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 La nouvelle diplomatie turque?

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MessageSujet: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeMer 14 Oct 2009 - 23:50

Rappel du premier message :

Un article intéressant sur la nouvelle diplomatie turque..

Citation :
Pourquoi pas un “modèle turc”?

La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Turk-bayragi



14 octobre 2009 — La nouvelle n’est pas d’importance fondamentale. Elle est pourtant significative et suggère une réflexion sur ce qu’on pourrait désigner comme un “modèle turc”. Il s’agit de l’annonce, répercutée par Defense News le 12 octobre 2009, de l’annulation d’un exercice militaire international organisé par la Turquie, qui comprenait comme principal partenaire Israël. Cette annulation, qui implique un exercice où d’autres pays qu’Israël participaient, est effectivement dirigée contre la participation d’Israël.

«A senior military official here confirmed the cancellation of the Anatolian Eagle exercise that was to have been held in Turkey's Konya province. He did not elaborate on the reasons.

»Prime Minister Recep Tayyip Erdogan's mildly Islamist government was criticized earlier this year for allowing Israeli pilots to train in Turkish airspace. More extreme Islamist opponents here called Erdogan a hypocrite for condemning the Israel Defense Forces' offensive in the Gaza Strip last December and January but allowing Israeli participation in such exercises.

»Israeli diplomats here said that Turkey recently informed Israel of the cancellation of the Anatolian Eagle exercise, which also would have included U.S., Italian and other NATO nations' air forces. A government official said that Ankara decided to cancel all international participation in the annual air exercise, but analysts say the move was aimed specifically at Israel.»

Le Monde relève l’événement ce 14 octobre 2009 et confirme son interprétation politique: «Les autorités israéliennes et turques s'efforcent de minimiser les conséquences diplomatiques de la décision d'Ankara d'annuler la participation d'Israël à l'exercice militaire aérien ‘Aigle anatolien’, qui se déroule du 12 au 23 octobre dans la plaine de Konya, (Turquie). Mais celles-ci sont importantes. Les diplomates israéliens hésitent d'autant moins à parler, officieusement, de “crise” dans les relations bilatérales qu'Israël interprète la réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau turco-syrien, à Alep (Syrie), le mardi 13 octobre, comme une preuve supplémentaire de la volonté de la Turquie de prendre ses distances avec Israël, tout en se rapprochant de ses voisins musulmans. L'annonce de prochaines manoeuvres militaires turco-syriennes ne peut, de ce point de vue, que renforcer la thèse israélienne.»

Cette décision , même si elle peut effectivement paraître d’une importance secondaire, constitue sans aucun doute le renforcement de l’évolution de la position de la Turquie par rapport à Israël, clairement lancée depuis la crise de Gaza et les prises de position extrêmement claires et courageuses du Premier ministre Erdogan. Le Premier ministre turc a eu le bonheur de marier une position morale évidente, qu’aucun chef de gouvernement ou d’Etat d’un pays de l’OTAN (puisque la Turquie en fait partie, prenons cette référence) n'imaginerait pouvoir prendre, avec une ouverture politique intéressante.

L’annonce de la suspension des manœuvres avec Israël montre que l’armée turque ne s’oppose pas à cette évolution d’un éloignement des positions israéliennes. Même si elle conserve des liens avec l’armée israélienne, l’armée turque a pris elle-même ses distances depuis que les Israéliens se sont rapprochés des Kurdes irakiens, évidemment peu appréciés de l’armée turque en raison de leur proximité des Kurdes de Turquie.

En plus du récent développement stabilisateur de l'établissement des relations turco-arméniennes, d’autres évolutions de la Turquie en un peu plus d’un an sont remarquables et constituent un ensemble qui nous paraît très significatif.

• Durant la crise géorgienne, la Turquie a adopté une position particulièrement intéressante. Certes, l’aspect régional, notamment des relations avec la Russie en fonction des diverses situations autour de la Mer Noire (cela, concrétisé récemment par l’officialisation de la normalisation avec l’Arménie), a son intérêt. Mais ce qui est principalement apparu intéressant, c’est une conception des relations internationales semblable à celle de la Russie et de quelques rares autres pays (la France, dans ses bons jours).

• La question de la position de la Turquie comme point de passage, ou relais de la circulation de l’énergie, notamment avec l’affaire des oléoducs. La Turquie a réussi à éviter le piège de l’affrontement entre les projets d’oléoducs russe et anti-russe (SouthStream et Nabucco), tout en se trouvant largement plus intéressée, voire intégrée dans le second, qui rassemble principalement la Russie, l’Italie et sans doute la France (EDF).

• Enfin, l’affaire de l’établissement du développement éventuel d’une position de “bons offices” entre l’Iran et les pays, notamment occidentalistes, qui sont dans une position de négociation-confrontation avec l’Iran. Là aussi, il y a l’intérêt de la position régionale, mais, aussi et surtout, une prise de position sur le principe fort intéressante de la recherche d’une “zone dénucléarisée”. Erdogan est pour une zone de cette sorte dans la région du Moyen-Orient, ce qui résoudrait le problème de l’Iran mais poserait, d’une façon intéressante, celui d’Israël (200 armes nucléaires). Plus encore – et c’est là un aspect fort peu mentionné, qui pourrait déclencher des réactions en chaîne: la “dénucléarisation” étant ce qu’elle est, elle devrait également porter sur les 90 bombes nucléaires B61 entreposées par l’U.S. Air Force sur sa base d’Incirlik, en Turquie. Erdogan pense-t-il à cela lorsqu’il parle d’une “zone dénucléarisée”? Dans tous les cas, ce serait une élégante façon de se débarrasser d’un poids US encombrant. (Au reste, puisque l’on sait que les Américains eux-mêmes flirtent parfois avec ce concept de “zone dénucléarisée” au Moyen-Orient, ont-ils pensé à leurs propres bombes entreposées en Turquie?)

