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 La Bataille des Trois Rois

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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Mar 16 Oct 2007 - 2:24

desolé,mais c´etaient bien des guerriers berberes,mais bien sure on est tous marocains Wink
comme l´affaire d´un certain tariq ben ziad qu´on nous avancait comme le grand guerrier arabe dans l´ecole,avec un discours en arabe Laughing

il faut appeler un chat un chat,les arabes n´etaient pas nombreux pour combattre ici,a part des elites qui ont su prendre le pouvoir apres par la religion....mais bon ca s´eloigne du sujet ca.
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Cyrax
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Mer 17 Oct 2007 - 20:11

Les Turcs avaient entrepris deux expéditions vers Vienne à deux reprises sans succès.
La première se termina par un siège où, on ne pût jamais se servir de l'artillerie lourde ottomane (les fameuses bombardes turques) à cause de la boue et l'humiditée produite par les pluies.
La seconde se termina par une grande bataille qui impliqua les armées autrichiennes allemandes et polonaises contres les ottomans qui subirent de lourdes pertes et durent se retirer.
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PARA
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Jeu 4 Mar 2010 - 0:36

Aprés cette bataille, plus jamais le Portugal ne fera entendre parler de lui.

Il sera même pûrement et simplement annéxé par l'Espagne et sans combat........son armée avait totalement ( à 100%) dispau au Maroc. Le tout-puissant et arrogant Portugal qui menaçait à l'époque de coloniser la Chine et le Japon, a disparû pendant 1 siècle et ne se sépare de l'Espagne qu'un siècle plus tard. Mais plus jamais, il n'a pû menacer personne.

Ah si!!! Une dernière fois, toujours au Maroc. Il a perdu son unique bastion au Maroc, et par rage, les Portugais ont fait exploser la poudre et détruit leur ville avant de disparaitre à tout jamais du Maroc.
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Jeu 4 Mar 2010 - 20:43

PARA a écrit:
...

Ah si!!! Une dernière fois, toujours au Maroc. Il a perdu son unique bastion au Maroc, et par rage, les Portugais ont fait exploser la poudre et détruit leur ville avant de disparaitre à tout jamais du Maroc.

Mazagão, l'actuelle El Jadida.

Assiégés par les marocains, les mazaganistes* avaient négociés avec les marocains une ultime chance pour se retirer sains et saufs à condition de quitter définitivement la ville, mais des prêtres chrétiens fanatiques sont restés dans la ville et ont mis le feu dans des tonnes de poudre explosive après le départ des mazaganistes.


* Communauté orignaire de la ville de Mazagão et dont les descendents vivent au brésil, cette communauté célèbrent encore chaque année au brésil ''les luttes de leurs ancêtres chrétiens contre les Maures infidèles'' Rolling Eyes
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Proton
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Dim 14 Mar 2010 - 11:03

Ils sont méchant les Marocains!
Il fallait qu'ils tapent nos voisins moins fort peut etre qu'il y'aurait moins de racisme "anti-moro"
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RED BISHOP
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Mar 3 Aoû 2010 - 14:39

Citation :
La bataille d'Oued El Makhazen, une des pages rayonnantes de l'Histoire du Maroc

Rabat, 03/08/10- Le Maroc célèbre mercredi le 432ème anniversaire de la glorieuse bataille d'Oued El Makhazen (4 août 1578) qui fut l'un des moments forts de l'histoire de la lutte héroïque menée par le Royaume contre les tentatives de domination des forces étrangères.

Ce fait marquant de l'histoire du Maroc reflète la grandeur du peuple marocain ainsi que son attachement à la liberté, à l'indépendance et à la préservation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.

La position stratégique du Maroc ainsi que ses ressources naturelles ont suscité la convoitise des pays européens qui décidaient à plusieurs reprises de s'emparer de ses richesses.

