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 le Sahel zone de non-droit

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reese
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MessageSujet: le Sahel zone de non-droit   le Sahel zone de non-droit - Page 34 Icon_minitimeLun 11 Jan 2010 - 19:34

Rappel du premier message :

pour illustrer ce nouveau fil de discussion et lancer le debat je vous invite a lire cet article HALLUCINANT sur la realité des filieres d emigrations clandestines au Mali

Citation :


Trafic d’Etres humains au Nord du Mali


Le voyage de la peur



Depuis plusieurs mois, TTU tente de comprendre l’évolution dans la bande du Sahel et dans la région Touarègue. A Gao, capitale de la 7e Région du Mali (au nord du pays), le quartier Château abrite depuis plusieurs années une antenne de transit d’immigrants clandestins qui viennent en général de nombreux pays d’Afrique francophone ou anglophone mais également du Sri-Lanka (le plus souvent des Tamouls), du Pakistan, etc à destination de l'Europe via les pays les pays méditerranéens. Les listes des « passagers » sont établies par ordre d’arrivée. Les passeurs, bien connus des services, sont également inscrits dans cet ordre. Comme on dit dans le milieu, « chacun attend son tour ».

Mais il ne suffit pas d’être premier sur la liste pour trouver son strapontin dans la première caravane pour la Méditerranée. Des négociations sont d’abord menées entre les passeurs, les chefs des groupes d’immigrants et les chefs d’antennes sur « les frais de transport et les risques ». Selon nos informations locales, les discussions peuvent souvent durer plusieurs jours avant d’aboutir à une entente entre les parties (immigrants et chefs des groupes d’immigrants, passeurs et chefs des groupes d’immigrants, et enfin entre les passeurs et les chefs d’antenne…). Les chefs des groupes d’immigrants rendent compte à leurs camarades et ensuite procèdent à la collecte de l’argent qui constitue, comme dans tout groupe mafieux, le butin. Les chefs des groupes des immigrants (ceux qui sont adoubés par les immigrants pour les représenter dans les négociations) prélèvent un pourcentage avant la remise de l’argent aux responsables de l’antenne de transit. Les chefs d’antenne prélèvent aussi leur pourcentage avant la remise de l’argent aux passeurs. Quant aux passeurs, ils remettent un autre pourcentage aux chefs d’antenne pour garantir le prochain voyage. L’argent généré est ensuite blanchi selon différents circuits encore mal connus.

Le voyage démarre sous l’œil bienveillant des agents des services de sécurité maliens qui touchent au passage, de la part des passeurs et de l’antenne, « le prix d’un thé… ». La caravane des immigrants traverse le Sahara touareg malien pour entrer en Algérie, Libye, Maroc… Ils sont des milliers à tenter chaque année la « traversée » du Sahara. Cette rotation d’immigrants est permanente et selon une interminable chaîne où chacun, ou presque, trouve son compte sur le dos des immigrants.

Pour rejoindre, depuis Gao, la ville de Tamanrasset (Sud Algérien), le voyage harassant dure de 5 à 7 jours. Les clandestins (hommes et femmes) sont entassés dans les véhicules comme du bétail. Ils font en général partie d’une caravane de plusieurs véhicules (2 à 6 véhicules). Ils traversent le territoire des Touaregs de l’Adrar des Iforas dans le Nord du Mali (région de Kidal) pour atteindre l’Algérie. Des droits de passage sont possibles. Quand ils réussissent à rejoindre Tamanrasset, le plus grand nombre des immigrants est raflé par la police des frontières algérienne (PAF). Ils sont regroupés dans l’enceinte de la PAF, dans des conditions plus que difficiles. Après plusieurs jours de détention, ils sont mis dans des camions algériens qui les déposent à Tinzawaten, village frontière algérien, situé à quelques kilomètres de la frontière avec le Mali. Dans le cadre de Frontex, le dispositif surveillance de ses frontières extérieures de l’Union Européenne, l’Algérie touche des subventions pour toute reconduite de clandestins à ses frontières ; elle a donc tout intérêt à ce que cette situation perdure ; c’est donc devenu un cycle sans fin dans lequel l’Europe et les Etats Africains sont devenus les principaux piliers du système inhumain qui a cours dans le désert (et en mer).



Survivre et ne pas craindre l’échec

De Tinzawaten, certains immigrants tentent de revenir à Tamanrasset, d’autres cherchent des petits boulots sur place pour trouver l’argent pour rentrer au Mali. Les passeurs qui les suivent dans tous leurs déplacements leur font miroiter un avenir meilleur et leur promettent de réussir là où le premier voyage a échoué. Ceux qui réussissent à échapper à la police algérienne de Tinzawaten ou de Tamanrasset traversent le sud algérien en direction du Nord de l’Algérie, grâce à d’autres passeurs qui, à Tamanrasset, prennent le relais.

Un nombre important d’immigrants (ceux qui ne sont pas arrêtés en chemin) réussit à joindre les grandes Wilayas du Nord de l’Algérie et poursuivent leur route vers la frontière algéro-marocaine. Où ils seront pris en mains par d’autres passeurs, vers le Nord du Maroc, où d’autres passeurs tenteront de leur faire traverser la mer pour entrer en Europe. Le Maroc fera son maximum pour les arrêter, et toujours dans le cadre du dispositif Frontex, touchera des subsides pour les refouler vers l’Algérie.