Cheminement d’un “modèle”

Ce qu’il nous importe de décrire ici n’est pas telle ou telle politique régionale, tel ou tel arrangement, telle ou telle évolution, mais la façon dont la Turquie accumule en quelques mois des prises de position fondamentales qui feraient sauter un cabinet à Londres, qui ferait balbutier un président français (l’actuel), qui conduirait à des réunions du National Security Council de Barack Obama en cascade après des polémiques insupportables de la droite républicaine et l’un ou l’autre édito pincé d New York Times. Ce pays, qu’on croirait marqué de travers et de déséquilibres divers et tous insurmontables, prend des positions audacieuses d’équilibre, raisonnables, justes et avantageuses pour lui, qui sembleraient scandaleuses dans une époque qui hait l’audace équilibrée, la raison et la justesse. Car dans toutes les précisions énoncées ci-dessus, une fois qu’on s’est débarrassé des fardeaux idéologiques et qu’on a écarté le carcan conformiste qui nous contraint, on reconnaît effectivement toutes ces qualités.

Remontons un peu dans le temps. Dans les années 1980, la Turquie était un pays prodigieusement corrompu, en plus d’être agité de violences diverses, d’un côté et de l’autre. Contre une commande substantielle de F-16, la société General Dynamics versa $40 millions au parti que les USA favorisaient pour assurer sa victoire à l’élection présidentielle. La somme est attestée par des sources plus qu’honorables, ainsi que la pratique courante de cette sorte de comportement. Dans ces époques parcourue de troubles aisément identifiables, les généraux turcs soumettaient un pouvoir pourtant acquis au “bon côté” (US) à une surveillance qui se traduisait parfois par une intrusion des chars dans Ankara, histoire de bien se faire comprendre.

La fin de la Guerre froide changea insensiblement les choses. Les prévisions étaient éventuellement apocalyptiques, avec le loup-garou islamiste dont nos experts sont devenus si friands. Effectivement, les islamistes (modérés, dans ce cas) prirent le pouvoir. Ils y sont toujours, bien accrochés, après les élections de 2007 qui a très largement confirmé leur victoire de 2002. Cette arrivée des islamistes est l’événement le plus intéressant du propos, parce qu’il a remarquablement modifié la position de la Turquie sans la bouleverser; qu’il l’a remarquablement modifiée non pas tant par rapport au monde islamiste et aux angoisses que suscite l’islamisme chez nos experts que par rapport aux conceptions générales des relations internationales. En quelque sorte, il s’est établi une relation modérée, voire pondérée, entre la réalité turque (sorte de “pays réel”), sa représentation et la réalité internationale.

Les relations internationales telles qu’elles sont pratiquées par la Turquie sont moins dictées par des pressions et des impératifs extérieurs ou des conséquences indirectes de ces impératifs. Lorsque la Turquie désapprouve la guerre en Irak et que son Parlement refuse le droit de passage de la Turquie aux forces US, ces troupes ne passent pas en Turquie et les USA ne rompent pas pour autant avec la Turquie. La Turquie établit des liens plus équilibrés avec ces voisins du monde islamiste et prend position contre une attaque contre l’Iran; pour autant, elle n’est pas enfermée dans le cadre islamique du chaudron moyen-oriental et développe avec son autre voisinage, avec la Russie et les pays de la Mer Noire, une politique tout aussi active. Elle y trouve ses intérêts et les autres s’en arrangent, souvent à leur avantage. La vigueur de l’attitude turque vis-à-vis d’Israël est simplement à mesure de la politique extrémiste, voire paranoïaque d’Israël, qui est avérée sans qu’il soit nécessaire d’user d’anathèmes et de déclencher quelque polémique que ce soit. Cette vigueur est la traduction évidente de la sagesse et de la justice.

La Turquie est toujours membre de l’OTAN et, pourtant, cette position ne constitue plus un lien pour elle comme elle l’est pour d’autres pays-membres. C’est la simple démonstration qu’en prenant l’OTAN pour ce qu’elle est devenue, on peut effectivement développer une politique indépendante avec une certaine tranquillité et sans entrave particulière. A cet égard, sans que ce pays ait l’une ou l’autre vertu extraordinaire, sans qu’il soit exempt de faiblesses ou de travers divers, la Turquie montre qu’on peut développer une politique de bon sens qui apparaît exempte des complexes et des excès qui marquent aujourd’hui les relations internationales, lorsqu’elles sont sous l’influence des tensions générées par le monde occidentaliste avec ceux que ce monde considère comme ses adversaires

Les Turcs ont fait leur choix, qui est celui de ce qu’on jugera être d’une époque nouvelle, qui est le choix de l’inévitable réalisme de la politique extérieur – chose courante en temps normal, chose exceptionnelle par les temps qui courent. C’est ce que disait le président Gür le 14 août 2008, en pleine crise géorgienne, alors que la Turquie détonnait largement à l’OTAN par sa compréhension de la politique russe: «I don't think you can control all the world from one centre. There are big nations. There are huge populations. There is unbelievable economic development in some parts of the world. So what we have to do is, instead of unilateral actions, act all together, make common decisions and have consultations with the world. A new world order, if I can say it, should emerge.»

Le “modèle turc” est intéressant dans la mesure où il montre deux choses, qui pourraient inspirer d’autres pays:

• Comment on peut se dégager insensiblement mais fermement de liens de sujétion que les USA avaient imposés à nombre de pays, dont la Turquie, durant la Guerre froide. Au contraire de la plupart des autres, la Turquie a évolué effectivement comme si la fin de la Guerre froide marquait effectivement la fin d’une époque – ce qu’elle est effectivement en réalité. Cela est bien plus important, pour juger de ce pays, que de prendre comme seule référence la référence islamiste avec les analyses extrêmes qui l’accompagnent inévitablement.

• Comment on peut s’adapter à une situation nouvelle impliquant l’absence de “polarité” impérative encore plus que la “polarité” unique ou à un nombre quelconque; c’est-à-dire, une politique multidimensionnelle, débarrassée du diktat idéologique et de toutes les contraintes qui vont avec. Ces conceptions constituent l’autre face de ce que l’on observait le 29 avril dernier, qui était un certain éloignement turc des habituelles positions atlantistes et américanistes. Cet éloignement se traduit, objectivement dirait-on, par une politique beaucoup plus équilibrée que “renversée”, beaucoup plus mesurée que caractérisée par l’évolution d’un camp vers l’autre. C’est une politique qui admet qu’il n’y a pas de “camp” à vraiment parler, mais qu’il subsiste quelques positions déséquilibrées, voire paranoïaques, dont il faut s’éloigner et se garder.