C'est vers la fin du mois de février 1578, que le monarque portugais soutenu par plusieurs pays européens a fermement décidé de conquérir le Maroc. Don Sébastien conduisait alors l'armée du Portugal, qui constituait à l'époque une force coloniale et militaire à l'échelle mondiale, afin de mener une guerre croisade contre le Maroc.

Le 25 juin 1578, les forces portugaises embarquent de Lisbonne à bord de 1.200 bateaux. Informé de cette campagne, le Sultan Abdelmalek Saâdi décida de diriger lui-même son armée à Ksar El Kébir.

Le Sultan envoya une lettre de provocation à Don Sébastien pour le faire avancer jusqu'à Loukous, dans la région de Souakene, en vue de l'isoler de sa flotte maritime, qui était son point fort et constituait la source de ravitaillement de ses troupes en armes et en munitions.

Don Sébastien tomba dans le piège et donna son ordre de marcher sur Ksar El Kébir et de traverser Oued El Makhazine. Après démolition du pont de l'Oued par les Marocains, la bataille s'engagea le lundi 4 août 1578 au voisinage de la rivière Wad al-Makhâzin.

La bataille s'achève par une victoire écrasante du Maroc sur le Portugal, les trois rois engagés dans le combat y trouvent la mort, Don Sébastien, son allié Mohamed El Moutaouakil et le Sultan Abdelmalek Saâdi qui décédera des suites d'une maladie, mais sa mort ne sera annoncée qu'une fois la victoire du Maroc proclamée.

Le Portugal demandera par la suite à Ahmed Mansour Eddahbi, proclamé Sultan à l'issue de la bataille, le rapatriement de la dépouille du Roi Don Sébastien au Portugal.

Le Sultan marocain avait ordonné alors la remise de la dépouille du roi portugais aux siens sans contrepartie.

Le retentissement de ce triomphe marqua toute la Méditerranée et fit du Maroc une nation forte qui s'est érigée dès lors en une véritable puissance régionale en Afrique et au niveau méditerranéen.

Cette mémorable bataille, connue également sous le nom de la bataille des Trois Rois, avait mis le holà aux visées expansionnistes chrétiennes.

L'historien français Fernand Braudel et auteur de "la Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II" a écrit à ce propos que "cette désastreuse campagne dans les terres marocaines fut la dernière croisade de la chrétienté méditerranéenne."

Outre ses profondes significations, cette bataille revêt une valeur symbolique dans la mémoire du peuple marocain et témoigne de la cohésion entre toutes les composantes de la société.

Cet anniversaire se veut également un fort évènement historique, en particulier pour les générations montantes, pour s'arrêter sur des moments de fierté et de sacrifice du Peuple marocain pour la défense de l'identité nationale, des valeurs sacrées et des constantes du Royaume.

Dernière modification 03/08/2010 10:24.
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Mar 3 Aoû 2010 - 23:11

je crois comprendre aussi qu'il y'eu un film dédier a cet glorieuse bataille est ce que quelqu'un connais le titre ou a un lien streaming svp

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AMEDEUS
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Mer 4 Aoû 2010 - 0:25

Le film de "La bataille des trois rois a été réalisé par le cineaste SOUHEIL BENBARKA en 1990,il y raconte
la vie passionnante et aventuriere(dans le sens noble du terme:un baroudeur qui a roulé sa bosse partout
en méditerannée..........Il passa vingts ans sur les mers:C EST ABDELMALEK ESSAADI.........
Le titre du film pour ls salles de cinéma cest:LES CAVALIERS DE LA GLOIRE...
Ah ce bon cineaste qu est Souheil ,D excellentes realisations ,pour moi,c est le meilleur réalisateur maro
cain ,bref,un cineaste d envergure.
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jonas
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Mer 4 Aoû 2010 - 1:13

ah merci amedeus j'aprecis beaucoup !!!