Les immigrants qui tentent depuis l’Algérie d’aller vers la Libye seront accueillis par des passeurs libyens qui les attendent aux premiers postes frontaliers algéro-libyens (Ghat et Elbarkate). Les passeurs libyens entassent les immigrants les uns sur les autres dans des Peugeot 504 bâchées ou des Mazda et les couvrent d’une bâche pour les dissimuler aux contrôles de police libyens. Ces passeurs partent de Ghat et Elbarkate en passant par Oubari, Sabha (deux grandes régions du sud libyen (dont la majorité de la population est touareg) et arrivent avec leurs immigrants à Tripoli sans difficultés majeures. Sur la route qui mène à la capitale libyenne, chaque fois qu’ils tombent sur un contrôle de police, les passeurs disent « transporter des légumes et des fruits » et glissent quelques billets aux policiers, et cela marche toujours. Dès leur arrivée à Tripoli, certains immigrants cherchent et trouvent un travail journalier. D’autres campent près de la mer en attendant d’entrer en contact avec d’autres passeurs pour traverser la Méditerranée vers l’Europe. La police libyenne organise régulièrement des rafles et garde les immigrants en détention pendant souvent plusieurs mois dans des conditions inhumaines. Périodiquement, des immigrants d’originaire malienne sont expulsés par dizaines et mis dans un avion pour Bamako, capitale du Mali (où ils ne recevront aucun accueil et aucune aide de l’Etat malien pour leur réinsertion au pays et seront donc tentés de repartir à nouveau). D’autres sont rapatriés vers leur pays d’origine en fonction d’accords passés avec ces pays. D’autres immigrants sont relâchés, et tentent leur chance pour quitter la Libye et rejoindre l’Europe par la mer.



Des passeurs sans scrupule : quelques exemples vécus

Certains passeurs prennent en otages leurs passagers après avoir quitté Gao (Nord Mali). On se souvient que fin 2006, près de la frontière algérienne à Insabouk (en territoire Malien), des passeurs ont pris en otages leurs passagers, en majorité des Sri-Lankais (Tamouls), Pakistanais, Camerounais, Gambiens et quelques Maliens. Ils étaient 157 immigrants. Les passeurs avaient réclamé au chef d’antenne de Gao, le nommé Alassane Maiga, la somme de 187 millions de francs CFA (285.000 euros) et fait savoir que « le non paiement de cette somme entrainerait la mort de tous les immigrants…». Les passeurs avaient empêché les immigrants pris en otages de se nourrir et les avaient obligés à boire de l’eau bouillante. Le chef d’antenne de Gao, Alassane Maiga, était alors entré en contact avec les parents de certains immigrants pour leur expliquer la situation et leur demander de contribuer au paiement de la rançon. Des éléments de la rébellion touareg avaient constaté des remue-ménage suspects dans la zone et pensaient qu’il s’agissait de patrouilles de l’armée malienne. Après avoir pris les renseignements nécessaires, ils avaient finalement compris de quoi il retournait.

Dix jeunes combattants de la rébellion touareg avaient alors monté une opération de sauvetage des immigrants. L’assaut avait duré une demi-heure après des échanges des tirs nourris de part et d’autre. Les immigrants avaient été récupérés et les passeurs arrêtés par les Touaregs. L’un des passeurs avait fourni le nom et le numéro de téléphone du chef de l’antenne de Gao. Les combattants touaregs étaient entrés en contact avec ce chef d’antenne, Alassane Maiga, et son second Anara. Leur ayant expliqué le dénouement de la situation, ils leur avaient dit qu’ils étaient « responsables de ce commerce humain, que les passeurs allaient ramener les immigrants à Gao et que si un seul de leurs cheveux était touché », « ils sauraient où les joindre… ». Les Touaregs avaient récupéré les armes des passeurs et les avaient obligés à retourner à Gao avec l’ensemble des immigrants. Que s’est-il passé ensuite ? Ces immigrants sont-ils repartis de Gao pour une nouvelle traversée après ce qu’ils venaient de vivre ? Des centaines de situations comme celle-ci se sont produites et continuent de se produire.

Prenons un autre exemple : un véhicule bâché quitte Gao pour le Sud algérien, avec à bord 25 immigrants clandestins, hommes et femmes, tous entassés les uns sur les autres (véhicule généralement fait pour transporter au maximum 9 personnes). Il tombe en panne à 90 km du poste frontière algérien de Borj Baji Moctar (au Nord-Ouest de Tessalit, qui est le poste frontalier malien). Les provisions sont épuisées puisqu’il est prévu d’entrer en Algérie le même jour, jour de la panne. On est en pleine saison chaude, il fait près de 45° à l’ombre. Le chauffeur, c’est-à-dire le passeur, prend alors la décision de se rendre en Algérie pour chercher un mécanicien et la pièce qui manque. Il confie à son apprenti (d’origine touareg) qui assurait sa protection rapprochée, de veiller sur les immigrants et sur la voiture ; il prévoit d’être de retour dans une journée et de rapporter des provisions. Il part à pied vers Borj Baji Moctar, poste frontalier algérien, situé à 90 km de là. Deux jours passent, il n’est toujours pas de retour. Les immigrants croient qu’ils ont été abandonnés. Ils n’ont pas mangé depuis deux jours. Il ne leur reste plus qu’à se dévorer entre eux. Ils s’emparent de l’apprenti d’origine touareg et le tuent. Il sert de repas pour l’ensemble des immigrants.

Le troisième jour, le passeur n’est toujours pas de retour, ils s’emparent d’une femme qui fait partie du groupe et lui font subir le même sort. D’autres s’en vont, sans aucune orientation, l’essentiel étant de partir quelque part. C’est seulement le quatrième jour que le passeur revient dans une voiture avec un mécanicien, la pièce et des provisions. En s’approchant du lieu de la panne, il constate des vautours qui survolent la zone. De plus près, les immigrants courent à sa rencontre. Il comprend ce qui s’est passé après son départ. Il revient sur ses traces et retourne à Borj Baji Moctar (poste frontalier algérien). Il revient un jour plus tard et trouve sur place seulement deux immigrants qui sont encore vivants. Ils lui racontent la tragédie. Les deux survivants font savoir que les autres sont partis. Le passeur répare sa voiture et entre en Algérie. Que sont devenus ceux qui ne se sont pas dévorés entre eux ? Ils sont certainement morts et ensevelis quelque part dans les dunes de sable.

Bien évidemment, il n’y a aucun recours contre ces organisations criminelles dont les réseaux sont bien implantés et ne cessent de grandir et de se ramifier dans les pays du Sahel.



Quel impact pour les Touaregs qui peuplent le Sahara.