Certes, il n’y a rien de miraculeux dans tout cela. Il y a simplement la référence d'une possibilité d’une évolution à partir d’une position captive du système, et d’un système qui ne se contrôle plus lui-même, vers une position qui prend en compte les réalités nouvelles sans rupture fondamentale. Il s’agit du retour à une diplomatie classique à partir d’une certaine souveraineté retrouvée, qui a l’avantage d’écarter les conflits artificiels dans lesquels le monde américaniste s’est embourbé. Ce n’est pas un avantage indifférent dans une époque où les vraies crises, bien plus contraignantes et tragiques que les artifices où l’on se débat, commencent à faire sentir leurs effets, et qu’il faut s’armer pour les affronter. Là-dessus, on peut alors commencer la critique humaniste de la vertu démocratique ou du débat passionnel des relations de la Turquie avec l’Europe – au moins, pour mesurer l’irréalité de ces choses en comparaison au reste.

http://www.dedefensa.org/article-pourquoi_pas_un_modele_turc__14_10_2009.html

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeMar 24 Aoû 2010 - 13:34

Un tournant diplomatique, on nous a toujours montrer l'Iran et la Russie comme les ennemis héréditaires de la Turquie..

Citation :
La Turquie enlèvera l'Iran de sa « liste noire » en octobre


Ankara a décidé de retirer l'Iran des pays constituant une menace pour la Turquie, dans son nouveau document de politique de sécurité nationale, a rapporté hier le journal « Milliyet ». Ce document, plus connu sous le nom de « constitution secrète », n'identifiera plus le voisin iranien comme une « menace privilégiée », estimant que l'Iran ne cherchait plus à « exporter son régime » islamique. La Turquie avait déjà suscité des interrogations en juin, en s'opposant à nouvelles sanctions contre Téhéran. Le Conseil de sécurité nationale (MGK) devrait adopter ce texte lors de sa réunion en octobre. Par ailleurs, un dialogue aurait été engagé entre l'Etat turc et le chef emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les Echos


Citation :
Ankara cesse de considérer la Russie comme une menace (journal)

ANKARA, 23 août - RIA Novosti

Ankara envisage d'exclure la Russie de la liste des pays considérés comme une menace pour la Turquie, a annoncé lundi le quotidien Milliyet.

La nouvelle stratégie de sécurité nationale, que le Conseil de sécurité turc envisage d'examiner en octobre prochain, "subira les modifications les plus radicales depuis la guerre froide", constate le journal. Se fondant sur la politique de "zéro problèmes avec les voisins", appliquée par le gouvernement Erdogan depuis 2002, le ministère des Affaires étrangères à proposé de rayer la Russie, la Grèce, l'Irak et l'Iran de la liste des pays constituant "les principales menaces extérieures" pour l'Etat turc, précise le quotidien.

S'agissant de la Russie, le nouveau projet de sécurité nationale met l'accent sur la coopération économique étroite entre les deux pays et sur leur "vision commune" de la stabilité dans le Caucase.

http://fr.rian.ru/world/20100823/187279456.html
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeMar 24 Aoû 2010 - 14:15

et un autre signe venant de la turquie
on assiste a la fin de l'hégemonie américaine.
il est tres claire maintenent que la monde ce bipolarise ou plutot se reconstitue en plusieure puissance régionale.
je ne crois pas que les usa subirons le meme sort de l'urss, mais tout porte a croire qu'ils vons perdre dans un avenire proche leurs statue de premiére puissance.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeVen 27 Aoû 2010 - 16:42

Citation :
L'alliance occidentale, victime des ambitions régionales d'Ankara

La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 027082010114727000000erdogan

Finie, l’alliance privilégiée avec l’Occident ! Le gouvernement islamo-conservateur a entrepris de rééquilibrer sa diplomatie au profit du monde arabo-musulman. Moins par idéologie que par désir d’asseoir sa suprématie régionale. Mais l’opération n’est pas sans risques.

Toronto, Bruxelles, Bichkek (Kirghizistan) et Londres dans la même semaine… Depuis qu’il est devenu ministre des Affaires étrangères de Turquie, il y a un an, Ahmet Davutoglu multiplie les déplacements – une centaine, au total – à travers le monde. Sa mission : promouvoir sa vision de la Turquie comme puissance régionale. Ce n’est peut-être pas pour rien qu’il est originaire de Konya, le berceau des derviches tourneurs !

Son message n’a rien d’exceptionnel : à coups de chiffres et de dates, il expose sa conception d’un rapprochement « sans problème » de la Turquie avec ses voisins. Davutoglu a été médiateur dans divers conflits, des Balkans à Bagdad, et a mis à profit l’influence économique croissante de son pays pour se faire de nouveaux amis, comme le Brésil et la Russie, ou se rapprocher de vieux ennemis, comme la Syrie, l’Irak ou la Grèce.

Voir la carte des alliances régionales de la Turquie:

La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 027082010115404000000infoturquie

Au cours des derniers mois, un hiatus est néanmoins apparu entre les aspirations régionales de la Turquie et ses traditionnelles alliances en Occident. L’échec du rapprochement avec l’Arménie l’a poussée à contrecarrer les démarches entreprises, aux États-Unis et ailleurs, par la diaspora arménienne en vue de faire reconnaître les massacres de 1915-1916 comme un génocide.

Et puis, en mai, l’armée israélienne a attaqué une flottille qui se rendait à Gaza sous pavillon turc, causant la mort de neuf personnes… La rupture des relations diplomatiques a été évitée, mais Davutoglu a prévenu que tout réchauffement était exclu tant qu’une enquête internationale n’aurait pas été diligentée [le 2 août, Israël a accepté de coopérer avec une commission d’enquête onusienne, NDLR]. Et tant que l’État hébreu n’aurait pas présenté des excuses aux familles des victimes.