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MessageSujet: La Bataille des Trois Rois   Jeu 5 Aoû 2010 - 15:08

Illustration de la Bataille des Trois Rois


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AMEDEUS
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Mer 24 Aoû 2011 - 21:52


Une anectode historique: AL MAIMOUNA.
" Al Maimouna" est le nom donné au plus GROS canon qui a été fabriqué et mis en oeuvre au Maroc.
"AL Maimouna" pesait DOUZE TONNES, fabriqué en bronze et avait une portée de mille (1000)metres.
C est en partie grace a une vingtaine de "Maimouna " que l armée saadienne a semé la terreur dans les rangs des fantassins
et surtout les cavaliers portugais et autres mercenaires ayant pris part a la bataille de OUED AL MAKHAZINE;bataille qui a mis
a genoux l empire portugais.
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Ichkirne
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Jeu 12 Jan 2012 - 1:16

Muhammad al-Mutawakkil, surnommé ''Al Masloukh'' (l'écorché), l'un des trois rois qui périrent lors de la bataille

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WRANGEL
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MessageSujet: Re: La Bataille des Trois Rois   Mar 18 Nov 2014 - 0:27

http://www.histoiredumaghreb.com/La-bataille-des-Trois-rois-ou-de a écrit:

La bataille des Trois rois, ou de Wâdî al-Makhâzin (4 août 1578)





         Région d’al-Qasr al-Kabîr, près de la rivière Loukos, où s’est déroulé la bataille des Trois rois.


Lorsque Sébastien Ier (1557-1578) avait succédé à son père Jean III à la tête du royaume du Portugal, une hantise semblait l’habiter, celle de rompre avec la politique d’abandon des Fronteiras et de continuer une politique agressive menée contre le Maroc. A cette époque, bien que ce dernier pays était de mieux en mieux contrôlé par les Saadiens, les enclaves portugaises restaient intactes et des séditieux marocains opposés à la dynastie régnante préféraient parfois s’allier aux Portugais plutôt que s’aliéner au pouvoir saadien. Il en fut ainsi en 1577 quand Muhammad al-Mutawakkil (le neveu du sultan saadien, chassé du royaume) vint proposer au roi Sébastien la suzeraineté de la place d’Arzila contre une aide militaire. Saisissant l’occasion, Sébastien Ier décida d’intervenir avec la ferme ambition de conquérir un territoire marocain encore plus grand que celui de la place d’Arzila, et de défier directement les Saadiens. Lorsque le sultan Moulay Abd al-Malik fut mis au courant du projet, il contacta aussitôt le roi portugais pour essayer de le dissuader d’entreprendre une pareille aventure, non en le menaçant mais au contraire en le priant de se détourner de pareils plans, en lui proposant même de lui offrir un port marocain de son choix, voire d’accepter de le voir élargir de treize lieues l’hinterland (arrière-pays) de toutes les enclaves portugaises sur le littoral marocain. Sûr de lui, le roi Sébastien considéra ces propositions comme un réel et évident aveu de faiblesse, se convainquant encore plus profondément de provoquer une guerre contre le Maroc. Le sultan saadien lui envoya à nouveau une lettre où il insistait sur le fait que le danger turc était désormais hors de portée de son royaume, et que si cette guerre projetée visait à éloigner ce péril elle serait vaine vu que son but était déjà accompli. Mais, ce qui fut vain ce fut cette insistance auprès du roi portugais vu qu’il balaya d’un revers de main cette nouvelle supplique.