Les Touaregs qui peuplent le Sahara du Nord du Mali ne peuvent qu’assister impuissants à ce trafic d’être humains -qui traverse leurs territoires- dont l’issue pour ces immigrants est souvent la mort. Ils tentent quand ils le peuvent de porter secours à ces êtres humains en danger. Et restent stupéfait face à cette absence de réactions des autorités politiques des pays du Sahel et des pays africains. Ils observent la tragédie, le sacrifice de centaines, voire de milliers de jeunes, d’hommes, de femmes. On voit là l’échec des politiques des dirigeants africains. Car la responsabilité n’est pas seulement imputable aux pays qui organisent les reconduites des immigrants clandestins dans leurs pays d’origine. Malgré la situation de citoyens de seconde zone dans laquelle l’Etat malien maintient les Touaregs depuis l’indépendance du pays, on pourrait s’étonner que très peu d’entre eux cherchent à émigrer vers l’Europe et qu’on ne les retrouve pas dans ces cohortes d’immigrants clandestins.





http://www.ttu.fr/francais/Dossiers/index.html
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MessageSujet: Re: le Sahel zone de non-droit   le Sahel zone de non-droit - Page 34 Icon_minitimeSam 6 Juin 2020 - 0:46

l'Algérien Abdelmalek DROUKDEL, chef d'AQMI...euh je veus dire du GSPC, liquider par l'Armée Francaise

https://www.leparisien.fr/international/abdelmalek-droukdel-chef-d-al-qaida-au-maghreb-islamique-a-ete-tue-au-mali-05-06-2020-8330808.php

Ou est la Méga-Super-Puissance Régionale ?

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MessageSujet: Re: le Sahel zone de non-droit   le Sahel zone de non-droit - Page 34 Icon_minitimeJeu 18 Juin 2020 - 19:18

Citation :
BARKHANE : Combinaison des efforts entre la Force Barkhane et la Force conjointe du G5 Sahel

Mise à jour :18/06/2020


Cinq mois après le sommet de Pau, le mécanisme de commandement conjoint (MCC) poursuit la structuration et la synchronisation des deux forces sahéliennes permettant d’optimiser les efforts des unités déployées sur le terrain. Les opérations conjointes de Barkhane et de la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5 Sahel) maintiennent ainsi une pression permanente sur les groupes armés terroristes (GAT) en zone des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). Rétrospective sur les résultats de cette coordination des forces.

Le MCC a pour rôle de préparer les actions en amont entre le poste de commandement conjoint (PCC) de la FC-G5 Sahel à Niamey et le poste de commandement interarmées du théâtre (PCIAT) de la force Barkhane à N’Djamena. Les opérations des deux forces donnent des résultats plus importants sur le terrain car leur coordination permet de faire manœuvrer l’ensemble des unités sur une même zone et au même moment. Ainsi, la capacité de manœuvre des échelons tactiques interarmes (ETIA) de la FC-G5 Sahel était un impératif pour obtenir des résultats concrets.

L’adjudant Romain, sous-officier français inséré au PCC, se coordonne avec son homologue malien pour garantir un soutien logistique aux unités de la FC-G5 Sahel. Cette coordination permet d’assurer les ravitaillements au profit des ETIA déployés en zone des trois frontières. Il revient sur plusieurs mois d’efforts pour améliorer la capacité de manœuvre des unités partenaires : « Depuis mon arrivée j’ai constaté une évolution importante dans la mise en œuvre de procédures en matière de soutien logistique. Depuis le terrain, nos partenaires ont pris pour habitude de transmettre un compte rendu quotidien relatant leurs besoins en carburant, eau, vivres et munitions. Ces comptes rendus sont un pré requis indispensable dans la conduite des opérations car en connaissant les besoins du terrain, nous pouvons planifier les manœuvres futures. Aujourd’hui les ETIA ont intégré cette méthodologie et manœuvrent plus longtemps sur le terrain ; ils gagnent en allonge. »

Si la capacité de manœuvre est primordiale, la concentration des efforts au bon moment et au bon endroit l’est également. Durant ces quatre derniers mois, le renseignement a été un enjeu majeur dans le cadre du MCC. Selon le lieutenant Christopher, officier de renseignement français inséré au PCC, la collecte de renseignement que mènent l’ensemble des ETIA est de plus en plus complète: « Concernant le renseignement, nous avons conseillé nos partenaires sur la façon de procéder. C’est par la mise en place de processus que nous sommes arrivés à améliorer sa collecte, qui s’est avérée de plus en plus précise au fil du temps. Les ETIA transmettent du renseignement au PCC puis nous l’envoyons à l’Intelligence Fusion Cell (IFC) de Niamey qui le partage avec la force Barkhane et nos partenaires. » L’adjudant-chef Bruno, en fonction à l’IFC, intervient dans l’appui en renseignement de la FC-G5 Sahel et de la force Barkhane : « Ce renseignement est précieux car les ETIA ont des éléments complémentaires à apporter et une réelle connaissance de leur environnement et des populations locales. Leurs remontées du terrain nous permettent de procéder à un recoupage des informations avec celles que nous recueillons auprès de Barkhane et de nos partenaires. Notre rôle à l’IFC est d’analyser et fusionner le renseignement afin de le diffuser à l’ensemble des acteurs et accroitre l’efficacité des opérations. »

Le MCC, pierre angulaire de la coordination entre les deux principales forces sahéliennes, permet des progrès concrets sur le terrain : actions mieux coordonnées, concentration de forces suite à la diffusion d’un renseignement fiable et précis, opérations qui durent dans le temps pour ne laisser aucun répit aux GAT et rassurer durablement la population. Les deux forces sahéliennes se renforcent désormais mutuellement et en permanence. De son côté la FC-G5 Sahel poursuit son opérationnalisation pour mener à terme en totale autonomie ses propres opérations.

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Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad. Elle regroupe environ 5 100 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace.

