ukrainien n’a pas repris le versement des salaires aux enseignants et fonctionnaires des régions sécessionnistes du Donbass. Dans les cercles du pouvoir, plusieurs préfèrent y voir un conflit gelé plutôt que l’exécution d’un accord jugé trop favorable aux demandes de Moscou.

Enfin, l’administration Obama, qui est divisée sur la question, pourrait encore décider d’envoyer une quantité d’armements sophistiqués aux forces ukrainiennes, malgré l’opposition de la France et de l’Allemagne, comme elle a déjà menacé de le faire en février dernier, quelques jours avant la tenue de la réunion diplomatique de Minsk. L’escalade qui en résulterait pourrait amener Moscou à soutenir les rebelles, qui ne demandent que cela, pour une reprise de Marioupol et d’une partie de la région côtière, afin de faire de l’ensemble du territoire conquis un nouveau « conflit gelé » de longue durée, et ainsi garder une hypothèque sur l’avenir de l’Ukraine. Les Ukrainiens, mais aussi les Russes, paieraient alors un prix très lourd, notamment par le renforcement de l’autoritarisme et des aspects les plus détestables et inquiétants de la dernière mouture du régime Poutine. Le glissement de la Russie vers la Chine et l’Asie, qui n’a jamais été son premier choix, se poursuivrait, l’isolant davantage du monde occidental. Ce dernier attendrait un changement de régime qui pourrait mettre beaucoup de temps à venir, et même voir l’instauration d’un pouvoir plus répressif et plus rétrograde que l’actuel.

Jacques Lévesque
Professeur émérite à la faculté de science politique et de droit de l’Université du Québec à Montréal. Co-auteur de La Russie et son ex-empire : reconfiguration géopolitique de l’ancien espace soviétique, Presses de Sciences Po, Paris, 2003.


(1) L’octroi du Membership Action Plan (MAP) à l’un ou l’autre des ces deux pays ne pourrait plus faire l’unanimité (nécessaire) des membres de l’OTAN dans son état actuel. Lire « La Russie est de retour sur la scène internationale », Le Monde diplomatique, novembre 2013.

(2) Jean-Marie Chauvier, « Eurasie, le “choc des civilisations” version russe », Le Monde diplomatique, mai 2014.

(3) L’accord paraphé par les parties et par le représentant de M. Poutine, M. Dmitri Kozak, prévoyait une chambre haute donnant 50 % des sièges aux Moldaves et 50 % à la Transnistrie et à la Gagaouzie, qui, ensemble, disposaient d’une capacité de blocage sur des questions majeures en matière de politique internationale et de défense, alors qu’elles comptaient pour 18 % de la population. Lire Jens Malling, « De la Transnistrie au Donbass, l’histoire bégaie », Le Monde diplomatique, mars 2015.

(4) Jacques Lévesque, « Annexion de la Crimée par la Russie : quelle est la stratégie du Kremlin en Ukraine ? », Diplomatie, n° 21, juin-juillet 2014.

(5) « Breedlove’s Bellicosity : Berlin Alarmed by Aggressive NATO Stance on Ukraine » Spiegel Online, 6 mars 2015.

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/LEVESQUE/53130
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Hddou
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Sam 13 Juin 2015 - 13:26

Hddou a écrit:

Le PetroYuan est né

Par Tyler Durden – Le 9 juin 2015 – Source : ZeroHedge

Gazprom règle maintenant toutes ses ventes de brut à la Chine en yuan

Les deux sujets que nous avons jugés très importants pour une compréhension approfondie de la finance mondiale, mais aussi le glissement du paysage géopolitique, sont la mort du pétrodollar et l’idée de l’hégémonie du yuan.


En novembre dernier, dans l’article How The Petrodollar Quietly Died And No One Noticed, nous avons dit la chose suivante au sujet de la disparition au ralenti du système qui a servi à perpétuer des décennies de domination du dollar :

Il y a deux ans, à voix basse au début, puis de plus en plus fortement, le monde financier a commencé à discuter de ce qui ne sera jamais débattu publiquement – la fin du système qui selon beaucoup a encadré et facilité le statut de monnaie de réserve du dollar américain : le pétrodollar, ou le monde dans lequel les pays exportant du pétrole devaient recycler les dollars qu’ils avaient reçus en échange de leurs exportations de pétrole, par l’achat d’actifs libellés en dollar US, augmentant la solidité financière de la monnaie de réserve, et conduisant à des prix encore plus élevés des actifs et encore plus d’achats libellés en dollars US, et ainsi de suite, dans un cercle vertueux (surtout si l’on détenait des actifs libellés en dollars américains et en monnaie US imprimée).


La principale poussée pour cet éloignement du dollar, lancée dans les médias non traditionnels, venait de la Russie et de la Chine, ainsi que du reste des pays des BRICs, qui cherchaient de plus en plus à se distancier du leadership US, du statu quo du monde développé mené par le FMI. Ces pays aspirent à un commerce mondial qui aurait lieu de plus en plus grâce à des accords bilatéraux qui contournent entièrement le (petro-) dollar. Et bien sûr, cela a certainement eu lieu, avec d’abord la Russie et la Chine, puis l’Iran, et de plus en plus de pays en développement, qui traitent entre eux, en contournant entièrement le dollar US, et s’engagent dans des accords commerciaux bilatéraux.