Vers une bataille inéluctable

Moulay ’Abd al-Malik décida alors de prendre contact avec Philippe II d’Espagne, mais ce dernier ne put rien pour lui. Il essaya alors d’envoyer une dernière lettre à Sébastien Ier, dont voici la traduction du texte :
Seigneur roi, ayant entendu dire que Muley Hamet (il s’agit de Muhammad al-Mutawakkil), mon neveu, après que par la force des armes je l’eus chassé du royaume qu’il possédait injustement, est allé se réfugier auprès de Ton royal pouvoir, j’ai jugé bon d’écrire la présente à Ton Altesse pour qu’elle serve d’avertissement. Puisque tu veux volontairement être juge entre nous deux, considérant bien le cas, tu sauras que si de façon juridique on voulait juger cette cause, je dois moi-même être aidé plutôt que persécuté, car je suis le fils aîné du roi qui conquit cette terre, blanc de peau, ami de la raison et de ceux qui la suivent. D’autant plus que mon neveu ne saurait trouver aucune raison à invoquer à l’appui de ses revendications, car, à n’envisager que le droit des armes, qui fut celui par lequel mon père conquit ce royaume il y a cinquante ans, je l’emporte encore sur lui. Donc tu sais très bien que celui de nous deux qui doit régner et posséder ce royaume en droit, il lui est nécessaire de le mériter et d’y être apte, ce dont j’ai donné des preuves et garanties suffisantes. Je te donne avis de ceci Seigneur, comme un ami que je prétends être et de qui veut être le mien, et si cela est, si l’on conteste les droits que je tire de mon âge, étant l’aîné de la famille, que l’on m’envoie des personnes dignes de confiance à qui je puisse communiquer mes intentions, car je n’ai pas moins de volonté d’aboutir à ce qui est juste que mon neveu, ni me manquera les moyens d’accomplir mieux que lui ce que j’ai promis étant donné ce que je possède, bien que je sache que l’on sous-estime mon avoir, lequel me sera profitable dans les temps à venir. [1]

Sachant que ses menées diplomatiques s’avèreraient vaines, Moulay ’Abd al-Malik prépara son armée en la mettant en état de guerre. Armée qui était loin d’être insignifiante, ainsi que devait le déduire le roi portugais du pacifisme du sultan saadien. Elle était même assez moderne, en tout cas assez pour prétendre à se défendre contre n’importe quelle autre de son temps, une fonderie de canons ayant été mise en place à Fès (ce fut dans la région de Fès que retentit le premier coup de canon de l’histoire vers 1274 sous les premiers Mérinides ainsi que le notait déjà Ibn Khaldoun), et l’armée marocaine ayant été dotée d’un véritable parc d’artillerie. Mais, l’élément essentiel de l’armée saadienne demeurait la cavalerie qui disposait déjà d’un service de santé à l’époque. Cette armée qui fut accompagnée d’une transe populaire lors de sa marche vers les troupes portugaises qui venaient de débarquer. Elle était constituée de 40 à 50 000 hommes, dont 30 000 cavaliers comptant parmi eux quelques 3 000 arquebusiers montés, et 20 pièces d’artillerie dont une des plus impressionnantes (un immense canon appelé Maymouna) et encore aujourd’hui visible à l’entrée du Musée des armes de Fès.Canon saadien ayant probablement servi lors de la bataille de Wâdî al-Makhâzin, et entreposé aujourd’hui àl’entrée du Musée des armes de Fès.

De leur côté, les Portugais disposaient de 36 canons mais d’à peine 20 000 hommes dont environ 1 500 cavaliers, tout en rappelant qu’environ 4 000 de ces 20 000 hommes étaient des mercenaires espagnols, allemands et italiens (sans parler du millier de cavaliers et arquebusiers marocains sous le commandement de Muhammad al-Mutawakkil). De plus, ils ne pouvaient progresser que lentement tandis que les Marocains avaient l’avantage du terrain hospitalier [2].