Partenaire essentiel

Pour les États-Unis, c’est lors du vote à l’ONU de nouvelles sanctions contre l’Iran que l’évolution la plus nette de la position de la Turquie a été constatée. Vexée du mépris affiché par l’Occident pour l’accord sur le nucléaire que, de concert avec le Brésil, elle était parvenue à négocier avec la République islamique, elle ne s’est pas contentée de s’abstenir : elle a voté contre.

Reste que la Turquie est de plus en plus importante pour l’Occident. Elle est depuis longtemps membre de l’Otan, constitue un « corridor » indispensable à l’acheminement des hydrocarbures d’Asie centrale et constitue la preuve qu’un grand pays musulman peut concilier islam et démocratie. Enlisés dans deux guerres, les États-Unis ne peuvent pas se permettre de perdre ce partenaire essentiel à la stabilité de l’Irak et de l’Afghanistan.

Champion de la cause palestinienne, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan­ a fini par éclipser Hassan Nasrallah­, le chef du Hezbollah, dans le cœur des Arabes. La volonté des responsables turcs d’affirmer leur indépendance vis-à-vis de Washington a renforcé leur crédibilité régionale. Ils sont, par exemple, plus écoutés à Bagdad depuis qu’ils ont refusé de laisser les Américains utiliser leur espace aérien pour envahir l’Irak, en 2003.

Du coup, la Turquie est de plus en plus considérée à Washington comme un partenaire peu fiable. Au Congrès, certains élus estiment que la dégradation de ses relations avec Israël est la preuve que son régime islamo-­autoritaire incline à l’est. Pourtant, l’irruption de la Turquie dans le paysage géopolitique du Moyen-Orient ne devrait surprendre personne. Depuis la fin de la Guerre froide et des conflits dans les Balkans, Ankara cherche un rôle plus valorisant que celui de sentinelle de l’Otan aux portes de l’Orient. « La Turquie n’est pas un dossier, c’est un acteur, affirme Davutoglu. Nous l’étions en défendant l’Occident les armes à la main au sein de l’Otan ; nous le restons en promouvant pacifiquement les valeurs de l’Union européenne à l’est de la Méditerranée. »

La Turquie n’est pas seulement membre de l’Otan, elle préside également l’Organisation de la conférence islamique (OCI), qui regroupe cinquante-sept États. C’est cette identité double qui contraint son gouvernement à se montrer actif dans la région. Pour lui, le bellicisme d’Israël, obsédé par le programme nucléaire iranien, constitue un vrai risque de conflit. D’où ses efforts de médiation entre Israël et, d’une part, la Syrie, de l’autre, les Palestiniens.

Il ne s’agit ni d’une manifestation de dépit face aux réticences des Européens à l’intégrer au sein de l’UE, ni d’un virage à l’est. Et pas davantage d’une hypothétique volonté du gouvernement AKP de se rapprocher des pays musulmans. Erdogan entend montrer qu’une Turquie confiante et dynamique doit avoir plusieurs cordes à son arc. « L’intégration au sein de l’UE reste notre objectif prioritaire », jure Davutoglu.

Dérapages verbaux

Pour certains analystes, la Turquie sera d’autant plus influente dans les pays arabes qu’elle conservera ses connexions et son identité occidentales. « Si les séries télévisées turques sont tellement regardées dans ces pays, estime Semih Idiz, éditorialiste au journal Milliyet, c’est justement parce qu’elles mettent en scène une conception de l’amour et de la liberté inconnue en terre musulmane. »

La question n’est donc pas de savoir si la Turquie glisse à l’est, mais si elle parviendra à accroître son influence dans la région en rééquilibrant ses alliances, anciennes et nouvelles.

Les résultats de cette politique sont, pour l’instant, mitigés. Au crédit de Davutoglu, on peut faire figurer le rapprochement avec la Syrie, l’établissement de relations cordiales avec les dirigeants kurdes du nord de l’Irak et les premiers pas vers une union douanière moyen-orientale. Mais la Turquie ne présume-t-elle pas de ses forces ? En raison de son opération conjointe avec le Brésil, les Occidentaux pourraient s’opposer à sa participation aux discussions sur le nucléaire iranien. Et elle a dû se retirer de la médiation entre Israël et la Syrie. Enfin, il est dommage que les tentatives de réconciliation avec l’Arménie et avec la Grèce n’aient pas abouti : cela aurait permis de démontrer que la Turquie ne s’intéresse pas au seul monde musulman.

Si l’engagement régional de la Turquie est cohérent, il est cependant fragilisé par les débordements périodiques d’Erdogan. S’adressant à Benyamin Netanyahou après l’attaque de la flottille, le chef du gouvernement avait par exemple cité, en hébreu, le commandement « Tu ne tueras point ». Puis laissé entendre qu’Israël soutiendrait la rébellion kurde en Turquie. À Washington, il se murmure aussi que, lors d’une rencontre avec Hillary Clinton, alors qu’il réclamait l’aide des États-Unis pour sécuriser la libération des militants de la flottille emprisonnés, Davutoglu aurait repoussé violemment la table et se serait mis à crier.

Ces effets scéniques visent généralement l’opinion nationale. Jusque dans les années 1990, la politique étrangère turque était mue par des considérations sécuritaires. Aujourd’hui, elle a intégré la crainte populaire d’une trop grande influence des pays étrangers, ainsi que son anti­américanisme foncier.

« Ce que l’on observe à Washington, commente Omer Taspinar, de la Brookings Institution, ce n’est pas l’émergence d’une diplomatie islamiste, mais celle d’un gouvernement populiste, qui exploite les frustrations des Turcs vis-à-vis des États-Unis et de l’Europe. »

Cette attitude pourrait ruiner les chances de la Turquie de devenir véritablement influente. « Le monde s’offrait à eux sur un plateau, et ils ont choisi Gaza ! fulmine Soli Ozel, de l’université Bilgi, à Istanbul. Soumis aux pressions de la rue, turque et arabe, ils ont perdu le contrôle de la situation. »

Davutoglu devra bientôt revenir aux affaires nationales. Les nombreux raids lancés, à travers la frontière irakienne, par les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont été parmi les plus sanglants de ces dernières années. Plus le PKK est violent, plus la pression sur le gouvernement s’accroît pour qu’il s’assure l’aide de ses alliés. Ce dernier attend des États-Unis une aide militaire­ directe ; de l’UE, qu’elle tarisse les sources du financement du PKK ; et du gouvernement kurde du nord de l’Irak, qu’il déloge le PKK des montagnes où il a établi ses bases.