La chute des prix du pétrole brut a servi à accélérer la disparition du pétrodollar et, en 2014, les pays de l’OPEP ont drainé des liquidités depuis les marchés financiers pour la première fois en près de deux décennies :


Goldman Sachs estime qu’un nouveau prix du pétrole à l’équilibre (soit un ralentissement durable) pourrait entraîner une fuite nette de pétrodollars de $24 Mds par mois soit près de $900 Mds d’ici à 2018. Les implications, comme le note Bank of America, sont considérables : «… la fin de la chaîne de recyclage des pétrodollars va avoir un impact sur tous les sujets, de la géopolitique russe, à la liquidité globale du marché des capitaux, à la demande de refuge pour les bons du trésor, aux tensions sociales dans les pays en développement, à la stratégie de sortie de la Fed.»

En se projetant vers l’idée de l’hégémonie du yuan, la Chine pousse de façon agressive son fonds d’investissement de la Route de la Soie et la Banque asiatique d’investissement.

Ce fonds de $40 Mds est soutenu par China’s FX reserves, par la Banque Export-Import de Chine et la Banque de développement de Chine et cherche à augmenter le ROIC [Retour sur investissement du capital] pour les entreprises publiques chinoises en investissant dans des projets d’infrastructure à travers le monde en développement, tandis que les $50 Mds de l’AIIB sont financés par les 57 pays membres fondateurs (les États-Unis et le Japon n’ont pas adhéré) et serviront à bouleverser les institutions multilatérales occidentales [FMI, entre autres] traditionnellement dominantes qui ont échoué à répondre à l’influence économique croissante de leurs membres. La Chine va pousser pour que le yuan joue un rôle de premier plan dans le règlement des transactions de l’AIIB et pourrait chercher à établir des réserves spéciales, tant dans l’AIIB que dans le fonds pour la Route de la Soie pour émettre des emprunts libellés en yuans.

Si on revient à début novembre, les données SWIFT ont montré que 15 nouveaux pays ont rejoint la liste des nations réglant plus de 10% de leurs accords commerciaux avec la Chine en yuans. «C’est un bon signe pour l’adoption du yuan à l’international. En particulier, l’usage du yuan pour les paiements au Canada, qui a considérablement augmenté au cours de cette période, est très intéressant alors que nous n’avons pas vu une forte adoption du yuan en Amérique du Nord à ce jour», a dit Astrid Thorsen, qui dirige le bureau d’investigation de SWIFT.

Plus tôt ce mois-ci, la Chine et la Russie ont indiqué qu’à l’avenir, une part plus importante du commerce entre les deux pays serait réglé en yuan. Sur Reuters, en novembre dernier :

La Russie et la Chine ont l’intention d’augmenter le montant des échanges établis en yuans, a déclaré le président Vladimir Poutine dans un discours qui a été accueilli favorablement par les autorités chinoises, qui veulent utiliser leur monnaie plus largement dans le monde entier.

Sous l’impulsion de leurs relations souvent tendues avec les États-Unis, la Russie et la Chine ont longtemps préconisé la réduction du rôle du dollar dans le commerce international.

Restreindre l’influence du dollar cadre bien avec les ambitions de la Chine d’augmenter l’influence du yuan et, finalement, de le transformer en une monnaie de réserve mondiale. Avec 32% de ses $4 000 Mds de réserves de change investies dans la dette du gouvernement américain, la Chine veut réduire les risques d’investissement en dollar.

La quête pour limiter la domination du dollar est devenue plus urgente pour Moscou cette année, alors que les États-Unis et les gouvernements européens ont imposé des sanctions à la Russie pour son soutien aux rebelles séparatistes en Ukraine.

«Dans le cadre de notre coopération avec ce pays (la Chine), nous avons l’intention d’utiliser les monnaies nationales dans les transactions mutuelles. Les contrats à base de roubles et de yuans se mettent en place. Je tiens à souligner que nous sommes prêts à étendre ces possibilités dans nos transactions commerciales concernant les ressources énergétiques», a déclaré M. Poutine à l’époque, ce qui suggère qu’à l’avenir, la Russie pourrait chercher à régler les ventes de pétrole en yuan.

Effectivement, Gazprom a confirmé que depuis le début de l’année, toutes les ventes de pétrole vers la Chine ont été réglées en yuan. Voici un commentaire publié sur le Financial Times:

Le troisième plus grand producteur de pétrole de la Russie a maintenant libellé l’ensemble de ses ventes de brut vers la Chine en yuan, comme le signe le plus clair que les sanctions occidentales ont entraîné une augmentation de l’utilisation de la monnaie chinoise par des sociétés russes.

Les dirigeants russes ont parlé de la possibilité d’un passage de la devise américaine au yuan alors que le Kremlin a lancé une politique étrangère de pivot vers l’Asie en partie en réponse aux sanctions occidentales contre Moscou quant à son intervention en Ukraine, mais jusqu’à maintenant, il y avait peu de visibilité sur l’ampleur du commerce qui serait réglé dans la monnaie chinoise.