Les dispositifs de combat

Au-devant de son convoi, une fois arrivés près de l’actuel Qsar al-kabîr, Sébastien Ier fit aligner une avant-garde composée de trois carrés : une aile gauche où il plaça Espagnols et Italiens, une aile droite où il plaça le bataillon des Allemands, et au centre il mit le bataillon des aventuriers et soldats de Tanger. Les arquebusiers portugais encerclèrent tout le convoi, commandés par Diégo Lopez de Sequéira, Don Miguel de Noronha, Francisco de Tavora et Vasco de Silveira. Le convoi était même protégé triplement, vu que des rangées de charrettes protégeaient sa gauche et sa droite et que les trente-six pièces d’artillerie étaient alignées à l’avant. En plus de toutes ces précautions, les différents contingents de la cavalerie portugaise avaient été répartis par le roi à gauche et à droite des rangées de charrettes, à droite se trouvaient Don Duarte de Menezes et le Duc d’Aveiro chacun à la tête de cinq cents cavaliers chacun, épaulés par les cinq cents fantassins de Muhammad al-Mutawakkil, tandis qu’à gauche Don Sebastien menait un millier de cavaliers. Ayant ainsi pensé et exécuté la répartition de son armée, le roi se mettait à caracoler fièrement devant ses effectifs, désirant les encourager et aviver leur bravoure. Il les harangua en leur rappelant le caractère sacré d’un tel combat, pendant que ses prélats, les évêques de Coïmbre et de Port faisaient de même, crucifix à la main, en traversant les rangs des soldats frappés par l’atroce chaleur. Il était environ onze heures ce lundi 4 août 1578. Côté marocain, le sultan ne pouvait se comporter aussi activement, très malade, respirant avec beaucoup de peine, il était très pâle, tout l’inverse de son adversaire. La veille, il avait trouvé la force de penser à un dispositif de combat en croissant, plan qu’il réitéra à son état-major qu’il convoqua au lever du jour presque agonisant dans son lit. La disposition des deux armées où l’on voit le dispositif de combat en croissant voulu par le sultan ’Abd al-Malik pour encercler et étouffer l’adversaire moins nombreux. D’après Miguel Leitão de Andrade dans ses "Miscelânea" (1629). Photo : George Jansoone.

Bien que ses médecins et son chambellan Redouane al-‘Alj le lui déconseillaient vivement, il insista pour se lever, revêtir son riche costume d’apparat et monter sur son cheval pour superviser tant bien que mal l’exécution de ses ordres. Il vit que, ainsi qu’il l’avait commandé, son frère Moulay Ahmad, se tenait bien à la corne droite face au roi Sébastien avec un millier d’arquebusiers à cheval et dix milliers de cavaliers-lanciers, pendant qu’en corne gauche Mohammed Zarco avait disposé ses deux mille arquebusiers et dix milliers de cavaliers-lanciers face à Don Duarte de Menezes, le Duc d’Aveiro et Muhammad al-Mutawakkil. Ainsi que l’avaient fait les Portugais, les Marocains avaient également disposé leurs pièces d’artillerie en partie centrale, mais en demi-cercle. Les caïds Dogali et Muhammad Faba avaient espacé des régiments d’un total de quinze mille arquebusiers, dont peut-être cinq milliers étaient des Morisques expulsés d’Espagne tenant à reprendre leur revanche. Au milieu de ces arquebusiers, se tenaient une garde sous le commandement du capitaine Moussa, et en arrière-garde le reste de la cavalerie régulière, quelques vingt mille lanciers répartis en contingents de deux mille. En plus de tous ces hommes, le sultan avait contenu les quinze mille cavaliers des tribus accourues pour effectuer le jihâd à ses côtés en haut de collines alentour près de la corne droite du croissant, avec l’ordre formel de n’intervenir qu’une fois que l’armée régulière sera en prise avec l’adversaire. Le sultan ’Abd al-Malik souffrait atrocement, mais il se força à passer en revue son armée, il eut même le luxe de faire avancer son armée entière de quelques centaines de mètres pour que l’armée de Sébastien fusse avec certitude à portée de ses arquebusiers. Et il attendit que le roi Sébastien engage le combat et inaugure la bataille [3].