Le conflit avec les Kurdes pourrait donc conduire à un resserrement des liens avec l’Irak et les États-Unis. Davutoglu et Erdogan pourraient alors méditer cette bonne vieille maxime anglo-saxonne selon laquelle, en politique, tout est toujours local.

© Financial Times et Jeune Afrique 2010. Tous droits réservés.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 6 Nov 2010 - 14:05

Citation :
Turquie: un feu vert sous conditions au déploiement de l'ABM (médias)

La Turquie n'acceptera de déployer les éléments du bouclier antimissile otanien (ABM) que sous réserve de trois conditions, annoncent samedi les médias turcs.

Vendredi, lors d'une réunion à Ankara, présidée par le chef de l'Etat turc Abdullah Gül, les dirigeants politiques et militaires ont discuté du déploiement de l'ABM sur le territoire du pays. Il a été décidé qu'Ankara le permettrait sous réserve de trois conditions, lit-on dans les quotidiens Hurriyet et Sabah.

Primo, les autorités turques prônent la création de l'ABM otanien et non plus américain. Secundo, le bouclier doit viser à assurer la sécurité de tous les pays membre de l'Alliance atlantique. Tertio, le déploiement de l'ABM ne doit pas faire de Turquie un pays frontalier, comme cela avait été le cas pendant les années de la guerre froide.

A cet égard, Ankara insiste que les documents relatifs à l'ABM ne mentionnent pas des pays concrets, notamment la Russie, l'Iran et la Syrie qui sont en étroite coopération avec la Turquie. Auparavant, les officiels turcs ont plusieurs fois signalé qu'Ankara ne se sentait pas menacée par ses voisins.

Selon le quotidien Hurriyet, le premier ministre Tayyip Erdogan fera part de la position de son pays concernant l'ABM au président américain Barack Obama lors du prochain sommet G20 à Séoul.

http://fr.rian.ru/world/20101106/187798148.html
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 6 Nov 2010 - 20:41

Je ne comprendrai jamais cet ABM....il ne va pas dégrader les relations de la Turquie avec ses voisins????
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeDim 7 Nov 2010 - 0:47

snak-boss a écrit:
Je ne comprendrai jamais cet ABM....il ne va pas dégrader les relations de la Turquie avec ses voisins????

Non, je crois pas, il y aura des limitations certainement comme le prévoit le gouvernement turc, sinon la Turquie agrandit chaque jour son influence notamment envers les Balkans, ici, au Kosovo, le Vezir-i Azzam Erdogan est en visite, les kosovars sont venus acclamés avec des drapeaux turcs Erdogan, le Kosovo, l'Albanie, la Macédoine et la Bosnie sont nos principaux alliés dans la région, bien que nos relations avec la Serbie s'est nettement amélioré.. La Turquie protège et protègera toujours les musulmans dans les Balkans..

Les Kosovars écoutant Erdogan:

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeDim 7 Nov 2010 - 2:00

Oui, je comprend pour les Balkans, vu que vous dominiez cette régions il y a a peine 100 ans et une grosse partie son des muslims, mais, moi, je te parle surtout de l'Iran et de la Russie...même avec des limitations comme tu dis, les iraniens ne vont-il pas se dire : "He là, vous les Turcs vous voulez qu'on aie de bonne relations bilatérales et là, vous mettez un boucliez qui a pour objectif de me neutralisez...est ce que vous vous foutez pas de nous là ???"



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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeDim 7 Nov 2010 - 12:28

snak-boss a écrit:
Oui, je comprend pour les Balkans, vu que vous dominiez cette régions il y a a peine 100 ans et une grosse partie son des muslims, mais, moi, je te parle surtout de l'Iran et de la Russie...même avec des limitations comme tu dis, les iraniens ne vont-il pas se dire : "He là, vous les Turcs vous voulez qu'on aie de bonne relations bilatérales et là, vous mettez un boucliez qui a pour objectif de me neutralisez...est ce que vous vous foutez pas de nous là ???"




Le déploiement de l'ABM ne doit pas faire de Turquie un pays frontalier, comme cela avait été le cas pendant les années de la guerre froide. Donc, la capacité de l'ABM n'atteindra pas la frontière orientale..
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeDim 7 Nov 2010 - 17:54

Tiens justement ... Ou il est question de l' Iran:

Citation :
Nucléaire iranien: Téhéran favorable à des négociations en Turquie (ministre)
Dossier: Nucléaire iranien
Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki
14:54 07/11/2010
© AFP/ Miguel Riopa
MOSCOU, 7 novembre - RIA Novosti


Les négociations entre Téhéran et les Six médiateurs pour le nucléaire iranien (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) pourraient reprendre prochainement en Turquie, a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki.

"Nous avons informé nos collègues turcs de notre accord sur la tenue des négociations en Turquie", a annoncé M. Mottaki, avant de remarquer que le lieu, la date et le menu de la rencontre étaient en cours de discussions.

Jeudi, le ministre n'avait pas exclu que la reprise des négociations puisse avoir lieu le 10 ou le 15 novembre à Vienne, à Istanbul ou à Genève.

En octobre, la Haute représentante pour les affaires étrangères de l'UE Catherine Ashton a invité l'Iran à relancer les négociations à la mi-novembre à Vienne. M. Mottaki a quant à lui appelé l'UE à préciser la date. Les représentants de l'UE ont proposé d'organiser les discussions entre le 15 et le 18 novembre.

Téhéran s'est retiré des négociations avec les Six et l'AIEA en novembre 2009, après l'adoption par le Conseil des gouverneurs de l'Agence d'une résolution condamnant le lancement d'un deuxième site iranien d'enrichissement d'uranium.

En juin 2010, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la résolution 1929, imposant une nouvelle série de sanctions contre l'Iran.