Gazprom Neft, le bras armé pétrolier du géant gazier d’état Gazprom, a déclaré vendredi que depuis le début de 2015, il avait vendu tout son pétrole exporté vers la Chine en yuans, à travers le pipeline East Siberia Pacific Ocean.

Les exportations de brut des entreprises russes ont été largement faites en dollars jusqu’à l’été dernier, quand les États-Unis et l’Europe ont imposé des sanctions sur le secteur russe de l’énergie à la suite de la crise en Ukraine …

Gazprom Neft a réagi plus rapidement que la plupart, Alexander Dyukov, chef de la direction, annonçant en avril de l’année dernière que la compagnie avait obtenu un accord de 95 % de ses clients pour régler des transactions en euros plutôt qu’en dollars, si le besoin s’en faisait sentir.

M. Dyukov a déclaré plus tard que la compagnie avait commencé à vendre du pétrole à l’exportation en roubles et yuans, mais il n’a pas précisé le volume des ventes.

Selon les résultats de Gazprom Neft du premier trimestre publiés le mois dernier, l’oléoduc East Siberian Pacific Ocean représentait 37,2 % des exportations de pétrole brut de la société avec 1,6 million de tonnes pour le premier trimestre.

Avec cela, le PetroYuan est officiellement né et tandis que le Financial Times notait que «d’autres groupes énergétiques russes ont été plus réticents à abandonner le dollar pour le règlement des ventes de pétrole», le fait que les producteurs russes envisagent maintenant ouvertement un changement, en même temps que les officiels aux États-Unis et en Europe discutent ouvertement de l’intensification des sanctions économiques, suggère que les règlements en yuan vont devenir plus courants à l’avenir.

Pour comprendre pourquoi et dans quelle mesure c’est important dans le contexte actuel, considérons l’information suivante parue sur WSJ

Les officiels de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui ont refusé de réduire la production de pétrole l’an dernier, ont estimé que le maintien des niveaux de production élevés permettrait de protéger leurs parts de marché dans les achats des grands pays importateurs.

Mais les données des douanes chinoises publiées vendredi montrent que les importations chinoises de brut en provenance de certains grands pays de l’OPEP ont chuté, tandis que les importations en provenance de la Russie ont bondi de 36% en 2014. Pendant ce temps, les importations en provenance d’Arabie saoudite ont chuté de 8% et celles du Venezuela ont chuté de 11%.

Pour résumer : les sanctions économiques occidentales contre la Russie ont poussé les producteurs de pétrole locaux à régler leurs exportations de pétrole brut vers la Chine en yuan juste au moment ou le pétrole russe est à la hausse en pourcentage du total des importations chinoises de pétrole brut. Pendant ce temps, l’effondrement des prix du brut a conduit à la première sortie nette de pétrodollars sur les marchés financiers depuis 18 ans, et si les projections de Goldman Sachs se révèlent exactes, l’offre nette de pétrodollars pourrait baisser de près de $900 Mds sur les trois prochaines années. Tout cela arrive alors que par ailleurs la Chine fait un effort concerté pour mettre en place les prêts alloués par ses fonds d’infrastructure nouvellement créés en yuan.

Pour résumer, le PetroYuan est le point d’intersection d’un pétrodollar mourant et d’un yuan ascendant

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mar 16 Juin 2015 - 23:20

Merci Hddou pour cet article fort intéressant

Le dollar est la monnaie principale des transactions de devises depuis la Seconde Guerre Mondiale  et depuis son réveil le dragon Chinois a accumulé des dollars et a fait en sorte à ce que la valeur de sa devise le yuan reste basse pour ses exportations.

Or aujourd’hui que la chine est passée première puissance économique mondiale elle espère que sa devise devienne l'une des principales monnaies de réserve dans le monde voir que le Yuan dépasse le dollar et pour se faire ils ont commencé à réduire leurs réserves en dollar.

A ce petit jeu les chinois ont trouvé un allié de taille, La Russie qui, face à la crise actuelle qui l'oppose à l'occident et à leur tête les US et pour être du coup moins dépendante du dollar, décide de changer de système de paiement et du coup le remplacer par le yuan.

Plusieurs pays surtout d'Asie centrale commencent à investir massivement dans le Yuan au détriment du Dollar.

Si l'Iran ne se décide pas encore de le faire, c'est pour la simple raison que les négociations sur le nucléaire sont en cours, mais cela devrait arriver tôt ou tard.

Enfin ça sent le début de la fin du dollar, à moins que les US décident de re-déclencher une guerre pour tout détruire, en espérant la gagner et tout reconstruire et ainsi revivre les scénarios du début du siècle dernier, mais bon l'histoire des fois se répète mais souvent ne se termine pas pareil Rolling Eyes A suivre
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mar 16 Juin 2015 - 23:46

Je ne pense pas que le yuan pourra prendre un jour la place du dollars , cela signifie que les usa seront tombés ... et soyez en sûr les usa ne tomberont pas c'est encore trop tôt et si cela arrive ce n'est pas la chine qui prendrons leur place .
Par contre , faut surveillez les négociations sur les prochains accords de libre échange , si les usa font passer ces accords il auront de longues années devons eux Wink
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mar 16 Juin 2015 - 23:54

Moro bonne analyse surtout les us ne reculeront jamais pour rester la locomotive
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mar 16 Juin 2015 - 23:57

takugo a écrit:
Je ne pense pas que le yuan pourra prendre un jour la place du dollars , cela signifie que les usa seront tombés ... et soyez en sûr les usa ne tomberont pas c'est encore trop tôt et si cela arrive ce n'est pas la chine qui prendrons leur place .
Par contre , faut surveillez les négociations sur les prochains accords de libre échange , si les usa font passer ces accords il auront de longues années devons eux Wink

Les chinois se sont fixés des objectifs clairs, que le yuan devienne à l'horizon 2030 l'une des principales monnaies de réserve dans le monde d'ici à 2030 (certainement avec le dollar et l'euro)... Une fois cet objectif atteint ils songeront à en faire LA devise mondiale ou pas...