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Sources : État-major des armées
Droits : EMA


https://www.defense.gouv.fr/operations/actualites2/barkhane-combinaison-des-efforts-entre-la-force-barkhane-et-la-force-conjointe-du-g5-sahel
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MessageSujet: Re: le Sahel zone de non-droit   le Sahel zone de non-droit - Page 34 Icon_minitimeLun 29 Juin 2020 - 17:36

Citation :
BARKHANE : « Notre ennemi » - entretien avec le général de brigade aérienne Cyril Carcy, général adjoint au commandant de la force Barkhane


Mise à jour :29/06/2020


Lancée le 1er août 2014, l’opération Barkhane fait face à un ennemi furtif, déterminé, en constante mutation et possédant une forte capacité de régénération. Cet ennemi, Barkhane le connait bien et n’a eu de cesse de le décrypter pour adapter en permanence ses propres modes d’actions et in fine le mettre à la portée des forces partenaires. Le général Cyril Carcy, général adjoint opérations de Barkhane, et précédemment chef de la branche J2 au sein du Centre de Planification et de Conduite des Opérations (CPCO) de l’état-major des Armées à Paris, répond à nos questions sur cet ennemi.


Mon général, à quel type d’ennemi doit faire face la force Barkhane?

L’ennemi auquel Barkhane et ses partenaires sont confrontés en bande sahélo-saharienne (BSS) présente deux visages qui correspondent aux deux franchises islamistes influentes dans le monde : Al Qaïda et Daesh.

Le visage d’Al Qaïda s’exprime au travers du Rassemblement pour la victoire de l’Islam et des musulmans (RVIM) créé le 1er mars 2017 par Iyad Ag Ghaly. Il s’agit d’un modèle identitaire visant à sauvegarder un mode de vie, assez proche de celui des Touaregs, mais aussi visant à préserver un espace permettant de se livrer aux pires trafics. Son empreinte est principalement située dans le centre et le nord du Mali.

Daesh est représenté en BSS par deux principales katibas (en arabe – bataillon) : l’Etat islamique au grand Sahara (EIGS) sur le fuseau Ouest, et des milices de la secte terroriste Boko Haram avec sa branche Islamic State in West Africa Province (ISWAP, en anglais – Etat islamique dans la province d’Afrique de l’Ouest) sur le fuseau Est. La lutte contre ces dernières étant assumée par les armées tchadienne, nigérienne et nigériane.

L’EIGS est un modèle internationaliste fondé sur une idéologie millénariste. Son empreinte est principalement située dans la région des trois frontières (Burkina Faso, Mali, Niger). Composé de jeunes gens qui se sont tournés vers le djihadisme faute de perspectives sociales, l’EIGS cherche à étendre son territoire de prédation pour augmenter son vivier de recrutement, ainsi que son financement au travers de la zakat (en arabe – aumône légale).

Bien que les combats de Barkhane ou ceux des partenaires contre le RVIM dans le nord de la zone des trois frontières soient quotidiens, les efforts se portent actuellement contre l’EIGS.

Quelles sont les caractéristiques de cet ennemi ?

Un dénominateur commun aux deux franchises est celui de profiter du manque relatif d’Etat et de la faible empreinte sécuritaire pour pouvoir se développer.

Néanmoins, les franchises Al Qaïda et Daesh ont bien du mal à mettre en œuvre une stratégie sur le long terme, compte tenu de la pression exercée par les forces sahéliennes au quotidien.

En termes de profil type, le combattant ayant rejoint les rangs de l’EIGS peut être décrit comme un jeune illettré d’une vingtaine d’années. Il a rejoint le groupe dans un souci de protection face aux exactions d’autres ethnies. Il est doté d’une AK47 et d’une moto, deux biens fondamentaux qui lui confèrent un statut social et surtout une forme de pouvoir pour acquérir tout ce qu’il souhaite par la force. Il ne dispose d’aucun soutien financier, l’obligeant à se « nourrir sur la bête », en prélevant la zakat auprès de la population. Il pratique la religion musulmane sans forcément être radicalisé.

Compte tenu de ces éléments, les groupes armés terroristes (GAT), qui restent très ponctuellement capables d’actions coordonnées regroupant quelques dizaines de combattants, font preuve d’une grande résilience. Ils bénéficient en effet d’une importante source de recrutement, compte tenu des trois facteurs omniprésents en BSS : la pauvreté, la faiblesse des structures éducatives et la marginalisation de certaines populations.

Depuis le déclenchement de l’opération Barkhane, le 1er août 2014, la menace constituée par cet ennemi a-t-elle évoluée ?

Nous avons observé deux évolutions principales : géographique et idéologique.

L’ennemi d’aujourd’hui occupe un espace semi-désertique et bénéficie d’oueds et de campements pour se dissimuler, alors que celui d’hier était traqué dans un environnement désertique et rocheux.

Au plan idéologique, Barkhane combattait en 2014 un ennemi djihadiste qui revendiquait un modèle identitaire. Aujourd’hui, la Force doit réduire une franchise qui n’affiche aucune revendication, cherchant simplement à accroitre sa zone de prédation contre la population déjà accablée par la pauvreté.

Où en sommes-nous du combat contre l’EIGS ?

L’EIGS a subi ces derniers mois une attrition très importante au travers des actions cinétiques cumulées de Barkhane, de la Force conjointe du G5 (FC-G5) Sahel et des forces partenaires, principalement maliennes, nigériennes et burkinabè.

La présence permanente des soldats de Barkhane sur le terrain a permis de détruire de très nombreuses ressources (munitions, armes, motos, moyens de communication…). L’EIGS doit faire face à des tensions financières et logistiques qui réduisent drastiquement sa mobilité et ses capacités de ravitaillement.

L’EIGS est déstructuré, sous pression, la plupart du temps en position défensive, alors que les forces partenaires reprennent confiance en elles. La stratégie française au Sahel consistant à accompagner la montée en gamme des forces partenaires, tout en mettant les GAT à leur portée, atteint ses premiers objectifs.

Où en sommes-nous de l’inflexion donnée par le sommet de Pau ?