L'Iran rejette toute accusation de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil mené, selon Téhéran, à des fins exclusivement pacifiques.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeMar 14 Déc 2010 - 23:25

Citation :
Pourquoi la Turquie regarde de moins en moins vers l'Europe

En banqueroute en 2001, sauvée par l'argent du FMI, la Turquie affiche aujourd'hui une croissance de plus de 7%. Et ses finances publiques sont saines. Forte de son nouveau statut de puissance émergente, elle s'ouvre de plus en plus vers l'Orient.

La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 35076_sun-sets-over-an-ottoman-era-mosque-in-istanbul

Cela fait cinq ans déjà que Bruxelles et Ankara ont entamé des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Celles-ci n'avancent que très lentement, engluées dans le conflit sur Chypre et surtout dans les réticences de Paris et Berlin à un élargissement de l'Europe à un pays de 73 millions d'habitants.

Sauf qu'entre temps, la Turquie a pris son envol. Fort d'un produit intérieur brut (PIB) d'environ 750 milliards de dollars (570 milliards d'euros, soit environ quatre fois moins que la richesse nationale française), le pays s'affirme aujourd'hui comme une nouvelle puissante émergente, dans le sillon de la Chine, de l'Inde, du Brésil et de la Russie.

Sur les neuf premiers mois de 2010, l'économie turque a progressé de 8,9%. La croissance du PIB turc devrait atteindre 7,5% sur l'ensemble de l'année. Un chiffre à faire pâlir d'envie les pays de la zone euro, au premier rang desquels la France dont la croissance sera de 1,6% en 2010.

La Turquie n'a pourtant pas échappé à la récession mondiale: en 2009, son PIB s'était contracté de 4,7%. La relative rapidité de la reprise doit beaucoup à la stabilité de son secteur financier, assaini au début des années 2000 dans le cadre d'un prêt accordé par le FMI. Aujourd'hui, la croissance de l'économie turque est tirée par une envolée du crédit aux ménages et aux entreprises.
Un déficit public à 4% du PIB

Et ses finances publiques sont plutôt saines, comparées à celles de la plupart des pays de la zone euro: sa dette atteint 40% du PIB (20 points de moins que les exigences du traité de Maastricht), son déficit 4%. Le pays est en excédent primaire (excédent budgétaire hors charges de la dette) depuis plusieurs années, ce qui lui permet de réduire progressivement sa dette. Son déficit devrait passer sous les 3% du PIB en 2011.

Bref, à part son inflation qui frôle les 7%, la Turquie remplit les critères pour entrer dans la zone euro. Sauf qu'elle ne veut pas de la monnaie unique. Le ministre turc de l'Economie Ali Babacan a déclaré, dans une interview vendredi 10 décembre au quotidien économique allemand Handelsblatt, qu'il "n'avait aucune envie d'appartenir à la zone euro" actuellement. Certes, avec ses pays au bord de la faillite et ses mécanismes de solidarité qui laissent à désirer, la zone euro n'est plus aussi séduisante qu'il y a trois ans, avant la crise.

"La Turquie n'a aucun intérêt à entrer dans la zone euro, explique Deniz Ünal, économiste au CEPII. Cela ferait bien sûr baisser ses taux obligataires [environ 8% actuellement], mais vu le taux d'inflation, ce n'est pas un problème aujourd'hui pour le pays. Par contre, elle perdrait de facto sa souplesse monétaire, qui lui a permis d'amortir le choc de la récession mondiale."
L'UE représente moins de 50% des exportations turques

Au-delà de la zone euro, c'est l'adhésion à l'Union européenne elle-même qui est remise en question aujourd'hui. D'abord parce que la lenteur du processus d'adhésion a eu raison de l'enthousiasme de l'opinion publique turque pour la maison Europe. Ensuite parce que les pays européens sont des partenaires économiques majeurs pour la Turquie, mais pas essentiels.

L'UE absorbe actuellement un peu moins de 50% des exportations turques. Mais vu les perspectives de faible croissance de la demande intérieure européenne ces prochaines années, en raison notamment des plans de restriction budgétaire, cette part devrait se réduire. Sans trop de pleurs pour la Turquie qui, depuis le début des années 2000, s'est ouverte sur les pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. L'Iran et l'Irak sont deux marchés à fort potentiel de croissance pour Ankara. Sans oublier la Russie, avec qui la Turquie entretient d'étroites relations commerciales.

Aujourd'hui, les Turcs regardent avec un certain amusement ce qui se passe en Europe, confie Deniz Ünal: les plans de secours du FMI, assortis de contraintes budgétaires et de réformes structurelles, ils ont connu cela en 2001. Et ils s'en plutôt sont bien remis. La Turquie aura d'ailleurs remboursé la totalité de son prêt de 15 milliards de dollars en 2013.


http://www.lexpansion.com/economie/pourquoi-la-turquie-regarde-de-moins-en-moins-vers-l-europe_245140.html
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeMar 14 Déc 2010 - 23:46

J' adore la Turquie ... J' ai mon cousin qui ma appellé hier. Y' a quelques années il me prenait la tête pour que je lui presente une femme en France ( une turque) ... Hier je lui ai redemandé si il voulait toujours venir . Reponse net et tranchante... Tu es fou ?? qu'il ma répondu.

25 ans il a une entreprise et 10 salariés. Et je peux vous garantir qu'il est fils de berger et n' a beneficié d' aucun soutient obscure.

La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_mrg Il y a des opportunités dans tous les secteurs ...
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeMar 14 Déc 2010 - 23:48

Aslan a écrit:
J' adore la Turquie ... J' ai mon cousin qui ma appellé hier. Y' a quelques années il me prenait la tête pour que je lui presente une femme en France ( une turque) ... Hier je lui ai redemandé si il voulait toujours venir . Reponse net et tranchante... Tu es fou ?? qu'il ma répondu.

25 ans il a une entreprise et 10 salariés. Et je peux vous garantir qu'il est fils de berger et n' a beneficié d' aucun soutient obscure.

La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_mrg Il y a des opportunités dans tous les secteurs ...