Mais d'ici là les US se laisseront ils faire? jusqu’où sont ils capables d'aller pour que les chinois (à l'aide des russes) n'y parviennent pas? That's the question
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 0:00

lemay a écrit:
Moro bonne analyse surtout les us ne reculeront jamais pour rester la locomotive

On est bien d'accord lemay Wink
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 0:34

Tout à fait d'accords , les usa ont dit non à l'entré du Renminbi au panier du FMI , mais il pourront pas le faire pendant longtemps . les usa veulent négocier avec les chinois un partage mais toujours sous influence atlantiste ce que refusent les chinois . Normalement l'Europe sera absorbée par les usa avec le partenariat transatlantique où seul les multinationales , normes et droit américains primeront . De l'autre côté les usa veulent la même chose en Asie mais en excluant la chine et la Russie.
 La chine négocie son propre accords avec la nouvelle route de la soie mais sans les usa . On est entrain d'entrer dans un nouvel ordre mondial soit on sera dans un monde multi polaire avec des puissances régionales sans influences américaines , ou bien un monde uni polaire avec des vassaux .
Les usa qui sont serte en perte de vitesse essaye de stoppé la chine dans sa doctrine d'hégémonie dans la mer de chine c'est pour ca qu'il veulent laisser tomber le moyen orient au plus vite . Il ont au début voulu se le partager avec la Russie mais toujours sous domination usa mais poutine a dit niet , il ont donc négocier avec l'iran un statut quo où il leur laisseront la région mais sous directive usa ce que israel et les pays du golf craignes . daesh et autre groupuscule ne sont la que pour remodeler la région , on assistera à un découpage de lIraq , création d'un Kurdistan , partition /ou pas de la Syrie , comme ça on aura de nouveaux couloir pour le gaz qatarien et iranien et on pourra stopper le gaz russe .
Tant que poutine est à la tête de la Russie cette dernières subira beaucoup d'attaque jusqu'à quelle fléchi mais ça sans compté le grand stratège qui a réussi a déjoué un par un tout leur coups tendu . Les usa ont raté dernièrement un coup d'état en Macédoine pour stopper le gazoduc venant de Turquie à destination de l'Europe ...
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 0:44

trés bon analyse Moro et tous les autres compatriotes.

la monnaie mondiale future sera une monnaie indexé sur une paquet de devise notamment le yuan, l'euro et le dollar qui sera pas mort, vue que la chine tout simplement n'a pas la projection technologique et géopolitique des USA.

la chine peu être bloqué au niveau, mais regarder son mouvement via sa route de la soie à travers l'eurasia, et sa chaines de ports mondiaux sur sa route maritime vers les sources d'approvisionnement.

un équilibrage des forces est inévitable pour les USA, une défaite américaine sera d'ordre géopolitique, regardez notamment l'effet pervers d'un rapprochement avec l'IRAN qui a pousser le MO a équilibré ses forces avec la Russie et la Chine, un effet secondaire indésirable.

les USA sont tombé sur un Poutine qui a joué une stratégie de tous perdants jusqu'au bout et aventurisme américains avec les jihadistes qui ont fait perdre aux américains un temps précieux pour aller stopper la Chine au pacifique.

le militaires a ses milites, surtout le tout technologique.

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 0:51

Takugo simplement brillant.

juste une chose, l'europe elle même vient de signer un grand investissement avec la Chine pour relancer la croissance en europe. la Chine tire vers elle l'europe pour assurer sa route de la soie et l'europe veux pas être la fer de lance d'attaque vers la Russue, celle la lrassure toujours de ses intentions win win (Poutine)

l'europe elle aussi cherche ses intérêt (France, Hongrie, Gréce, Allemagne...Italie). n'oublie pas que l'europe sait que le plan USA est perdant pour elle et que les populations sont contre le libre échange US, sans oublier que en europe y'a des puissances qui veulent jouer un role d'antan, d'être encore des joueurs indépendants (France, Allemagne....).