Le sommet de Pau a fixé le cadre d’une « Coalition pour le Sahel », reposant sur 4 piliers, que les efforts de coordination à tous les niveaux engerbent.

Le 1er est relatif à la concentration des efforts militaires dans la région des trois frontières, sous le commandement conjoint de la force Barkhane et de la FC-G5 Sahel. Ce commandement conjoint est efficace grâce notamment au mécanisme de commandement conjoint (MCC), véritable pierre angulaire de la coordination entre les deux principales forces sahéliennes. L’action cinétique combinée des deux forces contre l’EIGS sera maintenue pour obtenir des effets encore plus importants sur l’ennemi.

Le 2e pilier porte sur le renforcement des capacités militaires des Etats de la région qui passe par l’accélération des efforts de formation et les livraisons d’équipements aux forces partenaires. En matière de formation, la dynamique est de poursuivre l’élévation du niveau global de nos forces partenaires pour qu’elles deviennent à terme autonomes dans la prise en compte de la menace. Fortes d’années de partenariat militaire opérationnel avec Barkhane, nous constatons, depuis le sommet de Pau, un accroissement substantiel des succès tactiques remportés par les forces armées nationales et la FC-G5 Sahel.

Concernant les 3e et 4e piliers, relatif au retour de l’Etat et au développement, il est important de noter que l’ennemi entretient l’instabilité des régions dans lesquels il s’implante, car cela lui permet de recruter plus facilement des populations qui n’ont pas d’autre issue. Face à cela, Barkhane, qui n’est que concourante aux actions menées dans ces domaines, maintient son appui aux efforts politiques de stabilisation et de développement, tout y en contribuant par la réalisation d’aides directes à la population. Ces dernières sont d’ailleurs réalisées de plus en plus fréquemment conjointement avec les forces armées partenaires. L’objectif est bien de prouver aux populations qu’il existe une alternative au système terroriste, qui est un modèle totalitaire fondé sur la terreur.

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Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération Barkhane a été lancée le 1eraoût 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad. Elle regroupe environ 5100 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace.

Sources : État-major des armées
Droits : EMA


https://www.defense.gouv.fr/operations/actualites2/barkhane-notre-ennemi-entretien-avec-le-general-de-brigade-aerienne-cyril-carcy-general-adjoint-au-commandant-de-la-force-barkhane
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MessageSujet: Re: le Sahel zone de non-droit   le Sahel zone de non-droit - Page 34 Icon_minitimeMar 30 Juin 2020 - 18:48

Citation :
BARKHANE : 5 mois de combat dans le Liptako - rencontre avec le colonel Nicolas Meunier, chef de corps du Groupement tactique désert « Centurion »

Mise à jour :30/06/2020


Au terme d’un mandat de cinq mois au cœur du Liptako, le colonel Meunier témoigne de l’engagement de son unité aux côtés des forces partenaires dans leur combat contre l’Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS).


Mon colonel, vous êtes arrivé en bande sahélo-saharienne quelques semaines après le Sommet de Pau, quel était le contexte et l'esprit de la mission que vous aviez reçue ?

Nous sommes arrivés à un moment où la situation sécuritaire s’était dégradée de façon significative avec la chute d’un certain nombre de postes militaires de nos forces partenaires. Nous étions face à un ennemi, l’EIGS, en pleine prise de confiance. Pour casser cette confiance, nous avons mis en œuvre de nombreux moyens depuis cinq mois, avec pour but de lui porter des coups et de l’affaiblir au maximum.

L’esprit de la mission était clairement d’appuyer la montée en gamme des forces partenaires par une intégration et un accompagnement systématique de celles-ci lors de nos opérations.

Avec l'ensemble de votre groupement, comment vous êtes-vous organisé pour lutter contre l'EIGS dans votre zone d’action ?

Nous avons cherché à entraver la liberté d’action et la capacité de combat de l’EIGS en étant en permanence sur le terrain, avec un maximum de forces et sur une zone plus large. C’est ce qui nous a été permis par l’adaptation de Barkhane et le renforcement capacitaire décidé par le président de la République, avec l’arrivée d’une unité supplémentaire. Nous avons cherché à asphyxier l’EIGS, nous avons pu apprendre à le connaître, à l’observer, à comprendre comment il se comportait pour finalement parvenir à le frapper notamment dans les dernières semaines. Durant tout le mandat nous avions déjà saisi un certain nombre de ses ressources, et au final nous lui avons porté des coups très sévères.

Quel bilan tirez-vous dans ce domaine après plus de 5 mois d'opérations au cœur du Liptako ?

Ce serait très ambitieux de tirer de grandes généralités sur ce qu’il adviendra de l’EIGS, c’est un sujet qui appartient au temps long. Mais la permanence de nos manœuvres dans le Liptako, en empêchant l’adversaire d’être mobile, d’avoir accès à l’eau et en le privant de ressources, nous a permis de provoquer une attrition dans ses rangs avec des actions de feu significatives.

Premièrement, cette pression continue sur l’ennemi est due à la rusticité et la forte résistance des hommes et femmes du groupement tactique désert « Centurion ». Ils ont développé une connaissance fine du terrain, complémentaire à la collecte et au partage du renseignement, amenant à une certaine agilité dans la manœuvre au fil des opérations.

Deuxièmement, les modes d’actions à la fois agressifs et discrets des pelotons de reconnaissance et intervention (PRI) et sections d’infanterie permettent d’agir vite, fort et loin afin de surprendre l’ennemi et le contraindre à nous affronter.

Enfin, une chaîne logistique robuste et l’appui aéroterrestre nous permettent de nous affranchir de l’abrasivité et des élongations du terrain.

Vous aviez parlé avec satisfaction et de façon simple de « l'africanisation » de vos troupes? Qu'entendiez-vous par cette formule ? Qu'avez-vous appris de vos soldats ici ?

Je parlerai plutôt de « sahélisation » mais le fait que mes troupes soient restées très longtemps sur le terrain leur a permis finalement de suivre, toute comparaison gardée, le mode de vie de nos adversaires. Au bout du compte, après un certain nombre de contacts avec l’ennemi, qui sont allés crescendo au fur et à mesure du mandat, nous avons acquis une connaissance fine du milieu dans lequel ils évoluaient et de fait, cela nous a permis de trouver l’adversaire et de le frapper.