Tu aurais pu lui dire d'aller draguer les vieilles européennes qui viennent en Turquie.. Very Happy
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeMar 14 Déc 2010 - 23:53

barbaros pacha a écrit:
Tu aurais pu lui dire d'aller draguer les vieilles européennes qui viennent en Turquie.. Very Happy
C'est donc ainsi que tu t'y es pris, Barbaros La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_mrg

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeMer 15 Déc 2010 - 0:00

Nan ça c'est du gigolisme.. Bizlere yakismaz öyle isler... La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_mrg

Lui il sortait du service militaire il voulait fonder une famille.

Mais c'est vrai que y' en a beaucoup des jeunes en Turquie ils n'hesitent pas à se balader au bras d'un cougar allemand ou hollandais.. Que veux tu . L' argent facile. L' homme est faible. Il craque vite. Surtout quand il allie plaisir et argent.

Y' a pas un article en français sur le gars qui a trouvé le pot rempli de pièces d' or et qui la ramené au commissariat ? T' a du en entendre parler . C' est à côté de chez moi en Turquie qu'il l'a trouvé. Valeurs 1 million d' euros j' ai cru entendre.
Mes cousins veulent tout les ans que je leur ramène des detecteurs de metaux précieux dernier cris made in europe.. apparemment c'est blindé de trésor les environs.

A ce propos il est bien de rappellé qu'en Turquie beaucoup de gens vivent avec l' espoir de trouver un trésor. La chasse aux trésors fait rage ..

Sacrée Turk .. La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_mrg Cool
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeJeu 10 Mar 2011 - 22:16

Citation :
Des missionnaires turcs en Afrique

Depuis plusieurs dizaines d'années, la Turquie ouvre des écoles un peu particulières dans le monde entier, dans l'espoir d'en faire les viviers d’une future élite locale, turcophone et turcophile.

La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 298216e7b07e5392

Nous sommes en 2009, au Kenya. En visite d’Etat, le président turc Abdullah Gül est ravi, et pas du tout dépaysé. Il est même un peu «chez lui», dans cette école de Nairobi où de jeunes Africains, musulmans pour la plupart, lui parlent en turc.

Les élèves entonnent des chansons et esquissent les danses anatoliennes que leurs professeurs leur ont apprises. Des chants très typiques, ceux-là mêmes qu’Abdullah Gül et tout le peuple turc scandent, eux aussi, à l’école et lors des fêtes municipales à Ankara, Izmir, Edirne ou Samsun, dans toute la Turquie.

En écoutant ces jeunes Africains reproduire ces mélodies anatoliennes, le Président Gül est ému. Emu et fier, assurément, que la voix de la Turquie porte si loin.

«Un parallélisme peut être dressé avec ce que les colonisateurs européens faisaient autrefois en Afrique. L’Européen moyen peut être surpris de voir de "petits blacks chanter en turc", mais en quoi cela est-il plus choquant que lorsque ces même blacks chantaient autrefois des chansons populaires bretonnes ou irlandaises?» interroge Bayram Balci.

Des écoles en Afrique pour asseoir la puissance turque

Cela fait plus de 15 ans que ce chercheur franco-turc étudie, sur le terrain, les écoles de la confrérie turque de Fethullah Gülen, ces «jésuites de l’islam turc» ainsi qu’il fut le premier à les qualifier dans sa thèse en 2001.

La confrérie Gülen est le volet spirituel de la nouvelle volonté de puissance turque dans le monde. En Afrique, la méthode est la même que celle éprouvée auparavant en Asie centrale, par exemple. La confrérie ouvre des écoles dans les pays où les entrepreneurs turcs conquièrent des marchés. Ces derniers, souvent membres de cette mouvance mais pas toujours, financent ces établissements dans l’idée d’en faire les viviers d’une future élite locale, turcophone et turcophile.

Ainsi, l’un des plus importants hommes d’affaires turcs, Ishak Alaton, reconnaît avoir «tout à fait naturellement» aidé à l’ouverture des «écoles Gülen» en Russie, pays dans lequel son entreprise Alarko est extrêmement présente.

Le gouvernement turc, quant à lui, se porte garant du sérieux de ces écoles auprès du gouvernement local. L’équipe au pouvoir à Ankara aujourd’hui approuve l’action et la philosophie de cette confrérie, laquelle continue toutefois de susciter méfiance et suspicion des gardiens du kémalisme, au sein de l’armée et des milieux intellectuels en particulier.

«La Turquie a changé, elle a des rêves de grandeur; elle a déployé cette puissance d’abord dans son "pré carré" —le monde turcique, les Balkans, le Caucase— et elle procède maintenant à la même chose en Afrique, même s’il ne faut pas non plus exagérer le phénomène. La présence turque en Afrique est encore assez embryonnaire», explique Bayram Balci.

En 2008, lors du premier sommet turco-africain, le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a lancé un appel aux «hommes d’affaires et associations turcs pour se tourner vers le continent africain».
Former les «jésuites de l'islam turc»

Dans cette logique de «joint-venture» entre le spirituel, l’économique et le diplomatique, les écoles de Fethullah Gülen ont essaimé dans huit pays d’Afrique: au Nigeria, en Ouganda, au Gabon, au Malawi, mais surtout au Sénégal, au Burkina Faso, au Kenya et au Mali. Les registres de la confrérie, tenus régulièrement à jour, évaluent à un peu plus de 13.000 le nombre d’enfants et d’adolescents africains qui y sont scolarisés.

Né à l’est de la Turquie, l’homme qui a donné son nom à cette mouvance, Fethullah Gülen, est un imam turc âgé de 72 ans, actuellement malade et sans héritier. Il vit aux Etats-Unis depuis 1999. Ses ennemis l’accusent d’être un agent de la CIA. Ce qui est sûr, c’est qu’il participe au dialogue inter-religieux prôné par Barak Obama. Car ce qui caractérise Fethullah Gülen, c’est sa volonté de penser modernité et islam.

«On sent chez lui, explique Bayram Balci, un besoin d’interpréter l’islam selon un contexte et des besoins contemporains, différents de ceux du temps du Prophète.»

Une démarche soutenue par des centaines de milliers de Turcs. Les «Fethullahci», ainsi qu’on surnomme ses «afficionados», (ses «séides» diront ceux qui s’en méfient, pointant du doigt la quasi-absence des femmes dans la direction du mouvement) se sont mobilisés en 2008 pour élire leur Guide «penseur le plus influent de l’année» sur le site de la revue Foreign Policy.