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 1:00

Citation :
Enfin ça sent le début de la fin du dollar, à moins que les US décident de re-déclencher une guerre pour tout détruire, en espérant la gagner et tout reconstruire et ainsi revivre les scénarios du début du siècle dernier, mais bon l'histoire des fois se répète mais souvent ne se termine pas pareil Rolling Eyes A suivre

Moro se sra ce cenario if ?????
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 1:14

Faut pas compter sur l'Allemagne de Merkel le dernier sommet du g7 a montré quelle suit les usa à la lettre . L'Amérique et les britanniques ont peur d'un rapprochement entre la Russie et l'Allemagne qui donnera une Eurasie forte et unifiée mais sans les atlantiste qui seront sur la touche et il feront tout pour le saboté (première et deuxième guerre mondiales) . l'union européenne , l'otan , l'euro ne sont que des instrument pour garder l'Europe sous giron des usa parce que sans eux ils sont loin du heartland (voir la théorie du Heartland de Mackinder ) et ( le grand échiquier de Zbigniew Brzeziński ) les récents événements en Ukraine illustre parfaitement celà
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 2:23

Berlin c´est le toutou aveugle de DC meme contre tous les allemands ils veulent forcer le TTIP par peur des US et autres scandales en chantage.
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 4:06

takugo a écrit:
Faut pas compter sur l'Allemagne de Merkel le dernier sommet du g7 a montré quelle suit les usa à la lettre . L'Amérique et les britanniques ont peur d'un rapprochement entre la Russie et l'Allemagne qui donnera une Eurasie forte et unifiée mais sans les atlantiste qui seront sur la touche et il feront tout pour le saboté  (première et deuxième guerre mondiales) . l'union européenne , l'otan , l'euro ne sont que des instrument pour garder l'Europe sous giron des usa parce que sans eux ils sont loin du heartland (voir la théorie du Heartland de Mackinder ) et ( le grand échiquier de Zbigniew Brzeziński ) les récents événements en Ukraine illustre parfaitement celà  


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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 9:34

juba2 a écrit:
Citation :
Enfin ça sent le début de la fin du dollar, à moins que les US décident de re-déclencher une guerre pour tout détruire, en espérant la gagner et tout reconstruire et ainsi revivre les scénarios du début du siècle dernier, mais bon l'histoire des fois se répète mais souvent ne se termine pas pareil Rolling Eyes A suivre

Moro se sra ce cenario if ?????

Kadhafi avait mis en tête de créer le Dinar-or une nouvelle monnaie en or massif, unique sur le continent Africain (avec son projet des Etats Unis d'Afrique), malgré tout ce que l'on puisse dire sur ce personnage farfelue, mais ce projet fut une réelle menace qui aurait mit en péril le Dollar et l’Euro... La suite tu la connais.

Face à la chine c'est une autre histoire, donc les US seront contraint d'inclure le Yuan dans le panier des devises du FMI.

Rien qu'avec la décision Russe d'acheter en Yuan, les US se retrouvent dos au mur, c'est la fin du règne du pétrodollar, d'autres nations suivront et n'auront plus besoin d’accumuler autant de dollars, ce qui va accélérer la dédollarisation avec la baisse de sa demande à échelle mondial.
La conséquence directe serait que tout le monde va à moyen terme vouloir se débarrasser en vendant massivement leurs réserves excédentaires en $ (encore une fois la Russie et la Chine ouvrent la voie et commencent à le faire) on va se tourner de plus en plus vers LA SEULE valeur sure à savoir l'OR et le commerce en devises locales.

Henry Kissinger a fait le Hold Up du siècle lors de son accord global avec l’Arabie Saoudite et l’OPEP en 1973, rendant la monnaie américaine la seule devise de réserve mondiale. Et la Russie et la Chine viennent de dire stop, basta. C'est aussi une manière de contourner les sanctions américaines ainsi que la décision de l'OPEP (par le biais de l'AS) à utiliser les quotas de production comme un moyen de pression.




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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 11:57

il faut pas juste avoir une idée comme Kaddafi, il faut d'abord savoir comment lire l'échiquier et savoir bouger ses pions dans le bons des grands (Russie et Chine) tout en ayant en considération ses atouts, sa position géographique et les menaces probables. Kaddafi s'est découvert et s'est jeté dans la gueule des loups.

la meileurs géostratégie c'est de commencé par travailler sa politique intérieur, avant de faire les grands. comme dis l'adage chez nous : 3awdha lahma9, imshi ibre7 biha.

Celui qui a fait du mal aux USA c'est l'avenue de grands leaders en sud amérique a peu prés en même temps :Surtout Hugo Chavez, il a arraché les pays latinos du giron USA (c'est vrai les USA été occupé), aprés est venue Correa, Morales, Kirchner, Lula Da Silva

Ces pays bougent mais avec intelligence, surtout le Brésil c'est socialistes nationalistes, des vrais mais avec une peau éxtérieur capitalistes.

Beaucoup de pays bougent dans le sens BRICS mais avec intelligence.

on peu dire aussi que les Sandalos du Taliban et l'EI en Iraq ont fait du mal aux USA.

et Enfin, pour créer des grandes politiques géostratégiques, il faut avoir des grands leaders visionnaires (Poutin, Chavez, Lula da Silva,...)