Nous avons perdu deux de nos légionnaires, mais au-delà de leur sacrifice je retiens que mes lieutenants et capitaines ont démontré une forte capacité d’encaisse. Malgré la mort de leurs hommes, ils repartaient le lendemain en opération pour continuer à traquer les groupes armés terroristes. C’est le plus bel enseignement, parce que c’est dans l’effort et l’épreuve qu’on a constaté leur résistance.

Quel bilan tirez-vous dans le domaine des relations avec les forces armées partenaires ?

Ça a été un effort important de ce mandat, puisqu’à notre arrivée les forces armées partenaires avaient pris un certain nombre de coups. Nous avons travaillé avec elles pour restaurer une forme de confiance dans leurs capacités, visant à terme à ce qu’elles agissent seules. J’ai pu constater leur volonté de reprendre en main, de manière autonome, la sécurisation de la région. Il s’est agi pour nous de transmettre nos savoir-faire techniques et tactiques pour que cette volonté puisse se concrétiser.

En ce qui concerne mon groupement, nous avons beaucoup travaillé avec les forces armées maliennes et nigériennes. Leur intégration quasi-systématique au sein de nos opérations a permis l’instauration d’une vraie relation d’enrichissement mutuel.

Le fait d’avoir eu un mandat un peu plus long que d’habitude, d’avoir été pour chacune de mes unités, quasiment 90 jours sur le terrain avec ces forces armées, ça créer des liens forts. C’est un peu comme dans le petit prince, la première opération sert à s’apprivoiser, et les suivantes permettent de travailler ensemble, de se coordonner efficacement, en cherchant à frapper l’ennemi.

C’est un constat que j’ai fait avec les forces armées nigériennes notamment. Lorsque j’étais déployé avec mon poste de commandement, j’avais un officier de liaison nigérien qui nous permettait de fluidifier cette coopération.

Par ailleurs, je pense que nous sommes dans une spirale vertueuse avec nos partenaires. L’accompagnement au combat va de pair avec leur réimplantation dans leurs différents bastions, condition sine qua none pour assurer dans la durée la sécurité des populations. A ce jour Labbézanga est un très beau succès dont nous espérons qu’il soit pérennisé. Il souligne le début d’un cycle de réappropriation de la zone et du Liptako par les forces partenaires.

Enfin, à votre niveau, quelles perspectives entrevoyez-vous pour les mois à venir ?

Il est à mon sens important de continuer à agir sur les trois lignes d’opération.

La première chose est de conserver cette empreinte au sol augmentée telle que nous l’avons connu durant notre mandat. En effet, le fait d’avoir en permanence de nombreux soldats sur le terrain entrave clairement les mouvements et les actions de l’EIGS. J’en veux pour preuve qu’il n’y a pour l’instant plus d’actions significatives de leur part depuis le début de l’année, avec des chutes de postes ou des attaques massives telles qu’on en a connu en octobre 2019.

Le deuxième point est qu’il est absolument nécessaire de poursuivre la coopération avec les forces partenaires pour qu’elles continuent à gagner en autonomie et une forme de maturité dans les projets que nous développons. Je pense notamment aux unités légères de reconnaissance et d’intervention (ULRI), que nous mettons en œuvre dans mon groupement, mais également dans le groupement tactique désert « Dragon », et qui permettent d’avoir des unités qui usent des modes d’actions nouveaux, plus légers, plus mobiles. Je fonde de bons espoirs sur ces ULRI qui se voient dotées de moyens adaptés au terrain et à la menace. S’inspirant de la doctrine des escadrons de reconnaissance et d’intervention de la cavalerie légère française, leurs modes d’actions ont prouvé leur efficacité, les succès contre les groupes armés terroristes devraient suivre prochainement.

Les unités de « Centurion » déployées dans le septentrion malien ont pu mener des entrainements conjoints avec les bataillons de l’armée reconstituée (BAR). L’opérationnalisation de ces bataillons est un axe majeur de structuration d’un équilibre à long terme au Mali. Barkhane saura, je le crois, accompagner ce processus.

Enfin, le troisième point, qui est une clef de succès majeure, est que les forces armées partenaires doivent continuer à convaincre la population que c’est par leur présence qu’elle parviendra à vivre en paix.

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Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad. Elle regroupe environ 5100 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace.

Sources : État-major des armées
Droits : EMA


https://www.defense.gouv.fr/operations/actualites2/barkhane-5-mois-de-combat-dans-le-liptako-rencontre-avec-le-colonel-nicolas-meunier-chef-de-corps-du-groupement-tactique-desert-centurion
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MessageSujet: Re: le Sahel zone de non-droit   le Sahel zone de non-droit - Page 34 Icon_minitimeJeu 9 Juil 2020 - 19:02

Citation :
Selon le commandant de Barkhane, l’État islamique au grand Sahara recrute des enfants soldats

par Laurent Lagneau · 9 juillet 2020


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Récemment interrogé par le quotidien La Croix sur les « guerres de demain », le général François Lecointre, chef d’état-major des armées [CEMA] avait décrit des « combats dans tous les espaces », dans le cadre de « guerre hybrides, où il sera difficile d’établir quand une ligne rouge a été franchie. »

Et d’ajouter : « Les prémices montrent des guerres complexes à anticiper et à conduire parce qu’elles mêlent l’action militaire et l’action économique, des actions revendiquées et d’autres clandestines. Elles contournent les lois de la guerre. C’est déjà le cas dans les combats asymétriques, comme contre Daesh qui ne respecte pas les règles du droit de la guerre. Cela pourrait être vrai demain, y compris dans des conflits ­interétatiques. »

Le fait que des organisations terroristes ne respectent pas les règles du droit de la guerre [et le droit international] n’est pas nouveau. Au Levant, l’État islamique [EI ou Daesh] a ainsi eu recours à des enfants soldats [les « lionceaux du califat« ].