                                                 
Dans l’expectative

Du côté portugais, Muhammad al-Mutawakkil, le principal responsable de presque tous ces évènements, se sentait presque aussi mal que celui dont il voulait prendre le trône, quoiqu’en bonne santé contrairement à ce dernier agonisant. Pendant des semaines aux côtés des Portugais, il s’était rendu compte que leur armée était essentiellement composée de paysans sans expérience de la guerre, dont certains avaient peur de leurs propres arquebuses, beaucoup moins rassurantes que leurs charrues. Il voyait des pans entiers de l’armée portugaise menacer de prendre la fuite au premier revers face aux Marocains. Et tout cela ne le rassurait bien entendu pas. De surcroît, le roi auquel il avait offert ses services, maintenant qu’il le connaissait plus intimement, lui semblait au contraire de son armée très brave mais d’une bravoure qui montrait plus d’inconscience que de puissance. Il se mettait à perdre sérieusement confiance en lui, le voyant trainer presque treize mille religieux et laquais extrêmement encombrant pour seulement quinze mille soldats étouffés par une canicule face à une armée sur ses terres et presque trois fois plus nombreuse tout en disposant de pièces d’artillerie certes locales mais tout aussi puissantes. Observant le large croissant que formait l’armée marocaine, il devina que le plan d’Abd al-Malik était d’encercler les Portugais en tirant avantage de leur petit nombre pour les écraser dans un étau sanglant. Il commençait, paniqué, à penser logiquement à une fuite. Guère loin de lui, le roi Sébastien se faisait verser de l’eau entre son armure surchauffée par les rayons de soleil de ce mois caniculaire d’août et sa tunique en cuir dont il avait pourtant choisi la matière pour moins ressentir la chaleur torride de ce pays qu’il venait conquérir. Il était presque midi et ce 4 août marocain était aussi infernal que de coutume. Souffrant horriblement de cette situation, il n’en finissait pas d’espérer lui aussi que l’autre camp attaque le premier. Chaque minute passée à attendre, sous les douloureuses brûlures de son armure en feu, l’exaspérait encore plus. A ses côtés, le capitaine de Aldaña, l’observant minutieusement, subissant le même martyre que lui sous le joug effroyable de la chaleur, fut à son tour gagné par cette insupportable irritation et commença à supplier le roi d’attaquer dans un délire maladif selon le chroniqueur Luis Niéto [4]. Devant ce spectacle insolite, terriblement troublant sous l’effet d’un tel soleil de plomb, le roi finit par paniquer à son tour, tout en craignant qu’on pense de lui qu’il ait pris peur face à l’impressionnant déploiement militaire de l‘armée adverse. Bien qu’il ait promis au sultan saadien ’Abd al-Malik de ne commencer les hostilités qu’en fin d’après-midi pour éviter de combattre au plus fort de la chaleur, il cria soudainement à ses officiers d’engager la bataille, alors qu’il était midi, levant sa lance et s’écriant : « Allons, mes enfants ! Allons, chevaliers ! Santiago ! Attaquons-les, car ce n’est que de la racaille ! » Selon les mots rapportés par l’historien San Antonio de San Roman.