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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 13:04

Citation :

Face aux crises, il est temps de repenser l'ordre du monde


DOMINIQUE MOÏSI / CHRONIQUEUR - CONSEILLER SPÉCIAL À L'IFRI (INSTITUT FRANÇAIS DES RELATIONS INTERNATIONALES) | LE 15/06 À 06:00


Il n'y a plus dans le monde de principe d'ordre dont la légitimité s'impose avec clarté. L'affaissement des empires, en particulier américain, y est pour beaucoup ; l'explosion des inégalités aussi. Il faut rétablir l'Etat de droit.
de Dominique Moïsi
A l'est de l'Europe, la tension armée est de retour en Ukraine. A-t-elle jamais été absente ? Au Sud, Daech s'étend et contrôle de nouveaux territoires. Le G7, qui vient de se réunir en Bavière, pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Comment pourrait-il en être autrement ? Ses origines et sa composition correspondaient à des problématiques essentiellement géoéconomiques et non géopolitiques.
Il n'y a plus, dans le monde, de principe d'ordre qui soit légitime ou s'impose avec clarté. L'idéal de « la paix par le droit international » est plus éloigné de nous que jamais et le spectre, parfois désiré, de « la paix par l'empire » s'est éloigné faute d'« empereur ».
Comprendre la complexité du monde, pour tenter d'en réparer les fractures, est le premier impératif qui s'impose à nous. Le point de départ de toute tentative d'explication commence par l'effondrement, la renaissance et l'affaiblissement de quatre empires. Au sud et à l'est de ses frontières, l'Europe se trouve ainsi confrontée aux conséquences lointaines ou directes de l'effondrement de l'empire ottoman et de l'URSS, héritière de l'empire russe. L'ensemble du continent asiatique se trouve déstabilisé par la renaissance d'un empire chinois, qui entend traduire sa réussite économique en influence géopolitique, sinon compenser le ralentissement de sa croissance par l'appel au nationalisme. Mais le facteur dominant, unifiant tous les autres, provient de l'affaiblissement d'un quatrième empire, pour peu que l'expression puisse s'appliquer à la « république impériale » américaine, pour reprendre la dénomination qu'utilisait Raymond Aron dans un de ses essais.
Au-delà de ce jeu de bascule planétaire, l'affaiblissement des Etats-Unis s'est paradoxalement accompagné d'une remise en cause d'un multilatéralisme auquel Washington s'était progressivement rallié, non sans réticence. L'impossibilité de réformer la composition du Conseil de sécurité de l'ONU a certes contribué à la paralysie, sinon à la remise en cause de la légitimité du système, mais est loin d'en être la seule raison. Au lendemain de l'accès à l'indépendance qui suivit le processus de décolonisation en Afrique, certains commentateurs regrettaient qu'il y ait « trop d'Etats » - et des Etats trop souvent artificiels. Le monde serait-il devenu l'Afrique, sur ce plan ? Avons-nous été victimes d'un processus liant trop étroitement identité et souveraineté nationale, aboutissant à l'existence d'Etats issus d'empires en nombre trop grand, et, parmi eux, de trop d'Etats faillis ou dysfonctionnels, de la Somalie à la Macédoine ?
Une troisième cause décisive d'instabilité dans le monde tient à l'explosion des inégalités, dans l'univers transparent qui est celui de la mondialisation. Les écarts de richesse s'accroissent constamment, entre pays et à l'intérieur des pays, créant un monde à la fois plus fragile et moins légitime. Comment évoquer la notion de bien commun, lorsque si peu ont tant et des masses toujours plus nombreuses si peu, et cela sous le regard de tous ?
Dans un tel contexte, comment recréer un ordre international sur lequel bâtir un nouvel équilibre entre légitimité et puissance ? Il me semble que trois pistes s'ouvrent à nous. Elles sont en réalité peut-être plus complémentaires qu'il n'y paraît. La première consiste à partir de l'ordre international lui-même. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le système international a été successivement bipolaire (Etats-Unis-URSS), unipolaire (les Etats-Unis) et, depuis une dizaine d'années, apolaire. Ne conviendrait-il pas de viser, dans une première étape, l'établissement d'une nouvelle forme de bipolarité entre les deux pays qui sont les seuls à posséder tout à la fois les moyens et l'ambition de jouer un tel rôle, les Etats-Unis et la Chine ? L'Europe n'est pas prête (encore ?) à contribuer au fonctionnement d'un monde multipolaire ; la Russie est un principe de désordre qui n'a pas les moyens de ses ambitions. L'Inde, le Japon et le Brésil sont des grandes puissances régionales.
Certes, un ordre bipolaire constitué autour des Etats-Unis et de la Chine n'est pas une panacée. La puissance qui décline de manière relative possède une résilience et des atouts structurels, en termes de créativité et de valeurs, que la puissance qui rebondit après plus d'un siècle et demi de décadence et de repli ne possède pas. Il s'agirait donc, au mieux, d'une bipolarité asymétrique qui aurait l'avantage de faire reconnaître à Washington que l'Amérique n'est plus seule dans sa catégorie et à Pékin que pouvoir et responsabilités vont de pair.
Au-delà du réagencement de l'ordre du monde se pose la question des valeurs. En Europen à la fin du XVIIIe siècle, Kant et Rousseau voyaient dans l'absence de démocratie les causes principales de la guerre. Aujourd'hui, ne devrait-on pas affirmer que l'absence d'Etat de droit est, de manière ultime, la source principale du désordre, sinon du chaos du monde ? La montée des inégalités et le règne de la corruption poussent de trop nombreux pays à se servir du nationalisme, sous sa forme la plus revancharde, comme d'un rempart face à la montée des contestations. « Vos conditions de vie sont toujours plus difficiles, mais soyez fiers de la grandeur retrouvée de votre pays. Et si vous êtes pauvres, ce n'est pas votre faute. C'est l'Autre qui en est responsable, à travers sa politique de sanctions ! » Peut-on contourner la paralysie des Nations unies en donnant à une institution comme le G 20, plus représentative dans sa composition (qui est loin d'être parfaite) de la réalité du monde, un minimum de moyens, lui conférant ainsi une forme de légitimité institutionnelle ? Ce ne sont là, bien sûr, que des pistes parmi d'autres, mais elles méritent d'être explorées.