Même chose pour les groupes sahéliens affiliés à al-Qaîda, comme Ansar Dine, le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest [MUJAO], al-Qaida au Maghreb islamique [AQMI] qui, après avoir pris le contrôle du Nord-Mali en 2012, recrutèrent des mineurs, parfois âgés de mois de dix ans, pour surveiller des points de contrôle ou faire des commissions. Voire plus, certains s’étant vu confier des armes.

« Les recruteurs ont profité de la pauvreté et attiré beaucoup d’enfants en leur promettant de l’argent. De nombreux enfants seraient originaires de petits villages en périphérie des principales villes du nord du Mali. D’autres ont rejoint les rangs des rebelles poussés par leurs familles », avait ainsi expliqué Corinne Dufka, alors directrice de recherche en Afrique de l’Ouest pour Human Rights Watch [HRW], citée dans un document des Nations unies. « Un nombre important d’enfants semble provenir de communautés qui prônent un islam radical », avait-elle précisé.

Aussi, il est déjà arrivé que la force française Barkhane soit confrontée à des mineurs enrôlés par des groupes terroristes. Cela a ainsi été le cas à la fin 2016, quand, lors d’une frappe contre un réseau de guetteurs qui renseignaient un groupe armé s’apprêtant à tendre une embuscade, il s’est avéré qu’un enfant de 10 ans avait été tué.

Évidemment, quand cela arrive, malheureusement, il est compliqué à une force armée de s’expliquer, face à l’émotion médiatique qu’un tel incident peut susciter. Ce que les groupes terroristes ne manquent pas d’exploiter.

Or, l’État islamique au grand Sahara [EIGS] s’inscrit peut-être dans cette logique. En effet, ce 9 juillet, et alors qu’il s’apprête à passer le relai au général Marc Conruyt d’ici quelques semaines, le général Pascal Facon, le commandant de Barkhane, a indiqué que la branche sahélienne de Daesh a recours aux enfants soldats.

« L’ennemi s’est durci, il n’hésite plus à recourir à des enfants soldats. Ces derniers sont endoctrinés et entraînés au maniement des armes », a en effet déclaré le général Facon, lors d’une vidéoconférence avec la presse dans le contenu a été rapporté par l’AFP. Et « cette exploitation abjecte nous met en difficulté dans le cadre de nos opérations », a-t-il ajouté.

« La robustesse de nos procédures d’engagement nous permet de prévenir quasi systématiquement les dommages collatéraux, pour autant il arrive que l’on constate lors des opérations de neutralisation la présence de mineurs », a ensuite expliqué le général Facon, sans préciser le nombre de cas où cela est arrivé.

« Ces situations demeurent extrêmement rares mais il convient d’en avoir une pleine conscience. C’est une réalité qu’il faut maintenant prendre en compte et qui est liée à l’attrition des GAT [groupes armés terroristes] et au fait qu’ils éprouvent des difficultés à recruter », a estimé le général Facon, pour qui l’EIGS est désormais affaibli, après la succession d’opérations menés dans le Liptako-Gourma après le sommet de Pau du 13 janvier.

Cela étant, lors d’une récente audition parlementaire, le général Lecointre n’avait pas évoqué le recrutement d’enfants soldats pour expliquer la « capacité de régénération forte » des GAT au Sahel. Seulement le recrutement de combattants de « plus en plus jeune »

« Ils sont chez eux. Ils instrumentalisent des tensions interethniques. Ils recrutent des combattants de plus en plus jeunes. Ils bénéficient de la complicité d’une partie importante de la population, au sein de laquelle ils se fondent. Comme j’ai coutume de le dire, nous combattons un ennemi qui ne respecte aucun droit de la guerre et qui est très intriqué dans la population », avait affirmé le CEMA. « C’est aussi une guerre de conviction auprès de la population : il faut absolument éviter que la population peule ne bascule définitivement dans les rangs ou en appui de l’EIGS et que ce conflit ne dégénère en conflit interethnique. C’est l’une de nos craintes », avait-il aussi insisté.

Quant au sort des enfants soldats, le général Facon a précisé que, en cas de capture, ils sont « envoyés dans un centre qui est assez ouvert. » Mais, a-t-il continué, « on a a lancé une réflexion avec le CICR [Comité international de la Croix-Rouge] et les autorités maliennes sur le fait de savoir s’il ne devrait pas exister des centres fermés permettant d’offrir à ces enfants et jeunes une perspective un peu plus intéressante en terme d’éducation. »

Photo : EMA

http://www.opex360.com/2020/07/09/selon-le-commandant-de-barkhane-letat-islamique-au-grand-sahara-recrute-des-enfants-soldats/
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MessageSujet: Re: le Sahel zone de non-droit   le Sahel zone de non-droit - Page 34 Icon_minitimeJeu 16 Juil 2020 - 22:04

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Les forces spéciales estoniennes en ordre de marche au Mali

Actualités  Nathan Gain  16 juillet, 2020  

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Des militaires de l’ESTSOF déployé à Gao à l’aide d’un C-17A du SAC (Crédits: ministère de la Défense estonien)



Le détachement estonien « a entamé cette semaine son service  au sein de la Task Force Takuba au Mali », annonce ce matin le ministère de la Défense estonien. En coordination avec le partenaire français, il constitue le noyau initial de forces spéciales européennes déployées pour conseiller, assister et accompagner au combat les forces armées maliennes.

« Les forces spéciales estoniennes participent à cette opération à l’invitation de la France et du Mali. Nous avons déjà opéré en conditions désertiques auparavant et nous mettons en oeuvre ce savoir-faire au Mali », déclarait à cette occasion le lieutenant-colonel Margus Kuul, à la tête du commandement des opérations spéciales (ESTSOF) depuis 2019.

« Les activités des forces spéciales ont un impact stratégique, car le terrorisme ne tient pas compte des frontières. Des opérations spéciales doivent être menées là où elles ont le plus d’effet sur les terroristes », explique-t-il, ajoutant que les forces spéciales estoniennes ont reçu la meilleure formation possible pour accomplir des missions complexes.