                                                                                     La bataille

Le roi Don Sébastien lança l’attaque le premier en face de lui, contre la cavalerie de Moulay Ahmad. Immédiatement, le sultan ‘Abd al-Malik ordonna à ses artilleurs de bombarder le centre des positions ennemies où se trouvaient des milliers de personnes non combattantes, avec comme but à cette manœuvre de pousser ces religieux et laquais à la panique et les faire courir dans tous les sens entre les rangs des soldats portugais. Il incita en même temps ses arquebusiers à viser l’avant-garde ennemie tout en s’approchant lentement et sûrement. Au même moment, l’aile droite portugaise se jeta sur les contingents de Muhammad Zarco. Si l’artillerie marocaine accomplit des merveilles, les contingents de Muhammad Zarco s’effondrèrent presque sous l’assaut ennemi, durant lequel il perdit deux des cinq drapeaux marocains. Alors que le roi Sébastien préféra revenir sur ses pas après son premier assaut de crainte que la cavalerie de Moulay Ahmad ne réussisse à le couper de son armée. Remarquant que des éléments du contingent de Muhammad Zarco s’enfuyaient dans une débandade générale, le sultan ‘Abd al-Malik, tenant à grandes peines sur son cheval, les poursuivit avec les dernières forces qui lui restaient, essayant dans son délire de les ramener un à un en tirant les rênes de leurs chevaux. Lorsque son entourage essaya de lui faire retrouver raison, il était déjà en train de suffoquer en levant l’index vers le ciel pour faire sa profession de foi. Il s’effondra alors sur son cheval. Le premier roi de la bataille des Trois rois était mort. Le chambellan du roi, d’un sang-froid remarquable, eut immédiatement la présence d’esprit de cacher la mort du sultan, en mettant debout auprès de la litière sur laquelle l’on avait mis ‘Abd al-Malik un jeune page d’une douzaine d’années qui fit semblant de tenir au courant le sultan de la progression de la bataille. Alors que le chambellan, Redouane al-‘Alj, allait porter des ordres dits du sultan aux divers contingents marocains. Ce stratagème permit à l’armée marocaine de ne pas être touchée par une panique fatale. Il réussit remarquablement. Car, petit à petit, ces mêmes contingents de Muhammad Zarco reprirent le dessus sur la cavalerie de Duarte de Menezes, du duc d’Aveiro et de Muhammad al-Mutawakkil grâce au renfort apporté par l’arrière-garde marocaine. La cavalerie portugaise dut se replier de plus en plus loin, hésitant par moment à fuir, pendant que les Marocains réussissaient à prendre les trente-six canons portugais et à les ramener vers le camp marocain. Une partie de l’arrière-garde marocaine poursuivit la cavalerie portugaise, laquelle, tout en semant la panique sur son passage parmi le reste des troupes portugaises, se retrouva bientôt coincée entre les rangées de charrettes et la rivière Loukkos. Une partie se rendit, une autre fut massacrée, et une dernière préféra se jeter dans le fleuve où elle se noya. Quant aux dirigeants, Duarte de Menezes se rendit, le duc d’Aveiro fut tué, et Muhammad al-Mutawakkil se jeta dans une partie marécageuse de l’oued al-Makhâzin (rivière al-Makhâzin) avec son cheval, avant que ce dernier ne se trouve embourbé et ne jette son maître dans l’eau, lequel, ne sachant pas nager, mourut noyé. Le deuxième roi (il prétendait à la couronne du Maroc aux dépens de son oncle ‘Abd al-Malik) de la bataille des Trois rois mourrait à son tour. Au centre, l’affrontement faisait rage encore des deux côtés, les Espagnols, Italiens et Allemands tenaient bon au corps à corps, mourant jusqu’au dernier, dépassés par l’incontestable supériorité numérique des Marocains.
Ahmad al-Mansûr, d’après une gravure européenne anonyme du XVIIe siècle.


Chafik T. Benchekroun
Doctorant en histoire à l’université de Toulouse, rattaché à l’UMR 5136 du C.N.R.S.


Notes
[1] Berthier, P., La bataille de l’oued el-Makhzen, dite bataille des Trois rois (4 août 1578), Paris, 1985, p. 60-61.

[2] Bernard Lugan, Histoire du Maroc. Des origines à nos jours, Ellipses, 2011, p. 158.

[3] Lucette Valensi, La glorieuse bataille des trois Rois, Le Seuil, Collection Univers historique, 1992

[4] Younes Nekrouf, La Bataille des Trois rois, Albin Michel, 1984, p. 215.

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""Qu'importe que je sois de mauvaise foi puisque je lutte pour une cause juste.
        Qu'importe que je lutte pour une cause injuste puisque je suis de bonne foi""


“L'histoire n'est que la géographie dans le temps, comme la géographie n'est que l'histoire dans l'espace.”

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