http://www.lesechos.fr/journal20150615/lec1_idees_et_debats/021132541605-face-aux-crises-il-est-temps-de-repenser-lordre-du-monde-1128225.php
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 17 Juin 2015 - 21:34

Réponse du berger à la bergère du tac au tac

Citation :

Vladimir Poutine annonce le renforcement de son arsenal nucléaire d'ici fin 2015


Au lendemain des révélations sur un projet américain de déploiement d'armes lourdes en Europe de l'Est, la Russie a annoncé un renforcement de son arsenal nucléaire avec le déploiement de 40 missiles intercontinentaux d'ici fin 2015.


Vladimir Poutine a affirmé, mardi 16 juin, que la Russie serait contrainte de faire usage de ses armes contre tout pays qui menacerait sa sécurité et a exprimé son inquiétude, au lendemain de l'annonce du projet américain de déploiement d'armes lourdes en Europe de l'Est.

"Si quelqu'un place sous la menace certains de nos territoires, nous devons pointer nos forces armées et notre force de frappe vers les territoires d'où vient la menace", a indiqué le président russe lors d'une rencontre près de Moscou avec son homologue finlandais, Sauli Niinisto. C'est l'Otan qui arrive à nos frontières et non pas nous qui allons quelque part."

L’homme fort du Kremlin a toutefois souligné qu'il fallait relativiser les activités de l'Otan. "Il ne faut rien exagérer", a-t-il dit. "Bien sûr, nous allons analyser tout cela de près, mais pour l'instant je ne vois rien de particulièrement alarmant". Et d’ajouter : "Ce sont plutôt des signaux politiques qui sont adressés à la Russie et à ses alliés".

Plus tôt dans la journée, Vladimir Poutine avait fait savoir que son pays renforcera son arsenal nucléaire. "Plus de 40 nouveaux missiles balistiques intercontinentaux capables de déjouer les systèmes de défense antimissile les plus sophistiqués seront ajoutés cette année à l’arsenal nucléaire", a déclaré le président russe lors du salon militaire "Armée-2015".

>> À lire sur France 24 : "Un geste politique plutôt que militaire"

Moscou avait déjà vivement réagi lundi après l’annonce du projet américain par le New York Times, affirmant qu’il s’agirait de "la mesure la plus agressive du Pentagone et de l'Otan" depuis la guerre froide. "La Russie n'aura pas d'autre choix que d'accroître ses effectifs et ses forces sur son flanc ouest", avait prévenu le général Yuri Yakubov. Cité par l’agence de presse RIA, le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov, a, mardi, accusé l’Otan de chercher à entraîner Moscou dans une nouvelle course aux armements.

Si le projet du ministère de la Défense américain était validé par la Maison Blanche, pour la première fois, l'armée américaine disposerait en permanence d'armes lourdes dans des pays qui ont rejoint l'Otan mais appartenaient autrefois à l'URSS ou à sa sphère d'influence.

Avec Reuters

http://www.france24.com/fr/20150616-vladimir-poutine-annonce-renforcement-arsenal-nucleaire-fin-2015-deploiement-missiles-intercontinentaux
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takugo
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Jeu 18 Juin 2015 - 14:37

Les politiques du pipeline en Syrie
http://lesakerfrancophone.net/les-politiques-du-pipeline-en-syrie/

Voici un article intéressant sur la guerre du gaz au moyen orient
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youssef_ma73
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Sam 27 Juin 2015 - 1:01

Géopolitique: renouveau de l'influence russe sur la scène moyen-orientale?
Citation :
Dans l'effervescence que connaît le Moyen-Orient, on a tendance en Europe à se focaliser sur la place occupée par Washington pour souligner le déclin de son intérêt pour la région, en raison notamment de l'indépendance énergétique – récente – des États-Unis et du recentrage de la politique américaine sur d'autres dossiers que les dossiers traditionnels, comme les négociations sur le nucléaire iranien. La guerre en Syrie a également retenu toute l'attention, au détriment peut-être des autres pays. Tout en prenant quelques distances avec Damas, Moscou n'en a pas moins continué d'avancer des pions.

Les observateurs évoquent l'impact des printemps arabes sur la politique moyen-orientale de Moscou, soulignant en particulier les aspects sécuritaires et la nécessité pour la Russie de protéger son environnement proche des risques de contagion, face au développement de l'organisation État islamique en Syrie et en Irak, notamment dans le Caucase, en Tchétchénie.