La cinquantaine de militaires estoniens est visiblement parvenue au Mali grâce à l’un des trois C-17A Globemaster III fournis par l’OTAN au travers du dispositif multinational « Strategic Airlift Capability » (SAC). Depuis mars 2016, le SAC est régulièrement mis à profit pour déployer du personnel et du matériel à Gao, tant dans le cadre de Barkhane que pour des missions onusiennes. Côté estonien, la capacité d’emport (maximum 77 tonnes) du C-17A s’avérait indispensable pour convoyer les quatre véhicules tactiques Jackal 2 loués au Royaume-Uni.

Officiellement opérationnelle depuis hier, la TF Takuba doit atteindre sa capacité opérationnelle initiale dans le courant de l’été. Le contingent franco-estonien sera rejoint en octobre par 60 militaires tchèques, puis en janvier par 150 Suédois.

https://forcesoperations.com/les-forces-speciales-estoniennes-en-ordre-de-marche-au-mali/
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MessageSujet: Re: le Sahel zone de non-droit   le Sahel zone de non-droit - Page 34 Icon_minitimeLun 27 Juil 2020 - 17:20

Citation :
Cameroun: cinq combattants de Boko Haram tués (armée)


Douala, 26 juil 2020 (AFP) -


L'armée camerounaise a annoncé dimanche avoir tué la veille cinq combattants du groupe jihadiste Boko Haram vers Gouzda-Vreket, un village proche de la frontière nigériane.

"Le 25 juillet, une équipe du commando de nos Forces de défense (...) a eu un accrochage violent avec les terroristes de Boko Haram", a déclaré le porte-parole de l'armée, le capitaine de frégate Cyrille Serge Atonfack Guemo dans un communiqué transmis à l'AFP dimanche.

Le bilan fait état de "cinq terroristes neutralisés, "4 fusils d'assaut récupérés", ainsi que des munitions et du matériel logistique saisis.

Aucun militaire n'a été tué au cours de cet affrontement.

Née dans le nord-est du Nigeria en 2009, l'insurrection de Boko Haram s'est peu à peu propagée à ses voisins camerounais, nigérien et tchadien, particulièrement dans la région du lac Tchad, située à la frontière entre ces quatre pays.

En 2016, le groupe s'est scindé en deux branches: la faction historique, dirigée par Abubakar Shekau, et l'Iswap, affilié à l'Etat islamique (EI).

L'Extrême-Nord du Cameroun, au sud du lac, est l'une des régions les plus pauvres du monde. Elle est plutôt la cible d'attaques commanditées par la faction historique de Boko Haram.

Le Nord du lac Tchad, à cheval sur le Tchad et le Niger, est plutôt le repaire de ISWAP.

Ces derniers mois, peu d'accrochages entre l'armée camerounaise et le groupe jihadiste ont été rapportés. Toutefois, une multitude de petites attaques contre des civils dans les villages, avec des vols de bétails et de vivres, ont eu lieu.

Au mois de juin dernier, 52 attaques contre des civils ont ainsi été enregistrés dans cette région, selon les Nations unies.

Depuis 2015, les quatre pays riverains du lac Tchad luttent contre ces groupes jihadistes au sein d'une Force multinationale mixte (FMM). Mais ces derniers mois, son efficacité a été de plus en plus discutée.

Les attaques continuent dans tous les pays de la FMM. Le Tchad avait lancé en mars une grande opération militaire, affirmant à son terme avoir chassé Boko Haram de son territoire Mais début juillet, au moins huit de ses soldats ont péri dans une attaque sur son sol.

Le Nord-Ouest du Nigeria est lui aussi, dix ans après le début de l'insurrection, toujours meurtri par les attaques. Plus de 36.000 personnes y ont été tués depuis 2009, et plus de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

https://www.marine-oceans.com/actualites/20619-cameroun-cinq-combattants-de-boko-haram-tues-armee
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MessageSujet: Re: le Sahel zone de non-droit   le Sahel zone de non-droit - Page 34 Icon_minitimeSam 1 Aoû 2020 - 20:24

Citation :
Tchad : dix morts dans une attaque de Boko Haram dans la province du Lac

Nadia Chahed | 01.08.2020

Chad

AA/Peter Kum


Au moins dix personnes ont trouvé la mort et plusieurs autres ont été blessées dans une attaque perpétrée par des éléments du groupe terroriste Boko Haram dans la nuit de jeudi à vendredi à Tinana, localité située dans la province du Lac au Tchad, a appris Anadolu, samedi, auprès de sources officielles locales.

« Dans la nuit de jeudi à vendredi vers minuit, des combattants de Boko Haram lourdement armés ont attaqué la localité de Tinana, située à une vingtaine de kilomètre de Kaïga Kindjiria, dans le département de Kaya, province du Lac », a précisé à Anadolu le gouverneur de la province du Lac, Abadi Saïr Fadoul.

Selon le bilan provisoire livré par la même source, l'attaque a fait dix mort e plusieurs blessés.

Deux femmes ont également été enlevées et des biens pillés par les assaillants qui on pris la fuite.

L’Armée nationale tchadienne (Ant), mène depuis vendredi un ratissage dans le Lac Tchad « pour retrouver et neutraliser les terroristes », a poursuivi le gouverneur.

Le gouverneur estime que cette attaque qui a eu lieu à la veille de la fête de Tabaski, était mûrement planifié par les assaillants qui cherchaient à s'approvisionner en denrées alimentaires.

Les attaques terroristes se sont intensifiées, durant les derniers mois, autour du lac Tchad vaste étendue d'eau partagée par le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria.

Le 23 mars dernier, au moins 92 soldats tchadiens avaient été tués dans des affrontements avec Boko Haram à Boma, dans la province du Lac.

https://www.aa.com.tr/fr/afrique/tchad-dix-morts-dans-une-attaque-de-boko-haram-dans-la-province-du-lac/1928854
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