«Entre fantasme et réalité, le mouvement Gülen dont les membres tendent plutôt à se définir comme une école de pensée (…) est doté d’un mode d’organisation moderniste», écrit la chercheuse française Gabrielle Angey —d’où le terme de «néoconfrérie» qu’utilisent certains analystes.

Un réseau international pour «ré-islamiser» les populations

La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 173027_turk-okulu

Elle détaille la force de ce «réseau social qui s’étend désormais dans le monde entier. Et comprend une chaîne de télévision, un quotidien, une fondation intellectuelle, un syndicat patronal et une association humanitaire». Et… des écoles donc, «plutôt que des mosquées». A ce jour, ces écoles sont devenues la «marque», le «label» de la mouvance Gülen dans 120 pays. Avec toujours les mêmes règles.

L’éthique est religieuse mais pas l’enseignement, qui reste d’ordre général, en Afrique comme ailleurs. Trois langues sont au programme: la langue locale pour adhérer aux valeurs du pays, l’anglais pour suivre la mondialisation et le turc pour obtenir le soutien des hommes d’affaires et du gouvernement turcs.

En revanche, des réunions et discussions religieuses, durant lesquelles on souscrit aux thèses créationnistes, peuvent être tenues par la confrérie mais en dehors de l’école, avec l’idée de «ré-islamiser» les populations locales.

«Pas question d’islamiser les Japonais par exemple, ce serait trop dangereux; s’ils peuvent cependant "ré-islamiser" des élèves de confession musulmane, ils le feront mais de manière subtile», précise Bayram Balci.

La visite du président turc au Kenya ne laisse pas de doute sur l’utilité du travail de terrain effectué par les Fethullahci en Afrique. La création des écoles turques a accompagné l’ouverture de plusieurs dizaines de nouvelles ambassades et consulats à travers le continent.

De fait, l’AKP (Parti de la justice et du développement, islamo-conservateur) au pouvoir à Ankara, partage avec cette confrérie la même volonté de lier islam et modernité. En revanche, il semblerait que l’influence de Fethullah Gülen fasse de l’ombre, sur un plan plus personnel, au Premier ministre turc, Tayyip Erdogan.

Mais, conclue Bayram Balci, ne surestimons pas l’influence turque en Afrique, gouvernement et confrérie Gülen confondus:

«C’est aussi le côté "fun" qui guide les Turcs. Regardez, on est tellement ouverts sur le monde, suggèrent-ils, qu’on va même en Afrique, comme les ONG occidentales.»

Avec l’espoir de créer des élites locales bien disposées à l’égard de la Turquie, mais avec le risque aussi que l’identité turco-islamique ne se dilue au contact de l’Afrique.

Ariane Bonzon

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 17:57

Voilà une caricature qui résume pour moi la situation :

(Davutoglu exprime les progès de la diplomatie turque )

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 18:02

... http://far-maroc.forumpro.fr/t3383p945-turquie-economie-politique-diplomatie#227479

La Turquie est un pays qui a tellement à apporter au Moyen-Orient que sa diplomatie devrait faire en sorte qu'il existe une troisième voie pour régler toute chose dans la région. On se fait reconnaître pour ce que l'on a proposer de différent par rapport aux uns et aux autres, pas pour le "suivisme" de la politique de telle ou telle chancellerie.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 18:54

rafi a écrit:
... http://far-maroc.forumpro.fr/t3383p945-turquie-economie-politique-diplomatie#227479

La Turquie est un pays qui a tellement à apporter au Moyen-Orient que sa diplomatie devrait faire en sorte qu'il existe une troisième voie pour régler toute chose dans la région. On se fait reconnaître pour ce que l'on a proposer de différent par rapport aux uns et aux autres, pas pour le "suivisme" de la politique de telle ou telle chancellerie.

Justement ce gouvernement n'est que le porte-voix des Américains dans la région.

Les Iraniens ne font pas confiance aux Turcs surtout après cette histoire de radar OTAN Exclamation

Quand à la Syrie, l'ingérence est tel qu'Erdogan ne peut plus reculer de peur de perdre sa crédibilité qu'il n'a pas.

Il s'est mis à dos Israel qui s'allie à Chypre désormais.

Ce que j'ai compris avec Erdogan c'est que pour lui être un grand pays, c'est pouvoir envoyer des soldats dans les points chauds Exclamation

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 18:58

Qui te semble le plus à même d'inverser la situation?
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 19:02

rafi a écrit:
Qui te semble le plus à même d'inverser la situation?

Malheureusement, aujourd'hui, c'est le vide intersidérale en Turquie dans une alternative politique Rolling Eyes

Mais il faut revenir à une politique étrangère moins tourné vers l'ingérence et surtout non basée sur des critères confessionnels Exclamation

Je pense que même dans 10 ans, l'AKP sera encore au pouvoir vu leur réservoir de voix.
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 19:06

Il n'y a pas de Larouche ou Cheminade turc? La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_mrg
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 19:13

rafi a écrit:
Il n'y a pas de Larouche ou Cheminade turc? La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_mrg

Au risque d'être critiqué par mes amis Baybars et Tsk, le peuple n'a pas les capacités intellectuelles pour analyser les derniers évènements.

La majorité des gens regardent les séries débiles qui polluent les pays arabes aussi La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_mrg

La jeunesse apprend la géopolitique en regardant des séries ultra-nationalistes comme "La Vallée des Loups".

Et non pas de Cheminade ou de Larouche La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_mrg

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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 19:17

Tu connais un magazine qui se nomme Yarin (demain)?
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 19:21

rafi a écrit:
Tu connais un magazine qui se nomme Yarin (demain)?

Je crois qu'il ne publie rien depuis longtemps Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitimeSam 7 Avr 2012 - 19:26

J'ai lu qu'il y a un politicien turc qui s'oppose a ce qui se passe avec la Syrie, il s'appelle Kemal Kilicdaroglu, est-ce un politicien qui a un programme qui tienne la route?
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MessageSujet: Re: La nouvelle diplomatie turque?   La nouvelle diplomatie turque? - Page 7 Icon_minitime

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