Les intérêts de Moscou aux Moyen-Orient tournent autour de quatre volontés : contrer l'influence occidentale, contenir la violence de l'extrémisme sunnite, renverser la baisse des prix de l'énergie et accroître les exportations russes dans la région, ces dernières tournant essentiellement autour de l'armement et de l'énergie.

L'originalité de la place qu'occupe Moscou sur l'échiquier moyen-oriental tient au fait que la Russie est l'un des rares acteurs à être en mesure de discuter avec tous les États de la région : Israël, Arabie saoudite, Turquie, Irak, Iran, États du Conseil de Coopération du Golfe, Égypte, Jordanie, Maroc...

Intérêts contradictoires

Position qui met parfois Moscou dans des situations pour le moins inconfortables en raison d'intérêts contradictoires qui peuvent constituer un frein à la progression desdits intérêts russes. Mais Moscou joue le long terme et privilégie les relations bilatérales.

Dans le registre des intérêts contradictoires, on notera le développement des relations russo-kurdes qui est entré dans une nouvelle phase depuis le début des années 2000. Chercheur associé au Harvard Ukrainian Research Institute et enseignant d'histoire au collège universitaire français de Saint-Pétersbourg, Igor Delanoë, dans un article publié par le centre Russie/NEI de l'IFRI, évoque le relais d'influence russe que constituent les Kurdes au Moyen-Orient. Et qualifie de « numéro d'équilibrisme diplomatique » la capacité du Kremlin à densifier ses relations avec les Kurdes, sans pour autant compromettre celles avec les États riverains concernés par la question du Kurdistan : la Turquie, la Syrie, l'Irak et l'Iran.

Le « pari kurde » de Moscou rejoint le positionnement religieux de la Russie qui se présente comme LE grand défenseur des chrétiens d'Orient. « Russes et Kurdes sont devenus des acteurs incontournables de la géopolitique du Moyen-Orient au cours des dernières années et ont développé un partenariat sous-tendu par des dynamiques d'ordre économique, énergétique et sécuritaire », précise Igor Delanoë. Au Moyen-Orient, Moscou cherche une « désaméricanisation » voire une « désoccidentalisation » des relations internationales, estime pour sa part Julien Nocetti chercheur au centre Russie/NEI de l'Ifri.

Pour aller plus loin, écoutez l'émission Géopolitique, Le débat, diffusée samedi à 17h10 TU, vers l'Afrique, et 18h10 TU, vers le monde et Paris (sauf Afrique) ; et le dimanche à 18h10 TU partout dans le monde.

Invités:

- Igor Delanoë, chercheur associé au Harvard Ukrainian Research Institute ainsi qu'à l'Institut des Etudes Européennes et Internationales de l'Université de Kadir Has à Istanbul. Enseigne actuellement l'histoire au Collège universitaire français de Saint-Pétersbourg.

- Julien Nocetti, chercheur au Centre Russie/NEI de l'Institut Français des Relations Internationales.

Pour écouter l'émission : http://www.rfi.fr/emission/geopolitique-le-debat/

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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mar 30 Juin 2015 - 23:57

Citation :
How a crisis in Estonia could lead to World War III

A flowchart
by Max Fisher and Javier Zarracina on June 29, 2015


When you talk to the analysts and policymakers who worry about the possibility of war between the US and Russia, the scenario you most often hear begins in the tiny Baltic nation of Estonia, along Russia's border. Estonia is today part of NATO, which obligates the US and most of Europe to defend it from attack, and the US is deploying heavy military equipment there to deter possible Russian aggression. Estonia, formerly part of the Soviet Union, still has a large Russian minority that is served by Russian state media and has participated in incidents of unrest in the past.

The fear is that Russia could attempt to exploit or stir up unrest among Estonia's Russian minority, as it did in 2014 in eastern Ukraine. If such a crisis escalated, NATO's member-states could split over whether to respond — effectively dissolving NATO, as may be Vladimir Putin's hope — or, all too easily, the violence could escalate out of control into war, even nuclear war.

This flowchart, designed by Javier Zarracina, illustrates the decisions that US and Russians might make in a crisis, and where those decisions would take us. Many of the threads, as you can see, end in peaceful resolution, or something short of all-out war. But many do not, and at a certain point the logic of escalation become more difficult to resist:




http://www.vox.com/2015/6/29/8858909/russia-war-flowchart
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MessageSujet: Re: Géopolitique Mondiale   Mer 1 Juil 2015 - 0:28

il y'a une certaine propagande dans le language utilisé, il faut faire attention à l'usage des mots qui déforment la réalité :

C'est la Russie qui est agressé et non l'inverse : les USA déploient des missiles aux Balkans; monte des changement de régime : et puis menacent ses petit pays d'une pseudo agression russe, et déploient maintenant des armes et des troupes pour défendre ses pays.

mais le mensonge se voit à travers le graphique, il est écris en blanc sur fond bleu NATO ENVADES RUSSIA, millions de russes dans le besoin!!!!!

la stratégie de l'Otan était de provoquer le fougue de Poutine pour envahir l'Ukraine, sa stratégie était de jouer l'apaisement et ne pas tomber dans le péage, il a laisser l'Ukraine mourir à petit feu (manque de gaz, payement de la dette russe, échéances des dettes FMI, non venue de l'aide promises par l'UE pour sauver l'écoomie et l'armée... )

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